RELIURE EXÉCUTÉE PAR DUBUISSON
est également ornée d’une plaque élégante, les deux étiquettes suivantes qui comme toujours Dort^ar d ubuisfon remplacent la signature du relieur. L’une (voir ci-contre) se trouve placée au Rut S. j acquêt a Paris commencement du volume, en haut de la première garde. Sa composition nous indique que Dubuisson tenait à ce qu’on sût bien qu’il était réellement doreur. L’autre, celle ci-jointe, est collée à la fin du même ouvrage, sur la dernière garde, et est à peu près conçue de même manière que la petite étiquette illustrée dont j’ai donné le spécimen à la page précédente.
Pierre-Paul Dubuisson était un des fins relieurs du xvme siècle; tout ce qu’il nous a laissé respire le bon goût et prouve qu’il apportait beaucoup de soin dans l’exécution de son travail. Il exerça assez longtemps, puisque je trouve encore de lui dans la vente du baron Pichon, une reliure à compartiments avec les armes du comte de Saint-Florentin, ministre et secrétaire d’État, peintes sous mica, reliure recouvrant un in-octavo : Almanach Royal, pour 1759.
Brevet de Relieur du Roy pour le sieur Pierre-Paul Dubuisson , Maître Relieur a Paris. — «. Aujourd’huy 12 octobre iyyS, le Roy étant à Versailles, ayant égard aux témoignages <( avantageux qui lui ont été rendus à la probité et capacité de Pierre-Paul Dubuisson, Maitre Re- « lieur à Paris, et voulant le traiter favorablement, Sa Majesté l’a retenu et retient en la charge de l’un (( de ses Relieurs ordinaires vaccants par le Décès du nommé Padeloup, dernier possesseur d’icelle pour « par luy l’avoir et exercer, en jouir et user, aux honneurs ce autorisés, prérogatives, privilèges ce,fran- « chises, libertés, gages, droits ce, fruits, profit revenus, et emolumens ce, accoutumés et y appartenant « tels et semblables qu’en a joui led. Padeloup, et ce, tant qu’il plaira à Sa Majesté, laquelle m’a « commandé d’expédier le présent Brevet qu’elle a signé de sa main et fait contresigner par moy Conseiller, « Secrétaire d’État et de ses commandements et finances, ce signé Louis et plus bas Phélipeaux » (I).
DUCASTIN (Nicolas- Alexis). — Nicolas-Alexis Ducastin père était, en 1789, Doyen de la Communauté. Reçu Maître en 1732, je le vois porté, au 21 juillet de la même année, comme faisant partie des Relieurs qui ont payé le droit de réunion (2). Il fut élu Garde de la Communauté le 10 mai 1747, avec Jacques-Augustin Bonnet.
j* DUBUISSON Fils, Relieur-Doreur, fait 4 f en or les Armes de toutes les Têtes Couronnées , J A- Princes , Pnncdfes , Prélats , Grands Officiers de 4 f. la Couronne & de la Maifon du Roi , Princes J Ç Etrangers , AmbalTadeurs , & autres Seigneurs H F. tant de Robe que d'Epée. Il peint lefdites Armes * en mignature , fur-tout à Tubage des Almanachs, 3 j* depuis le plus petit volume jufqu'au plus grand.
1. Recueil Anisson-Dnperron. — Bibliothèque Nationale. FR. 22118.
2. Tableau de la Communauté des Maîtres et Marchands Papetiers-Colleurs et en Meubles, Cartiers, Relieurs-Doreurs de livres de la ville de Paris pour l’année 1789 (Paris, Ve Valade).
Ce relieur avait une assez haute opinion de lui-même, si l’on en juge du moins par la composition de la lettre mortuaire de sa femme, lettre qui énumère tous ses titres et dont je donne ici le fac-similé , à titre de curiosité (I). D’après le texte même de cette lettre, on verra qu’il avait au moins deux fils. Je n’ai rien retrouvé de ces derniers; mais quant au père, ce qui m’est passé sous les yeux, me permet de le classer dans la catégorie des relieurs ordinaires.
DUDIN. - — En 1771, Dudin fut chargé par l’Académie Royale des Sciences de composer Y Art du Relieur-Doreur de livres (2 3 4), pour faire partie de la Description générale des Arts et Métiers, qu’elle entreprit de donner au public. Il fut aidé dans son travail par Lemonnier le jeune (3), maître relieur, et réussit à exposer, d’une manière claire et savante, les différentes opérations par lesquelles doit passer un livre, pour être convenablement relié. Il y a eu deux éditions de son ouvrage: la première, édition originale dite de l’Académie, 1 volume grand in-folio de 112 pages de texte et 16 planches explicatives; la seconde, augmentée par J.-E. Bertrand, professeur à Neufchâtel, membre de l’Académie des Sciences de Munich, parut à Paris en 1820: 1 vol. in-40 de 110 pages de texte et deux planches explicatives.
DUFEY (Fils). — J’ai découvert la signature ci-contre: Dufey fils. Relieur à Nancy, à l’intérieur d’un volume in- 18 : Constitution française ■ — Nancy, 1791. Cette reliure dont il est parlé à l’article Reliures patriotiques et révolutionnaires, est convenablement faite, mais sans aucune recherche. Le dos est orné de petits fers de l’époque, avec quelques compartiments de mosaïque en maroquin vert; le titre porte cette célèbre devise du temps: « vivre libre ou mourir », et les plats reçoivent au milieu un motif composé de ces inscriptions : « constitution française »