RELIURE ENCHAÎNÉE
XV‘ SIÈCLE
lmp. Arc
et signé de leur marque. Je présente ici celle de Louis et Daniel Elzévier qui imprimaient à Amsterdam de 1600 à 1680 environ. La reliure (*), au centre de laquelle nous trouvons ce fer, est en simple veau et trop peu intéressante pour que j’en donne un fac-similé complet; je me contente de reproduire le poinçon servant de signature, et qui est le même que celui qu’on peut voir au bas du titre du volume si rare et si recherché : «Le Pâtissier françois. - Amsterdam, 16 j 7 ». Au milieu d’un terrain se présente un olivier à côté duquel est placée une Minerve tenant de sa main gauche un bouclier posé à terre, et de l’autre une banderolle sur laquelle on lit: ne extra oleas; de l’autre côté de l’olivier, on voit sur un petit tertre un hibou. J’ai retrouvé sur le dos de la reliure d’un Molière en 5 volumes (1675) ce même motif remplissant chaque entre-nerfs.
ENCHAÎNÉS (Livres). — On appelle livres enchaînés (catenati) les manuscrits reliés, qui, dans les premiers siècles de l’ère chrétienne, et jusqu’encore vers le milieu du xvne siècle, étaient mis à la disposition de ceux qui avaient besoin de les consulter, dans les couvents ou dans les bibliothèques publiques. Ces livres, posés à plat les uns à côté des autres, étaient attaches dans des cases-rayons tenant lieu de bibliothèques, et dont la tablette inférieure dépassait suffisamment les autres, pour former pupitre et permettre d’y poser le volume que l’on avait à feuilleter. La chaîne qui tenait les livres au second plat de la reliure, était terminée par un anneau dans lequel on passait une tringle fixée à chaque extrémité du rayon, où étaient exposés les volumes; on consultait alors les ouvrages à l’endroit même où ils étaient enchaînés, en les plaçant ouverts sur la tablette inférieure dont j’ai déjà parlé, sans pouvoir les déranger autrement que de la longueur de leur chaîne. Comme les livres ainsi exposés étaient des ouvrages que l’on consultait beaucoup, on préservait le plus souvent leur reliure par de gros coins en cuivre relief formant cabochons (1 2 3 4). Je donne ici un spécimen de ces genres de reliure. C’est un manuscrit du xve siècle sur papier : Recueil de Traités théologiques (3). Il provient de la Bibliothèque du Couvent de Ochsenhausen, où il était enchaîné. Cette reliure bien conservée, est recouverte de peau de mouton pelucheuse de couleur verdâtre. Elle porte, au premier plat, le titre en caractères gothiques manuscrits. Une lanière (4) de cuir avec ferrement la tient par le milieu.
Ce même système P enchaînement était aussi employé dans les églises, où les livres de lutrin étaient maintenus à leurs pupitres.