RELIURE EXECUTEE PAR NICOLAS EVE
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Il est donc évident que Nicolas Ève était le Libraire et le Relieur du Roi, puisqu’il fut chargé par Henri III de relier a ses armes toute une collection (42 exemplaires) de ce même Livre des Statuts de l’Ordre du Saint-Esprit, dont ce souverain était le fondateur. Je donne ici le spécimen de l’intéressante reliure qui fut adoptée pour cet ouvrage, et exécutée par notre artiste; elle recouvre un volume in-quarto (I), en maroquin qui devait être orange, couleur que le temps a changée en une sorte de vert bronze ou olive. La décoration est un semé complet de fleurs de lys, alternées avec des flammes. Au centre de chaque plat, sont placées les Armes de France accolées a celles de Pologne et entourées du collier de l’Ordre du Saint-Esprit; et dans les angles se trouve le chiffre H enlacé avec des ~k et couronné. Il représente les noms de Henri et de Louise de Lorraine.
On voit aussi, comme jeté au milieu du semé, en haut, en bas et de chaque côté des armoiries, un petit ovale contenant l’emblème du Saint-Esprit.
D’après le privilège que Nicolas Ève obtint pour imprimer le Traité des Mésaventures des Personnages signale g, traduit du latin de Boccace par Claude Vitart, en date de 1578, nous savons qu’il prenait le titre de Libraire de l’Université de Paris et Relieur du Roy (2 3 4).
ÈVE (Clovis). — Ce relieur dont le nom est cité a chaque instant et, selon moi, trop souvent invoqué à la légère, exerçait sous Henri IV et pendant le règne de Louis XIII. Il était frère de Nicolas Ève, qui lui-même, ainsi qu’on a pu le voir plus haut, s’intitulait Libraire de l’Université de Paris et Relieur du Roy.
Clovis Ève (3) épousa Pernette Brumen et fut aussi Relieur ordinaire du Roy. Les reliures sortant de ses mains, qui ne sont pas signées (et c’est le plus grand nombre) sont de celles qu’il est presque impossible de reconnaître. Aussi, est-ce à tort que, s’appuyant par exemple sur une reliure faite pour la Reine Marguerite de Valois (4), dont les plats sont ornés de compartiments de feuillages au milieu desquels se trouve une marguerite, on attribue à ce maître toutes les reliures qui se rapprochent quelque peu de ce genre
1. Bibliothèque Nationale. — N° 426 de l’Exposition Mazarine (0,245-0,15).
2. A. Chevillier. — Origine de V Imprimerie de Paris , 1694, in-40, page 322.
3. Lacaille. — Histoire de V Imprimerie et de la Librairie, page 165.
4. Je trouve dans la deuxième vente Didot, faite en mai 1879, sous le n° 232, un volume in-16: Crinitus de honesta disciplina, etc., ipjp, maroquin vert-olive, relié par Clovis Ève pour la reine Marguerite de Valois ; les plats sont ornés de compartiments à feuillages au milieu desquels se trouve une marguerite avec cette devise : « Expectata non eludet ».
d’ornementation. Tous les livres que cet artiste reliait et signait avaient son nom et son adresse imprimés dans le titre même de l’ouvrage.
Ainsi, la reproduction que je donne à la page précédente est celle du dos à petits fers d’une reliure en maroquin rouge avec filets or: Le Thrésor des Prières, Oraisons, etc., Paris, 1596, exécutée par Clovis Ève sous le règne de Henri IV (I), comme on pourra s’en rendre compte par le premier titre que voici et qui porte sa signature.
LE TKRHSOR