CORPS DEGRÉS MODE
conducteurs. de température. d'action.
Weige ou glace . à zéro : application cir- Astiiction et re'per-
couscrite .......... cussion.
Eau liquide
Sable ou cendres Eau en vapeurs* • Air .
de zéro à i5 degrës : application sur des surfaces ëtendues. — Et boissons.
de 20 à 3o degre's : application circonscrite ou generale.
de 3o h 36 degres, idem.
de 3 O à 36 degre's.
de 36 à 4o idem.
de 45 ^ 60 idem et plus.
r Action tonique — .
k Soustraction du caloriiqueaniofal. — Diminu- / lion de la chaleur fe’jbrile. — Ebranlement /du système nerveux , [ d’ori résulte un effet sé- ^ datif.
j* Relâchemen t et calmç,
/ Excitation locale ou ige'ntffale. — Rubèfac- /tion. — Excitation de lia transpiration , d’où ^peut résulter la débilité.
1 Rubéfaction et pro- J vocation de la sueur.
Insolation pendantl’été. . . . Excitation générale.
Approche d’un corps | v Excitation plus ou
combustible incandes- r 35 à 40 degrés. /moins forte de l’organe
cent. ^cutané et des tissus sou-
Action des rayons solaires concentrés à l’aide ijacens ou dénudés accid’un verre lenticulaire. ) denteliement.
Eau liquide . à 80 deg. ou bouillante. Vésication.
Fer ronge. ..
Moxa. / . . Cautérisation.
Lumière,
Dans l’action des rayons solaires et des corps incandescens^ la lumière est toujours unie au caloricnie; elle corrige, lorsqu’elle est modérée, le relâchement.
•que peut occasionner Faction prolonge'e de la cha^ leur : mais une lumière vive, qui frappe subitement la peau, est irritante et peut produire un véritable érysipèle. Son action continue colore et noircit la peau , et l’on peut dire qu’elle produit sur les animaux le même effet que sur les végétaux, qui lui doivent leur couleur et leur consistance.
Fluide électrique»
Procédé» On développe le fluide. électrique par le frottement, a l’aide d^une machine électrique ordinaire , ou par simple contact, au moyen de la pile de Vol ta , qui consiste dans un certain nombre de plaques métalliques, de cuivre ou d’argent et de zinc, alternativement posées les unes sur les autres, et contenant entre chaque paire de plaque un liquide acidulé ou salin.
Modes d'électrisation. — F. Par bain. La personne qu’on électrise est isolée , et communique avec le conducteur d’une machine électrique ordinaire mise en mouvement.
a®. Par pointe. La pointe est de laiton ou de bois : celle de bois a une action plus vive. Le sujet peut être isolé ou non. Dans le premier cas, la pointe, que l’on approche à un ou deux centimètres de la partie sur laquelle pn veut agir, communique avec le réservoir commun. Dans le second, elle communique avec le conducteur, c’est-à-dire quelle est elle-même isolée.
5^. Par étincelles. Au lieu d’une pointe on emploie un excitateur , dont la boule doit être approchée et éloignée alternativement de la partie dont on veut
11ES MEDieAMENS. 279
tirer des e'tincelles ^ et oq fait communiquer cet excitateur avec le réservoir commun ou le conducteur , suivant que le sujet est ou n’est pas isolé.
4°* Par Jrictiom. On les pratique en recouvrant la peau d’un tissu de laine , et en promenant la boule de l’excitateur par-dessus , ou^ suivant le procédé de Westring, à l’aide d’une brosse métallique qui com-^ munique avec un des pôles de la pile de Volta.
5®. Par commotions- On les détermine au moyen de la bouteille de Leyde ou de la pile de Volta. Dans le premier cas , on adapte à la bouteille un élec-^ tromètre de Lane pour graduer les commotions. Dans le second cas , la force des commotions est proportionnée au nombre des paires de plaques qui composent la pile. La partie du corps que l’on veut électriser par commotion doit être placée dans l’arc qui établit la communication entre la surface interne et la surface externe de la bouteille , ou entre le pôle zinc et le pôle cuivre de la pile.
Pf)ets du hain électrique. Excitation générale et surtout du système sanguin ; augmentation de la fréquence du pouls , de la chaleur générale , des sécrétions et des exhalations.
Effets des autres modes d'électrisation. Excitation locale 5 spécialement des vaisseaux capillaires sanguins et des parties des systèmes nerveux et musculaire électrisées. Cette excitation est très-modérée lorsqu’on n’électrise que par pointes ; elle est plus forte par étincelles , plus forte encore par commotions. Les commotions ne diffèrent des étincelles que par leur degré d’intensité. Lorsque le conducteur de la î^iaçlîine électrique présente beaucoup de surface ^
2 8o despréparati^ons
les etiiicelles peuvent être comparées aux commotions. Les unes et les autres font contracter les muscles qui se trouvent dans leur trajet ; les unes et les autres, si on les continue pendant quelque temps ,
déterminent la rubéfaction.
Fluide magnétique*
On se sert d’aimans artificiels ou de pièces d’acier aimanté, auxquelles on donne la forme de serre-tête, de collier , de bracelets, de plaques , de jarretières , de semelles , suivant la partie sur laquelle on se propose d’appliquer i’aimant. Ces sortes d’applications sont permanentes; d’autres fois on se contente de tenir l’aimant à quelque distance du corps, et alors la magnétisation est momentanée.
Effets, Sédation du système nerveux ; effet auquel l’imagination du malade peut avoir beaucoup de part. L’aimant peut aussi quelquefois être utile comme agissant sur le fer , par exemple , pour attirer une parcelle de ce métal engagée dans la conjonctive ou la cornée.
Agent de la combustion*
Gaz oxygéné.
Procédé. On peut le retirer , au moyen de la distillation, de l’oxyde de mercure rouge , de l’oxyde de manganèse , du nitrate de potasse et du chlorate ( muriate sur-oxygéné) de potasse. Le gaz oxygène qu’on retire de l’oxyde de mercure rouge est trèspur, mais le procédé est très-coûteux. La distillation de l’oxyde de manganèse donne sur la fin de l’acide
DES MEDICAMENS. sSi
carbonique, et celle du nitrate de potasse de FazotCa C’est au chlorate de potasse que l’on doit donner la prëfërence. Si l’on n’en avoit pas, on auroil recours à i’pxyde de manganèse , avec la prë(;aution de jeter les premières portions du gaz qui contiennent de Fair atmosphérique , et de laver les autres portions avant d’en faire usage , afin de leur enlever l’acide carbonique cpi’elles peuvent contenir.
Propriétés. Ce gaz est plus pesant que l’air atmosphérique ; il est insipide , sans couleur , et peu soluble dans Feau. Il est, a l’aide de la chaleur, décomposé par tous les corps combustibles qui fixent l’oxygène en dégageant une grande quantité de lumière et de calorique. II résulte de la combinaison de l’oxygène avec les corps combustibles des oxy des ou des acides.
L’oxygène n’est pas le seul principe générateur des acides, comme on le croyoit autrefois. Il partage cette propriété avec Fhydrogène.
Effets. La respiration de ce gaz excite fortement les organes pulmonaires et favorise la conversion du sang noir en sang rouge.
Corps combustibles simples non métalliques^
Ils sont au nombre de huit : l’azote , l’hydrogène , le bore , le carbone , le phosphore, le soufre, l’iode , le chlore. Trois d’entre eux, savoir l’azote, l’hydrogène et le chlore , dégagés de toute combinaison , sont toujours à l’état gazeux. Les autres sont solides. h la température ordinaire de Fair,
Gaz azote»
Pour l’obtenir, on brûle du phosphore dans une cloche remplie d’air dont l’oxygène est absorbé,* ou on traite à une douce chaleur de la chair musculaire par l’acide nitrique affoibli suivant le procédé de M. Berthollet. On lave le gaz obtenu pour lui enlever dans le premier cas l’acide carbonique et un peu de phosphore qu’il a dissous , et dans le second un peu d’acide nitreux.
Propriétés» Le gaz azote est plus léger que le gaz oxygène ; il est sans couleur et sans saveur ; il est moins soluble dans l’eau que l’oxygène ; il asphyxie les animaux , éteint les bougies allumées , ne précipite pas l’eau de chaux de sa dissolution et ne rougit pas les couleurs bleues végétales. Ce gaz forme les 0,78 en volume de l’air atmosphérique. Il est le radical des acides nitrique et nitreux, et un des principes constituans de l’ammoniaque. Il entre dans la composition de toutes les matières animales et de beaucoup de substances végétales.
Usages» La respiration du gaz azote , mêlé avec l’air atmosphérique , au lieu d’asphyxier comme lorsqu’il est pur , ne fait que ralentir les phénomènes chimiques de la respiration , et il a été proposé dans ce but.
Gaz hydrogéné»
Extraction. Pour l’obtenir, on décompose l’eau au moyen de la limaille de fer ou de zinc , et de l’acide sulfurique.
Caractères» Le gaz hydrogène est incolore ; il a
DES médigâmens. 28!>
*cmjours une odeur particulière qui paroit due aux substances qu’on a employées pour le retirer. Sa pesanteur spécifique , lorsqu’il est pur, est à celle de J’air comme i est à i5 : c’est le plus léger des gaz connus. Il est insoluble dans Feau; il n’est pas respirable; il est très-combustible, et brûle avec une flamme bleue. Il est un des principes constituans de i’eau : sa combustion, dans la proportion de deux parties de ce gaz en volume contre une de gaz oxygène 5 donne lieu à la formation de ce liquide. De là son usage dans l’analyse de l’air atmosphérique par l’eudiomètre de Volta. Il dissout plusieurs corps combustibles , et leur fait partager sa fluidité élastique. Il forme des acides avec quelques-uns de ces corps , notamment le soufre , le chlore et l’iode. Sa combinaison avec l’azote constitue l’ammoniaque : il est un des principes constituans des végétaux et des animaux.
U, sages. La respiration de ce gaz , mêlé dans de certaines proportions avec l’air atmosphérique , a été conseillée, comme celle du gaz azote , pour ralentir les phénomènes chimiques de la respiration.
Bore.
Ce corps , découvert par MM. Gay-Lussacet Thénard , s’obtient en faisant chauflér dans un tube de cuivre de l’acide borique ( boracique ) avec le potassium , qui s’empare de l’oxygène , de l’acide , et laisse le bore à nu. Il est solide ^ sous forme pulvérulente , d’un brun verdâtre , inodore, insipide, fixe, infusible , insoluble dans Feau , Falcool et les huiles ; inflammable à la température rouge. Il est sans
284 DES PREPARATIONS
usage; mais Facide borique , dont il forme le radical ^ est employé.
Carbone.
Le carbone est la matière charbonneuse dans son état de pureté.
On idemploie que le charbon de bois. On doit choisir le plus sec et le plus léger.
Caractères. Il est noir , insipide y inodore , sonore^ brillant , poreux, très-cassant ; mais, pulvérisé , il a beaucoup de dureté. îl absorbe promptement l’hunlidité atmosphérique; il absorbe fous les gaz sans se combiner avec eux. Il est très-mauvais conducteur du calorique ; il rougit sans se dilater et sans se fondre par la chaleur. Chauffé dans un vaisseau fermé , il reste à Fétat de charbon , et à cet état ii est très-fixe ; il peut rester extrêmement long-temps exposé aux vicissitudes de Fair , ou enfoui dans le sein de la terre sans s’altérer. Le charbon le plus pur, celui même qui a été calciné, contient, outre le carbone , de l’oxygène , de l’hydrogène et des matières salines. Il forme , en brûlant , de Facide carbonique et de l’hydrogène carboné. Les substances salines restent dans les cendres.
Usages. La poudre de charbon, appliquée sur des ulcères de mauvais caractère , en corrige la fétidité. Elle désinfecte l’eau corrompue et malsaine qui la traverse. Frottée sur les dents , elle en enlève le tartre et diminue la mauvaise odeur de la bouche.
Phosphore.
Extraction. Les os étant presque entièrement composés de phosphate calcaire , c’est exclusivement
DES MEDICAMENS.
de ces corps qu’on retire aujourd’hui le phosphore. Après les avoir calcines et pulvérises , on en sépare l’àcide phosphorique au moyen de l’acide sulfurique ; et l’acide phosphorique étant séparé et évaporé en consistance mieilleuse , on lui enlève son oxygène en le traitant a la cornue avec du charbon en poudre.
Caractères. Le phosphore purifié est une substance solide 5 demi-transparente ^ d’un blanc jaunâtre y de la consistance de la cire , cassant , d’une cassure vitreuse, d’une odeur alliacée, d’une saveur désagréable 3 d’une pesanteur spécifique de 20,000 ; inflammable spontanément , et dégageant une flamme bleue qui ne s’aperçoit que dans l’obscurité; se colorant en rouge par la lumière ; ductile à la température de 2 5 degrés , fusible à 02 degrés; cristaliisable en aiguilles par refroidissement ; se réduisant en vapeurs â y6 degrés ; insoluble dans l’eau , qu’il décompose peu à peu en donnant lieu a la formation du gaz hydrogène phosphoré ; un peu soluble dans l’alcool , dans les huiles fixes et volatiles ; soluble dans cent fois son poids d’éther sulfurique a 40 degrés de l’aréomètre ; se convertissant par la combustion rapide en acide phosphorique , et par la combustion lente en acide phosphoreux. ^
« Usages. Il peut être administré pour produire l’excitation générale. Il excite spécialement les organes générateurs. C’est un médicament dangereux: or^ le donne quelquefois dissous dansLéther.
Soufre.
Préparation. Il doit être sublimé et lavé : il constitue alors les fleurs de soufre.
:zS6 DES préparattoivs
Caractères. Le soufre entier et pur est une sub-^ stance solide , d’une couleur jaune-citron ^ sans odeur , insipide , d’une pesanteur spécifique de’ 1,990, très-fragile, se cassant avec un cri particu-lier quand on le presse dans la main , ce qui tient a son peu de dilatabilité ; d’une cassure vitreuse } acquérant l’électricité résineuse par le frottement; insoluble dans l’eau, fusible à la température d’environ i5o degrés , se volatilisant a une chaleur plus' élevée , cristallisant en octaèdres , développant eu brûlant une odeur suffocante ; brûlant avec une flamme légère et bleuâtre si la combustion est lente et avec une flamme blanche si la combustion est rapide. Formant dans le premier cas de l’acide sulfureux , et dans le second de l’acide sulfurique.
Usages* On l’emploie comme purgatif et comme excitant des viscères abdominaux et des fonctions de la peau. Dans les affections cutanées , on l’appliqua souvent extérieurement^
lodei
Extraction. Ce corps , découvert dans ces der-^ niers temps par M. Courtois , se trouve dans lea algues. On le retire des eaux-mères de la soude de varec, en y versant un excès d’acide sulfurique concentré , et en chauffant doucement le mélange dans une cornue de verre munie d’un récipient. L’iode passe dans ce •dernier vase sous forme de vapepr violette très-belle , et s’y condense en lames cristallines qui ont l’aspect du carbure de fer. Pour le purifier on le lave avec de l’eau contenant un pen de potasse , et on le distille de nouveau.
DES MÉdICAMEjYS. sS-/
Caractères» L’iode est solide à la température ordinaire , d’une forme lamelieuse , d’un éclat métallique, d’une couleur bleuâtre , d’une odeur analogue â celle du chlore ; d’une pesanteur spécifique de 4>946» Soumis à l’action de la pile galvanique , il se porte vers le pôle positif ; il colore en jaune la peau sur laquelle on l’applique. Pour peu qu’on le chauffe, il se réduit en vapeurs. Il forme avec l’oxygène Y acide iodique , et avec l’hydrogène l’acide hjdriodique ; il forme avec le phosphore du pÆovpkure diode ; et avec le soufre du suljure diode» Si on le met en contact avec l’ammoniaque liquide , une portion de cet alcali est décomposée ; il se précipite de Yiodure d^ azote ^ combinaison fulminante â l’état sec ; et il se forme de l’hydriodate d’ammo- . Iliaque qui reste dissous. L’iode sec , avec le gaz ammoniac également sec , forme de i’iodure d’ammoniaque, qui est liquide , et n’est nullement détonant. Enfin , il forme des iodures analogues aux sulfures avec les bases salifiables et les métaux.
L’iode n’est pas employé en médecine ; il est vénéneux a une certaine dose ^ d’après les expé- Hences de M. Orfila , et fait périr en produisant des ulcérations de l’estomac.
Chlore ( gaz acide muriatique oxygéné J.
Procédé» Pour l’obtenir on distille ensemble un mélange d’hydrochlorate (muriate) de soude cristallisé, d’acide sulfurique affoibli, et d’un peu d’oxyde de manganèse; ou bien on chauffe l’acide hydrochlorique liquide avec ce dernier oxyde. Le chlore se dégage sous forme de gaz : obtenu par ce moyen , il
288 DES PREPARATIONS
est humide. Pour l’obtenir sec, on le fait passer à travers de l’hydrochlorate ( muriate) de chaux. On l’obtient sous forme liquide en condensant ce gaz dans l’eau distillée , au moyen de l’appareil de Woulf • et lorsqu’on favorise la condensation en entourant de glace le récipient principal , le liquide se prend en partie en cristaux lamelleux d’un blanc verdâtre ; mais il quitte la forme cristalline dès qu’il cesse d’être exposé à une basse température.
Caractères. Le chlore à l’état gazeux a une couleur jaunâtre et une odeur très-suffocante. Il n’est pas altérable par la lumière ni par la température la plus élevée. Il forme des chlorures et des souschlorures avec divers corps combustibles , et de V acide chlorique avec l’oxygène ; et cet acide , combiné avec l’hydrogène , forme de l’acide hydrochlorique (.muriatique), il irrite les yeux et la muqueuse nasale, et produit l’enchifrènement. Introduit en quantité très-modérée dans les voies aériennes , il provoque la toux et peut occasionner tous les symptômes d’un catarrhe. Si on le fait respirer pur à un animal , il le tue avant le temps nécessaire pour déterminer l’asphyxie. Il n’éteint pas les bougies allumées , dont il semble animer au contraire la flamme : il décolore les couleurs bleues végétales : a l’état liquide , c’est-â-dire dissous dans l’eau , il est jaunâtre comme â l’état de gaz : il a une saveur extrêmement acerbe. Concentré, il est â peine plus pesant que l’eau distillée. Le chlore décompose , au bout de quelque temps , et surtout à l’aide de l’action de la lumière , l’eau dans laquelle il est dissous , se convertit en acide hydrochjorique , et met à im l’oxy-
BÈS Médicament. :2 89
gène de Feau qui se dégage à Fëtat gazeux. Si on fait passer du chlore bien sec à travers du soufre sublimé egalement sec , on obtient un liquide très-volatil qui est du chlorure de soufre y et est composé de deux parties de chlore et d’une de soufre. Le chlore que l’on fait passer sur du phosphore en petits morceaux forme une combinaison concrète qui est du chlorure de phosphore. Cette combinaison décompose l’eau en donnant lieu à la formation des acides hydrochlo»^ rique et phosphorique^ Enfin si l’on fait passer , à l’aide d’un appareil particulier , le chlore à travers une dissolution d’hydrochlorate d’ammoniaque^ on obtient le chlorure d’azote ^ qui détonne au plus léger choc , en produisant un bruit considérable , etc.
Usages» Le gaz est très - employé pour purifier l’air ; il peut être utile pour exciter les sens , et notamment celui de l’odorat, et par contiguïté, les mouvemens respiratoires dans les cas de syncope. Le chlore liquide étendu peut être administré à l’intérieur comme astringent.
Corps brûlés P ou combinaisons de V oxygéna avec les corps combustibles^
L’oxygène , en se combinant avec les corps combustibles , donne naissance à deux espèces de corps , les oxydes et les acides : ceux-ci se distinguent des premiers par leur saveur aigre, et la propriété qu’ils ont de rougir les couleurs bleues végétales.
Eau ou oxyde dl hydrogène»
L’eau est un liquide incolore, inodore et sans veur marquée , susceptible de prendre Fétat solide à
zéro , et de se convertir d’autant plus promptement en vapeur, que la température s’élève davantage audessus de ce degré, et que la pression aimosphérique est moindre. Elle est composée de i5 parties d’oxygène et de 85 d’hydrogène en poids ; mais l’eau de rivière et celle de source contiennent toujours diverses substances étrangères. Pour être potable et salubre , elle doit tenir de l’air atmosphérique en dissolution : elle ne doit pas contenir des quantités notables de sulfate de chaux , ni de matières organiques corrompues.
Usages • L’eau forme la base des boissons délayantes ; elle est l’excipient d’un grand nombre de médicarnens , soit quelle les dissolve ou qu’elle ne les tienne qu’en suspension elle n’agit souvent que comme conducteur du calorique.
Combinaisons de Voxygène avec V azote.
Indépendamment de l’air atmosphérique , il existe quatre combinaisons de l’azote avec l’oxygène , savoir : le protoxyde d’azote ( gaz oxydule d’azote) , le deutoxyde d’azote ( gaz nitreux ou oxyde d’azote) , les acides nitreux et nitrique.
• Protoxyde d’azote ( gaz oxydule d’azote ) .
On l'obtient en chauffant dans une cornue de verre du nitrate d’ammoniaque desséché. Ce gaz est sans couleur et sans odeur , d’une saveur légèrement sucrée , et environ un tiers plus pesant que l’air ; il entretient la combustion, n’a aucune action sur l’oxygène , ni sur l'air a la température ordinaire , se transforme en deutoxyde d’azote et en azote par un®
DES MEDICAMENS»
clialeur rouge , etc. Ou peut le respirer eu assez grande quantité sans danger, il est composé de deux parties de gaz azote et d’une de gaz oxygène en volume. Il est sans usage.
Deutoxjde d! azote {gaz oxjded' azote , gaz aîtr eux ).
On le prépare en versant dans un vase convenable de l’acide nitrique à 17 ou 18 degrés de l’aréomètre de Baumé , sur de la lournure de cuivre. Ce gaz est sans couleur , probablement sans odeur , sans action sur la teinture de tournesol , à peine plus pesant que l’air atmosphérique ; il éteint les corps en combustion , et asphyxie les animaux qui le respirent ; il est même très-délétère , et dénature tellement le sang des animaux vivans^ que ce liquide ne peut plus, en traversant les poumons, reprendre ses qualités vivifiantes, ainsi que je l’ai prouvé par diverses expériences {Recherches de Physiologie et de Chimie pathologiques , pour faire suite à celles de Blchat sur la xie et la mort ). 11 est indécomposable par la chaleur, et se convertit, par le contact de l’oxygène de l’air , en un gaz très-rouge, qui est le gaz acide nitreux. 11 est composé de parties égales en volume de gaz oxygène et de gaz azote.
Usages. Ce gaz est employé pour analyser l’air atmosphérique.
Acide nitrique.
Procède'. On a formé cet acide de toutes pièces à l’aide de l’électricité ; mais ce procédé , qui est fort long, ne pourroiten fournir que de très-petites quantités. Tout l’acide nitrique dont on fait usage dans
DES PREPARATIONS
les arts et en médecine est formé par la nature : or^ il s’en forme sans cesse au milieu des habitations des hommes et des animaux. Cependant la combinaison de l’azote et de l’oxygène dans les proportions convenables pour constituer l’acide nitrique, nécessite la présence d’une base avec laquelle il s’unit au moment de sa formation , de manière qu on le rencontre toujours à l’état salin, et surtout à celui de nitrate de potasse ou de nitre. Pour obtenir l’acide nitrique libre , on décompose le nitre en le distillant avec de l’argile ou de l acide sulfurique ; l’acide se dégage en vapeur que l’on condense dans des récipiens.
Propriétés • Cet acide, rectifié , est un liquide incolore 5 d’une odeur particulière, qu’on a comparée à celle des pommes de reinette ; lorsqu’il est concentré , il répand des fumées blanches dans l’atmosphère. Sa pesanteur spécifique est de î4o à i5o : il marque alors de 55 à 46 degrés à l’aréomètre. Lorsqu’il est pur, il ne précipite pas les sels solubles de baryte ni ceux d’argent. Exposé aux rayons solaires , il dégage du gaz oxygène et prend une couleur légèrement jaunâtre, due à la formation d’un peu de gaz nitreux : il jaunit les substances animales et celles des. substances végétales qui contiennent de l’azote. Il est composé de 0,80 oxygène et de 0,20 azote.
Usages* Rafraîchissant , diurétique , astringent , irritant, escarrotique, suivant son degré de concentration. Proposé comme dissolvant des calculs urinaires composés de phosphate de chaux et de phosphate ammoniaco-magnésien. On le volatilise pour purifier l’air.
DES MEDICAMENS.
Acide nitrique alcoolisé»
Procédé» Pour préparer ce médicament on mêl^ ensemble deux parties d’alcool et une d’acide nitrique J l’un et Tautre à 56 degrés , en versant peu à peu l’acide sur l’alcool et en agitant ; la liqueur prend une odeur éthérée et une couleur légèrement citrine : onia laisse digérer pendant un mois^ ou bien on Ja distille avec précaution.
Effets» Diurétique , tonique , astringent.
Acide nitreux»
Procédé» On prépare cet acide en (Kstillant du nitrate de potasse avec du sulfate de fer vert desséché. Au moment de la décomposition de ces deux sels, le fer s’oxyde au maximum aux dépens d’une portion d’oxygène de l’acide du nitrate, et convertit cet acide en acide nitreux ; celui-ci passe en vapeurs rouges, qui se condensent dans le récipient.
Caractères» L’acide nitreux ainsi obtenu est un liquide rouge qui fume en vapeurs rutilantes dès qu’il est exposé à l’air. Cette qualité dépend de la grande quantité de gaz deiiloxyde d’azote ou nitreux .qu’il contient ; et l’on doit regarder l’acide nitreux comme une combinaison de l’acide nitrique avec ce gaz» En effet , il* suffit de faire passer pendant quelque temps du gaz nitreux dans l’acide nitrique pour le convertir en acide nitreux ; mais l’acide nitrique dissolvant d’autant plus de gaz nitreux qu’il est plus concentré , il en résulte que la combinaison qui constitue l’acide nitreux peut ayoir lieu dans des pruportions très-différentes qui font varier la couleur
294 i>ES préparations
lie l’acide. Celui qui est au maximum de saturation de gaz nitreux, c’est-à-dire le plus concentre possible , est rouge et très-fumant \ il contient 90 parties en volume de gaz nitreux sur 10 d’acide nitrique ; et il est compose de 0,70 oxygène et de 0,25 azote, .11 est rutilant et fume en vapeurs rouges. Moins concentre, il est vert et moins fumant ; moins concentré encore , il est d’.un bleu pâle. On obtient ces différentes nuances en versant des quantités différentes d’eau dans de l’acide nitreux très-rutilant. Il passe ainsi successivement au vert et au bleu , en dégageant du gaz nitreux, à mesure qu’on y verse de Veau : il devient incolore par une grande proportion de ce liquide; ce n’est plus alors que de l’acide nitrique étendu, cet acide ne retenant du gaz nitreux en dissolution qu’autant qu’il conserve un certain degré de concentration. L’acide nitreux n’est pas altéré par les rayons solaires comme l’acide nitrique. Lorsqu’il est concentré , il enflamme diverses huiles essentielles, ce que ne fait pas l’acide nitrique.
Usages. Escarrotique. 11 cautérise plus fortement que l’acide nitrique. '
Acide borique {horacique^ ^ ou combinaison du bor
avec V oxjgene»
Cet acide se retire du borax ou borate sursaturé de soude , en versant peu à peu , dans une dissolution saturée de ce sel par l’eau bouillante , de l’acide sulfuri(|ue concentré , jusqu’à ce qu’il y en ait un léger excès. L’acide boracique se sépare et cristallise par -refroidissement.
Caractères* Il cristallise en lames micacées , he-
DES MEDICAMENS.
Kaèdres , blanches , brillanles. Il a une saveur fraîche , ne rougit que foibleinent le bleu de tournesol : il est soluble dans cinquante fois son poids d’eau distillée à la température atmosphérique. 11 est beaucoup plus soluble dans l’eau bouillante, et précipite en prenant la forme cristalline par refroidissement. Cet acide se décompose , au moyen de l’électricité ou du potassium, en bor et en oxygène, comme font prouvé MM. Thénard et Gay-Lussac en France , et M. Davy en Angleterre.
Usages. Il est administré à l’intérieur comme sédatif du système nerveux; en gargarisme, comme excitant de la muqueuse buccale dans les aphthes.
Combinaisons de V oxygène as^ecle carbone >
Elles sont au nombre de deux : le gaz acide carbonique et le gaz oxyde de carbone.
Gaz acide carbonique.
Procédé.* L’acide carbonique qu’on retire de la combustion du charbon n’étant pas pur, pour l’avoir sans mélange, on a ordinairement recours à la décomposition du carbonate de chaux (craie ou marbre ) par Facide sulfurique , ou mieux par l’acide muriatique. On recueille le gaz qui se dégage sous des cloches à l’appareil hydro-pneumatique.
Caractères. Le gaz acide carbonique est invisible, d’une saveur aigre , d’une odeur piquante , d’une pesanteur spécifique qui est à celle de l’air comme 1,5 est à I. 11 rougit la teinture de tournesol , précipite la chaux de sa dissolution , est très-soluble dans i’eau, éteint les bougies allumées et asphyxie les ani-
29^ DES PREPARATIONS
maux. Il conlieiit ua volume égal au sien de gaz oxygène; il est compose d’environ vingt-sept parties de carbone , et de soi?iante-treize d’oxygène.
Usages, Dissous dans l’eau 5 il est rafraîchissant, diurétique, modérément tonique et anti septique; il fait la base des eaux minérales acidulés. Gazeux et mêlé à Tair atmosphérique , il a été conseillé pour ralentir les phénomènes chimiques de la respiration; mais on doit préférer les gaz hydrogène et azote.
Gaz oxjde de carbone.
Procédé. On l’obtient en enlevant à l’acide carbonique une portion de son oxygène , ou en mettant en contact à une haute température du carbone avec un excès d'oxygène. Le meilleur procédé consiste à chauffer fortement dans une cornue un mélange de fer en limaille, et de carbonate de baryte.
Caractères, Ce gaz est invisible, insipide, un peu moins pesant que Tair atmosphérique. 11 ne rougit pas la teinture de tournesol , est insoluble dans l’eau, ne précipite pas la chaux de sa dissolution; il éteint les corps en combustion : mais si on plonge une bougie allumée dans ce gaz en contact avec l’air, il s’enflanime et se convertit en acide carbonique. Il fait périr promptement les animaux qui le respirent, ïoo parties de gaz oxyde de carbone contiennent la moitié de leur volume de gaz oxygène, et sont formées de 4^ de carbone et de Sy d’oxygène en
Ce gaz n’est d’aucun usage.
DES MEDICAMENS.
Comhinaisons de d oxygène avec le
phosphoT'e.
Le phosphore se combine en trois proportions différentes avec l’oxygène, et il en résulte de l’oxyde de phosphore , de l’acide phosphoreux et de l’acide phosphorique : ce dernier est la seule des trois combinaisons qui intéresse les médecins.
Acide phospJiorîque.
Procédé. Pour se procurer l’acide phosphorique, on le fait directement, soit en brûlant le phosphore dans l’air ou dans l’oxygène , soit en décomposant l’acide nitrique par le -phosphore : ou bien on décompose le phosphate de chaux des os par l’acide sulfurique, comme nous venons de le dire en traitant du phosphore. C’est ordinairement a ce dernier procédé qu’on a recours; mais la liqueur, filtrée après Faction de l’acide sulfurique, contient, outre l’acide phosphorique , plusieurs sulfates et de la silice. On la traite par le darbonate d’animoniaque jusqu’à saturation. Ce sel s’empare de l’acide sulfurique des sulfates, et leurs bases se précipitent à l’état de phosphates. Après leur séparation on évapore : il se forme, à plusieurs reprises , des flocons que l’on sépare par le filtre : c’est de la silice. L’évaporation étant poussée jusqu’à siccité, on chauffe la matière jusqu’au rouge dans un creuset de platine, pour volatiliser le sulfate d’ammoniaque et dégager l’ammoniaque du phosphate. L’acide phosphorique reste seul dans le creuset.
Caractères^, L’acide phosphorique ainsi.obtenu et refroidi est à l’état vitreux ; il est transparent, d’une
IVESPRÉPARATIONS
pesanteur spécifique de 2,85i6, inodore; sa saveur est très-piquante sans être caustique ; il ne détruit pas les tissus organiques. Comme il est très-déliquescent, il se résout promptement à Fair en un liquide épais, dont la pesanteur spécifique est encore de i,4i7> et qui présente les autres propriétés de l’acide concret. L’eau de chaux le précipite des liquides dans lesquels il est dissous; il est sans action surFhydrochlorate ( muriate ) de baryte; mais il forme avec la baryte pure un précipité qui se dissout sans effervescence dans Facide hydrochlorique. Il ne précipite pas en noir comme Facide phosphoreux avec le nitrate d’argent. Il est composé, à l’état sec , deo,6o oxygène et 0,40 phosphore ; il est décomposé-, à l’aide d’une forte chaleur, par le charbon.
Usages. Rafraîchissant , excitant. Peu employé jusqu’à présent. On soupçonne qu’il constitue le remede d’ Archidet contre la goutte.
Combinaisons de V oxygène avec le soufre.
Acide sulfurique.
Procédé. On fabrique cet acide en brulant^du soufre , dont on active la combustion par un peu de nitrate de potasse : on fait passer les vapeurs sulfuriques dans des chambres de plomb , dont le sol con^ lient de l’eau qui les absorbe.
Caractères» L’acide sulfurique, rectifié et concentré , est un liquide transparent , inodore , lintescent , pesant de i,‘8oo à 2,000 , marquant alors de 66 à 70 degrés à Faréomèlre ; très-caustique , charbénnant eia quelques momens les substances organiques avec
DES MÉdICAMENS.
lesquelles on le met en contact; très- fixe, se congelant et cristallisant à la température de 8 à i o degrés, et ne se volatilisant qu’à celle d’environ 2 25. Il est précipité de tous les liquides où il se trouve , même en très-petite quantité , par les sels solubles de baryte. C’est le plus fort des acides; il déplace tous les autres des combinaisons qu’ils formoient avec les bases. Il est décomposé , à l’aide de la chaleur , par l’hydrogène, le charbon et plusieurs autres corps combustibles. Il est composé, dans son état sec, d’environ 0,54 de soufre et de 0,48 d’oxygène.
Usages^ Il est rafraîchissant, tonique , astringent, caustique, suivant son degré de concentration.
Acide sulfurique alcoolisé.
C’est un mélange de trois parties d’alcool et d’une d’acide sulfurique. Il constitue l’eau de Rabel.
Usages. Ceux de l’acide sulfurique.
Acide sulfureux.
Procédé. Cet acide se forme par la combustion lente du soufre ; mais il est. préférable de le faire en traitant l’acide sulfurique à la cornue avec des matières combustibles minérales ou végétales, qui lui enlèvent une partie de son oxygène. On emploie ordinairement pour cela le charbon ou le mercure. On peut aussi l’obtenir en dissolvant du soufre dans i’aoide sulfurique.
Caractères. L’acide sulfureux existe sous forme de gaz et sous forme liquide. Le gaz a une odeur piquante de soufre qui brûle : il est sans couleur; il est le double plus pesant que Tair. Il éteint les bougies
OOO ÜES PRÉPARATIONS
allumées et suffoque les animaux. Il rougit et décolore les bleus végétaux tendres ; il est soluble dans l’eau. Il ne prend pas une forte proportion d’oxygène, ni par l’action de l’air, ni par celle du gaz oxygène ; mais plusieurs oxydes métalliques et les acides nitreux et muriatique oxygéné le convertissent en acide sulfurique. Le gaz acide sulfureux , condensé dans l’eau distillée , constitue l’acide sulfureux liquide qui participe des propriétés du gaz. Versé dans l’eau de chaux , il produit un précipité quand la saturation est'Complète , ce que ne fait pas l’acide sulfurique, parce que le sulfite de chaux neutre est moins soluble que le sulfate qui est plus soluble que la chaux. L’acide sulfureux à l’état sec est formé d’environ 0,85 de soufre et de o,i5 d’oxygène.
Usages. Il peut être employé pour exciter le sens de l’odorat et pour purifier l’air.
Acide chloriquey ou combinaison du chlore arec
Voxjgene.
Préparation. On ne peut combiner directement l’oxygène au chlore. Pour faire cette combinaison ,
' on met le chlore en contact avec des substances oxygénées. Le meilleur procédé consiste à faire passer du chlore dans une dissolution aqueuse de baryte; il se forme du chlorure et du chlorate de baryte. Le chlorure, moins soluble , se précipite en partie; on sépare le précipité parla décantation. On précipite la poi’tion de chlorure qui reste dissoute par le phosphate d’ai’gent. Il ne reste plus alors en dissolution que des chlorates, qu’on décompose par l’acide sulfurique.
. Caractères. L’acide chlorique est sous forme de
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gaz d’un vert jaune. Il rougit la couleur de tournesol , et la de'truit lorsqu’il est concentré. Mis en contact avec le gaz hydrogène, il détonne et se convertit en acide hydrochlorique. Il produit une véritable explosion avec le phosphore, le soufre et autres corps combustibles qu’il convertit en acide en dégageant beaucoup de chaleur et de lumière- Il forme des chlorates avec les bases salilîables. Il est composé d’environ 8o parties de chlore, et de 40 de gaz oxygène en volume.
Cet acide n’est pas employé en médecine.
Acide iodique^ ou combinaison de Viode as>ec
Voxjgène,
Procédé. Cet acide n’ayant pu être produit jusqu^ici que par le concours des bases, il s’ensuit qu’on ne peut l’obtenir à l’état libre qu’en le séparant de ses combinaisons salines. M. Gay-Lussac donne la préférence à riodate de baryte, qu’il traite à chaud par l’acide sulfurique étendu de deux* fois son poids d’eau. Le sulfate de baryte formé se dépose sous forme de poudre , et l’acide iodique reste dans la liqueur toujours mêlé d’un peu d’acide sulfurique.
Caractères. L’acide iodique a une saveur aigre, une consistance sirupeuse quand il est concentré,* il est inaltérable à la lumière. Une chaleur très- forte le réduit en iode et en oxygène. Les acides sulfurique et nitrique ne le décomposent pas; les acides sulfureux, hydrosulfurique et hydriodique en séparent l’iode; l’acide hydrochlorique concentré le décompose en formant de l’eau , et en dégageant du chlore. L’acide iodique forme, avec le nitrate d’argent, un précipité
Z02 DES PREPARATIONS
blanc, soluble dans l’ammoniaque. Il est composé de loo parties d’iode et de 5 1 ,9 d’oxygène.
L’action de l’acide îodique sur l’économie animale n’est pas encore connue.
Acide jluorique,
L’acide fluorique est sans doute composé , comme les autres, d’un corps combustible , d’oxygène et d’hydrogène ; mais on n’est pas encore parvenu a isoler ce corps.
Préparation. On obtient cet acide en décomposant, à l’aide de la chaleur, le fluate de chaux (^spatk fluor) par l’acide sulfurique concentré.
Caractères. Il est liquide et blanc, d’une odeur très-piquante et pénétrante, d’une saveur très-âcre : c'est un puissant corrosif. Il désorganise très- promptement les parties animales avec lesquelles on le met en contact. Il attaque les vases de verre en dissolvant la silice qui entre dans leur composition, et forme un. fluate de silice qui est gazeux ou solide , suivant que l’acide fluorique est plus ou moins prédominant. L’acide fluorique silicé, dissous dans l’eau à Faide d’un excès d’acide , et traité par l’acide borique , précipite sa silice et donne lieu à la formation de l’acide fluo-borique , qui est également très-corrosif.
Combinaisons des corps combustibles entre
cuæ.
Les phosphures , les carbures , les iodures ne sont d’aucun intérêt pour les médecins. Il en est de même du chlorure d’azote , de l’azote phosphore , de Fhydrogène perphosphoré et protopliosphoré ; mais
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i’hydrogène forme avec le carbone et avec plusieurs autres corps combustibles deS combinaisons que les médecins doivent connaître : tels sont le gaz hydrogène carboné et les acides que Fbydrogène forme avec le chlore, le soufre et fiode. Telle est encore la combinaison de l’hydrogène avec fazote ( ammoniaque ) dont nous parlerons en traitant des bases salifîables.
Gaz hydrogéné carboné,
H existe plusieurs variétés du gaz hydrogène carboné , et notamment le gaz hydrogène percarboné (g az oiéiiant des chimistes hollandais ) , le gaz hydrogène carboné des marais, et le gaz hydrogène protocarboné. On obtient le gaz hydrogène percarboné en chauffant dans une cornue un mélange d’une partie en poids d’alcool et de quatre parties d’acide sulfurique concentré. L’alcool se décompose , et le gaz hydrogène percarboné se dégage. Le gaz hydrogène carboné se dégage naturellement des marais. On obtient le gaz hydrogène protocarboné en exposant le gaz hydrogène percarboné à une température très-élevée. Ces trois gaz asphyxient les animaux qui les respirent. Ils brûlent par le contact d’un corps en ignitio-i , absorbent en brûlant des quantités variables d’oxygène , et donnent par là naissance à des quantités différentes d’acide carbonique. Le gaz hydrogène percarboné absorbe en brûlant trois fois son volume de gaz oxygène , et produit le double de son volume d’acide carbonique. Le gaz hydrogène carboné des marais, abstraction faite du gaz azote qu’il contient, absorbe, en brûlant, deux fois cinq centièmes son volume de gaz oxygène, et produit un
des préparations
volume égal au sien de gaz acide carbonique. Enfin ^ le gaz hydrogène protocarboné absorbe quarantecinq centièmes de son volume de gaz oxygène, et produit sept centièmes de son volume de gaz acide carbonique. loo parties d’hydrogène percarboné sont formées de 86 parties de carbone et de i4 d’hydrogène. lOO parties d’hydrogène carboné des marais sont formées de 27 parties d’hydrogène, et de 75 de carbone. Enfin 100 parties d’hydrogène protocarboné sont formées de 67 d’hydrogène et de 55 de carbone.
Ces gaz sont sans usage.
Acide hjdrochlorîque {muriatique) ^
Procédé. On le retire del’hydrochlorate ( muriate) de soude, en décomposant ce sel par l’acide sulfurique concentré qui le dégage sous forme de gaz ; eb pour l’avoir à Fétat liquide, on condense ce gaz dans l’eau distillée en le recevant dans des flacons de l’appareil de Woulf.
Caractères. Le gaz acide hydrochloriqiieest transparent et incolore ; il a une odeur particulière très-irritante ; il est près du double plus pesant que l’air atmosphérique; il éteint les bougies allumées , après avoir verdi le bord de la flamme; il se change par le contact de Fair en une fumée ou vapeur blanche épaisse; il asphyxie et tue les animaux : il est en conséquence délétère lorsqu’on le respire pur. Il a une grande affinité pour les oxydes métalliques ; il attaque la plupart des métaux en déterminant la décomposition de l’eau qu’il tient en dissolution : s’il étoit pos-
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sîble d’avoir ce gaz parfaitement sec , il n’auroii aucune action sur ces corps.
L’acide hjdrochlorique liquide pur est sans couleur. Son odeur est semblable à celle du gaz ; il répand aussi à l’air des vapeurs blanches dues à l’absorption de l’eau atmosphérique. Le plus concentré ne pèse que I5I96 à la pression ordinaire de l’atmosphère , et ne marque que 20 à 22 degrés a l’aréomètre. Il n’est altéré ni par la lumière, ni par la chaleur, ni par aucun des corps combustibles , qui tous décomposent les acides sulfurique et nitrique. Il charbonne les corps organisés comme l’acide sulfurique; il a plus d’affin té avec les oxydes métalliques que les autres acides, qu’il chasse de leurs combinaisons avec ces substances. C’est un bon réactif pour reconnoître la présence de l’argent par tout où il se trouve dissous; il le précipite à l’état d’hydrochlorate d’argent, et ce précipité, insoluble dans l’eau et dans les acides, se dissout très-bien dans l’ammoniaque.
Usages. Diurétique, astringent, rubéfiant, escarrotique, suivant son degré de concentration. On le dégage à l’état gazeux dans l’air que l’on veut puri* fîer. On le fait respirer pour exciter les sens et les organes pulmonaires. Quatre onces d’acide hydrochiorique et un gros denaphte ou pétrole distillé, étendus dans suffisante quantité d’eau pour un pédiluve ou un manuluve, constituent le remède de Gondran contre la goutte : ce remède n’est qu’un rubéfiant.
5o6 des PRÉPAI^ATIONS
Acide hjdro-sulfurique {gciz hydrogéné sulfuré)^
Procédé, On robtient en de'composant un sulfure ^ tel que celui de potasse ou de fer , par l’acide sulfu* rique étendu.
Caractères, Ce gaz est incolore , d’une odeur trèsfétide , analogue à celle des œufs pourris. Il est ua peu plus léger que l’air atmosphérique , et rougit la teinture de tournesol. Il se dissout dans l’eau , qui devient laiteuse , et peut contenir trois fois son volume du gaz. Respiré pur et même mélangé d’air, il asphyxie et tue d’autant plus promptement les animaux , qu’ils sont plus petits. C’est le plus délétè/e do tous les gaz ; il fait même périr , comme l’a prouvé IVL le professeur Chaussier , des animaux qui n’y sont plongés que jusqu’au cou et qui respirent h l’air libre. ( mes Recherches de physiologie, etc. ) 11 est
très-inflammable, et dépose, en brûlant, du soufre sur les parois du vase qui le conlenoit. Il est décomposé par le chlore et par l’acide nitreux , qui en précipitent également le soufre : c’est le meilleur réactif pour reconnoître la présence d’un métal dans un liquide quelconque.
Usages, Il n’est employé que dissous dans l’eau. Il •forme la base des eaux minérales sulfureuses qui peuvent être prises en grande quantité sans aucun danger. C’est un excitant des fonctions de la peau.
A eide hjdriodiqu e ,
Préparation, Le meilleur procédé consiste à chauffer peu à peu , dans une cornue de verre , un mélange de phosphore et d’iode humide. L’acide hydriodique se produit et se dégage à l’état gazeux. Pour l’avoir li-