PRÉLIMINAIRES
Récolte des Plantes.
Tiges et feuilles. Pour peu qu’elles soient actives comme médicamens , elles doivent être récoltées lorsque la végétation est dans toute sa force, c’est-à-
dire y lorsque les üeurs commencent à s’e'panouiP î en effet , les premières pousses des feuilles sont en general presqu’inertes. Les plantes amères, telles que Fabsinthe, la petite centaurée, ont très-peu d^amerlume dans les premiers temps de la végétation. Les plantes nitrées , comme la pariétaire, la bourrache, contiennent beaucoup plus de nitrate de potasse dans leur développement complet qu'auparavant. Le principe âcre du cochléaria et de beaucoup d’autres crucifères , ne se fait remarquer que dans la vigueur de la végétation. Il en est de même du'principe actif des plantes narcotiques ; on pourroit manger impunément en salade la ciguë encore tendre ; les feuilles de la jusquiame et celles du stramonium , lorsqu’elles ne font que pousser, affectent très-peu l’organe de l’odorat , tandis qu’ elles acquièrent , â mesure qu’ elles s’épanouissent , une odeur extrêmement vireuse qui annonce leur activité sur l’organe cérébral. Dans les premiers temps de la végétation , ce sont les principes.doux , mucilagineux qui prédominent ; dans la suite ils se transforment en principes amers, âcres, narcotiques, etc. Il résulte de là que les plantes mucilagineuses , telles que la mauve, la guimauve , sont plus adoucissantes dans leur jeunesse, et qu’elles doivent être, par exception à la règle générale, récoltées avant l’entier développement de leurs tiges.
Fleurs. Les fleurs doivent se récolter un peu avant leur épanouissement : c’est alors qu’elles ont le plus d’odeur et d’activité. Il en est de même des sommités fleuries, comme celles de la petite centaurée, du chamædris, du chamæpitjs, du scordium ,
t>ES MEDIC AMEN'S.'^ SSS
de la fuïlieterre , de Fhysope , etc. La rose rouge ^ dite de Pro<^ins j doit être récoltée en boutons.
Fruits. On doit cueillir à leur point de maturité et bien nourris ceux qu’on emploie récens ; et un peu avant leur parfaite maturité, ceux qu’on se propose de faire sécher.
Bois. On récolte les bois avant la pousse des feuilles ou après leur chute : il faut que les arbres auxquels ils appartiennent ne soient ni malades ni trop vieux. » <
Racines. Celles des plantes annuelles ou bisannuelles se récoltent ordinairement en automne, et celles des plantes vivaces au printemps. Dans tous les cas , il faut quelles soient bien nourries , saines et flexibles , c’est-à-dire que la partie ligneuse n’ait pas encore acquis toute la solidité dont elle est susceptible. Cependant celles dont on n’emploie que l’écorce sont exceptées de cette dernière condition ; telles sont les racines de cynoglosse , de quintefeuille, de bardane : on les récolte lorsque la partie corticale a acquis une certaine épaisseur et qu’elle se sépare facilement du corps ligneux. '
Ecorces. On les récolte en général lorsqu’elles ne sont pas trop anciennes ni trop épaisses, qu’ elles participent à la végétation et qu’elles sont parfaitement saines.
Dessiccation et consef\>ation des plantes.
Les tiges , les feuilles des plantes exigent des précautions différentes pour leur dessiccation , suivant qu’elles contiennent beaücoup ou peu d’eaù de végétation. Celles qui sont très-succulentes , comme la
mercuriale y la pariétaire , la guimauve , doivent être desséchées promptement. Pour cela, on les étend minces sur des clayons d’osier à claire-voie , garnis de papier gris, ou des châssis garnis de toile, que l’on expose à l’action du soleil ou que l’on place dans une étuve dont la temp'érature est de 5o à 55 degrés. Il faut les remuer plusieurs fois par jour, afin de renouveler leurs surfaces. Elles sont suffisamment séchées lorsqu’elles ont perdu leur souplesse et qu elles se brisent en les maniant. La dessiccation des tiges et des feuilles peu succulentes s’opère à une température moins élevée que celle dont nous venons de parler. Les sommités fleuries peu succulentes, telles que celles d’hysope , de thym, de petite centaua'ée , etc. doivent être desséchées lentement à Fombre , après les avoir divisées en petits paquets , qu’on enveloppe ensuite de papier. Celles qui sont succulentes doivent se dessécher rapidement , soit au soleil , soit â l’étuve. Même observation pour les fleurs isolées.
On dessèche les semences émulsives et les farineuses , en les disposant d’une manière convenable dans des greniers bien aérés ou dans une étuve peu échauffée, avec la précaution de renouveler souvent leurs surfaces.
Les fruits pulpeux , tels que les figues , les prunes , les dattes , ne doivent jamais être desséchés complètement; il suffit de leur enlever la plus grande partie de leur humidité, en les exposant à une chaleur d’abord modérée, qu’on augmente par degrés jusqu’à ce qu’ils aient acquis une consistance molle.
DES MEDÎCAMEÿîS.
Les e'corces , les bo s et les racines fibreuses grêles n’exigent aucune précaution particulière pour leur dessiccation. Les racines charnues et les tubéreuses, telles que celles de brjone , doivent être coupées par tranches minces et enfilées en chapelet qu’on suspend dans une étuve^ Les racines bulbeuses, surtout celles qui sont d’un certain volume, cèdent difficilement leur humidité , et demandent eu • conséquence quelques soins particuliers pour leur dessiccation : c’est ainsi que , pour faire sécher , l’oignon de scille , on en isole toutes les squames , et on les divise, suivant leur longueur, en lanières extrêmement minces , qu’on enfile et qu’on suspend dans une étuve jusqu’à leur parfaite dessiccation.
Lorsque les différentes parties des plantes sont bien desséchées, on les enferme dans des vases imperméables à la lumière , qui doivent être placés dans uu lieu sec , à l’abri des injures de l’air et des insectes.
Des Médicainens puhérulens.
Les médicamens qu’on administre sous forme pul« vérulente doivent être réduits en poudre plus ou moins ténue suivant leurs qualités et les surfaces avec lesquelles on doit les mettre en contact.
La ténuité de la poudre des corps insolubles ou peu solubles doit être en général proportionnée à l’activité du médicament et à sa dureté ) à Cacti'^ s>ité du médicament , parce que si on ne réduisoit qu’en poudre grossière une substance tfès-active , elle ne pourroit pas se répartir également dans loua les Interstices de l’intermède avec lequel on se pro=»
pose de la mêler, et n’agiroit d’ailleurs qu^imparfai^ lement : ainsi les substances résineuses doivent en général être réduites, en poudre très-fine. 2°. A sa dureté y parce qu%in corps dur, tel que le fer ou tout autre minéral qui ne seroit pas bien pulvérisé , agiroit mécaniquement par les angles de ses molécules , et pourroit blesser les organes avec lesquels il seroit mis en contact. Mais il n’est pas d’une rigoureuse nécessité que les corps qui ont peu d’activité et peu de dureté soient réduits en poudre impalpable.
Les corps très-solubles n’ont pas non plus besoin d’être réduits en poudre très-fine , parce que se dissolvant dans l’estomac dès qu’ils y sont introduits, ils n’ont pas le temps d’agir par leur forme.
Relativement aux surfaces avec lesquelles les médicamens pulvérulens sont destinés à être mis en contact , on conçoit qu’ils doivent être mieux pul- .vérisés pour être appliqués sur une surface muqueuse que sur la peau, et qu’il est surtout essentiel de les réduire en poudre très-fine lorsqu’on veut les appliquer sur la muqueuse de l’œil. '
Quelques corps sont réduits en poudre par la préparation chimique qui les a convertis en médicamens : tels sont le kermès minéral , la magnésie , le nitrate de bismuth avec excès d’oxyde. On donne cette forme à la plupart des médicamens par des moyens mécaniques , tels que la trituration et la contusion , l’action de la lime , le frottement , la porphyrisation , la lévigation , la granulation.
La trituration et la contusion se font dans des mortiers dont la matière doit varier suivant la nature des corps à pulvériser;
DES medicamens. 58g
On emploie im mortier de marbre pour pulvériser les sels alcalins et quelques substances non acides retirées des végétaux.
Les sels métalliques et les combinaisons acides qui décomposeroient le carbonate calcaire ne doivent étre'réduits en poudre que dans un mortier de porcelaine ou de verre.
Plusieurs combinaisons métalliques non acides, quelques substances terreuses ou pierreuses , beaucoup de substances végétales sèches peuvent être pulvérisées dans un mortier de fonte.
Quelques corps , pour être pulvérisés par la contusion , exigent l’intermède d’un autre corps qui en facilite la pulvérisation. C’est ainsi que le camphre doit être broyé avec un peu d’alcool ; le salep et le muriate de mercure doux avec un peu d’eau; la coloquinte avec un peu de mucilage de gomme adragant ; la résine de jalap avec un peu de jaune d’œuf ou de sucre ; la vanille et le musc avec un peu de sucre ; et qu’en général les extraits , les gommesrésines et les huiles volatiles ont besoin d’une poudre inerte quelconque , telle que le sucre, la poudre de racine de guimauve , etc.
On pulvérise par limation le fer qu’on porphyrise ensuite. La porphyrisation n’est jamais qu’un moyen secondaire qu’on emploie aussi pour réduire en pâte les substances auxquelles on veut donner la forme de trochisque.
On pulvérise l’agaric de chêne par frottement qu’on exerce sur un tarais de crin.
On emploie la lévigation pour quelques substances terreuses. L’opération consiste à agiter ces subs-
Sqo des préparations
tances déjà pulvérisées dans un vase cylindrique , d’une certaine hauteur et rempli d’eau ; a laisser le liquide quelques momens en repos pour permettre seulement aux molécules les plus grossières de gagner le fond , et à verser ensuite dans un autre vase la plus grande partie du liquide tenant en suspension les molécules les plus divisées. On laisse déposer ces dernières molécules ^'^et lorsqu’elles sont toutes rassemblées au fond du vase , on les sépare du liquide par la décantation , c’est-à-dire en transvasant avec ^ précaution ce liquide d’un vase dans un autre , de manière que la poudre reste dans le premier.
On pulvérise par granulation certains métaux. Cette opération consiste à verser le métal fondu sur une plaque de tôle percée de petits trous , disposée au-dessus d’un vase rempli d’eau y dans laquelle le métal tombe sous forme de grains. C’est , pour ainsi dire , exclusivement Tétain qu’on pulvérise de cette manière ; on peut remplacer avec avantage la granulation par une op^'ation très-simple ^ qui consiste à enfermer le métal qu’on vient de fondre dans une boîte de bois sphérique et à agiter continuellement y jusqu’à ce qu’il ait perdu y en se refroidissant , l’état liquide. L’étain prend de cette manière la forme d’une poudre assez fine , et l’on conçoit que la petite quantité d’air enfermé dans la boîte n’a pu en oxyder que des atomes.
Poudre tempérante de Stahl.
Sulfate (le potasse, ]
«r- , , } ana . g parties.
JNitrate de potasse , j
Cinnabre préparé (sulfure rouge de mercure) , 2 parties.
On mêle cos trois substances sur un porphyre.
DES MÉdiC AMEN s. 5gi
Usages. Cette poudre , malgré son nom ^ est plutôt excitante et diurétique , que tempérante. ’
Doses , de 20 à 5o grains le matin et le soir , et quelquefois trois fois lô jour.
Poudre cornackine , ou de tribus , ou deTP^arwick.
Diagrède . ^
Tartraîe acidulé de potasse . j
Peroxyde d’antimoine ( oxyde au\ parties égales. maximum ^ antimoine diapho-V ’ rétique ) . j
Ce mélange est purgatif , et rarement émétique. Doses , de 12 grains à un gros.
Poudre anlhelminticjue.
Pr. Fleurs de tanaisie vulgaire . -j
Semences de santoline {semen\ de chaque, 5 gros.
contra ) . i
Sulfate de fer vert . i gros.
Mêlez.
On fait usage de cette poudre contre les ascarides lombricoïdes et les ascarides vermiculaires , à la dose de 20 grains à un gros.
Poudre cathartique avec le quinquina.
Pr, Écorce de quinquina officinal en poudre, 4 gros,
Tartrate acidulé de potasse . . 2 gros.
Mêlez.
M.' Swédiaur ( Pharmacopœia medici practicl) recommande cette poudre , d’après Vogler y comme très -efficace contre les constipations rebelles y à la dose de 5o à 40 grains. J^ai fait à cet égard quel-
S92 DES PPtf PAR ATTON'S
ques essais qui me permettent d’assurer qu’elle est au moins inconstante dans ses effets.
Poudre sudorifique de Dover {pulvis ipecacuanlice et opii).
Pr. Ipëcacuanha en poudre .
Opium pur réduit en poudre ,
Nitrate de potasse . . . ,
Sulfate dépotasse .
ana ,
ana ,
2 gros.
I once.
Triturez exactement dans un mortier de marbre ou de fer, et réduisez en poudre fine.
Les Anglais recommandent cette poudre dans les affections rhumatismales et autres maladies qui proviennent de la suppression de la transpiration ; dans la dysenterie , certaines hydropisies.
Doses ^ de i5 à 20 grains. On la donne dans une cuillerëe d’eau pure ou d’eau de menthe , principalement le matin ^ le malade étant dans son lit et bien couvert. Au bout d’une heure , on donne une tasse d’une infusion théiforme. M. Swédlaur conseille un verre de petit-lait vineux ( petit-lait contenant la partie soluble d’une once de tamarin par livre ) J qu’il fait réitérer toutes les demi- heu res , jusqu’à ce que les sueurs surviennent abondamment.
Poudre antimoniale de la pharmacopée de Londres» Phosphate de chaux stihié {Swédiaur).
Pr. Sulfure d antimoine en poudre,) . , ,
T. A 1 1 r 1 parties égalés.
Kapure de corne de cerr . J ' ^
Jetez le mélange dans un vase de fer chauffé au rouge j remuez continuellement jusqu’à ce que la matière qui brûle ait pris une couleur grise; laissez-la refroidir, et après l’avoir pulvérisée , versez-la dans un creuset luté auquel vous adap-
DES médicamens. SqS
un autre creuset renversé, percé à son fond d’un petit trou ; faites chauffer graduellement jusqu’au rouge , et entretenez ce degré de chaleur pendant deux heures^ laissez refroidir et réduisez la matière en poudre fine.
Ou conçoit que pendant cette opération , le soufre du sulfure d’antimoine se dégage entièrement, et que l’antimoine se convertit en oxyde. M. Brugnatelli a observé ( Pharmacopée générale , traduite de l’italien par M. Planche ) que le phosphate de chaux se débomposoit également , et que le médicament préparé ne contenoit plus que de la chaux , de l’oxyde d’antimoine et un petit résidu de phosphate de chaux indécomposé.
. Cependant M. Sw^édiaur , après avoir donné , dans sa Pharmacopée , la préparation ci-dessus , qui est celle de la Pharmacopée de Londres , en indique une autre à l’article pulveres , qu’il regarde comme donnant le iiiême résultat , quoiqu’elle ne consiste que dans un mélange de deux parties de phosphate de chaux pulvérisé ( par conséquent non décomposé) , et d’une partie de peroxyde d’antimoine. Le même auteur assimile ces médicamens à la poudre de James, si célèbre en Angleterre , et qui , suivant lui , peut aussi se préparer par le procédé suivant :
Pn Phosphate de chaux dissous dans suffisante
quantité d’acide hydro-chlorique . ^ livre.
Hyd ro-chlorate d’antimoine sublimé. .... 2 livres.
Eau distillée . 2 livres.
Mêlez • versez ensuite peu à peu dans la dissolution, ammoniaque liquide . i livre.
Lavez le précipité formé , et conservez~le pour l’usage. Ce précipité est en effet ^n mélange de phosphate de chaux et de peroxyde d’antimoine , de meme
3g4 DES PREPARATIONS
que les préparations ci-dessus ; et l’analyse faite par Pearson de la poudre de James , que l’on vend encore à Londres comme un remède secret , a donné 5j parties de peroxyde d’antimoine et 4^ de phosphate de chaux. Si cette poudre contenoit en outre une petite quantité d’émétique ou tartrate de potasse et d’antimoine ,par exemple, un grain sur 19, comme le prétend un auteur anglais ( vojez Brugnatelli ) , cela expliqueroit l’activité plus grande que paroît lui avoir reconnue M. Odier , en la comparant avec la poudre antimoniale.
Quoi quil en soit, ces différentes préparations présentent les plus grandes analogies dans leur action. Toutes sont sudorifiques , émétiques , purgatives , suivant leurs doses et les constitutions individuelles. On les emploie, surtout en Angleterre, au début des fièvres essentielles graves pour les faire avorter, et dans leur cours pour provoquer une crise.
Doses y de 5 à i5 grains, une ou deux fois le jour.
Des Pulpes.
On appelle pulpe la partie molle et charnue des végétaux que l’on réduit en une espèce de pâte de la consistance d’une bouillie , en la séparant des parties dures : telle est la chair des fruits tendres , des racines , etc. Cette séparation se fait par l’expression , que l’on pratique en frottant la substance qui contient la pulpe sur un tamis de crin , à l’aide d’une spatule en bois qu’on nomme pulpoire.
La pulpe de tamarins* peut s’extraire sans opération préliminaire 5 et l’acide tartarique que celle pulpe
eon lient Fempêclie de fermenter, de manière qu’eile se conserve long-temps sans se gâter : il n en est pas ainsi de la pulpe de casse , qui , pour cette raison , ne doit être préparée qu’à mesure qu on la prescrit. Pour la faire, on fend les bâtons de casse, en frappant légèrement sur une des sutures longitudinales avec un petit^rouleau de bois; on ratisse ensuite leur intérieur avec une spatule de fer pour arracher les cloisons et les faire sortir avec la pulpe et les noyaux : on la nomme en cet état casse en noyaux ; on la passe ensuite au tamis de crin. Comme on perd toujours un peu de pulpe attachée aux cloisons , et que toute l’opération est assez longue, on remplace avec avantage la pulpe de casse par ^e qu’on appelle extrait de casse. Pour le faire , on lave d’abord les bâtons de casse afin de les nettoyer ; on les concasse ensuite dans un mortier de marbre avec un pilon de bois; on délaye le tout dans suffisante quantité d’eau froide ou tiède , si on opère en hiver ; on agite avec une spatule de bois pour faciliter la dissoluion des parties solubles. Lorsque l’eau est suffisamment chargée , on passe le tout au travers d’un gros tamis de crin; on agile la masse sur le tamis, afin défaire passer toute la pulpe; on continue à laver les bois jusqu’à ce que l’eau sorte claire : on réunit toutes les liqueurs , on les passe au travers d’un blanchet , et on fait évaporer jusqu’à consistance d’extrait»
Plusieurs pulpes ne peuvent être extraites qu’après avoir été ramollies par la chaleur : telle est la pulpe des pruneaux secs que l’on fait cuire avec un peu d’eau, de manière qu’il ne reste que peu de liquide lorsqu’ils sont cuits : telles sont aussi les pulpes des
5g6 DES PRÉPARATIONS
oignons; par exemple, celle des oignons de lis que l’on fait cuire pendant une demi^heure, sans eau, dans la cendre chaude ou dans un four.
Quand on destine les pulpes à l’usage externe, comme les pulpes des racines fraîches, on peut se contenter de râper celles ci ou de les piler dans un mortier de marbre avec un pilon de bois.
Les pulpes ont les mêmes propriétés que les substances d’où on les retire.
Des Sucs aqueux des plantes.
Préparation. On les extrait spécialement des plantes herbacées , de quelques racines et d’un assez grand nombre de fruits.
Les sucs des plantes herbacées sont vulgairement connus sous le nom de jus d herbes. On les prépare toujours exlemporanément : pour cela on coupe menu les plantes récemment cueillies, mondées et lavées ; on les pile dans un mortier de marbre si elles ne sont pas acides ; et dans un mortier de bois dense, tel que le gaïac , si elles sont acides. On n’y ajoute pas d’eau lorsque les végétaux sont succulens : tels sont le cerfeuil*, la laitue, le pourpier, l’oseille, le pissenlit , le cresson , le cochléaria , les joubarbes. Mais lorsque les plantes sont peu succulentes, comme les labiées, ou qu’ elles ont un suc visqueux, comme les borraginées , il faut les piler avec un peu d’eau. Pour extraire le suc des racines, il faut quelquefois les râper, parce qu’elles échappent en glissant à l’action du pilon;
Les différentes parties des plantes amenées a l’état
DES MÉdïCAIVTENS, ^97
pulpeux, soit par la contusion, soit par la râpe, oa les passe k travers un linge.
Les sucs ainsi exprimes contiennent la sève, la gomme, la matière extractive amère, la matière sucrée , la fécule verte ou résine , la matière végétoanimale, les acides , les sels et Fhuile essentielle, si la plante est aromatique. La matière extractive amère et la fécule verte y préJuminent quand le suc n’a pas été dépuré.
Pour extraire le suc des fruits , on ôte les écorces de ceux qui en ont de trop épaisses, comme celles des citrons, des oranges, des melons; on en sépare aussi les pépins. On ôte les ratles aux groseilles, et oa laisse les peaux aux cerises , aux prunes, aux pêches, aux abricots. On les écrase ensuite , et lorsqu’ils sont durs comme les coings, on les râpe. On en sépare les sucs par expression, à l’exception de ceux de groseilles et de mûres qu’il suffit d’exposer d’abord à une douce chaleur, et de placer ensuite sur un tamis pour en laisser écouler le suc.
Le suc des fruits contient du mucilage, de la matière sucrée , des acides et des sels.
Clarification, Les sucs exprimés des parties quelconques des végétaux sont troubles , et on les prescrit souvent tels : on les clarifie par des moyens variés, savoir : le repos, la filtration , la chaleur, l’albumine, la fermentation vineuse ou acétique, l’alcool et les acides.
La clarification spontanée ou par le repos, s’emploie pour les liquides dont la transparence est troublée par une substance dont la pesanteur spécifique est plus considérable que le liquide lui-même , et qui
5gS DES PRÉPARATIONS
se sépareroit difficilement par la filtration immédiate; après une reposition de quelques jours , on décante et on filtre. C’est par la filtration immédiate qu’on clarifie la plupart des sucs d’herbes. On ne doit en général clarifier par la chaleur que lorsqu’on ne peut pas attendre que la clarification par filtration immédiate soit opérée; et dans ce cas, si le suc contient un principe volatil, on le chauffe au bain-marie dans un vaisseau clos, et on le retire dès que la coagulation a lieu; on ne le débouche que lorsqu’il est entièrement refroidi, et alors on le filtre. Souvent, lorsqu’on a recours à la chaleur pour clarifier, on emploie aussi l’albumine.
On peut clarifier par l’alcool et les acides les sucs des plantes dites anti-scorhutiques. Les sucs acides se clarifient spontanément et par fermentation. Il suffit pour cela de les exposer pendant deux ou trois jours à une température de 20 à 26 degrés R. , et de les filtrer ensuite. La fermentation est surtout nécessaire lorsque la propriété médicale réside spécialement dans une substance résineuse , qui ne peut se dissoudre dans le suc que loi'squ’il est à l’état vineux : tel est , ainsi que l’a observé M. Déyeux , le suc de nerprun , dont on se sert pour faire lé sirop et le rob de nerprun , qui sont l’un et l’autre purgatifs. Comme c’est dans l’enveloppe de la baie que se trouve la matière résineuse , on laisse fermenter ces fruits bien mûrs après les avoir écrasés; et lorsque le suc est devenu vineux, on le filtre : il est alors d’un rouge pourpre , à cause de la dissolution de la matière colorante résineuse, tandis qu’auparavant il étoit verdâtre. 11 est, par la même raison, plus actif.
1®. Sucs ra/ràichissans.
DES MEDICAMENS. ^aq
JLes sucs aqueux les plus usités sont les suivans :
^ Ceux de pourpier, de laitue, de poirée, de joubarbe, d’oseille.
Et ceux des fruits acidulés , tels que ceux de citrons , d’oranges , de verjus , de grenades , de groseilles , de framboises, de mûres.
Ceux de trèfle d’eau , de fumeterre , de chicorée sauvage , de pissenlit.
Ceux de bourrache ,, de buglosse , de chiendent , de saponaire , de mercuriale.
Suc purgatif, — Celui de nerprun.
Ceux de cresson de fontaine ,
5°. Sucs aromatiques et ^ de cresson alénois ,
âcT^s dits anii-‘Scor-\ de cochléaria ,
a^. Sucs amers, dits dépuratifs . .
3^. Sucs apéritifs
butiques ,
de raifort sauvage, de cerfeuil.
On unit souvent plusieurs de ces sucs ensemble.
La plupart des sucs aqueux des plantes se préparent à mesure qu’on les prescrit. Ceux des fruits
i{00 t)ES PRÉPARATIONS
acides sont les seuls qu^on puisse préparer d’avance et conserver ; pour cela , après les avoir bien clarifiés , on les enferme dans des bouteilles de verre , et on recouvre leur surface d’un ou de deux travers de doigt d’huile d’olive ou d’amande douce.
• I?es ‘Emulsions*
On dopne le nom di émulsion a un liquide lactiforme qu’on obtient en broyant des semences huileuses ou émulsives dans un; véhicule aqueux. C’est une huile fixe suspendue dans l’eau à l’aide d’un mucilage ou de l’albumine végétale. On peut faire des émulsions avec un grand nombre de semences différentes 5 les amandes, les semences des cucurbitacées^ celles de lin,, celles de pistache, etc. On enlève d’abord le tégument propre des semences, en les plongeant dans l’eau bouillante pendant quelques minutes : la plus légère pression suffit alors pour les dénuder. On les pil^ ensuite dans un mortier de marbre avec un pilon 'de bois, après y avoir ajouté une petite quantité 'd’éaü pour enipêcher l’isolement de l’huile. Lorsqu’elles sont réduites en une pulpe homogène , on'VéÉsé peu a peu J- pendant qu’on agite , jusqu’à la moitié de la quantité d’eau que doit contenir le liqùideî'On' passe avec expression à travers un linge blanc ;'^ on« triture le résidu avec l’autre moitié de l’eau ; on passe de nouveau. On réunit les deux liquides et On édulcore convenablement. On peut triturer le sucre - avec les semences avant de les passer. r - ri., ^ . :: .
t)ES MEDICAPÆENSo Émulsion simple.
Amandes douces . - once.
Amandes amères . n®. iii.
Eau commune . i livre*
Sucre blanc . i once.
Eau de fleurs d’oranges, i gros.
On suit le procédé qui vient d’étre décrit.
Émulsion camphrée.
Amandes douces . 4 g^os,
Cam phre, de 1 2 grains à i scrupule.
Sucre . 4
Eau commune . 6 onces.
On fait d’abord l’émulsion avec les amandes et l’eau : oa triture ensuite le camphre avec le sucre dans le mortier , et on verse peu à peu l’émulsion.
Les loochs ( eclegma , linctus ) peuvent être considérés comme de véritables émulsions ; ce sont de§ médicamens liquides , d’une consistance sirupeuse due en partie à un corps huileux qui y est suspendu ^ et spécialement destinés au traitement des maladies de poitrine*
Looch blanc du codex de Paris,
Pr. Amandes douces . n'’. xvi.
Amandes amères . n*^. ii.
Sucre blanc . . i once.
Eau commune . . 4 onces.
Gomme adragant en poudre, 16 grains.
' Huile d’amandes douces .... 1 once.
Eau de fleurs d’oranges . 2 gros*
Faites d’abord une émulsion avec les amandes, le sucre et l’eau commune ; triturez ensuite dans le mortier nettové la
gomme adragant avec suffisante quantité de rémulsion , pour faire un mucilage Lien épais j incorporez-y Thuile d^amandes douces par la trituration j ajoutez successivement le reste de l’émulsion et à la fin l’eau de fleurs d’oranges.
Usages. Adoucissant.
Looch de jaune d^œuf.
Pr. Jaune d’œuf récent . n*’. i.
Huile d’amandes douces. ... 2 onces.
Sirop de guimauve composé , i once.
Eau . 4 oiices.
Eau de fleurs d’oranges . 2 gros.
Délayez dans le mortier le Jaune d’œuf avec une cuillerée de l’eau et du sirop pesés auparavant ensemble j incorporez l’huile peu àpeuj et lorsqu’il n’en paroîtra plus aucun globule , ajoutez le reste de l’eau et du sirop, et à la fin l’eau de fleurs d’oranges.
Usages. Adoucissant.
Des Dissolutions.
Considérations générales.
Les dissolutions varient suivant la nature du dissolvant ^ qui peut être de l’eau , du vin , de l’alcool , de l’êther , de l’acide acétique , etc.
On donne à l’opération par laquelle on fait dissoudre un corps dans un liquide quelconque différens noms suivant la température à laquelle elle a été faite. On l’appelle macération lorsqu’elle se fait à froid ; digestion ^ lorsqu’elle se pratique a une température plus élevée que celle de l’atmosphère et audessous de l’ébullition du liquide ; lorsqu’on
la fait en versant le liquide bouillant sur la substance
DES MÉDICAMENSa
cjü^on soumet à sou action; décoction y quand ou fait bouillir la substance dans le liquide ; distillation ^ lorsqu’on chauffe dans des vaisseaux fermes le dissolvant avec le médicament, de manière que le dissolvant en s’élevant en vapeur entraîne les parties volatiles du médicament et se condense avec elles dans des vaisseaux disposés à cet effet, connus sous le nom de récipiens.
Les produits liquides de ces diverses opérations , et même les liquides quelconques que l’on emploie a titre de médicamens , prennent différens noms , suivant les parties du corps avec lesquelles on les met en contact. Ceux qui ont l’eau pour excipient,' et que l’on introduit dans l’estomac par verres , et dans la quantité de une à trois livres d’un jour à l’autre , c’est-à-dire comme boisson ordinaire, portent le nom de tisanes^ On les appelle apozèmes lorsqu’ils sont plus chargés de médicamens ; alors , par cela même qu’ils ont plus d’activité , on met plus de régularité dans leur administration : on en prescrit , par exemple , un verre de deux heures en deux heures ou de quatre heures en quatre heures. Souvent les apozèmes contiennent des substances salines purgatives. Enfin ils prennent le nom de bouillons médi-^ cinauxloYsqn 'ds contiennent dans leur composition le jus de quelques substances animales. On ne doit prescrire les tisanes, les apozèmes et les bouillons médicinaux que pour chaque jour ; surtout en été.
Les médicamens liquides qu’on injecte dans le rectum , ont reçu le nom de la^emens ou dp s ter es. Lorsqu’on y fait entrer une substance insoluble , on en favorise la suspension dans le liquide à l’aide d’un
4o4 DES PREPARATIONS
mucilage : c’est d’ailleurs un liquide niucilagineux qui J le plus souvent , sert d’excipient aux lavemens.
La quantité de liquide qu’on fait entrer dans chaque lavement est d’environ une chopine et demie ( 7 à 8 décilitres ) pour les adultes , une chopine (5 décilitres) pour les adolescens , un demi-setier ( 25 centilitres) pour les enfans. Elle doit être moins considérable lorsque la distension intestinale peut gêner la respiration , déterminer quelqu’accident , et lorsque le médicament doit être retenu pendant un certain temps : par exemple , lorsque le lavement contient des substances calmantes.
Les médicamens liquides qu’on met en contact avec la surface extérieure du corps ont reçu différens noms , suivant leur mode d’application. Lorsqu’on y plonge le corps ou une partie du corps , et qu’on l’y laisse séjourner pendant quelque temps , on les appelle bains , et ils sont généraux ou partiels, suivant que tout le corps ou une partie seulement y est plongée. Les bains partiels se distinguent encore en demi-bains, bains de siège , manuluves, pédiluves : il suffit d’indiquer ces distinctions.
* Lorsqu’au lieu de plonger une partie du corps dans un liquide , c’est celui-ci qu’on applique à l’aide de compresses qui en sont imbibées , cette application s fomentation elle prend le noindi embroca¬
tion lorsque le médicament appliqué est un corps gras ou huileux. Si on ne fait que promener les compresses imbibées du médicament , comme dans l’action de laver, on pratique des lotions ; si on fait tomber le liquide sur le corps en masses plus ou moins considérables ou simplement en nappes , on fait dans le
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premier cas des affusions , et dans le deuxième des aspersions. Si la chute a lieu en colonne d’un petit diamètre , elle constitue les douches.
Les mèdicamens liquides qu’on applique sur l’œil , soit en bain , soit en fomentation , soit en injection , sont appelés collyres : les excipiens sont l’eau ou l’alcool foible.
Les mèdicamens liquides que l’on dirige dans les maladies de l’arrière-bouche , sur la muqueuse gutturale y en les agitant en divers sens par l’action de la langue et de l’air que l’on fait sortir du larynx , s’appellent gargarismes ^ et ils prennent le nom de collutoires lorsque , destinés aux affections des gencives y de la langue y du palais ou de toute autre partie de la bouche^ on ne les fait agir que sur la muqueuse buccale. L’eau, l’alcool, l’acide acétique , peuvent servir d’ excipiens aux gargarismes et aux collutoires.
Solutions aqueuses.
On doit, pour l’usage médicinal , chercher Teau la plus pure : après l’eau distillée, c’est l’eau de pluie ou l’eau de rivière qu’il faut préférer. On doit même exclusivement employer l’eau distillée pour dissoudre des substances qu’on n’administre qu’à très-petite dose , et qui seroient décomposées par l’eau ordinaire : tels sont les sels solubles de baryte , beaucoup de sels métalliques , tels que les arseniates , les nitrates de mercure , le chlorure de mercure ( muriate de mercure au maximum d’oxydation ) , et même le tartrate de potasse et d’antimoine ( émétique ).
Quand on dissout dans l’eau une substance entièrement soluble , on doit le faire à la température ht
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plus convenable pour la dissolution. Le muriate de soude se dissout aussi bien dans l’eau froide que dans l’eau chaude ; mais le sulfate de potasse se dissout beaucoup mieux dans l’eau chaude. Le tartrate acidulé de potasse doit se dissoudre dans l’eau bouillante.
On a recours , pour les dissolutions partielles, à la température et au temps le plus propres à la conservation sous forme liquide de la partie du médicament que l’on veut administrer.
Parmi les matériaux immédiats des substances organiques qui ne sont ni acides ni salines , l’eau ne dissout à froid que la gomme et le mucilage , le sucre , la matière extractive colorante , l’albumine , la gélatine , le tannin : a chaud , elle dissout l’amidon, de petites proportions d’huile volatile, de camphre, de résine ; et les substances volatiles quittent facilement leur dissolvant pour s’élever en vapeurs. Les eaux distillées contiennent l’huile essentielle.
La macération et l’infusion se font plus ordinairement sur des substances végétales desséchées que sur des substances fraîches ; la macération suffit pour dissoudre la matière extractive amère et les sels qui l’accompagnent. L’infusion doit être employée pour les substances aromatiques : on doit la faire à vaisseau clos. Une ébullition momentanée est nécessaire pour dissoudre un peu de résine ; une ébullition prolongée en dissout davantage , mais la liqueur se trouble par le refroidissement.
Il est des substances qui, quoique riches en matières solubles dans l’eau , les cèdent avec difficulté , et exigent en conséquence que ce liquide agisse longtemps sur elles : tels sont le gaïae et la salsepareille,
surtout cette dernière, quoiqu’elle contienne environ un quart de son poids de matière extractive soluble : aussi , dans la préparation de la tisane sudorifique , est-il avantageux de laisser d’abord macérer la salsepareille coupée menu et le gaïac râpé pendant au moins douze heures, et de faire ensuite bouillir doucement ces substances jusqu’à réduction des deux tiers du liquide.
La racine de patience exige aussi une décoction prolongée pour communiquer à l’eau toute son activité. Le séné et ses follicules cèdent, au contraire, à Feau toute leur vertu purgative, à l’aide d’une simple infusion ou d’une ébullition momentanée; et elles donnent, par une forte ébullition , un mucilage épais , qui ajoute à l’inconvénient de diminuer l’activité purgative , celui de dégoûter le malade. La racine de réglisse n’a besoin , pour donner à l’eau une saveur sucrée agréable, que de la macération ou d’une légère infusion : l’ébullition y développe un principe âcre et amer très-désagréable. Le quinquina ne doit bouillir que pendant cinq à dix minutes ; il s’altère , suivant l’observation de M. Déyeux , par une décoction de plusieurs heures. Les fleurs n’exigent toutes qu’une infusion. Il en est de même des semences ombellifères , des feuilles de capillaires et de toutes les feuilles aromatiques.
Les macérations, les digestions, les infusions, les décoctions , doivent toujours se faire extempo-^ ranément. Les eaux distillées sont des préparations officinales.
JËau d’orge.
Pr. Orge monilé ou perlé . 2 onçç^
Faites bouillir, jusqu’à ce qu’il se laisse facilement écraser sous le doigt, dans eau
commune . . 2 livres*
Passez.
Eau de cJdendent.
On enlève les fibres de la racine , et on fait bouillir celle-ci dans Feau : on rejette le produit delà première décoction. Les proportions sont de 5 à 4 gros pour 2 livres de liquide.
udpozhme purgatif {tisane dite royale).
Pr. Décoction bouillante de feuilles de
chicorée sauvage. . . 2 livres.
Laissez-y infuser pendant la nuit ,
séné. . . 6 gros.
Tartrate acidulé de potasse ( crème
de tartre). . 24 gros ou 3 onces.
Sulfate de soude . 6 gros.
Anis et coriandre, de chaque. ... \ gros.
Passez le lendemain jiialin , sans expression , pour prendre en quatre fois.
{M. Parmentier, Code pharm.) Infusion ou Eau laxatwe de J^ienne.
Pr. Feuilles de séné . 6 gros.
de scrophulaire . 2 gros.
Tartrate acidulé de potasse (crème
détartré)... . . i gros.
Faites infuser pendant un quart d’heure dans suffisante quantité d’eau bouillante^ faites ensuite bouillir un peu, de manière qu’il reste (j onces de colature ) faites-y dissoudre.
Manne choisie . 2 onces.
A prendre le matin en une seule fois.
Les anciennes pharmacopées de Vienne ne prèsenvoient pas dans celte préparation les feuilles de scrophulaire , et elles y faisoient entrer des raisins de Corinthe, des racines de polypode de chêne et des semences de coriandre. Ces diverses substances ont été supprimées et remplacées par les feuilles de scrophulaire, sans doute comme correctif de l’odeur et de la saveur du séné. ( Pharmacopcea austriaco-pro^incia" lis emendata. Viennæ , 1794)*
Eau purgatwe , dite fondante.
Pr. Sulfate de soude . i once.
Tartrate de potasse et d’antimoine
(émétique) . . . . f grain.
Nitrate de potasse. . . 12 grains.
Faites fondre le tout dans eau. ... 2 livres.
{Parmentier f Code pharm.)
A prendre par verres , à distance convenable , par exemple , d’heure en heure.
Cette boisson purge très-bien sans produire ni nausées ni fortes coliques : elle doit se rapprocher de l’eau fondantè de Trevez, si elle n’est pas la même.
Eau de poulet.
Pr. Un poulet écorché et vidé; faites-le cuire pendant deux à trois heures dans une suiïisante quantité d’eau pour qu’il en reste 6 ou livres. Passez au travers d’uh linge mouillé , et exprimez.
On peut remplir le ventre du poulet de riz ou d’orge.
Usages, Adoucissant. On peut y ajouter deux à quatre gros de têtes, de pavot blanc, pour rendre cette boisson calmante.
JEau de veau.
/ Pr. Chair de veau , sans graisse , i livre.
Faites cuire à une douce chaleur dans 9 à lo livres d’eau , jusqu’à réduction de moitié ^ passez.
Usages^ Adoucissant.
Si l’on fait cuire le veau ou le poulet dans moins d’eau, on fait du bouillon.
Bouillon adoueissant.
Pr. Rouelle de veau , i livre.
Faites cuire à une douce chaleur dans 5 livres d’eau j
jusqu’à réduction d’une livre et demie.
Ajoutez-y , à la dernière demi-heure,
Feuilles de pourpier , ) , , , . ,
, . > > de chaque , ^ poignee.
Q0 poir*G0 • • * J
Une laitue coupée en quatre.
Six petits navets.
Passez ensuite à travers un linge avec une légère exprès*sion, et partagez en 2 iDarties égales pour 2 bouillons.
Bouillon adoucissant et analeptique.
Pr. U n poulet maigre, et une tortue de moyenne grosseur (i), dont on aura enlevé le carapace, la tête , la queue
(i) On peut se servir de tortues de mer, de celles d’eau douce ou de celles de terre^ mais en Europe , on ne peut guère employer que celles de ceS deux dernières divisions. Des tortues d’eau douce, c’est spécialement la bourbeuse, testudo lutaria , L. , qu’on emploie : cette espèce étoit appelée par les anciens mus aquatilis , rat aquatique 5 et parmi celles de terre , c’est la grecque , testudo grceeUf L., parce qu’elle est la plus commune.
I DES MÉdICAMENS. Z|^ri
et les pieds; ou une livre de sa chair si elle fôt d’un volui^ie trop considérable.
Faites cuire à une douce chaleur, dans 4 livres d’eau que vous réduirez à deux.
Ajoutez, vers la fin , une poignée de chicorée blanche et une bonne 2>incée de cerfeuil ; passez ensuite avec expression.
Cette quantité de bouillon peut être prise en trois fois.
Usages. On prescrit spécialement le bouillon de tortue 5 que l’on peut aussi faire avec la tortue sans mélange , aux personnes exténuées par de longues maladies, comme la phthisie pulmonaire ou une autre cause quelconque.
Tisane sudorifique.
Pr. Salsepareille coupée, 2 onces.
Gaïac râpé . i once.
Bois de sassafras .... 2 gros.
On fait d’abord macérer pendant 24 heures, dans 4 Kvres d’eau, la salsepareille et le gaïac, puis on fait bouillir jusqu’à * réduction delà moitié; à la fin de l’ébullition on ajoute le sassafras.
(M. Cullerier. — Voyez le Traité de la Maladie Yénérierine, par M, Lagneau, 4® édit.)
On fait souvent une tisane sudorifique avec la salsepareille seule : alors, pour qu’elle soit active, il faut 5 à 4 onces de salsepareille pour 4 livres d’eau que l’on réduit à 2 , après avoir fait macérer pendant douze à vingt-quatre heures. M. Swédiaur conseille de verser les 4 livres d’eau bouillante sur la. salsepareille coupée menu , de laisser digérer pendant quatre heures, de décanter, de piler avec soin le
4l2 DES PRÉPARATIONS
marc; de le faire ensuite macérer pendant sept heures avec la même eau ; de réduire à 2 livres par la décoction, et de passer avec expression.
Cette quantité de tisane se prend d’un jour à l’autre , et surtout le matin et le soir, le malade étant au lit et bien couvert.
JDécociion blanche de Sjdenham.
Pr. Corne de cerf calcinée et préparée . 6 gros.
Gomme arabique concassée . 5 gros.
Ou , au lieu de gomme, mie de pain blanc, 2 onces.
Eau . 3 livres.
Sucre . I once.
On fait bouillir le tout ensemble en agitant continuellement jusqu’à ce que la liqueur soit réduite aux deux tiers 3 comme elle doit tenir en suspension le phosphate calcaire de la corne de cerf, il faut la passer à travers un tamis clair • car s’il étoit serré, ou que ce fût un filtre, 011 n’auroit, ainsi que l’observe fort bien M. le jarofesseur Déyeux, qu’une décoction de mie de pain ou de gomme arabique. On aromatise ensuite avec une demi-once d’eau de fleurs d’orange. Comme le phosphate calcaire ne tarde pas à se précipiter , le médecin doit recommander d’agiter la bouteille à chaque fois qu’il convient de donner de cette boisson au malade.
Des Eaux distillées*
On les prépare en distillant au bain - marie les plantes ou les parties des plantes sur lesquelles on veut opérer, avec trois fois leur poids d’eau, et on retire un tiers du liquide par la distillation.
DES MEDICAMENS.
î.es plus employées sont :
I Parmi celles des plantes odorantes .
L*eau de fleurs d’orange , de menthe poivrée, de mélisse , de camomille, d’absinthe , d’anis , de valériane, de citron , de cannelle , de roses pâles.
2°. Parmi celles des plantes inodores ou peu odorantes .
L’eau de laitue ,
de fleurs de tilleul , de bourrache , de chardon bénit , de plantin , de petite centaurée.
C’est une erreur de croire que les eaux distillées des plantes inodores sont sans vertu. M. Déyeux a mis ce fait hors de doute.
Usages. Les eaux distillées sont employées à titre d’excitans, d^anti-spasmodiques , de caïmans. On les fait entrer dans les potions dont nous parlerons bientôt. On se sert de quelques-unes de ces eaux pour aromatiser les boissons ordinaires du malade , ou en corriger certaines qualités : on en fait entrer dans les collyres, etc.
Des Sirops.
Les sucs dépurés , les émulsions , les produits de la macération, de la digestion, de l’infusion , de la décoction, de la distillation d’une substance végétale, et
les solutions quelconques dans Teau, peuvent être convertis en sirop, en y mêiaut environ deux parties de sucre sur une de liquide; mais ce mélange se fait de différentes manières, suivant la nature des substances dissoutes. On peut réduire à quatre les procédés que Ton suit dans la préparation des sirops.
Premier procédé. Il consiste à faire dissoudre , au Jiain-marie et à vaisseau clos , les deux parties de sucre dans une de liquide , ou plus exactement 2 livres de sucre dans 17 onces de liquide. C’est de cette manière qu on prépare le sirop de violette, qui se fait avec l’infusion de ces fleurs et le sucre ; le sirop de cochléaria, qu’on fait avec le suc de cette plante et le sucre ; le sirop anti-scorbutique , qui a pour véhicule le suc des plantes anti-scorbutiques ; le sirop de Tolu , dont le véhicule est le produit de la décoction aqueuse du baume de Tolu faite à vaisseau clos.
Deuxieme procédé. On fait dissoudre une quantité donnée de sucre blanc* dans le médicament liquide, qu’on fait ensuite évaporer jusqu’à consistance convenable. On prépare de cette manière le sirop de capillaire, le sirop de fumeterre, celui de guimauve, celui de quinquina , celui d’écorces de citron , elc.
Troisième procédé. On fait chanflér du sucre en poudre avec la substance elle-même , et on fait bouillir. C’est ainsi qu’on prépare le sirop de mures.
Quatrième procédé. C’est , pour ainsi dire , une réunion du premier procédé avec le second. Il consiste à faire dissoudre au bain-marie deux parties de su*ere dans l’eau distillée d’une plante, et à mêler ce sirop avec un autre fait avec la décoction de la même
DES MÉDIC AMENS. ^l5
plante. C’est ainsi qu’on failles sirops de menthe, de mëlisse, d’hjsope.
On clariiîe les sirops au moyen du blanc d’œuf; leur densité doit être telle , qu’ils marquent 55 à 54 degrés à l’aréomètre de Baumé.
Les sirops les plus employés sont :
Parmi ceux qui ne contiennent qu’une s£ule substance médicamenteuse .
Celui de violette,
de cochléaria , de fleurs d’orange, de limon, de coing , de capillaire , de Tolu, d’absinthe , de guimauve, de mûres , de groseilles , de vinaigre,
d’écorces d’orange , de quinquina , de menthe, d’hysope , de mélisse, d’orgeat ,
d’opium ou diacode de karabé, de fleurs de pêchefr ,
de nerprun , de roses pâles