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DEUX LAMBEAUX

Moreau pratiquait de chaque côté de la jambe deux inci sions, Tune d'elles, longitudinale, remontait du sommet delà malléole à trois ou quatre pouces plus haut, tandis que l'autre, partant transversalement du même sommet, s'arrêtait en avant à l'insertion du jambier antérieur pour le côté interne et à celle du péronier antérieur en dehors. Il commençait par la dissection du lambeau externe.

Le procédé de Roux est analogue à celui de Moreau pour la section des parties molles.

Velpeau qui, pour réséquer isolément l'extrémité inférieure d'un des deux os de la jambe, conseille de découvrir la malléole malade à l'aide d'un grand lambeau semi-lunaire à bord libre dirigé en haut et en avant, propose, pour les • cas où l'on devrait réséquer les deux os, de faire deux lambeaux pareils.

L'ablation des portions d'os malades doit porter sur les

deux os de la jambe et quelquefois sur l'astragale, qu'il faut, dans certains cas, enlever en totalité. La manière de procéder varie naturellement suivant le mode de section que l'on a adopté pour les parties molles.

Moreau, après avoir isolé le péroné, le coupait avec une gouge et un maillet de plomb, puis le renversait en bas et en

Fig. 17. — l'rocéilé de Moreau.

dehors et le désarticulait; il sciait ensuite le tibia avec une scie à laine étroite, le renversait et l'enlevait.

Hcyfelder a enlevé simultanément l'extrémité inférieure des deux os de la jambe en les sectionnant à l'aide d'une scie ordinaire.

Quand on fait deux incisions longitudinales, on scie les os isolément en commençant par le péroné, et se servant de la scie à chaîne ou de toute autre appropriée. On désarticule ensuite la portion à enlever.

Jœger conseille, ce qui paraît moins commode, de pénétrer dans l'article, de désarticuler le péroné, puis de le scier, et, cela fait, de passer au tibia.

La portion malade de l'astragale est attaquée avec la gouge ou enlevée avec la scie. Si cela parait nécessaire, on enlève cet os en totalité.

Pélikan scie les os obliquement, comme le tait Billrotli au genou.

Le plan de section est oblique en bas et en arrière ou en bas et en avant, suivant que l'altération est plus étendue en avant ou en arrière.

Si l'astragale est conservé, sa surface de section doit être parallèle à celle des os de la jambe.

Je n'insiste pas ici sur les cas où on veut n'enlever que l'un des os qui concourent à former l'articulation. On n'aura qu'à choisir, parmi les procédés que j'ai exposés, celui qui s'applique le mieux au cas en question.

PROCÉDÉ DOLI.IEH.

Premier temps. — Incision de la peau et de la gaine périostique sur l'un ou l'autre côté ou les deux côtés à la fois, suivant qu'on veut retrancher un seul os ou les deux os. — L'incision commence à sept ou huit centimètres au-dessus de la malléole et se termine à un centimètre au dessous de la pointe. Petite incision perpendiculaire de dégagement en haut et en bas. Avec la rugine on détache le tendon, on décolle le périoste et l'on dénude la malléole, de manière à détacher tout le tissu ligamenteux qui s'y insère. Pour détacher le périoste aussi loin que possible sur les faces interne et externe du tibia, il faut que l'incision de dégagement porte en haut sur . cette membrane.

Deuxième temps. — Passage de la sonde-rugine et section du tibia. — Le périoste décollé, on passe la sonde-rugine courbe autour du tibia, et dans la sonde-rugine la scie à

chaîue avec laquelle on sectionnera l'os. On saisit ensuite le haut du tibia avec un fort davier, on dénude sa face postérieure et la partie de la face externe qui n'avait pas été coin- . plétement accessible à l'instrument . On achève de le luxer et on l'extrait. Pour le péroné, on se comporte de la même manière.

Le mode de section des parties molles qui me paraît le meilleur est celui de Roux et de Moreau. Un lambeau antérieur, en ayant soin d'épargner les tendons, est aussi assez avantageux. La manière d'attaquer les os varie, je l'ai déjà dit, suivant la nature de la division des parties molles.

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