‹ Manuel populaire de morale et d'économie politique [microform]Chapitre 49 sur 51 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

grossiers du cabaret. La transformation de Ja classe d’adultes lui parut propi'e à atteindre ce but.

Des classes d’adultes où l’on apprenait seulement à lire, à écrire, à compter et à mettre un peu d’orthographe, pouvaient suffire autrefois quand tant de personnes âgées n’avaient jamais mis le pied dans les écoles. Mais ce n’était plus assez pour y attirer la jeunesse déjà instruite, même en y ajoutant le dessin et le chant. 11 devenait d’ailleurs nécessaire de donner d’autres connaissances à la population industrielledeMirebeau, afin d’assurer la prospérité des fabriques et de leur permettre de soutenir avantageusement la concurrence. D’un autre côté, pour favoriser les progrès de l’agriculture, il fallait procurer aux cultivateurs des connaissances qui leur permissent d’adopter volontiers et avec succès les perfectionnements qu’on découvre chaque jour. On entrevoyait d’ailleurs dans un avenir rapproché l'introduction des machines dans l’industrie agricole; il fallait y préparer les esprits.

Le docteur Dupré avait donc compi is la nécessité de donner à la population des connaissances appropriées à ses besoins. Il désirait qu’elle eût des notions précises de physique, de chimie, de mécanique, d’histoire naturelle, d’hygiène , d’économie domestique, enfin de tout ce qui peut être utile dans l’industrie agricole et manufacturière, ou qui peut apprendre à tirer meilleur parti des choses dans l’intéricui* d’un ménage. Mais, poui donner un enseignement de ce genre avec intérêt et avec fruit, il fallait des instruments et des collections dont on ne pouvait pas proposer l’acquisition à la commune après les dépenses que la disette lui avait occasionnées pour le soulagement des pauvres. La bienfaisance du docteur y pourvut. 11 avait une assez jolie collection d’instruments dont il fit don généreusement à l’école ; il se réserva seulement son bel herbier jusqu’à la fin de sa vie, encore le mit-il à la disposition de M. Raymond.

Mais un pareil enseignement le soir était une tâche trop pénible pour un instituteur déjà fatigué par la classe du jour. La commune le sentit, et elle répondit à la générosité du docteur en donnant un aide àM. Raymond. Celui-ci, désormais moins fatigué par la classe du jour, pourrait, sans s’épuiser, consacrer plus de temps à celle du soir. De leur côté, MM. Lenoir et

Page 1