DE LA GRAINE
Et des moyens de reconnaître celle qui est bonne de celle qui ne m Vest pas.
Celui qui se livre à l'éducation des vers à soie^ doit savoir distinguer la bonne de la mauvaise, graine ; sans cela il sera trompé dans ses achats , et se trompera aussi Juimême en . employant celle des bombyces qu'il aura élevés. La graine des vers à soie peut être facilement falsifiée dans le commerce, parce qu'elle à la forme et la couleur de plusieurs semences végétalès ; et la cupidité , en cela comme en autre chose , ne se prêle que trop à tous les genres de 'fraude connus. Mêler delà graine de moutarde ou de pavot dans iuje a partie de bonne graine ,
Qfl PE LA GRAINE
en vendre de { brûlée ^ de morfondue ou de pourrie , tel est Te tripotage frauduleux qui se pratique continuellement par les étrangers chez lesquels nous allons acheter celle , que nous croyons nécessaire |>our renouveler nos races indigènes.,. ,
Il est donc -essentiel , si l'on ne peut pré* venir la fraude, de la reconnaître , c'est le plus sûr moyeu de la diminuer et de la détruire ; personne n'ignore que si les fripons avaient une marque distinctive T ils seraient beaucoup moins nombreux qulls ne sont.*
Tout bombyee provenu de codons bien étoffés, bien lourds et d'une couleur e'clatante, est propre à produire de la bonne graine 5 toute graine provenue de femelles qui n'ont pas eu communication awee le mâle, n'est point inféconde , mà'is Ta progéniture qui en sort est faible et languissante, et produit peu ou point de cocons. Pour obvier à cet. inconvénient , il faut mettre autant de mâles que de femelles dans l'enxiroit où Ton fait les accouplemens ; ef veiller à ce que la copulalipu js'opèrç comme il faut ; ad'b'otit de quatre à cinq heures , il faut, désunir les couples , et ne faire resservir les mâles que \lans ui\ cas d'urgence; tîon a cru remarquer que l'epuiscjiiént de» mâles qui ont déjà servi , devient héré-
DE VER A SOIE. ' f)3,
ditaire, et que le principe fécondant etftit . moins actif çt moins prospère dans les graines provciiues d'une seconde copulation. Les expériences de M. Delongcliamps et de plusieurs écrivains semblent démcntrr cette assertion ; mais la nature, l'appuie par une . foule d'exemples; elle n'a -donne à la plupart d«s individus mâles du genre àm lépidoptères qu'un goût momentané pour ic plaisir , et le plus grand nombre # - Snj ès une seule copulation , s'épuise et* meurt.
Quelques jours après la ponte, lorsque .
les œufs ofit pris leur couleur naturelle , on les détache avec un grattoir de l'étoffe à • laquelle ils sont attachés , et oncles conserve dans des boites hermétiquement fermées.
Pour l'usage on pour la vente , on les place • dans un endroit ni trop chaud , ni trop froid , ni trop humide : la chaleur précipite leur éclosion ; le froid les morfond, et l'humidité les pourrit. Quelques auteurs ( et de* . ceinombre est Sauvages ; assurent qu'il est w inutile de soumettre les œufs à aucune préparation préliminaire avant de les serrer, ou de les faire éclore ; cependant je crois qu'il * est plus avantageux de les laver, so'\t pour les débarrasser d'une matière visqueuse qui souvent les entoure , soit pour séparer les bons de ceux qui sont mauvais : pour cela