PRÉFACE V
Ces raisons m'ont conduit à reprendre en quatre cents pages le sujet si magistralement traité par Roget de Belloguet. Je me suis surtout préoccupé de fournir aux érudits un répertoire classé des divers renseignements que Ton a pu recueillir sur les plus anciens Celtes. Les faits y tiennent une plus grande place que les hypothèses, quelque intéressantes que soient celles-ci. La période étudiée s'étend du VI e siècle avant notre ère à la conquête romaine. Quelques détails de coutumes, de mœurs ou d'institutions sont empruntés à des époques postérieures, sans que j'aie pu en dater l'origine. Je me suis volontairement abstenu de toute restitution et restauration des fragments d'histoire qui nous sont parvenus. En lisant les pages qui suivent, le lecteur aura sans doute l'impression qu'il traverse rapidement un musée où aucun des objets exposés n'est intact. Mais les restaurations, quelque ingénieuses qu'elles soient, sont-elles jamais conformes à la réalité et n'a-t-on pas, depuis quelque temps déjà, renoncé, dans les musées, à rendre aux monuments antiques les parties que le temps leur a enlevées ? 11 y a deux méthodes pour faire connaître le passé ; l'une consiste à le faire revivre sous nos yeux en suppléant par les analogies que fournit la science ou les visions que crée l'imagination au manque de documents; l'autre expose le plus exactement possible
consacrés aux Celtes et à la Gaule indépendante par G. Bloch dans r Histoire de France de E. La visse, t. i, a.