LA TÈNE
caractéristique des oppida gaulois se trouve à HastedJn (Namur), Altkônig (Nassau), Zarten près Fribourg-en-B*isgau, Burghead et Abernethy (Ecosse) (1).
Aucune de ces deux civilisations n'est exclusivenent limitée aux pays reconnus comme celtiques par les iistoriens. D'ailleurs, les deux aires ne coïncident pas ecactement. Si nous comparons leur extension dans ui pays incontestablement celtique, la Gaule, nous pouvonn même remarquer quelles sont juxtaposées plutôt que méjugées. Ainsi on a constaté la civilisation hallstattienne surtout en Bourgogne, en Franche-Comté, en Savoie, en Dauphiné, dans la région pyrénéenne et le Tarn, dans le Beiry ; — et la civilisation de la Tène, surtout en Champagne^ dans le Bas-Daupliiné, dans le Forez et l'Ardèche, dans les oppida de Bibracte, Alesia, Murcens (Lot), et d'autres moins importants (Voir p. 43-44).
Si l'on compare les résultats de l'histoire aux données de l'archéologie, on remarque qu'ils ne concordent pas complètement. La civilisation de Hallstatt semble antérieure à l'époque où nous avons sur les migrations des Celtes des témoignages précis et détaillés (2). Les périoles de la civilisation de la Tène comprennent trois siècles de l'histoire des Celtes, depuis la prise de Rome jusqu'à k conquête de la Gaule par César. Mais, dans le détail, les données de l'archéologie ne s'appliquent pas toujours à ce que nous savons des Celtes de l'histoire.
(1) Déchelette, Manuel d'archéologie, t. ii, p. 969, 992.
(2) M. C. Jullian attribue la civilisation de Hallstatt aux Sigynnes dont l'empire aurait été renversé par les Celtes. Revue des études anciennes, t. viii, p. 119-122 ; Histoire de la Gaule, 1. 1, p. 370 n.
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La première période de la Tène, du iv" au ni" siècle, est celle à laquelle appartiennent les cimetières de la Champagne ; or les hommes dont les restes ont été inhumés dans ces cimetières ne sont pas les Belges tels que l'histoire nous les fait connaître; ils inhument leurs morts ; ils ont des chars de guerre; ils ne connaissent pas les monnaies ; ils emploient le corail ; leurs épées de fer sont d'un type plus ancien que les épées gauloises que l'on a découvertes à Alesia (1). Les Belges de César n'ont laissé que de pauvres sépultures à incinération de l'époque de la Tène III.
La deuxième période, du ni'' à la fin du ii° siècle, à laquelle appartient la station même de la Tène, se rapporterait à une époque où les Helvètes n'étaient peut-être pas encore venus dans le pays qu'ils occupaient à l'arrivée de César.
La troisième période, qui comprend le premier siècle et qui est représentée par les oppida de la Gaule, est la seule pour laquelle on peut faire coïncider les résultats de l'archéologie et ceux de l'histoire.
Nous pouvons retenir des indications de l'archéologie deux importantes hypothèses : des deux civilisations auxquelles on rattache les Celtes, Tune semble avoir eu pour point de départ l'Europe Centrale, d'où elle aurait rayonné à quelque distance à l'Est et à l'Ouest ; l'autre aurait peutêtre eu pour foyer le Nord-Est de la Gaule d'où elle se serait répandue sur toute l'Europe occidentale, orientale et septentrionale.
(1) S. Reinacii, Catalogue sommaire du musée des antiquités nationales, 3*^ éd., p. 162-163 ; Déchelette, Manuel d'archéologie, t. II, p. 578 ; C. JuLLiAN, Histoire de la Gaule, t. ii, p. 171, n. 2, ne considère pas ces arguments comme probants.
■DUNUM
La linguistique ne permet pas de distinguer plusieur couches successives de traces des Celtes. Les noms de lieux que l'on regarde comme celtiques sont des noms composés dont le second terme e&t-(lunum,-nemetum, -magus, -briga, -ritum, -darum. Ils ne sont pas tous celtiques au même degré de vraisemblance. Mais aucun indice linguistique ne nous conduit aies classer chronologiquement 1;, bien que, vraisemblablement, les fondations des villes celtiques ne soient pas contemporaines.
-dunum
Le second terme de noms de lieux le plus incontestablement celtique, puisque non-seulement il s'explique par les langues celtiques modernes, mais encore nous a été transmis et traduit par les anciens, est -dunum.
On trouve des noms en -dunum dans l'Europe centrale, la Gaule, la péninsule ibérique, l'Italie du nord, ia Grande- Bretagne et l'Irlande.
Certains noms se trouvent à la fois dans plusieurs pays :
Cambo-dunum est l'ancien nom de Slack. comté d'York
(1) Sur ces noms consulter H. d'Arbois de Jubain ville, Les premiers habitants de l'Europe, 2^ éd., t. ii, p. 256-270 ; E. Des JARDINS, Géographie historique et administrative de la Gaule romaine, t. ii et iv ; Longnon, Atlas historique de la France ; Géographie de la Gaule au IV'^ siècle, Paris, 1878 ; Thomas ^VHIGIIT, The Celt, the Roman and the Saxon, 4^ éd., London, 1885. Nous les donnons sous leur forme latinisée.
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en Angleterre {Itinéraire d'Antoni?i, 468, 6 ; Ptolémée, II, 3, 10 écrit KajjiouXôSojvov) et de Kempten en Bavière (Strabon, IV, 6, 8).
Carro-dunmn désigne Karnberg en Bavière (Ptol. II, 12, 4) ; — Krappvitz en Silésie (Ptot. II, 11, 14) ; — Pitoraaza en Croatie (Ptol. II, 14, 4) ; — une ville dont l'emplacement exact n'a pas été retrouvé, mais qui devait être située près du Dniester et des côtes de la mer Noire (Ptol. III, 5, 15).
Ebiiro-dummi, Embrun (Strabon. IV, i, 3), en France ; — Yverdun, Vaud, Suisse (Table de Peutinger); — Briinn, Moravie, Autriche (Ptol. II, 11, 14).
Sego-dunum, Rodez en France (Ptol. II, 7, 12) ; — Burgsinn en Bavière (Ptol. II, 11, 14), est sans doute le même nom que Sege-dunum Walls-end, comté de Northumberland, Angleterre [Noiitia dignitatum occ, 40, 33), et Seodunum, Suin, Saôue-et-Loire, nom conservé dans des textes du moyen-âge.
Viro-dunum est commun à Verdun, France (Itin. Ant. 364, 3) ; — Verduno en Piémont (charte de 1014) ; — Cf. Verdunum, Verdù en Catalogiie ; Berdun en Aragon (diplômes de 1183, 1258) ; et se trouve comme premier terme dans Wirtin-berg, ancien nom du Wurtemberg.
Uxello-dunum près de Cahors, France (Hirtius, VIII, 32; 40 ; 43) ; Eltenborough, Gumberland, Angleterre {Corpus inscriptionum latinarum, t. VII, n" 1291, p. 84, 85).
Cala-dimum, Gala, province de Tras-os-montes en Portugal (Ptol. II, 6, 38), est peut-être aussi le nom ancien de Ghàlons, Mayenne, écrit dans les chartes du moyen-àge Caladunniim, Caladon.
Liigii-dunum, Lug-diinum, Lyon, Rhône (Strab. IV, 1, 1.