X PREFACE DE LA PREMIERE EDITION
consacré à la Gaule avant la conquête quelques pagelumineuses. M. C. JuUian, qui s'est fait une spécialiti de l'étude de la Gaule romaine, a donné sur diverses questions relatives aux anciens Celtes des articles d'une érudition élégante et solide (i). M. J. Déchelette a exposé avec précision les derniers résultats de l'archéologie celtique et fourni aux travailleurs une précieuse bibliographie (2). Enfin, le vaste répertoire où A. Holder (3) a réuni, avec les mots supposés coltiques, tous les passages où ces mots apparaissent a singulièrement facilité des recherches jadis pénibles et mis en lumière dos textes qui s'éclairent par le simple rapprochement. On peut donc penser que le domaine de l'histoire, de la niythologie, de l'archéologie Qt de la linguistique s'e^t, en ce qui cpppepnf les Celtes (4), notablement accru depuis 1872.
Ces raisons m'ont conduit à reprendre en quatre cents pages le sujet si magistralement traité par Roget de Bellpguet. Je me suis surtout, préoccupé 4e fojiirnir
(1) Recherclies sur la religion gauloise, Bordeaux, 190-4 (extrait de la Revue des études anciennes). Divers aPticles dans cette revue, la Rei^ue historique, la Revue critique, la Revue archéologique. M. Jullian a bien voulu lire mon livre on épreuves et je tiens à lui témoigner ici ma l'cconnaissîince pour les précieuses indications qu'il m'a communiquées.
(2) Revue de synthèse historique, t. m, j). 30-59. Pour les travaux antérieurs à 1870, consulter Ruelle, Bibliographie générale des Gaules, Paris, 1880.
(3) Altceltischer Sprachschatz, Leipzig. 1891-1911.
(4) On s'en convaincra facilement en lisant les excellents chapitres consacrés aux Celtes et à la Gaule indépendante, par G. Bloch dans VHistoire de France, de E. Lavisse. t. i, 2. 2
PREFACE DE LA PREMIERE EDîTïON XI
aux érudits un répertoire classé des divers renseignements que l'on a pu recueillir sur les plus anciens Celtes. Les faits y tiennent une plus grande place que les hypothèses, quelque intéressantes que soient cellesci. La période étudiée s'étend du vi^ siècle avant notre ère à la conquête romaine. Quelques détails de coutumes, de mœurs ou d'institutions sont empruntés à des époques postérieures, sans que j'aie pu en dater l'origine. Je me suis volontairement abstenu de toute restitution et restauration des fragments d'histoire qui nous sont parvenus. En lisant les pages qui suivent, le lecteur aura sans doute l'impression qu'il traverse rapidement un musée où aucun des objets exposés n'est intact. Mais les restaurations, quelque ingénieuses qu'elles soient, sont-elles jamais conformes à la réalité et n'a-t-on pas, depuis quelque temps déjà, renoncé, dans les musées, à rendre aux monuments antiques les parties que le temps leur a enlevées ? Il y a deux méthodes pour faire connaître le passé : l'une consiste à h faire revivre sous nos yeux en suppléant par les analogies que fournit la science ou les visions que crée l'imagination au manque de documents ; l'autre expose le plus exactement possible ce que l'on sait, en se gardant de trop ajouter aux témoignages des hommes et à la description des choses. C'est la seconde méthode que je me suis efforcé de mettre en pratique dans ce manuel (1).
(1 ) Comme ce livre est surtout un livre cie vulgarisation, j'ai pris soin que les références données en note ne se rapportassent, autant que possible, qu'à des ouvrages qu'on peut facilement se procurer ou qui figurent dans la plupart des bibliothèques