‹ Manuel pratique d'allaitementChapitre 15 sur 80 · snn ■ ■ “ r · texte numérisé non relu

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ALLAITEMK.NT AU SEIN

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ronnenl, peiidaiiL LouLc la duive de l'annre, les poids de renl’anl. Si donc, eliaqiie semaine, on marque par un ])oinl, sur celle feuille le poids de reiiranl, eu rcuuissanl les diiïcrenls poinis, on oblienl la coin-he (raccroissemcnl el on constale, [>ar (;om|>araison, si elle esl (‘”ale, infcrieui-e ou su|)crieureà la normale. Ces Ceuilles de poids rendenlde iirands services dans la prali((ue de l'hopilal el en ville.

Comme dans les jours (|ui suivenl la naissance, reul'anl peul, |)lus lard, ne pas èli'e assez allail(“ ou, au conlraire, 1 cire Irop. Dans le |)remier cas, renlaiil n'augmenle pas de |)oids cl il en esl ;nnsi soil |iarce ({u’il ne ]>rcnd ])as dans le sein de la mère une quanlib' sulTisanle de lail, soil parce (|ue le liquide qu'il y puise n’csl pas assez nulrilir, ne (mnlienl pas assez de beurre.

L'emploi de la balance avanlel apres chaque Iclée, l'analyse du lait recueilli avec les precaulions que nous avons indiquées ci-dessus, perrnellent d'êlrc lixe. On s'arrange alors pour faire prendre ]diis de lail à renfanl; lors(]ue la mère ne peut le fournir, on a l'ccoursà une anli-e nourrice ou à l'allailemeril mixte (Voy. p. 80 cl 141 1.

Le pluMiomène inverse peul se |»roduire ; l'enfanl prend Irop de lait. On le voit d'abord augmenter de poids d'une fa(;ou anormale, puis sa courbe s'arrête el bieiilôl elle descend ; les garde-robes sont j>lus frequentes, elles deviennent liquides, mélangées de grumeaux blancs, eiilin verdâtres ou complètemenl vertes. L'enfanl a des régurgilalions, c'esl-à-dire qu'il rejette du lail très peu de temps après la tétée. D'estomac, momentanément fermé au niveau du pylore et surdistendu, se contracte et un (lot de licpiide remontant par l'o'sopliage s'échappe par la bouche.

Après quelque temps ce ne sont j)as seulement des régurgilalions. mais de véritables vomissements (jui surviennent, 40, 80 ou 10 minutes après la tétée ; le lait, au contact du suc gastrique, a subi des modilications : il sort mélangé, ])lus ou moins coagulé et dégageant une odeur aigre.

De même ([uc les enfants n'augmentent pas, soil parce qn'ils ne |»renncnt pas assez de lait, soit parce (jue le lait ne conlient |»as assez de beurre, de même ils peuvent avoii' des troubles digestits, soil |)arce <|u’ils absorbent une trop grande (|uautit(‘ de lait, soil parce (juc ce li(pude renferme trop de beurre. L'anahse nous a moniré. dans (iuel(|ucs cas de ce genre, (10, 80 et même 88 grammes de beurre par litre, il peut en résultei- des i-égurgitations, des vomissements, de la diai’rbée.

ALLAITEMENT l'AR LA MÈRE

el l’examen des garde-robes du nourrisson permet aussi de constater l’climinalion d’une quantité anormale de corps gras, qui ne sont plus utilisés dans la proportion de 96 p. 100 (Michel).

Si la mère produit en quantité surlisante, mais si le premier lait qui sort de scs mamelles est trop aqueux, on en fait couler deux ou trois cuillerées avant de mettre au sein l’enfant qui, alors, prendra du lait plus chargé en beurre.

Si la balance démontre que le nourrisson prend trop de lait, et parfois en deux et trois minutes il en absorbe jusqu’à 120 et 150 grammes, on diminuera la durée de ses tétées, on ne le laissera que cinq minutes, quatre, trois et quelquefois même deux minutes seulement au sein, bientôt tous les accidents disparaîtront, diarrhée, vomissements, régurgitations, et l’enfant augmentera de nouveau de poids.

Si le lait renferme une anormale quantité de beurre, on s’efforcera de la modifier en changeant l’alimentation et l’hygiène de la mère et on donnera moins que normalement, puisque le lait est plus nourrissant. Si on ne réussit pas, on se trouvera obligé soit de prendre une autre nourrice, soitde recourir à l’allaitement mixte.

Chez certaines femmes, il existe une anomalie inverse. Nous n’avons pas encore eu l’occasion de l’observer personnellement ; voici dans quels termes elle a été décrite par Tarnier. « Le lait se forme en telle quantité, il est si fluide, et d’autre part, les conduits lactifères qui le contiennent sont si relâchés, qu’il s’écoule incessamment des seins, de sorte que les femmes sont constamment mouillées ; aussi quelquesunes sont obligées d’engager les mamelons dans de petites fioles plates qu’elles portent sur leur poitrine. Même en prenant ces précautions, cette anomalie à laquelle on a donné le nom de galactorrhée et quelquefois celui de diabète mammaire ^ est très désagréable et fatigue souvent la femme, qui est alors obligée de renoncer à l’allaitement ; nous en avons vu cependant qui avaient pu continuer à allaiter. D’autre [>art, ce lait très abondant et pauvre peut déterminer chez le nourrisson des troubles digestifs. On a conseillé contre cette anomalie les liniments astringents, une compression méthodique, les purgatifs, les diurétiques ; mais ces moyens échouent pres([ue toujours ».

Il y a des enfants (pii, pendant une ou deux semaines, ont une sorte d'anorexie, ne veulent pas téter en quantité suffisante et diminuent. Il faut les bien surveiller, les peser à chaque tétée elles obliger, autant que possible, à prendre ce qui leur est nécessaire.

ALLAITEMENT AU SEIN

D’aulres absorbeiil en qiianüLâ siiflisanle du lail qu’on recoiinaîL (Hre (le bonne qnalilé, mais ils ne rassirnilenl pas l)ien, de sorte ([u’ils n’augnienlent pas de poids, ^^ous nous sommes bien trouvé de l'usage de la pepsine.

Nous pourrions rapporter un certain nombre d’observations tout à fait convaincantes, nous nous bornerons à signaler la suivante. Il s’agissait d’un enfant né à la Clinique Tarnier le 7 novembre I89(S (n“ 15-28).

Quand il fut expulsé, les membranes étaient rompues depuis trois jours, le liquide amniotique était fétide et il existait de la conjonctivite des deux yeux avec opacité de la cornée. Il pesait 1.625 grammes et tomba à 1.450 grammes (Voy. lig. 15). 11 resta presque stationnaire et, le 25 novembre, il ne })esait encore que 1 .GlOgrammes lorsque nous commençâmes à lui faire prendre de la pepsine. Sa courbe devint alors régulièrement ascendante, bien que la quantité de lait fournie par la nourrice fut pour ainsi dire absolument la môme, ainsi que le montrent les colonnes bleues placées au bas de la figure.

Nous faisons surtout usage de la pepsine préparée sous forme de paillettes ; nous en dissolvons une petite pincée ou quelques paillettes dans un peu d’eau, et trois ou quatre fois par jour nous administrons cette dose immédiatement avant la tétée.

Causes qui ont une influence sur la quantité de la sécrétion lactée. — Lesfemmes fournissent plus ou moinsdelait selon queleurs mamelles sont beaucoup ou peu développées, que leur état de santé est bon ou mauvais, etc. Elles sont capables, d’une façon générale, d’en donner beaucoup plus qu’on ne le croit habituellement.

La succion régulièrement répétée est une des causes qui agit le plus puissamment pour déterminer et accroître la production du lait, nous en avons eu la preuve pendant que nous dirigions, à la Maternité, le service des Débiles.

Il s’y trouvait quarante enfants pour lesquels nousn’avions à notre disposition que quatorze nourrices seulement. Il est vrai qu’il s’agissait de prématurés ne pesant, au début, ([ue 2.500, 2.000, 1.500 grammes et moins, mais ils pouvaient atteindre par la suite 2.800 etd.OOO grammes ; de plus, ces (piatorze femmes allaitaient leur propre bébé, elles soignaient donc cin([uante-quatre enfants et leur fournissaient du lait.

Il était facile d’en apjirccier la quantité exacte. Des débiles étaient

Laitde la Nourrice

Jours

Lait de la mère

l'iL'. l‘>. — K/il'anf (li'liilr (|iii mir, an saiti il Miir iiiuiiTici! icnloimrs lilrilü.s) lia s'aiTi'oissail qui' il’inii- riLi-rjM insiillisiuilc. Hh lui l'ail iiruiuliv du la |)i'|isiiu' ; il uu^imjiilü l aiiiili.'iiiiuil, de poids. l‘lu-1 lard il asl allaid' par ,<a, (c.olomirs roiiaa.s),

ALLAITI^MENT AU SEIN

pes(‘s avau I cl. a[)i‘cs les Idées cl oii laisail, le total à la lin de la joiinn'C. l'ni additionnant les quantitt's de lait lonniies |>ar clia(|iie leninio à ses divers nourrissons et en ajoutant celle donnée à son enfant, on <ivail le(diilïVe de la ])rodnction des vingt-quatre licures.

Dans le tableau ci-dessous, sont indiquées les (inantités de lait données par sept nourrices qui, se trouvant le D’’ octobre 189o dans notre service, y étaient encore à la lin de février DSDb.

Le cliilTre total produit par ces sept nourrices élait: le l®’’ octobre, de 1 1 .60o grammes, ce qui faisait 1.657 grammes j)ar nourrice ; le "29 novembre, de 15.620 grammes, ce ([iii faisait en moyenne 2.230 grammes ])ar nourrice.

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