‹ Manuel pratique d'allaitementChapitre 27 sur 80 · A 1 IM. E S S E C 0 N G E N 1 T A L E · texte numérisé non relu

A 1 IM. E S S E C 0 N G E N 1 T A L E

(juaiililé (lélerminée il cliaque repas; on y parvient cependant à quelques grammes près.

Il nous fut ainsi facile de voir que les enfants atteints de cyanose étaient, en général, insuflisamment allaités. Voici, par exemple, l’iiistoire d’un débile, né en ville, le 30 mai 1893 et aj)porté le môme jour à la Maternité. Il avait, au moment de son enlrée, une lempérature rectale de 34°9 et pesait 1.930 grammes.

Le sixième jour, il vomit un peu : le huitième, c’est-à-dire le 7 juin, il eut des accès de cyanose qui se renouvelèrent les jours suivants. L’enfant s’alimentait peu et on ne pouvait augmenter, comme on l’aurait désiré, la quantité de lait qu’il prenait, car il continuait à rendre; le seizième jour il cessa de vomir, les accès de cyanose s’arrêtèrent (Voy. fig. 39). On augmenta les jours suivants la quantité de lait et la courbe du poids devint ascendante ; mais le vingt et unième jour, les vomissements reparurent et le vingt-cinquième jour, les accès de cyanose recommencèrent. Dans ces conditions, l’alimentation fut forcément insuffisante et on voit, sur la figure, que la quantité de lait absorbé se trouvait au-dessous de celle qui aurait dû normalement être prise et qui est représentée sur la ligne pointillée.

Les vomissements cessèrent enfin le trente-sixième jour ; le trenteseptième, il y eut encore de la cyanose, mais après cette date on put augmenter beaucoup la dose de lait donnée à l’enfant, on dépassa même le chiffre normal. A partir de ce moment, le débile n’eut plus d’accès de c^janose et se mit à croître régulièrement. 11 sortit en bon état le 9 août, pesant 2.600 grammes.

Il résulte donc, des différents faits que nous avons observés, que les enfants insuffisamment nourris peuvent avoir des accès de cyanose, soit qu’on ne leur fasse pas prendre assez de lait, soient qu’ils aient des vomissements ne leur permettant pas d’assimiler la quantité d’aliments qui leur est nécessaire.

Quelle conduite doit-on tenir dans les cas de cyanose chez les enfants débiles ?

La première chose à faii’e est de les mettre dans une couveuse en vei're. iNous insistons sur l’emploi de ces dernières, non jias seulemenl parce qu’elles sont plus agréables à l'oul, non pas seulement jiarce que la mère ])eut regaixler continuellement son enfanl, ce qui est une salisfaction poiu* elle, mais encore et surtout parce qu’elles permettent une surveillance facile. 11 faut, en eiïet, que cette surveillance soit

Jours

Juillet

I! '3! i5^ i7i '9| !lli is 13 371 '0, i\

Fifï. 3i). — IsMl'aril di'liilu ayaiil, des accès de. cyanose. L'aliiiieiiLalion esL iiisuriisaiiLe : les coloiuics ldeu(!S irallci^jticiil pas la lifîne poiidillée noire. Cel.l.c llH'no indi(|uo la iiuanlilé de lail. tiui; I onlanl. doit an moins pi'endre journollonietd . Dés (|iie raliinenlalion dovii'iiL sul'lisanle, lt!S ace.és de cyanose disparaissent.

NI: '3' ^ ;7l !9| !ll| llTl il

Mai Juin

)ii| M M N pQ

H M U U ri ^

Date:

CO

Quantités de lait prises par Jour.

constante, de jour et de nuit, en l'aison môme des accès de cyanose qui peuvent se produire et l'écidiver.

Dès qu’un accès survient, il fant enlever l’enfant débile de la couveuse, si la pièce où il se trouve n’est pas froide, et tout faire j)our amener le rétablissement de la respiration ; on déshabille l’enfant, on lui frictionne tonte la peau des membres et du tronc, en évitant d’user de trop de force, car parmi les organes contenus dans l’abdomen, le foie, par exemple, est très délicat : enfin on exerce des pressions rythmiques sur la cage thoracique. S’il y a des mucosités dans la bouche, on les enlève avec le petit doigt ; quelquefois il est utile de tenir les enfants les jambes en l’air et la tête en bas, i)Our déterminer un afflux du sang vers rencéphale. Dans plusieurs cas môme, on a eu recours à rinsuftlation qui nous a permis d’en ranimer quelques-uns. Puis on les plonge dans un bain chaud ou dans un bain excitant. Quand ils sont bien rétablis, quand leur resj)iration est normale, on les replace dans la couveuse : il est utile alors de faire arriver de l’oxygène dans un entonnoir, dont on place la large ouverture à côté de la face du débile : cet oxygène se mêle à l’air qu’il respire.

11 faut ensuite surveiller son alimentation, afin de le faire absorber davantage. S’il ne veut pas prendre le sein, s’il n’est pas assez fort pour téter, on lui donnera à boire soit avec un verre, soit à la cuiller; s’il n’avale point, on aura recours au gavage.

Quelquefois les enfants ont des vomissements et on est alors fort embarrassé; on est obligé de ne leur donner qu’une petite quantité de lait à la fois ; elle se trouverait insuffisante si on ne compensait en les faisant boire plus souvent, toutes les heures et demie ou toutes les heures ; ils digèrent ainsi plus facilement.

Nous avons eu parfois recours au bromure de potassium qui peut agir efticacemenl, surtout quand on gave les enfants, parce qu’il insensibilise le pharynx : on fait une solution qui devra être administrée dans les vingt-quatre heures et qui contient '20 centigrammes de bromure ; c’est la quantité qu’on peut prescrire poui' les eufanls pesant environ deux kilos.

On tire aussi bénéfice d’une ou deux injections par jour de O grammes de sérum ; nous les avons employées un cerlain nombre de fois avec succès. On fait enfin respirer utilement de l'oxygène (Honnaire) .

Les enfants dél)ilcs atteints de cyanose peuvent succomber assez

A LIM K NT A T 1(3 N

vite nialgriî les soins (jui leur sont donnés; mais souvent on |)ai‘vient à les sauver, l’arl'ois la lutte est assez longue; chez un des enl’auts (jue nous avons observés, elle a duré pendant quatre semaines; nous avons fini j)ar Iriompher. On ne doit donc jamais désespérer.

Lorsqu’au lieu d'étrc insuflisamment alimentés, les prématurés le sont trop, on voit survenir d'autres accidents, des Ivoubles digestifs : des garde-robes mal digérées et vertes apparaissent, puis de la diarrhée et ils succombent. Deux choses doivent donc être évitées : l’alimentation insuflisante et la suralimentation. Il faut trouver la quantité moyenne nécessaire à chaque débile.

Ouels sont les chilïres (|ui correspondent à cette moyenne? Pour l’évaluer, on a cherché à connaître, par des autopsies, la capacité de l'estomac des eulants aux dillérents âges de la vie utérine, mais ce procédé nous |)araît très incertain ; en etlét, les ])arois de l’organe ne sont pas inextensibles, et, après la mort, on trouve l’estomac distendu ou non, suivant qu’il contient du liquide ou n’eu renrerme ])as.

Mous avons opéré d’une faqon dilférente. Ibdsque nous savons, grâce aux pesées, les quantités de lait judses cbaque jour j>ar les débiles, nous avons réuni un certtdn nombre d’observations se ra])portant à des enfants d’un poids connu, (jui ])renaient la ([uantiti* de lait nécessaire à leur (lévelopj)ement, u’avaieut ni cyanose, ni diarrlu'e, et s’accroissaient d’une laçon régulière et sid'tisaute. La tem])érature de ces enfauts (“tait relevée cbaque jour, elle était normale. C’est donc à l’observation (dini([ue pure (|ue nous avons eu recours, en nous aidant de la balance et du thermomètre.

Dans les premiers jours qui suivent la naissance, les d('‘biles ne prennent pas beaucoup de lait, mais la ([uaiitih' qu’ils avalent augmente journellement; à [)artir du neuvième ou du dixième jour, cette quantité ne varie plus que très peu. xNous devrons donc distinguer ;

A. — Les enfauts pendant les dix premiers jours ;

IL — Les enfants après le dixième jour.

A. — AUmentation des enf anls débiles pendant les dij: premiers jonrs. — (Juand les (dioses se passent régulièrement, chezles enfants débiles, p(!nd(intles dix premiers jours ([ui siuvent leur naissance, ou observe d’abord nue diminution, pids un état stationnaire etenlin nue augmentation de leur poids.

l’ A I ill. ]■: s s 1'] C O N ( i K A 1 T A I. !■;

La qiiaïUilù de Jait (|ii’ils absorbciil. s'accroU progressivcineiil ; peu considérable au début, elle est de ])lus en plus grande les jours suivants.

Comnic cette quantité varie avec le poids des enfants, on distingue trois catégories qui coiiiprenneut :

1° Les enfants pesant moins de 1 .800 graimnes ;

:2'’ Les enfants pesant entre 1.800 et ^.!200 grammes ;

Les enfants pesant ])lus de ^.!200, entre '2.200 et 2.500 grammes.

Pour la catégorie, nous avons réuni 11 observations.

Nous reproduisons, dans le tableau suivant, les quantités moyennes qui ont été prises chaque jour.

Enlanls pesanl moins île 1.8U0 grammes.

Enl'anls pesanl do l.sou

à 2.200 grammes.

Enl'anls pesanl de 2.20U

à 2.aÜU grammes

Enl'anLs.

31 Enl’anls.

25 Enl’anls.

2° jour. . . .

lia grammes.

128 grammes.

180 giammes.

ICO

lü® — . . . .

Depuis que nous avons, indiqué ces résultats, le D‘' P. Planebon a fait des recberebes du même genre à la Clinique Tarnier ; elles ont porté sur 78 enfants ; 8 pesaient moins de 1.800 grammes ; 30 de 1.800 à 2.200 grammes et 40 de 2.200 à 2.500 grammes. Il a confirmé, |)Our ainsi dire complètement, nos chiffres, à quelques unités près.

On voit que, j)Our chaque catégorie d enfants, la ([uantité de lait ])i‘ise va en augmentant depuis le deuxième jour jusqu’au dixième. Llb' est |)lus grande ])Our les enfants de la seconde catégorie que ])Our ceux de la ])remière, plus grande aussi jjour les enlants de la troisième categorie que pour ceux de la seconde.

Ces faits sont facilement constatés, sur les trois tracés (jui, au I)as de la ligure 40, indi(jueut les quantités de lait qui ont été prises.

Sur cette même li'iure nous avons mis, au-dessus du trace des

Fig. 4Ü. — Quaiitiliis de lait qui doivciil ûLro prises (luütidic'imomcnt peiidaiil. les dix

premiers jours.

I, curaiil pcsaiil moins de I .SUO grammes. — II, enfant pesant de 1.800 à 2.iÜ0 grammes. — III, enfant pesant

de 2.2ÜO à i.ëOU grammes.

(jiiaiililos (le Inil, la eoiirhe d'im eiiraiil a|)|»arl,ciianl à la iiièiiic catégorie.

Pour les enlants pesant moins (le 1 .(SOO graïiimes. nous reproduisons la courbe d’un débile venu au monde à la Crmi(|ue Tarniei', le

10 mai 1898; il ])esait 1 .000 grammes en naissant.

Pour ceuv de la seconde catégorie (entre 1.800 et :2.:200) la courbe est celle d'un enfant né dans le même hôpital, le novend)re 1898;

11 pesait Î2.030 grammes en venant au monde.

Dans la troisième catégorie se trouve la courbe d’un enfant né en ville le 31 octobre 1898 ; il ]>esait 2.!270 grammes; un ne le laissa pas se refroidir et sa coui'bc fut très belle.

Si on compare ces trois tracés, on voit que la courbe de l’enfant de la première catégorie, après la descente initiale, n'a commencé à remonter que tardivement et que son ascension a été lente.

l.ia courbe de reniant de la deuxième catégorie s’est élevée plus tôt et son ascension a été plus rapide.

La courbe de l’enfanl de la troisième catégorie s’est élevée plus tôt encore et son ascension a été plus rapide aussi queclie/ l’enfant de la deuxième catégorie.

C'est ainsi que les choses se passent quand tout évolue normalement.

Lorscpie les enfants sont encore plus petits (jue ceux de notre première catégorie, on voit leur j)oids descendre, leur courbe rester plus longtemps stationnaire et aussi remonter plus lentement.

La conclusion, qui résulte de ces observations, est(|u’il faut donner peu de lait à l’enfant débile ])endant les premiers joui'S qui suivent sa naissance ; mais la quantité doit être augmentée progressivement et selon le ])oids de l’enfant dans les ])ro|)ortions qui se trouvent indiquées sur chacuu des tableaux de la première, de la seconde et de la troisième catégorie.

tjuand les enfants sont très petits, ils ne ]jrennent (|ue très ])eu de lait à chaque rej)as. Exc.e|)tionnellemeid, il |)eut être utile de les laire boire toutes les heures et demie, ])our (pdils absorbent j)cndant les vingt-quatre heures laciuantité (jui leur est Jiécessaire.

Lorsque les enfants sont faibles, ils refusent parfois de téter; on a i*ecours alors ])Our les alimenter, aux ditférents procédés que nous avons (hqà indiqués. (Voy. p. b() à tit).)

A LIMENTATION

l>. — AinnenlaHon f/ex enfan/x déhiles après le (Ïuàèïnejour. — Nous avons vu co qu'il rallail. donner à un en fan 1 débile pendant les dix prenders jours ; mais après, quelle quantité doit-il ])rendre ? Lors(|u'il ne reçoit j)as assez, sa courbe, au lieu de monter, rormc un plateau ; si après s'ètro assuré que le tube digestif fonctionne bien et qu’il n’existe aucun état pathologique, on augmente la quantité de lait, on voit l’enfant s’accroître, sa courbe devenir ascendante.

Il est une remarque que nous croyons très importante. Si un enfant ne prend pas tout à fait assez, il reste stationnaire, mais il n’a ]>as de troubles de la digestion ; ses garde-robes sont rares peut-être, mais bien jaunes. Dès qu’on lui donne plus, il assimile rapidement et augmente vite. Cette obsei-vation, qui est faite pour les débiles, s'applique aussi aux enfants nés à terme et même plus tard à ceux qui pèsent O, 0 kilogrammes et davantage. .Mieux vaut donc donnei d’abord trop peu que trop aux enfants. S'ils prennent, en efl'et, une quantité trop considérable, ils ont vile de la diarrhée, et il faut un ^ certain temps |)Our remettre leur tube digestif en bon état.

Nous sommes arrivé, par l’observation d'un grand nombre d’enfants, à fixer a])proximativement la quantité de lait nécessaire, après le dixième jour, ])our ceux qui ])èsenl aux environs de ^.000 grammes, entre 1.800 et 2.500 ou 2.(300 grammes.

Prenons, par exemple, un enfant du poids de 2.000 grammes; on supprime le dernier zéro, il reste 200 ; on multiplie ce chiffre par deux, on a 200 X 2 = iOO, c’est à peu près iOO grammes de IaiU de femme <|u’il faut donnera un enfant de 2 kilos. Nous disons à peu près, car, en réalité, il faut babitucllement faire prendre un peu plus; donnez donc iOO grammes, et 20, 50 ou 4-0 grammes de lait en plus; bien entendu, le tube digestif doit fonctioniier normalement et les garderobes doivent être jaunes. Dans ces conditions, les enfants augmenlent régulièrement.

Cn antre exemple : prenez un enfant de 2.500 grammes, vous sup- ])rimez le dernier zéro, ce (pii donne 250 et vous multipliez par 2 ; 250 X 2 “ 500 grammes. Vous devez donner à cet enfant 500 grammes de lait, plus une petite quanfité qui variera suivant certaines conditions particulières ; la (pialité du lait de femme, l’état du tube digestif de l’enfant qui assimile jiliis ou moins bien, etc.

Comme courlic typi(pie (\oy. fig. 41), nous donnerons celle d'un enfant né en ville le 8 juillet 1805 id appoi'lé au service des Débiles de

lOü

la Malci’iiiLc, le Iciulemain ; il pesait l. iiO graiimies. Après avoir eu sa ilcscenlc initiale, il se mit à augmenter régulièrement; nous donnons sa courbe, non point ])ar jonr, mais ])ar semaine. Il (|iiilla le service en excellent état de santé le IG septembre, il pesait alors'2.G9() grammes.

On voit, sur la ligure 41, (|ue la (piantité de lait piâse en moyenne à |)artir du dixième jour suit à peu ]>rès la courbe que nous avons indiquée en pointillé et qui correspond an rinquihne du poids du corps.

C’est par raccnmnlation d’nn grand nombre de faits que nous sommes arrivé à ces cbi lires ; s’ils sont exacts pour les enfants de ;2.0Ü0 à !2.500 grammes, ils ne le sont pins nécessairement, et nous ne saurions tro|) insister sur ce j)oint, dès (fu'il s’agit d’enfants qui ]>èsent an-dessus de !2.G00 grammes ; ces derniers prennent une quantité pro|)ortionnellement moins considérable.

11 est évident aussi (pie ces chiffres ne constituent (pie des moyennes et n’ont (pi’une valeur relative; il faut savoir tenir c(jinpte de l’état du tube digestif de l’enfant débile, de sa |)iiissance d’assimilation et aussi des qualités et de la composition du lait de la nourrice.

Il y a des enfants qui prennent plus et ils vont bien, ils augmentent beaucoup : du moment où leur intestin fonctionne régulièrement, on peut attendre. Un enfant né avant terme en ville, le janviei' 1898. pesait !2.180 grammes. Il diminua d’aboial de ])oids, puis se mit à augmenter. A partir du dixième jour, il prenait beaucoup plus que la moyenne que nous avons indiquée, jusqu’à plus de lOÜ grammes en trop. Nous avions donné à ce débile une nourrice, ([ui avait conservé son propre enfant; elle faisait toujoni's téter en premier lien son nourrisson, do sorte qu’il prenait le lait le plus clair, le moins chargé en beurre ; c’est pourquoi il en prenait beaucoup, sans ({u’il en résultat d’inconvénien ts.

Nous avons fait l’expérience contraire en ne laissant [irendre à un (l('d)ile ({lie le lait de la lin des tiHées de sa nourrice, son pro]ire enfant étant toujours mis au sein le {iremier; le lait était plus gras, |)lus nourrissant sous un moindre volume; il contenait en moyenne oU''oo de beurre par litre, c’est-à-dire presipie un tiers en plus du chilfre normal. (’A'tait donc, au point de vue du corps gras, comme si par exemple l’onfant avait pris GOO grammes de lait au lieu de 400. .Avec une ({uantité* bien inlVu-ieure au cinijuièmc du jioids du corps, le (b'bile

Kig. U. — Coiiii)!' jiar soiiiaiiio. — L'eiil'ant doit |ii'i‘ii(lro on gonûfal une (luuiililé (h; lail (’gali'. ou lin peu siipiirieure au ciiniuiome de sou poids. Celle (luanlilc osl représonliie sur la ligure par une ligne [loinlilltie noire.

l’ A 1 H UC S S IC ( ; ( ) N C, IC N 1 T A UC

îUigîiicnlaiL hcauconp. Il prenait iiuMiie encore trop, C‘^i‘ ü n’assiinilail pas tout, ses garde - rol)es claienl abondantes et elles contenaient p. 100 de grais^se an lien de 40 j). 100. L’enl'ant avait en gcm-ral des selles mal digcrces, parfois liquides.

Mons avons observe à la Clinique ([iielqnes <b'd)iles dont la courbe d’accroissement ('dail normale, bien (pi’ils |)rissent dans le sein de leur mère moins (|ue le cinquième du poids du corj)s. Le lait maternel analysé contenait toujours j»lus do beurre ([uo d’habitude.

Ces faits excéiitionnels ne font, nous semble-t-il, que continuer la l'ègle générale que nous avons formulée.

Il ne suffit pas que l’enfant prenne dn lait, il faut encore que ce li([uide soit assimilé. Il ne faut pas oublier ([ue nous sommes en présence de petits êtres dont les organes, mal dévelo|)pés, ne semblent pas fournir tous les éléments nécessaires à la bonne utilisation du lait. Dans certains cas, les prématurés ne digèrent ])as bien parce que leui* estomac, leur pancréas, etc., ne produisent sans doute pas encore leur sécrétion nonnale et, de ce fait, les enfants n’augmentent [>as. Xous avons fait usage de la pepsine préparée sous forme do ])aillettes. Xous en faisons dissoudre une petite pincée dans un ])eu d’eau, la valeur d’une petite cuillerée à sel et nous la donnons avant la tétée. Xous en avons obtenu de très bons résultats.

Il est très important que le prématuré soit allaité au sein ; l’allaitement artificiel ne lui réussit que très difficilement. Omîls conseils doit donc donner le médecin quand il se trouve en présence d’un enfant venu prématurément au monde?

Lorsqu'un enfant nait débile :

Ou il est confié à une nounâce ;

Ou sa mère le nourrit elle-même.

C. — Si on |)rend une nourrice mercenaire pour un enfant débile né en ville et mis dans une couveuse, que voit-on généralement? Son l)ropre enfant la (|uitfe pour retourner chez elle, et elle donne consciencieusement le sein au débile; mais comme il ne tète que faiblement, le lait diminue peu à {>eu et disparaît ])res([ue totalement. Le nourrisson lui-même n’augmente plus, il a des digestions imparfaites, ses gardel'obes sont mauvaises. Alors on renvoie la nouriâce; la pauvre femme part et perd sa |)lace, ce (pu lui cause un grand dommage. On prend une nouvelle noui-rice, et au bout do quebpie temps le résultat est le même.

ALLAlTEMliNT AU SEIN

Inslruit par l’exjiéi'ience, on ne doit pins jirocéder de celte manière. Ouand oji place une nourrice dans une famille |)Our un nouveau-né débile, on lui fait conserver son propre enfanl. On démontre à la famille que cet enfant de la nourrice est la sauvegarde du ])rématuré. Naturellement, on s’assure bien au préalable qu’il n’a pas de maladie contagieuse.

Que va-t-il alors se passer? La nourrice, tétée par son propre enfant, entretiendra ainsi son lait et elle pourra donner au petit débile la quantité qu'il demandera. Elle fournira, et très facilement, assez de lait pour les deux nourrissons.

I). — Lorsque la mère désire allaiter son enfant, il faut l’encourager et l’aider. Comment faire à l’Iiopital et en ville ?

A l'Itupilal, il ariâve parfois que le débile est assez fort pour prendre le sein de sa mère multipare, qui a déjà nourri et chez laquelle le lait vient facilement et abondamment ; dans ces conditions, les choses se passent très sim|)lement.

Malheureusement, il en est rarement ainsi ; le plus souvent l’enfant n’a pas la force de téter, on doit le nourrir au verre, à la cuiller ou même le gaver. Pour cela, on recueille le lait d’une bonne nourrice et on le lui donne par Lun des moyens que nous avons déciâts (Voy. p. 60 à 69| ; bientôt il devient plus fort et se met à téter. Pendant ce temps, un enfant ])lus gros, né à terme, est mis au sein de la mère du débile ; la lactation s’établit chez elle, elle devient abondante et, quand son enfant né prématurément est capable de la téter, c’est elle-même qui lui donne le sein. Elle sort plus lard de l’bôj)ital avec un enfant né débile, il est vrai, mais ayant atteint le poids de 2.860 à o.OOO grammes, et elle est capable de l’allaiter personnellement; elle s’esl d'autant |)lus attachée à lui qu’il a été plus difficile à élever.

Loi‘S(|uc, e?i ville, une femme, qui a mis au monde un débile, veut le noui-i‘ir, que faut-il faire ? Si on met cet enfant au sein de sa mèi'C qui vient d'accoucher, il est incaj)able de la téter, le lait ne monte pas ou est très peu abondant; le mieux est alors de prendre clicz soi, temporairement, une nourrice ave(; son enfant, en précisant bien dans (juellcs conditions elle y restera. Celte nourrice fournira soîi lait à l’enfant débile, (jui sei'a gavé s’il est nécessaire ou nourri au verre justpi’au moment où il pourra téter. En même temps, elle nourrira sou pi'Opiv' enfant, ce (|ui excitera chez elle la sécrétion lactée.

l’AI IlLKSSr, COMIKNITA \A'.

Ijiiaiil à la mère du débile, elle inel à sou sein renfaiilde la iiourriee el, on voil aloi's la laelaLioii s'élablir cbe/ elle; le jour où ren(‘anl lié débile devieul capable de léler vigoureuscuienl sa uièi'e, (|ui lui rournil du laiL eu quaiililé surlisante, la uouriMce mereenaii'e jicul partir.

La mère est satisfaite, car elle est capable de remplir désormais sou rôle; la nourrice ne l’esl pas moins, car elle est bien rémunérée |)Our avoir contribué à sauver un enfant né faible ; elle a de ]dus conservé avec elle son enfant bien poilant, el comme elle a donné la preuve (jifelle est bonne nourrice, elle peut facilement trouver ailleurs une excellente place. Ajoutons que le médecin sera lui-mème satisfait d’avoir obtenu un aussi bon résultat.

^ 3. A/j'cc/ionfi conlaj/ieu-se.s. — Il faut éviter, pour les débiles, les maladies contagieuses. Nous l’avions vu à la Maternité et nous l'avons, malbeurcusement. encore observé à la Clinique Tarnier. Ln 1899, deux femmes ayant été, dans nos salles, atteintes d’angine, un certain nombre d’enfants ont été infectés et surtout les prématurés. La courbe de mortalité des débiles s’est élevée d’une façon notable. Dejiuis lors, nous avons un service d’isolement ; dès qu’il se présente un cas pouvant constituer un danger, on y transporte les malades et nous évitons ainsi la ‘ontagion.

§ 1. /lé-sullfiLs. — Ln procédant à la Clinique Tarnier comme nous l’avons indiqué, en empêcbaut les enfants de se refroidir ajirès leur naissance, en les élevant au sein et autant (pie possible au sein de leur mère, (piels résultats avous-nous obtenus ? Du 1®*' mars 1898 au janvier 1904, nous avons eu 859 débiles ; parmi les enfants pesant moins de ;2.5Ü0 grammes, nous ne comptons pas ceux qui ont succombé le jour même de leur naissance ou le lendemain, c’cst-à-dii‘e ceux pour lesquels nos soins n’ont |)u être utilisés. Nous procédons ainsi dans nos calculs, parce que comme M. Bertillon père l’indique dans sou article Morl-né, les enfants ([ui naissent et (pu succombent dans les quaraiile-buit beures sont pour ainsi dire toujours déclarés mort-nés : on ne dresse jioint |)our eux uu acte de naissance el un acte de décès.

Ln 1898, nous avons eu 10 décès sur 148 débiles, soit: 10,8 p. 100: Lu 1899, — ^25 — 139 — 17.8 —

ALI.AITEMKNT AU SEIN

Nous n avions pas aloi's de service d'isolement et plusieui’s de nos débiles ont été victimes de la contagion.

Enfhrvis dcbilej — Clùi.iqiæ Tarmxer

enf. 'i3g enf. 'iI/& aif. i4i enf. '

'.dcir^

Fig. i~2. — StaUsIiquc des cnl’ants débiles observés à la Clinique Tarnier pcndanl les six années 1898, 1899, 1900, 1901, 1902 cl 1903.

Depuis, la mortalité a été la suivante ;

l'In 1900, Il décès sur 1 i8 débiles, soit : 7,4 p. 100 Mn 1901, 7 — \U — 4,8 —

Kn190“2, 17 — 141 — 12 —

Du 1908, 17 — 139 — 12,2 —

Cela lait en toul, pour les six années, 93 décès sur 859 enfants, soit 10,8 p. 100 (Voy. lig. 42j : ce ipii veut dire (pie 89,2 p. 100 de nos enfants sont sortis vivants el bien portants deriiôpital!

!• A I B I. ESSE CO x\ G É N 1 T A L E

Nous ne sommes du reste pas seul à obtenir de seml)lal)les résultats ; en eiïet, notre collègue M. Maygrier, qui emploie les mêmes moyens que nous à la Charité depuis 1898, a pulilié ses statistiques. Sur 398 débiles nés dans son service, iG sont morts, ce qui représente une proportion de ll,3o p. 100; les autres, au nombre de 342, ont été sauvés. Et iM. Maygrier écrit : « Ces cbitlres ne sont pas dus seulement au hasard d’une heureuse série; je les attribue, pour la plus grande part, à notre connaissance plus parfaite des soins que réclament les prématurés et à la surveillance plus active exercée par un personnel bien dressé et dévoué. »

Ces résultats dépendent, en effet, du personnel; s’il se relâche, si la surveillance n’est plus aussi attentive, si on laisse la couveuse se refroidir la nuit, en un mot si toutes les précautions indiquées ci-dessus ne sont pas prises, on n’aura plus les mêmes résultats.

Mais, dira-t-on, ces débiles, que deviennent-ils par la suite ? Restent-ils des êtres chétifs, malades? Ne sont-ils pas exposés à mourir de bonne heure? Ne sont-ils pas souvent atteints de la maladie deLittle? Cette dernière affection, quoiqu’on en ait dit, est si exceptionnelle que, depuis 1895, je n’en ai vu qu’un seul exemple ; il s’agissait d’un prématuré dont l’extraction par le siège avait présenté de grandes difficultés. De son côté, M. Maygrier n’en a vu aucun exemple.

Ces enfants s’élèvent, en général, aussi bien que les autres; le plus petit que j’aie vu est la tille d’uu médecin ; elle pesait 950 grammes ; elle est aussi bien portante et aussi intelligente que ses frères venus à terme.

l’armi les débiles sortis de la Clinique Tarnier, 90 avaient, en février 1904, suivi notre Consultation de nourrissons ; deux seulement avaient succombé, ce qui donne la proportion de 2,04 ]). 100 ; l’un fut emporté par la syphilis héréditaire; l’autre, dont le poids à la naissance était de 2.050 grammes est mort à trois mois et demi de broncho-pneumonie; il ])esait alors 4.350 grammes, près de neuf livres.

S'il en est ainsi, il semble légitime de penser que l’accouchement prématuré artificiel peut rendre de grands services dans les cas où le bassin est trop étroit |)our laisser passer un enfant à terme et bien développé.

Pour notre part, noms y avons recours dans un certain nombre de

ALhAlTi:.MI':NT AU SEIN

lUI

eus cL nous le préférons aux 0|)éralions qui font courir à la mère do grands risijiics.

De 1898 à 1904, il a élé fail à la Clinique dO accouchemcnls prématurés : 8 enfants iront pas survécu. Personnellement, j’y ai pratiqué cette opération :2G fois : enfants sont venus vivants, !2 seulement

sont morts (7,09 p. 100).

Du reste, sur les 50 enfants venus au monde dans notre service grâce à raccouchement provoqué, 5 seulement [lesaient moins de ^î.oOO grammes; il n’y en avait donc que 10 ]>. 100 qui fussent des débiles.

Si donc les enfants atteints de faiblesse congénitale peuvent être sauvés en grand nombre, il est évident qu’il faut employer tous les moyens jioiir y parvenir. On ne doit ]>as oulilier combien il est im])ortant de les faire nourrir par leui‘ mère, et on réussit môme tlans certains cas qui semblent ne guère laisser d’es})oir. En voici nn exem pie.

Une jeune femme, âgée de vingt-deux ans, accouche chez elle de son ])remiei‘ enfant, qui pesait ';i.040 grammes. C'était le 31 octobre 1900. Comme elle ne |)ouvait lui donner les soins nécessités par son état, elle le mit dans un établissement où il y avait des couveuses, et où il resta jusqu’au 14 novembre; il pesait alors :2.000 grammes et on le lui rendit. Obligée de le reprendre, elle lui lit boire au veri-e du lait coupé d’eau bouillie; il eut des vomissements, delà diarrhée, et diminua de |)(jids. Deux médecins lui conseillèrent de remettre l’enfant dans une couveuse et de lui donner uné nourrice au sein. Absolument pauvi’e, elle ne pouvait faire ni l’un ni l’autre.

(^’est alors ([u’elle vint se jirésenter à la Clinique Tarnier, où nous la reçûmes le 19 novembre. Son enfant ne pesait plus alors que 1.870 grammes. Pendant les quelques jours qui suivirent son entrée, il eut encore des troubles digestifs et diminua de poids. PSous lui avons donné du lait de nourrice, mais en meme teinjis nous avons fait téter sa mère jiar un gros enfant. Ses seins, (|ui étaient llasques, ne fournirent ([lie 5 grammes le premier jour, 30 grammes le second, 33 le troisième, 5 le qiiatiièmc, ()5 le cinquième, [mis 70, 100, 133, 173, ;233, 310, 390, etc. Peu à [leu, elle [)ut allaiter seule son [iropre enfant qui, le ;20 décembre, [lesait !2.()()0 grammes. On [leiit suivre sur la courbe (Voy. fig. 43) raugmentalion [irogressive de la sécrétion lactée cliez. cette femme qui [larvint à fournir 900 grammes de lait, dont 003

Huiiin. — .MlailciiioiiL S

l’ A 1 B L IC S SE ( : (J A ( ; É ,\ 1 T A I. IC

(MiiienL absorbés par son bél)é ; elle doiiiiaiL le reste Mlle (|iiilta la (Uiiii(|uo oL eonliiiiia de iioiii'rir.

à nos nouveau-nés.

8oo

^ ^ Foicls de. l'enfant

Quantité totale de lait fourni par la. mère ■ ' Laxt pris par L'enfant à sa mère

Fiy. t3.

6oo

s5oo

Mois Novernir'e Diiii-j 11)30

Fccerri hre

Parnii les eauses (jui amènciiL faeileinenl la mort des enfants débiles, je vous ai cité en première ligne le refroidissement; elle sévissait beau-

A U.A ITH.MKNT AU SH IN

(.‘OUI» awlrcfois quand on devait porter les enfants à la mairie j)Our les dâclarer à l’édat-civil. On n'est plus obligé do le faire aujourd’hui : un eertilicat du médecin ou de la sage-femme suflit pour assurer leur inscripliou.

Il n'en est pas de meme pour le baptême : on se hâte d’autant jilus de conduire les nouveau-nés à l’église qu’ils sont très chétifs et ([u’ils ris(|uent davantage de mourir. A la suite du décès d’un jumeau, .M. le !)'■ l’alay, qui est médecin de la Société de Charité maternelle de Rennes, a obtenu des Dames administrantes qu’elles feraient pratiquer le haplème à domicile, toutes les fois qu’il déclarerait qu’une sortie prématurée pourrait être lalale à l’enfant. J’ai reçu récemment des lettres du maire de Salins (Jura) ; en me signalant un fait mortel de ce genre, il se demandait si les (‘véques ne |)ourraient pas imiter l’exem])le de leur collègue de Würzbourg, qui aumit donné l’ordre à ses prêtres de se rendre au domicile des parents. 11 suftirait probablement d’a|)peler l’attention du clergé catholique sur ces faits. Dans notre hôpital, on Iransportait autrefois les enfants dans une pièce située sous les combles, ce qui, l’biver, était dangereux. Grâce à Indisposition d'un baptistère spécial, ils ne quittent {dus l’étage où ils se trouvent et ne peuvent plus se refroidir.

Des couveuses pourraient aussi être mises à la disposition des familles pauvres. Aous en avons deux à la Clinique Tarnier qui nous ont été données dans ce but pai' des clientes reconnaissantes et qui sont presque constamment utilisées.

Ce|)endant, certains médecins pensent qu’il est îibsolument inutile di' s’occuper des débiles, x .le peux ré])ondre, sans crainte d’être démenti, (lisait l’uii il y a quelques années, (|ue, sauf des excej)tions très rares, ces prématurés, ces débiles, pour les([uels on a fait tant de sacrilices, (jui ont coûté tant de soins, pour lesquels on a |>rodigué tant de dévouement ou d’argeut, restent pendant toute la durée de leur vie des (b'“biles ou des iiilirmes ». Dour lui ce ne sont guère ([ue des déchela soriaAi./:. l u autre écrivait tout récemment encore, relativement aux soins à donner aux nourrissons: « Cette puériculture ne dirige ni sa sollicitude ni son edôrt vers le débile, le |)rématuré, vers l’être faible, (pii meurt dans des |)roi)ortioiis considérables et ne |)eut écha]»|»er à la mort (|ue jiour soulfrir, |)Our être un inutile, un inlirrne, à charge à luimême et aux autres. »

On ne saurait Irop protester contre ces aflirmations erronées.

IIÜ

l’A 1 in, KssH co.m; kmta lk

Ceiics, nous devons (aii‘o loiil ce qui nous est |)ossil>le ]>our (jne les enl'ants naissoiiL à lenne, l)ien porlanis el \ igoui'eiix, mais dans nn dixième des cas an moins, il n’en esl pas ainsi. D'ahonl, n’a pas d’en- Canls (pu veul, cl quand on en a un, même débile, on s’edbi'ce par Ions les moyens de le conserver, d’anlanl ])lns que la cause (jni l’a fail naître dans ces conditions défectnenses peut |)ersister pour l'avenir; et puis, est-ce ipie les mères ne s’atlacbent pas d'autant pins à leni' bébé (pi'il est pins l'rôle ? hailiii, que d’enfants ne |)ent-on pas citer (pu, nés en état de faiblesse congénitale, sont devenus sii|)crbes ! One de fois, assistant à notre Consultalion de nourrissons, des médecins éliamgers ne nous ont-ils pas demandé ce (prêtaient devenus nos débiles : il leur était absolument impossible de les reconnaître an milieu des auti'cs. loi 1(S77, j’ai vu naître dans ces condilions une jietite (ille que je déscsi)érais de sau\er; pendant nn mois (nous n’avions pas de couveuses alors) sa grand’mère la maintint dans une cbambre à maintenant elle est une femme superbe et charmante: elleadeux enfanis et les élève elle-même admirablement. Depuis, dans la famille d’un médecin qui porte un des plus grands noms scienlifiques de France, esl née une |)elile lille ([ui, à son deuxième jour, ne pesait que 930 grammes. Xous avions si peu l’espoir de la sauver, son |)ère et moi, qu’on oublia de la déclarci" à l’état-civil, ce qui amena |iar la suite quebpies complications. C’est aujourd’hui une enfant magnilique parlant l’anglais et rallemand comme le français, et qui est aussi bien portante que ses frères. Du reste, écoutez ce qu’a écrit run de ces débiles :

Alors, dans 15csançon, vieille ville espagnole,

Jeté comme la graine au gré de l’air qui vole,

Nacpdl d’un sang breton et lorrain h la l'ois Un enl'ant sans couleur, sans regard et sans voix ;

Si débile, qu’il fut, ainsi qu'une chimère Abandonné de Ions, excepté de sa mère,

Et que son cou ployé comme un fi èle roseau Kit faire en même temps sa bièiaicd son berceau.

Eet enfant que la vie clfaçait de son livre.

Et (pii n’avail pas même un lendemain à vivre.

C’est moi. —

C’était \ iclor Hugo, un déchet social, qui lit d admirables choses »‘t vécut fori longtemps. .Non. les lemjis de Lacédi'mioue soûl passés, dos progrès ont élii réalisés el ces pauvres êtres ipi’oii a jui négliger autre-

ALLAITEMENT AU SEIN

lois, il Tant essayer de les sauver el de les Taire vivre. On ne doit pas

Fig. 44.

désespérer d’enrichir la société d'itne personne utile, qui sait? peutêtre (l’un homme do génie !

Ou reste le public s’intéresse, et pour cause, beaucoup plus qidon

ne saurait le croire à ces questions. Nous eu avons eu, l’an dernier, une preuve absolumenl caractéristique.

Le 19 juin 1905, .M. X... vint me consulter pour savoir s’il ne fallait pas pi’ovoquer l’accouclieinent prématuré chez sa jeune femme ])rimipare, dont les dernières règles i-emontaient au 10 décembre 1904; la grossesse était considérée comme ne pouvant dater que du 10 décembre suivant. On avait pensé chez X... à l’existence d’un rétrécissement du bassin, .le constatai que la filière pelvienne était normale et recommandai d’attendre le terme. Le 25 novembre 1905, je reçus de nouveau la visite de M'"® X... qui désirait avoir des conseils relatifs à quelques troubles utérins. Son mari m’apprit que l’accouchement était survenu prématurément et spontanément le 5 août; l’enfant ne pesait que 1.900 grammes et le médecin s’efforça de consoler les parents leur déclarant que les bébés arrivés au monde si petits n’avaient que très pende chances de survivre. Le père, jeune commerçant fort intelligent, ne voulut point accepter ce jugement pessimiste; il avait, dans ces dernières années, entendu parler des couveuses, il se rendit à la maison Mathieu et en prit une. Là, il demanda l’adresse de mon éditeur, alla chez lui et, après avoir parcouru le Manuel (V allaitement ^ l’emporta, llentré à la maison, il étudia le chapitre relatif à la faiblesse congénitale. Le soir même, une nourrice était donnée à l’enfant, qui fut très attentivement surveillé. Malgré son médecin qui pensait toujours ne point pouvoir élever l’enfant, il ne désespéra point. Ce n’est qu’à partir du quinzième jour que, constatant qu’il se développait bien, il inscrivit quotidiennement le poids du débile, ainsi que les quantités de lait qu’il |jreuait à chaque tétée. Lorsque l’enfant pesa 2.000 grammes, il lui laissa absorber 400 grammes de lait par jour, c’est-à-dire le cinquième du ])oids de son corps : des garde-robes fréquentes et un peu liquides étant survenues, le père pensa que le lait de la nourrice était trop chargé en beurre et il ne donna plus que 500 grammes dans les vingt-quatre heures ; les selles redevinrent normales et l’accroissement fut régulier; de 2.120 grammes, poids du vingt-deuxième jour, l’enfant atteignit 2.400 grammes le trentième jour, ce qui faisait 280 grammes en huit jours, c’est-à-dire 55 grammes par jour. Du trentième au quarante-sixième jour on donna ensuite 550 grammes puis 400 grammes ; le poids s’éleva de 2.400 à 5.140 grammes, l’accroissement fut donc de 740 grammes en seize jours, c’est-à-dire quotidiennement de 40 grammes. Il avait fallu, par moments, en présence de cette aug-

A U. AI Tl-:. MENT AU SKIA' 11!)

niciilalioii exagérée cL de (iuel([iies Iroubles digeslils allribues an lail Irop noiiiTissant, revciiir à dOO grammes seulemciiL de lait par jour \'ov. lig. i t). Le père, qui s’élait aperçu (jue son médecin n’élail pas au eouraiiL de ces quesüons récemmeuL étudiées, avait liai pai- lui

iudiipier comment il procédait, car il établissait jour par jour la courbe (pi’il avait lixée sur le mur, près du berceau de sou eul'aul. Celte courbe a (Hé coutiuuée depuis, semaine |)ar semaine et, b' \\ décembre l!)0o, l’en faut avait atteint le poids de o.iÜO grain mes. I.es deux ligures H el ib sont la reproduction exacte de celles (pii ont (•lé établies par le père et (pi’il a bien voulu m’envoyer. Ou v voil

FA IBLESSE COAMiENITAEE

(|iie, outre le jioids, les (|uaiitit('“S de lait prises (juotidienueiiieiit par reniant y sont exactement indiquées.

Les jiarents s’inquiètent donc aujourd'liui de ces questions, il est Lon ({lie les praticiens le sachent et ne se laissent jias devancer |)ar eux dans la connaissance des notions récemment ac({uises.

Ln terminant, nous résumons et concluons.

Lhiand le médecin est ap{)elé près d’un enfant né prématurément, il doit tout faire [mur le sauver et ne pas oublier, en particulier, les points suivants :

1° Il faut s’efforcer de ne pas laisser le débile se refroidir, l’abaissement de température lui est souvent fatal;

11 faut diriger avec soin l’alimentation ; si elle est insuflisante, l’enfant peut avoir de l’inanition et des accès de cyanose ; si elle est trop abondante, s’il y a suralimentation, des troubles digestifs et de la diarrhée surviendront. Nous avons indiqué quelles étaient les quantités de lait de femme qui devaient être données au débile suivant son poids ;

Il faut éviter absolument que le débile soit exposé aux maladies contagieuses ;

11 faut que l’enfant débile soit nourri au sein par sa mère, chez laquelle on a obtenu la montée du lait grâce aux procédés que nous avons décrits. Si la mère ne peut donner à téter, la nourrice qui élèvera le prématuré conservera avec elle son propre enfant pendant

un certain temps.

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