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CHAPITRE III

Principes généraux de l'Instruction du Cavalier.

Se mettre en selle. — Assouplissements. — Marcher au pas, au trop et au galop, le cheval étant tenu par une longe. — Marcher aux trois allures sans le secours de la longe. — De l'effet des rênes. — De l'usage et de l'emploi des jambes.

L equitation consiste, pour le cavalier, à avoir à ciieval une position à la fois solide et élégante, une tenue correcte, et à tirer le meilleur parti possible des chevaux qui sont entre ses mains.

On peut, sans prétendre devenir un écuyer parfait, arriver à se servir d'un cheval d'une manière convenable. Pour obtenir ce résultat, il faut être doué de certaines dispositions naturelles et montrer de la bonne volonté et de Fénergie ; en un mot, il faut, surtout dans les premiers mois, monter chaque jour à cheval et écouter les conseils de ceux qui vous dirigent.

C'est dans le jeune âge que l'homme est le plus apte à faire ses classes d'élève cavalier, car il est souple, plein d'ardeur et de hardiesse et se plie

mieux aux exigences des premières leçons souvent arides et peu agréables à suivre.

Toutefois on peut encore dans un âge mûr, (jusqu'à 30 ans par exemple) en se soumettant à des exercices d'assouplissement variés et à une gymnastique sévère, apprendre à monter à cheval.

Nous supposerons que notre élève est âgé d'une vingtaine d'années et n'a jamais connu les principes les plus élémentaires de l'art équestre.

Son intelligence lui permet de comprendre facilement les leçons qui lui sont journellement données par un maître, et sa vigueur physique lui en assure l'application immédiate

L'élève cavalier ne doit avoir aucune appréhension du cheval, ni redouter les chutes qui peuvent résulter de son inexpérience. Il doit montrer une entière confiance et regarder sa monture, non comme un ennemi qui a hâte de se débarrasser de lui par une défense [écart, ruade ou caijrer]^ mais comme un ami qui ne cherche qu'à gagner ses faveurs et à se soumettre à ses moindres désirs s'ils se traduisent par des moyens rationnels et sont réalisables.

Si le jeune cavalier est soutenu par c«5?5 principes et ne s'en écarte pas, il n'a plus à nésiter à s'initier aux secrets de l'équitation ; il possède

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les qualités nécessaires pour devenir un cavalier habile.

Le débutant qui n'a jamais monté à cheval doit travailler dans un manège dont le sol est recouvert d'un épais tapis de sable ou de sciure de bois, afin d'amortir les chutes qui peuvent se produire dans les commencements.

Il doit être revêtu d'un costume léger et commode qui ne gêne pas la liberté de ses mouvements, tel qu'un veston ou une redingote boutonnée, avoir des bottes non éperonnées ou un pantalon long fixé par des sous-pieds, afin que ses plis n'occasionnent pas des excoriations aux genoux et aux jambes.

L'instructeur a soin de lui choisir un cheval calme, tranquille, aux réactions douces, habitué à ne pas bouger, même sous la pression des déplacements d'assiette ou les tractions de rêne irréguliêres.

Il le fait mettre en selle et lui interdit Tusage des étriers qui sont retirés ou croisés sur l'encolure.

Aucun exercice ne détruit plus la raideur, n'assouplit plus les différentes parties du corps, que la privation d'étriers.

Au pas comme au trot et au galop, les jambes iV allongent naturellement par leur propre poids,

les fesses portent d'aplomb sur la selle, le haut du corps se place exactement dans l'axe du cheval, prend peu à peu Téquilibre qui lui est nécessaire pour ne pencher ni à droite ni à gauche et se maintenir dans une position verticale.

De cette façon, le cavalier acquiert une assiette solide ; il s'accoutume à se tenir à cheval en serrant contre le quartier de la selle, la partie comprise entre le haut de la cuisse et le genou et en se servant du haut de son corps comme d'un balancier qui se meut au gré des différents mouvements du cheval et les facilite.

Il doit éviter de chercher dans les rênes un point d'appui et un moyen détenue. L'instructeur, à cet effet, lui fait souvent abandonner les rênes, lui enjoint de laisser tomber les mains sur le côté, en arrière des cuisses ou de croiser les bras sur la poitrine.

Il prescrit quelques assouplissements simples, d'abord de pied ferme, puis ensuite au pas, surtout des flexions du rein en arrière pour leur communiquer du liant et de la souplesse.

Plus le rein est souple, plus la position est gracieuse et communique au cavalier la facilité de se lier aux divers mouvements de sa monture et de résister à la dureté de ses brusques réactions.

Le corps est si intimement uni à celui du chevat qu'il semble en faire partie intégrante et former un tout harmonique et indivisible.

Pendant les premières leçons, Tinstructeur tient le cheval, muni d'un caveçon, par une longe et marche à hauteur de l'élève qu'il fortifie de ses conseils.

Il faut marcher longtemps au pas, afin de mettre le débutant en confiance et de l'habituer aux mouvements du cheval.

L'instructeur fait exécuter au cheval de fréquents départs et arrêts et exige que l'élève ne se déplace pas ; il lui recommande d'incliner légèrement le corps en avant au moment du départ et de le pencher sensiblement en arrière au moment de l'arrêt.

Lorsque l'élève ne manifeste plus aucune appréhension au pas et a pris suffisamment le contact du cheval, il abandonne la longe et lui laisse faire seul le tour de la piste, en le suivant pas âpas.

Il procède pour le trot de la même manière : lî tient le cheval, marche à ses côtés et surveille l'assiette du cavalier auquel il prescrit de ne pas se contracter et de relâcher toutes les parties du corps afin de n'obtenir de l'équilibre que par leur sdupieâse.

Souvent le cavalier se roidit, se cramponne au pommeau, avec les deux mains en penchant le corps en avant, serre fiévreusement sa monture entre les jambes ; cette position défectueuse est quelquefois suivie de chute.

L'instructeur devra faire passer au pas le cheval et ne fera reprendre le trot que lorsque l'élève se sera remis de sa passagère émotion et aura rétabli son assiette momentanément détruite.

C'est en rejetant le corps en arrière que l'élève résistera le plus aisément aux réactions du cheval, car le haut du corps sera plus près du centre de gravité et de la base de sustentation que s'il était droit ou porté en avant.

Le cavalier ne conduira son cheval seul au trot que lorsqu'il sera assez maître de son assiette pour ne pas redouter des déplacements trop grands qui amèneraient infailliblement une chute. Il devra trotter sur de longues lignes droites et ce n'est qu'après plusieurs leçons qu'il pourra passer les coins à cette allure.

Il répétera au trot les assouplissements prescrits de pied ferme et au pas et pourra y ajouter des élévations des cuisses qui obligent à chercher le fond de la selle et à s'asseoir solidement.

Lorsque les allures du pas et du trot sont suffisamment connues et que leur application s'opère

régulièrement, Tinstructeur apprend à l'élève à supporter le galop.

A cet effet, il tient le cheval à la longe et le détermine à prendre le galop sur un cercle de quatre à cinq mètres de rayon.

Le cavalier a soin d'incliner le corps dans l'in térieur du cercle et de se lier aux mouvements du cheval en évitant de balancer les jambes et en fixant les genoux à la selle.

Dans cette marche circulaire, il ne sollicite pas des changements de pied que son ignorance des moyens de conduite pourrait amener et échappe aux déplacements d'assiette qui résulteraient d*une augmentation d'allure ou d'un écart du cheval, car l'instructeur à l'aide du caveçon règle l'allure ou degré qu'il juge convenable et la proportionne aux progrès accomplis par son élève.

Il fait exécuter le galop alternativement aux deux mains.

Lorsque l'élève cavalier sait se tenir à cheval au pas, au trot, au galop sans perdre l'équilibre et en montrant une certaine assurance, l'instructeur lui apprend la manière de tenir les rênes de filet et les moyens les plus simples de laisser son cheval s'échapper en avant, de l'arrêter, de tourner à droite ou à gauche.

L'élève prend une rêne de filet dans chaque main et les maintient égales.

Lorsqu'il veut se porter en avant, il baisse les poignets, de manière à laisser l'encolure du cheval se détendre et à produire le mouvement en avant qu'il aide par une double pression des jambes.

Lorsqu'il veut arrêter, il élève les poignets, de manière à ramener la tête sur l'encolure, à refouler le poids de Tavant-main sur l'arrière-main et à déterminer l'arrêt.

Lorsqu'il veut tourner à droite, il porte le poignet droit à droite et attire la tête et l'encolure de ce côté, en ayant soin de fermer les jambes, qui soutiennent le mouvement.

Lorsqu'il veut tourner à gauche il porte le poignet gauche à gauche et attire la tête et l'encolure de ce côté ; il tient les jambes près du corps du cheval.

Ces divers mouvements de rênes sont exécutés aux trois allures ; plus l'allure est vive, plus la traction est grande. Ainsi pour arrêter un cheval qui marche au trot, il faut exercer une traction sur les rênes plus énergique que s'il marche au pas, parce que l'impulsion communiquée à Tavant-main et à l'arrière-main est plus forte et plus difficile à détruire. Il en est de même pour

l'allure du galop, qui exige pour être paralysée une plus puissante traction que celle du pas et du trot.

De cette façon, Télève apprend à proportionner les effets des rênes à la vitesse des différentes allures du cheval, de manière à en rendre l'emploi efficace.

L'instructeur lui explique sommairement l'usage des jambes et leur action combinée avec celle des rênes.

A cet effet, il lui montre qu'en fermant les deux jambes également sur le cheval de pied ferme, celui-ci se porte immédiatement en avant et allonge sensiblement son allure, s'il est au pas, au trot ou au galop.

Il lui fait appuyer seulement la jambe droite en arrière des sangles afin de provoquer un dépla cément des hanches du cheval à gauche et ensuite la jambe gauche afin de jeter les hanches à droite.

Lorsque l'élève a bien compris les effets qu'il obtient par la pression de ses jambes, il en fait une application constante dans l'exécution des mouvements qu'il exige du cheval et leur donne ainsi plus de régularité.

Ces leçons élémentaires et pratiques ont pour but d'assouplir le cavalier, de le mettre en con»

fiance, d'assurer son assiette et de le familiariser avec les principaux mouvements du cheval. Elle? sont une sorte d'initiation à la science équestre dont il pourra comprendre et appliquer les principes rationnels et complexes développés méthodiquement dans les chapitres suivants.

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