‹ Manuel pratique d'équitationChapitre 60 sur 113 · S'' DE LA CABRIOLE · texte numérisé non relu

S'' DE LA CABRIOLE

La cabriole est un air de manège dans lequel le cheval lève ses membres de devant et de derrière et détache la ruade, en montrant ses fers ; ce qui s'appelle nouer l'aiguillette. A ce moment, les jambes de derrière sont l'une près de l'autre et les pieds s'élèvent à hauteur de la croupe. Le cheval allonge ses jambes le plus possible et leur donne leur maximum d'extension. Pour bien exécuter la cabriole le cheval doit être léger, s'appuyer sur la main et avoir des jarrets larges et bien musclés. On commence par l'exercer entre les piliers.

Le cheval doit avoir, lorsqu'il est en Tair, le garrot et la croupe au même niveau, et la tête droite.

On ne dresse le cheval à cet air relevé que lorsqu'il manie bien du devant et du derrière et qu'il pratique avec franchise la croupade et la ballotade. Alors, on se sert de la chambrière au moment ou le devant est détaché du sol et prêt à retomber de manière à l'obliger à détacher la ruade; si on appliquait le coup de chambrière pendant qu'il s'élève, il continuerait à pointer et se dresserait sur les jarrets.

Lorsqu'il est obéissant entre les piliers, on l'exerce sur la ligne du milieu, en s'aidant de la cravache qui frappe alternativement sur les épaules et sur la croupe lorsque le devant entame son mouvement d'abaissement.

Le cavalier doit se lier aux sauts du cheval et en diminuer les réactions par la souplesse du rein.

La cabriole est le plus difficile de tous les airs et n'est accessible qu'à quelques chevaux ; elle doit être exécutée avec tact.

6* DU PASSAGK

Le passage est un trot raccourci, mesuré et cadencé dans lequel le cheval se grandit et se détache du sol. Dans cet air, le cheval meut ses jambes comme dans le trot, mais les laisse plus

longtemps en l'air, de sorte qu'il n'avance que lentement, en donnant à ses mouvements des temps cadencés et soutenus.

On peut obtenir cet air en poussant le cheval fen avant sur les mouvements du piaffer, ou au moyen d'une série de changements et de contrechangements de main de plus en plus resserrés ou par le départ du galop sur le reculer suivi de l'arrêt et du départ sur l'autre pied.

« Dans la première partie du dressage, les mouvements cadencés que l'écuyer fait naître chez le cheval pendant qu'il cherche à porter les hanches sous le ventre, sont des temps de trot soutenus, rassemblés, qui font partie du dressage. Au fur et à mesure que ces temps se développent, il faut les saisir, s'en emparer ; alors on finit par lier, par souder, pour ainsi dire, le travail des aides aux temps du passage présentés par le cheval. Il résulte de la continuité de ce travail, qu'au bout d'un certain temps, l'allure artificielle se trouve prise, renfermée dans le tact de la main et des jambes. Arrivé à ce point, le cheval ne demande plus qu'à être exercé et cet exercice de tous les jours l'assouplit encore, le fortifie et l'habitue à prolonger ce travail de passage...

« Pour le mettre au passage, il faut après l'avoir enfermé dans les aides, soutenir légèrement la

main de la bride, laquelle maintient les épaules en ralentissant les mouvements en avant, pendant que les jambes, par leur pression aidée de l'éperon, actionnent l'arrière-main et font arriver le cheval sur le mors. Dans cette position celui-ci élève ses actions, ne pouvant les développer. On en profite alors pour l'obliger à les souenir, à les détacher autant que possible du sol, en recourant à des petits effets de mains presque imperceptibles qui soutiennent et règlent chaque mouvement des épaules.

<( Les jambes, de leur côté, toujours en rapport avec la main, complètent l'ensemble du travail des aides. Elles maintiennent l'action de l'arrière-main, au moyen de pressions soutenues par l'éperon, s'il est nécessaire, et qui arrivent également à marquer sur les flancs du cheval par des pressions nerveuses, mais pareillement imperceptibles à l'œil, la mesure régulière de chaque temps. Car si l'on précipitait l'allure, il est constant que l'exécution du passage se perdrait. )) (V. Franco ni. L'Ècuyer.)

Tous les chevaux n'ont pas les qualités requises pour cet air de manège.

Les chevaux sans vigueur, ont un travail monotone et près de terre et manquent d'élévation, tandis que les chevaux pleins d'énergie et

de force exécutent ces mouvements avec une cadence lente et semblent planer en l'air dans une majestueuse élégance.

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