CHAPITRE SIXIÈME
vînt pas beaucoup plus que le noir, et le résultat serait une teinte à peu près continue où Ton apercevrait à peine le dessin.
Le bromure d’argent étant très peu sensible au rouge, même agissant sur lui pendant un certain temps, il faut, pour réussir, faire usage de plaques orthochromatiques d’une préparation convenable, quant à la sensibilité relative au rouge.
Un excès de pose sur plaque ordinaire produit un voile général, et le rouge n’est pas mieux rendu.
Dans le deuxième cas, l’emploi d’un écran jaune assez foncé et d’une plaque orthochromatique sensible au jaune donnera l’effet voulu.
L’écran jaune éteignant à peu près complètement le bleu ou le violet, le dessin sera sans action sur la surface sensible qu’impressionnent vivement le bleu et le violet, et, grâce à cet effet de renversement du résultat normal, on aura la solution désirée.
On remarquera, en appliquant des pellicules jaune-orange translucides sur du bleu, que le jaune-orange fait paraître cette couleur presque comme si elle était noire.
La pellicule violette (violet foncé) montre le jaune comme s’il était rouge; enfin la pellicule verte d’un ton convenable rend le rouge noir.
Néanmoins l’interposition d’une pellicule ou d’un écran violet n’arrête pas sensiblement l’action des rayons jaunes sur la plaque, ce qui tendrait à indiquer peut-être qu’il y a des rayons jaunes
APPLICATIONS DE L’ORTHOCHROMATISME. 97
invisibles susceptibles de passer cà travers les écrans violets.
Gomment expliquer l’absorption complète du jaune pour l’œil et l’action sur la plaque sensible de la partie correspondante au jaune en dépit du milieu violet ?
Dans le procédé dit d’héliochromie naturelle, trois écrans de cette sorte permettent de faire trois négatifs servant :
L’an, celui qui a été imprimé à travers l’écran vert, à fournir le monochrome rouge ;
Le deuxième , celui qui a été imprimé avec l’écran violet, à fournir le monochrome jaune;
Et enfin le dernier, obtenu avec l’écran jauneorange, à donner le monochrome bleu.
Et cela est très rationnel.
Dans le premier cas, par exemple, puisque les bleu et vert seuls ont agi sur la plaque sensible, tout ce qui se traduit sur celle-ci en clair, soit en action plus ou moins nulle de la lumière, appartient au rouge et à ses dérivés. Il est donc naturel que ce cliché, imprimé sur une mixtion rouge, fournisse précisément le monochrome correspondant à cette couleur.
Il en est de même dans les deux autres cas.
On verra plus loin qu’on peut se passer, pour cette application des écrans violet et vert.
En ce qui concerne l’orthochromatisme, il n’y a plus à procéder de même façon, il ne s’agit pas d’im-