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PRÉPARATIONS DS PLOMB

Plomb. — Métal solide, d'un blanc bleuâtre, mou, flexible, ductile et très fusible. Chauffé sur un charbon, à l'aide du chalumeau , il s'entoure d'une auréole jaunâtre sans répandre de vapeurs. Traité par l'acide azotique , il se dissout à l'aide d'une douce chaleur, forme un azotate

(1) lexicologie, t. n, p. 15, 4e édition, 1843.

(2) Ann. de Heidelberg , t. v.

(3) Annales d'Hygiène et de Médecine légale t. xxviïi, p. 219.

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soluble dans l'eau et qui précipite par les réactifs des sels de plomb.

Le plomb est un métal dont les combinaisons sont seules vénéneuses : tant qu'il reste à l'état métallique , il n'a point de propriétés toxiques : un chien en a pris 112 grammes sans en être incommodé (1). Mais dès qu'il forme un oxide ou un sel, il devient vénéneux. Il s'altère dans l'eau, passe à l'état de carbonate qui devient soluble dans un excès d'acide carbonique, et il en résulte une eau vénéneuse (2). Il est encore plus facilement attaqué parles matières qui renferment des acides libres; mais il résulte d'un travail de Proust que lorsqu'il est allié à un métal plus oxidable que lui , l'étain par exemple , il ne présente aucun danger (3).

Lorsque le plomb est réduit en poussière , il devient un poison : sous cet état il donne lieu à ce que l'on appelle émanations saturnines et que produisent toutes les préparations de plomb. Les effets de ces émanations sont l'anorexie , l'abattement, des vomissements de matières le plus souvent blanches, des ténesmes , de la constipation, quelquefois des selles sanguinolentes , de violentes coliques , d'abord rémittentes, puis continues, avec rétraction des parois abdominales. La pression de la main sur ces parois procure un soulagement momentané. Enfin , dans les cas graves , surviennent des convulsions , l'aphonie , des sueurs froides , le trismus et la mort.

x\gétates de plomb. — Deux de ces combinaisons sont surtout employées, ce sont : l'acétate neutre (sucre de Saturne) et le sous-acétate (extrait de saturne). Ils ont pour caractère commun de dégager de l'acide acétique, quand on les traite par un acide fort, l'acide sulfurique par exemple.

L'acétate neutre est solide, blanc, en masses cristallines

(1) Journal de Médecine de Leroux, t xxm, p. 318.

(2) TilÉRAT, Truite de la colique métallique, 2e édit., p. 98.

(3) Ann. de Chim., t. lxii, p. 84.

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ou en cristaux prismatiques, d'une saveur sucrée et astringente , solubie dans l'eau , et présente tous les caractères du sous-acétate, alors qu'il est liquide. Il s'en distingue en ce qu'il ne précipite que très faiblement par un courant d'acide carbonique.

Le sous-acétate est toujours liquide. Les deux sels en dissolution précipitent en blanc par la potasse. Le ferrocyanure de potassium , le sulfate de soude , le carbonate de soude, y produisent un précipité blanc. L'acide iodhydrique et l'iodure de potassium donnent un précipité jaune (iodure de plomb); l'acide suif hydrique et les suif hydrates simples , un précipité noir (sulfure de plomb); le chroraate de potasse , un précipité jaune-serin de chromate de plomb. Enfin, calcinés et mêlés à du charbon dans un creuset , ils donnent du plomb métallique.

On ne connaît pas d'exemple d'empoisonnement par l'acétate de plomb. Les expériences de M. Orfila (1) sur les animaux prouvent que les chiens peuvent supporter cette substance à des doses assez fortes ,2,4,8 grammes. Mais à des doses plus élevées , la mort arrive précédée des symptômes signalés précédemment.

A l'autopsie , on ne trouve le plus souvent qu'un rétrécissement du canal intestinal. Si cependant la mort a eu lieu à la suite de l'administration d'une forte dose d'une préparation de plomb , on trouvera tout le canal intestinal enflammé et corrodé.

M. Orfila (2) a vu que les acétates et les autres sels de plomb étaient absorbés , car il les a retrouvés dans les foies et dans l'urine des animaux empoisonnés par ces substances.

Pour rechercher ces préparations dans les viscères, il faut, suivant l'auteur, faire bouillir les organes dans l'eau

(1) Toxicologie, t. i , p. 194, 1843.

(2) Ann. d'Hyy. et de Méd. lég., t. xxvm, p. 219.

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distillée, filtrer le décoctum et l'évaporer à siccité. Le produit est ensuite carbonisé par l'acide azotique , et le charbon sec est repris à chaud par le môme acide , étendu de son volume d'eau et soumis à un courant de gaz acide suîfhydrique. On obtient ainsi un précipité de sulfure de plomb.

Il ne faut pas carboniser directement les organes par l'acide azotique , afin d'éviter les complications que pourrait faire naître le plomb qui existe naturellement dans nos tissus.

M. Orfila a trouvé que l'acétate de plomb donné aux chiens laissait dans l'estomac des traînées de substance blanche, môme plusieurs jours après l'administration du poison et quoique des vomissements aient eu lieu. Cette substance blanche n'étant autre chose que de l'acétate de plomb décomposé , on devra , suivant M. Orfila , s'attacher à isoler autant que possible ces restes du poison ; faire macérer à chaud l'estomac dans de l'acide azotique à 30° étendu de son volume d'eau ; faire passer un courant d'acide sulfhydrique dans la liqueur, et après avoir recueilli le précipité de sulfure de plomb formé , le décomposer par la potasse et le charbon pour avoir du plomb métallique.

Si ces recherches n'avaient amené aucun résultat, il faudrait calciner les matières dans un creuset et traiter le résidu par de l'acide azotique ; mais il faudrait se rappeler qu'il existe du plomb naturellement contenu dans le corps de l'homme , et les conclusions , dans le cas de résultats positifs , devraient être subordonnées aux quantités de métal qu'on aurait pu obtenir. Pour plus de détails , consulter le mémoire de MM. Hervy et Devergie (1).

Carbonate de plomb ( céruse , blanc de céruse , blanc de plomb). — Substance très lourde, blanche, en masses compactes , ou en poudre , insipide , inodore. Calcinée , elle laisse un résidu de litharge d'un beau jaune doré. Elle fait

(1) Ann. d'Hijg.,t. xxiv, p. 181.

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effervescence avec les acides forts , et si l'on a employé de l'acide azotique , elle se dissout et constitue un azotate qui se comporte avec les réactifs comme l'acétate de plomb dissous.

Le carbonate de plomb pulvérisé , mêlé avec de l'huile et du noir de fumée , puis chauffé dans un creuset , donne un résidu de plomb métallique.

Oxide de plomb demi-vitreux (litharge). — La litharge est en petites paillettes jaunes -rougeâtres ou jaune doré, translucides, très denses, fusibles, insolubles dans l'eau. Chauffée avec du charbon ou un peu de résine , elle donne un culot de plomb.

Elle se dissout dans l'acide azotique et forme de l'azotate de plomb. Elle est soluble aussi dans l'acide acétique.

Oxide rouge de plomb (minium). — Poudre d'un rouge orangé vif, inodore, insipide. Chauffé avec de la résine, il donne comme la litharge un culot de plomb; mais lorsqu'on le traite par l'acide azotique ou par l'acide acétique, il ne se dissout qu'en partie, et laisse un résidu brun, de couleur puce, qui est un oxide de plomb plus oxigéné que le minium. La dissolution offre les caractères des sels de plomb.

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