‹ Manuel pratique de médecine légaleChapitre 24 sur 127 · ASPHYXIE 1»AR SUBMERSION · texte numérisé non relu

ASPHYXIE 1»AR SUBMERSION

de Y écume. La mort est produite par asphyxie résultant de la non-pénétration de l'air dans les poumons.

Si, au contraire, l'individu éprouve une frayeur vive, qu'il perde connaissance, et qu'il soit en syncope au moment de sa chute dans l'eau, les caractères de la mort par submersion seront différons (voy.p. 103); une congestion ou une hémorrhagie cérébrale peuvent aussi survenir pendant son séjour dans l'eau.

Ces diverses causes peuvent agir ensemble ou successivement, et donner naissance à des phénomènes que nous allons étudier séparément.

1° Rechercher si la mort est le résultat de la submersion.

Lorsque le corps d'un individu récemment retiré de l'eau ne présente aucune trace de putréfaction, il présente le plus fréquemment l'état suivant :

Pâleur deiaface, commune à presque tous les cadavres, ou coloration rosée ou violacée partielle de cette région ; bouche et paupières entr'ouvertes ; arcades dentaires en général rapprochées; langue placée immédiatement derrière les arcades dentaires. — Pâleur générale du corps. — Excoriation à la face dorsale de quelques uns des doigts, selon la nature et la disposition du cours d'eau où a séjourné le corps. — La boue , le sable ou la vase sont observés souvent dans la concavité du bord libre des ongles, chez les noyés anciens : c'est un simple dépôt qui s'y est fait. Lorsqu'on le constate sur un noyé récent qui est à peine resté dans l'eau, ii est à présumer qu'avant de périr, l'individu en a gratté le fond. — L'état piqueté de la substance cérébrale est fréquent dans la plupart des cas de congestion cérébrale. — La présence d'eau et d'écume dans la trachée-artère a été niée par certains auteurs , tels que Wepfer, Conrad Becker (1), Littre, Petit, Waldschmitdt, Detharding, Anger, Fothergill, Callemann, Evers.

(1) Becker. Mémoire de l'Académie royale des sciences , 1725.

Fine de Genève i'a constaté dans certains cas.

Les expériences de Morgagni (1), Haîler (2), Louis (3), Godwin , Berger (4), Piollet (5) , leur ont permis d'affirmer que l'on trouvait toujours dans les poumons des animaux submergés vivants une certaine quantité du liquide dans lequel ils avaient été plongés. M. Piorry a annoncé, en 1826, que si l'animal qui se noie est maintenu au-dessous de la surface du liquide jusqu'à sa mort, il n'y a pas d'écume. M. Orfila (6), d'après des expériences nombreuses, a reconnu comme un fait constant et certain qu'il entre de l'eau dans les poumons des chiens que l'on noie vivants ; qu'elle s'y trouve en plus grande quantité lorsque le chien est retiré du liquide la tête en haut ; que dans tous les cas où l'animal est venu respirer à la surface de Veau, il existe dans la trachée-artère et les bronches une matière écumeuse ; qu'enfin, on ne rencontre pas d'écume lorsque l'animal est resté au fond de l'eau, mais qu'il y a une quantité plus ou moins grande de liquide dans le canal aérien. Chez un homme noyé, si la mort résulte de Y asphyxie seule, on trouvera ordinairement de l'eau et de l'écume dans la trachée et dans les bronches. Si la mort a été déterminée par syncope, on ne trouvera pas d'écume, mais il peut y avoir une petite quantité d'eau.

Il est rare que l'on trouve de la vase ou du gravier dans les voies respiratoires ; ce phénomène n'a lieu qu'après un séjour prolongé dans l'eau. — Les débris d'aliments ne se retrouvent guère que si des gaz produits parla putréfaction ont distendu l'abdomen et fait refluer jusque dans le plia-

(1) Morgagni. Epislola xix , n° 21.

(2) Haller. EUmenia physiologiœ , liv. 8 , secL iv, p. 175.

(3) Louis. OEuvres diverses de Chirurgie, 1770.

(4) Berger. Essai philosophique sur la cause de la submersion ,

(5) Piollet, Archives générales de Médecine, t. 9, p. 610.

(6) Orfila. Traité de Médecine légale , 3e édit., IS36, p. 380.

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