‹ Manuel pratique de médecine légaleChapitre 26 sur 127 · ASPHYXIE PAR SUBMERSION · texte numérisé non relu

ASPHYXIE PAR SUBMERSION

marquée , commence par les éminences thénar et hypothénar et les côtés des doigts ; la main a alors une couleur blanche ardoisée.

Du Uc au 8e, Yépiderme de la paume des mains est très blanc; toutes les parties ont encore leur couleur naturelle, mais sont très souples.

Du 8e au 12e, Yépiderme de la face dorsale des mains commence à blanchir; flaccidité de toutes les parties ; face ramollie , présentant une teinte blafarde différente de celle de la peau du reste du corps ; teinte blanche de la face plantaire des pieds.

Vers le 15e jour, épiderme des mains et des pieds toutà-fait blanc (excepté à la face dorsale de ces derniers); celui de la paume des mains commence à se plisser; face légèrement bouffie , rouge par place; teinte verddlre à la partie moyenne du sternum; le tissu cellulaire sous-cutané de la poitrine se colore en rouge.

A un mois environ , face rouge-brunâtre ; paupières et lèvres vertes ; plaque rouge-brune environné d'une teinte verddtre , à la partie antérieure de la poitrine; épidémie des pieds et des mains très blanc , plissé comme par des cataplasmes èmollients; cheveux , poils , ongles encore fort adhérents ; tissu cellulaire déjà très ronge dans les parties envahies par la putréfaction , poumons très emphysémateux.

A deux mois environ , épiderme des mains et des pieds en grande partie soulevé et détaché du derme, ongles en partie adhérents , en partie détachés , mais tenant toujours à l'épidémie, de manière à former une sorte de gantelet ; cheveux et poils peu adhérents ; face généralement brunâtre, énormément tuméfiée ; lèvres très volumineuses , très écartées, laissant les arcades dentaires à découvert et la bouche largement ouverte. La teinte brune de la région sternale est plus étendue ; la coloration en vert de la partie latérale de la poitrine a gagné les épaules et les côtés de l'abdomen ;

elle s'est réunie , dans ce dernier sens , à une autre coloration verdâtre développée d'abord isolément au pli de l'aine. A la partie moyenne de l'abdomen , aux bras et aux avant-bras, aux cuisses et aux jambes , la peau est encore dans son état naturel. Au cou et à la poitrine , le tissu cellulaire superficiel et profond est rouge-brunâtre , et infiltré d'un liquide rougeâtre. A cette époque , les cadavres sont presque toujours recouverts d'une vase à molécules très fines , qui s'est pour ainsi dire tamisée à travers les vêtements ; les veines sont presque complètement vides ; les artères et le péricarde sont rougeâtres. — ■ Le cœur est flasque et ne contient plus de sang ; et si ses cavités droites en étaient gorgées au moment de la mort, leur paroi interne est d'un noir de jais qui fait contraste avec la couleur des cavités gauches ; l'inverse a lieu si ce sont les cavités gauches qui étaient pleines de sang. On pourrait donc, même à cette époque , reconnaître si le noyé a succombé par asphyxie ou par syncope. L'estomac et les intestins sont , à l'intérieur, d'un rouge intense , qui pourrait faire croire à une violente inflammation. Tous les organes creux, comme tous les vaisseaux, sont distendus par des gaz ; et c'est sans doute à cette cause qu'il faut attribuer la sortie de l'écume contenue dans la trachée, et la formation d'une bave écumeuse.

A deux mois et demi , Yépiderme et les ongles des mains sont complètement détachés; aux pieds, l'épidémie est détaché, mais les ongles sont encore adhérents. En outre, chez la femme , le tissu cellulaire sous-cutané contenant plus de graisse, il est converti en gras de cadavre aux joues, aux sourcils , au menton , à la partie supérieure du cou , très superficiellement aux mamelles et à la partie antérieure des cuisses, plus profondément aux aines. Les autres parties du corps sont, ainsi que tout le cadavre de l'homme, comme dans la période précédente , à l'exception des progrès de la coloration verte , qui a envahi les membres.

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