ACCIDENTS RÉSULTANT D'INTEMPÉRIES
SOUS la forme de gelées à glace ou de gelées blanches. Les premières sont déterminées par un abaissement général de la température de Tatmosphère; elles ont lieu ordinairement vers la fin de mars et les premiers jours d^avril; elles manifestent leurs effets, soit par la destruction des jeunes rameaux naissants, soit par un arrêt dans rentrée en végétation (retour de sève) , qui est accompagné de divers phénomènes nuisibles au développement et à la récolte . On ne connaît aucun moyen pratique de se préserver de ces accidents ; on doit seulement, lorsqu'ils ont exercé leurs ravages sur un vignoble, le cultiver avec plus de soin, malgré la perte de récolte qu'ils entraînent, afin de réparer dans certaines mesures leurs fâcheux effets.
Les gelées blanches sont produites par un refroidissement du sol, résultant du rayonnement qui s'établit de la surface de la terre vers les espaces célestes; les jeunes rameaux de vignes qui en sont les plus rapprochés participent à cet abaissement de température, et ils sont détruits s'ils sont amenés à 0*" ou au-dessous : ce sont les endroits bas et un peu humides qui sont les plus exposés à- l'action de ce phénomène, et c'est en avril ou au commencement de mai et vers 4 ou 5 heures du matin qu'on a le plus à le redouter. On peut s'en préserver, soit
ISi VIGNES AMÉaiGAlNES.
d'une manière définitive, en élevant les ceps en souches hautes ou moyennes, soit, au fur et à mesure qu'ils se présentent, au moyen de nuages artificiels qui forment écran et s'opposent au rayonnement. Ces nuages sont obtenus en faisant brûler dans la vigne des substances donnant une flamme fuligineuse , telles que les huiles lourdes, leœaltar^ ou tout simplement du fumier et des mauvaises herbes sur des fagots de broussailles.
B. Oréle. — Lorsque la grêle frappe de jeunes rameaux, encore à l'état herbacé, elle détermine une désorganisation des tissus voisins des parties atteintes, et par suite un arrêt presque complet dans leur développement; le mieux est alors de les tailler à courson sur deux yeux, comme on l'eût fait l'hiver suivant : les sarments s'aoûtent suffisamment et donnent même quelquefois un peu de récolte dans les bons terrains. Quand les orages à grêle ont lieu en plein été, les effets sur les sarments sont moins importants, mais on perd généralement une partie du raisin, sans qu'il y ait moyen, ni de se préserver de cet accident, ni d'y porter remède.