SOL
prolonger son existence. Celles qui sont complètement privées de substances fertilisantes risquent d'épuiser plus ou moins les terres un peu perméables, qu'elles lessivent.
Mais cette infériorité n'a qu'une importance secondaire au point de vue pratique, et on ne saurait renoncer à la submersion par la raison que Ton ne disposerait que d'eaux de cette nature si les autres circonstances la rendaient du reste possible.
2" Sol.
A. Perméabilité. — Pour qu'une terre puisse se submerger, elle ne doit pas être trop perméable par elle-même ou par suite de la nature de son sous-sol. La perméabilité n'est pas seulement un obstacle à cause de la dépense d'eau qu'elle entraîne et du délavement résultant du courant qui s'établit à travers le sol ; mais elle contribue, en outre, à fixer dans le soussol, par suite du mouvement de descente de l'eau, des quantités de petites bulles d'air qui, comme nous l'avons vu, favorisent la persistance du Phylloxéra. Les sous -sols argileux, 'argilo-calcaires ou argilo - siliceux compacts , sont ceux qui réalisent généralement le mieux les conditions voulues ; ceux qui sont caillouteux ou formés par des roches fissurées ont
souvent, au contraire, donné lieu à des insuccès.
B. Inclinaison et relief. — Les terrains destinés à la submersion doivent être horizontaux ou ne présenter qu'une faible pente, 0",02 ou 0™,03 au plus. Les fortes inclinaisons rendent nécessaire rétablissement d'un grand nombre de bourrelets, ce qui est coûteux et diminue d'une manière fâcheuse la superficie des planches. De plus, la surface du sol doit être suffisamment régulière, afin qu'il n'existe pas de trop grandes dififérences de hauteur d'eau entre les divers points immergés.
3® Adaptation des cépages a la submersion.
Aucun des cépages auxquels la submersion a été appliquée jusqu'ici, ne paraît avoir souffert directement de ses effets, mais plusieurs d'entre eux ont été plus fortement atteints, à la suite de ce traitement, par certaines affections ou certains accidents auxquels ils sont prédisposés par nature.
La Clairette et la Carignane, par exemple, qui sont sujettes à l'anthracnose, sont souvent un peu plus maltraitées par cette maladie lorsqu'on les submerge, que dans les conditions ordinaires ; le Grenache ou Alicante, dont l'aoûtement
est habituellement tardif et incomplet, souffre
souvent de T arrêt de végétation que provoque
r immersion, surtout quand elle a lieu un peu «
hâtivement.
L'AramoUy V Espar ou MourvèdrCy le Petilr' Bouschety le Moustardié de Vaucluse, le Coty le Cabernet'-Sauvignony la. Syrah et le Chasselas ont été submergés sans inconvénients.