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CONSERVATION DES BOUTURES

pas sujettes à la coulure et qui ont donné les fruits les plus abondants et les plus beaux f . Ces caractères, particuliers au rameau, se fixent très bien par une sélection de ce genre, et on obtient de la sorte une augmentation notable dans la production . Quand il s'agit, au contraire, de faire des porte-greffes, on n'a à se préoccuper que d'obtenir des plants vigoureux et il est inutile de tenir compte de ces dernières indications.

B. Conservation des bontnres. — On peut enfin regarder comme offrant plus de chances de réussite les boutures taillées seulement au moment même de leur emploi, A ce point de vue, les sarments qui ont voyagé, et notamment ceux qui arrivent d'Amérique, se trouvent dans des conditions d'infériorité réelle sur ceux récoltés en France et surtout dans la propriété même où ils doivent être plantés.

Emballage des boutures. — Gomme néanmoins, dans les circonstances actuelles, il est la

1 On doit particulièrement tenir compte de ces indications lorsqu'il s'agit de la multiplication du Jacquez : en effet, des sous-races peu fertiles de ce cépage tendent actuellement à se constituer par suite de l'emploi que l'on a fait jusqu'ici de toutes les boutures que l'on récoltait, sans tenir compte de leurs qualités fructifères.

plupart du temps nécessaire d'avoir recours à des boutures venues du dehors, nous pensons qu'il sera utile de donner quelques indications sur les soins dont on doit entourer leur emballage et sur les précautions à prendre à leur arrivée.

Il faudrait, pour obtenir une conservation parfaite des sarments à transporter, les mettre dans un milieu tel qu'ils ne pussent ni se dessécher, ni absorber de l'eau en proportion plus considérable qu'ils n'en renferment habituellement. La dessiccation fait périr la bouture en lui enlevant son eau de végétation ; quant à l'excès d'eau, il détermine souvent la fermentation ou la moisissure, suivant la nature des emballages dont on s'est servi et le volume du colis ; d'autres fois,Uorsque aucun de ces accidents ne s'est produit, les tissus du bois, gorgés d'eau, se dessèchent avec une extrême rapidité dès qu'on les expose à l'air.

Les emballages dans de la terre franche presque sèche, renfermée dans des caisses bien jointes, réalisent à peu près toutes les conditions voulues ; malheureusement ils sont trop lourds pour être employés pratiquement. Le mieux, si les sarments ne doivent pas voyager trop loin, est de les mettre dans des mannequins en paille, après en avoir enveloppé la base avec de la njousse légèrement humide. Pour des

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expéditions plus lointaines, les bottes de boutures peuvent être entourées entièrement de mousse ou de foin à peine assoupli par l'humidité, que Ton environne eux-mêmes de paille sèche ; on enferme le tout dans des caisses doublées de fort papier huilé.

Soins à donner à l'arrivée. — À l'arrivée d'un envoi conditionné de la sorte, les boutures doivent être mises à tremper pendant un jour ou deux dans l'eau, ou bien, ce qui vaut mieux , couchées dans du sable légèrement mouillé.

Les envpis d'Amérique sont souvent empaquetés dans des sphagnum mouillés, qui offrent les inconvénients que nous avons signalés plus haut, au point de vue de l'excès d'humidité. Si les boutures ainsi conditionnées ne paraissent pas avoir souffert pendant le transport, il faut, dès l'ouverture de la caisse, les mettre en stratification dans du sable un peu humide et ne les en retirer que par petite quantité et au fur et à mesure des besoins de la plantation. Il est en outre prudent de les transporter sur-le-champ dans une comporte renfermant un peu d'eau au fond, et de ne les en sortir que pour les mettre en place.

Lorsqu'enfin on se trouve dans la nécessité

de garder les boutures un certain temps avant la plantation, le moyen le plus sûr de leur conserver leur vitalité est de les enterrer dans un tas de sable établi dans un cellier ou dans un local analogue. Lorsqu'on doit en faire usage peu de temps après leur récolte, il suffit d'en plonger la partie inférieure dans l'eau.

2° Type de bouture a adopter.

A. Divers systèmes de boutures. — Les types de boutures les plus généralement usités pour la vigne sont la bouture par crossette et celle par rameau ordinaire. La bouture par crossette est formée de la partie inférieure d'un sarment muni d'un fragment de bois de deux ans, crossette (fig. 5 b) ; l'empattement qui se trouve au point de liaison du rameau avec ce dernier est très riche en bourgeons latents susceptibles de se développer sous terre en forme de racines. On l'a longtemps employée d'une manière presque exclusive, à cause de ce fait; elle offre néanmoins l'inconvénient d'être difficile à planter au pal, à cause de la disposition oblique de la crossette ; le bois de cette dernière, en outre, trop âgé pour bien reprendre, s'altère souvent, ce qui est préjudiciable à la bonne santé de la souche. On a imaginé, pour porter remède à

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