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TYPES DES BOUTURES

le sarment dans un milieu suffisamment humide pour assurer sa reprise ; or, dans le plus grand nombre de cas, la fraîcheur nécessaire ne se trouve qu'à une certaine profondeur dans le sol : de là, la nécessité de donner à la bouture une longueur plus considérable que celle qui paraîtrait préférable de prime-abord.

Les boutures doivent donc être d'autant plus

Fig. 7. — a Bouture semée (un œil) ; b Bouture moyenne ; c Bouture trop longue.

longues que la terre où elles doivent s'enraciner est plus sèche f . Généralement leurs dimensions

1 Le mieux, lorsque Ton a à planter des terres très sèches, est de faire enraciner les boutures en pépinière et de les

peuvent varier entre O m , 1 5 et O m , 3 5, le sarment ne dépassant la surface du sol que de un ou deux yeux ; il serait mauvais de sortir de ces limites dans presque tous les cas.

Indépendamment des deux types que nous venons de mentionner, on a proposé de faire usage, pour multiplier économiquement les vignes Américaines, de la bouture semée (fig. 6), ou à un seul œil en terre, et des boutures herbacées. La première ne donne malheureusement pas, lorsqu'on l'applique aux V. jEstivalis, qui seuls, grâce à leur haut prix, peuvent payer les dépenses de bâches, couches, etc., qu'implique ce mode de multiplication dans le Midi, une proportion de reprises suffisante pour que Ton ait intérêt à en faire usage dans la plupart des cas. Quant aux boutures herbacées, on ne peut songer raisonnablement à leur consacrer que les repousses que Ton enlève en nettoyant les greffes ; placées dans une terre légère, arrosée, et convenablement ombrées, elles reprennent assez bien, mais ne donnent pas d'aussi bons plants que de bons bois bien aoûtés * .

planter sous forme de plant enraciné ; on évite ainsi les inconvénients qui résultent de l'emploi de boutures trop longues.

1 M me la duchesse de Fitz-James, grâce à l'excellente organisation de ses serres à multiplication, a pu néanmoins tirer un excellent parti de ces procédés.

C'est donc des boutures par rameau simple que Ton sera amené à faire usage dans presque toutes les circonstances. Nous allons étudier maintenant les moyens à employer pour en faciliter l'enracinement.

3° Moyen a employer pour assurer l'enracinement des boutures.

La reprise des boutures, c'est-à-dire l'évolution de leurs racines, ne peut s'effectuer que dans un milieu qui leur offre tout à la fois une température et une humidité suffisantes, sans être excessives. La plus grande difficulté pratique que l'on rencontre pour arriver à ce résultat consiste à empêcher le fragment de rameau de se dessécher avant le moment où il est en mesure de pourvoir lui-même aux pertes qu'il fait dans l'atmosphère. Certaines espèces Américaines sont particulièrement réfractaires au bouturage, à cause précisément de l'écart assez considérable qui existe entre le moment où les bourgeons se développent et celui où les racines sortent, ce qui fait que la plante évapore beaucoup alors qu'elle ne peut presque rien puiser dans le sol. C'est ainsi que, tandis que les V. Riparia, V. Labrusca et V. Rupestris reprennent facilement de bouture, les V. jEstivalis, et surtout

VHermann et le Norton' s Virginia, sont plus difficiles ; le V.Gandicans et le V. Rutundifolia sont à peu près impossibles à obtenir par ce procédé.

Les moyens d'échapper à cette difficulté ont été beaucoup étudiés ces derniers temps, notamment à l'occasion des V. iEsirvALis, parmi lesquels se trouvent, comme nous l'avons vu, des cépages d'une réelle valeur ; on peut classer ces moyens en deux catégories : 1° ceux qui ont pour but de hâter le développement des racines ; 2° ceux qui tendent à retarder la dessiccation jusqu'au moment de l'enracinement.

Pour atteindre le premier résultat, on peut avoir recours à la stratification, au trempage, au décorticage, à la torsion ou au maillochage.

A. Stratification. — La stratification consiste à enterrer entièrement les boutures, pendant l'hiver, dans une terre légère ou dans du sable un peu humide, de manière à déterminer un premier travail préparatoire à la sortie des racines. On a proposé de stratifier les sarments verticalement et renversés par rapport à la position qu'ils occupaient sur la plante : on pensait ainsi déterminer un afflux de matériaux vers

l'œil supérieur, qui, revenant au moment de la plantation à sa position inférieure primitive, fournirait aux racines un aliment plus abondant. Les expériences tentées dans ce sens, à TÉcole d'Agriculture de Montpellier, n'ont pas donné des résultats supérieurs à ceux fournis par la stratification ordinaire. On doit, lorsque les plants sont retirés du sable, prendre contre le dessèchement les précautions indiquées plus haut à l'occasion du déballage.

B. Trempage. — Le trempage des boutures dans l'eau produit des effets analogues à ceux de la stratification ; il offre seulement, si on le laisse se prolonger un peu, divers inconvénients que n'a pas ce dernier procédé : le bois risque en effet de perdre par la macération une partie des matériaux solubles qu'il renferme, ou de se pourrir ; aussi ne doit-on en user qu'à défaut de la stratification et en évitant de le laisser se prolonger au-delà de cinq à six jours.

C. Décortioage. — Le décorticage a pour but de provoquer la formation d'excroissances cicatricielles de nature cellulaire, susceptibles de se transformer en racines. On l'exécute en enlevant des lanières d'écorce sur la partie du

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sarment qui doit être enterrée, de manière à mettre à nu, sur plusieurs points, les, couches génératrices du bois. Par la torsion ou par un léger écrasement du sarment, on arrive au même résultat, mais en déterminant la formation de fentes par lesquelles l'eau pénètre dans la moelle, qu'elle désorganise toujours plus ou moins, de telle sorte que Ton obtient rarement des plant6 parfaitement sain3 par ces derniers moyens. En somme, ledécorticage, qui était du reste déjà employé depuis longtemps dans l'Hérault, est préférable ; il peut être utilement appliqué sur des sarments stratifiés.

Les procédés dont on fait usage pour retarder la dessiccation de la bouture avant son enracinement sont : les arrosages, les paillis, le recouvrement avec le sable, l'ombrage.

D. Arrosages, etc. — Les arrosages et les paillis permettent de donner au sol ou d'y fixer . l'eau nécessaire à l'entretien de la fraîcheur de la bouture ; on ne peut guère les appliquer que dans la culture en pépinière, mais ils augmentent considérablement, dans ce milieu, les chances de reprise. Les arrosages doivent être pratiqués par infiltration et modérément. Lorsqu'on les donne sur des terres d'une certaine compacité surtout, on risquerait de voir les sarments

se pourrir si la quantité d'eau était trop considérable au début.

Le recouvremeiit total de la bouture avec du sable retarde la végétation des bourgeons extérieurs, et par conséquent l'apparition des feuilles, qui sont les principaux organes d'évaporation, sans ralentir celle des racines ; il s'oppose en outre à la dessiccation du bois du sarment lui-même et à celle du sol dans lequel il est planté. On entoure chaque bouture d'une petite butte conique, si les pieds sont un peu écartés entre eux ; dans le cas contraire, on les recouvre d'un véritable billon continu qui suit la direction de la ligne.

L'ombrage diminue beaucoup la perte d'eau par les feuilles ; on peut le produire, soit au moyen de clayonnages, soit en plaçant les plants sous des arbres dont le feuillage n'est pas trop épais : lès rayons lumineux verts, qui passent à peu près seuls à travers, sont en effet très peu favorables à l'évaporation.

Il ne faut pas oublier toutefois que si l'ombrage facilite la reprise, il nuit au développement ultérieur des jeunes plants, qui ont besoin d'évaporer activement pour se bien nourrir et s'accroître rapidement ; il ne faut donc user de ce moyen que d'une manière temporaire.

4° Époque du bouturage.

On pensait autrefois,dans le Midi,que les boutures les plus tôt plantées étaient celles qui réussissaient le mieux, sauf le cas des terres exceptionnellement humides, et, en effet, on cherchait dans une plantation hâtive ce travail de préparationque l'on demande aujourd'hui à la stratification, mais on ne l'obtenait qu'en faisant courir au sarment les chances d'altération qui résultent quelquefois de l'humidité excessive du sol pendant l'hiver et de l'action des gelées. Il est évidemment préférable de stratifier les boutures dans le sable, et de les planter relativement tard, au moment seulement où la température est suffisamment élevée pour déterminer une prompte entrée en végétation.

C'est vers la fin de mars ou le commencement d'avril, dans la région méditerranéenne, que ces conditions semblent se réaliser généralement le mieux. Au reste, l'époque à choisir dépend, dans une certaine mesure, de la nature du sol : les terres légères et chaudes, bien exposées, devront toujours être plantées avant celles qui sont froides et humides.

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