PLEIN CHAMP OU PÉPINIÈRE
ameubli par un labour de m ,30 à m ,35, et fumé avec des engrais promptement assimilables, tels que des fumiers de ferme à demi décomposés, des crottins de mouton, des fientes de pigeons, des tourteaux ou des engrais chimiques appropriés à la vigne.
La plantation s'opère de la manière suivante : Les boutures sont placées debout dans de petits fossés à parois verticales ; on accumule ensuite une portion de la terre meuble déblayée, sur la base du sarment, contre laquelle on la presse fortement avec le pied, puis on achève de combler le fossé avec la terre restante. Les écartements généralement usités ne sont pas suffisants et ne permettent pas aux plants d'atteindre tout le développement possible pendant la première année ; les distances les plus convenables paraissent être de m ,50 environ entre les lignes et de 0^,15 à m ,20 entre les pieds.
Lorsque la terre n'est pas irrigable et n'est pas très fraîche par elle-même, il est prudent d'en couvrir toute la surface avec un pailiis ; les soins d'entretien consistent alors en de simples sarclages, destinés à ôter les mauvaises herbes, en dérangeant le moins possible la couverture, pendant tout le temps que sa protection paraît utile. Quand, au contraire, il est possible d'arroser, on donne aux plants un léger
buttage suivant la direction des lignes, de manière à laisser dans les intervalles des rigoles par lesquelles l'eau peut circuler et déterminer une irrigation par infiltration ; des binages fréquemment répétés doivent alterner avec les arrosages, afin d'en conserver le mieux possible les effets, tout en maintenant la propreté du sol.
La durée de la culture en pépinière peut être de un ou de deux ans. Les plants de deux ans sont évidemment plus forts que ceux d'un an, mais le défaut d'espace les empêche généralement d'acquérir le développement qu'ils eussent atteint en plein champ ; de plus, le volume et la longueur de leurs racines en rendent l'arrachage difficile ; on se trouve dans la nécessité de les mutiler plus ou moins en les extrayant du sol, et, en définitive, ils n'offrent pas, une fois en place, une supériorité suffisante sur les premiers pour justifier les retards et les soins supplémentaires qu'ils exigent. Il est donc préférable, dans la plupart des cas, de ne conserver les plants en pépinière qu'une seule année.
Telles sont les principales indications qui ressortent aujourd'hui des expériences faites sur le bouturage des vignes Américaines. Bien que, ainsi que nous l'avons dit précédemment,
PROVIGNAGE. 93
ce mode de multiplication puisse être considéré comme le plus important de tous ceux usités pour la vigne, il peut être néanmoins remplacé utilement dans certains cas par le Provignage, dont nous allons nous occuper actuellement.