‹ Manuel pratique de viticulture pour la reconstitution des vignoblesChapitre 66 sur 76 · BIOLOGIE DU PHYLLOXERA · texte numérisé non relu

BIOLOGIE DU PHYLLOXERA

a. Vie gallicole. — Dans le premier cas, l'insecte produit par une série de piqûres, sur le parenchyme des jeunes feuilles, sur les rameaux herbacés, très tendres, ou même sur les vrilles de certaines espèces et variétés, des galles dans lesquelles il se fixe et se constitue après trois mues successives à l'état de mère pondeuse, sans qu'il y ait eu intervention d'un mâle. Il devient alors renflé et volumineux, et pond successivement dans la poche ainsi formée un très grand nombre de pseudova (faux œufs, par opposition à l'œuf de la femelle sexuée); au bout de peu de temps a lieu l'éclosion. Les jeunes de cette seconde génération se fixent à leur tour sur les feuilles des extrémités et y produisent des galles, ou bien ils descendent sur les racines. La multiplication gallicole peut se prolongerai les circonstances sont favorables, jusqu'à la chute des feuilles.

b. Vie radicicole. — Les insectes qui pénètrent sous terre et se fixent sur les racines peuvent se diviser en deux catégories : les uns qui, comme les gallicoles, passent par* une série de trois mues à J'état de mère pondeuse; les autres qui, après cinq mues, arrivent à l'état de nymphe.

1° Les mères pondeuses, très semblables à celles des galles, pondent, non fécondées, comme elles, de 25 à 30 pseudova, à raison de 2 à 3 en quatre à cinq jours, après quoi elles meurent. Les pseudova éclosent au bout de huit à dix jours, et donnent naissance à des jeunes agiles, susceptibles de sortir de terre par des crevasses du sol, et d'aller, soit en cheminant, soit emportés par le vent, se fixer plus loin sur d'autres racines. Cette nouvelle génération passe par les mômes phases que la précédente, et les choses conti-

nuent ainsi jusqu'à la fin d'octobre ou au commencement de novembre.

A cette époque, les mères pondeuses meurent, et les jeunes récemment éclos passent l'hiver fixés sur les racines, dans un état d'engourdissement complet. Ils prennent alors une teinte brune et semblent amaigris et déprimés. /Au mois d'avril a lieu le réveil de ces hibernants; ils continuent alors la série des générations agames précédemment décrites. On a constaté que ce mode de multiplication pouvait se continuer pendant trois ans au moins.

2° Les aptères qui ne deviennent pas mères pondeuses passent, comme nous l'avons dit, par deux mues de plus que les autres, et arrivent à l'état de nymphe au mois de juillet.

2° Nymphes. — Les nymphes sont caractérisées par leur forme plus allongée, leur teinte plus fauve que celle des autres radicicoles, enfin par les fourreaux d'ailes de couleur foncée, dont elles sont munies de part et d'autre. Au bout de quinze à vingt jours, la nymphe sort de terre et devient ailée par une nouvelle mue.

3<> Ailé agame. — Vailé ressemble à un très petit moucheron, à corps jaune et allongé, muni de quatre ailes transparentes, plus longues que l'abdomen et inégales, les deux supérieures plus longues que celles de dessous. L'ailé prend sa volée et est entraîné souvent fort loin par les vents; c'est vraisemblablement le principal agent de propagation à grande distance. Il se pose, lorsqu'il peut s'arrêter, sur la face inférieure des feuilles de vigne et y pond, sans fécondation, de trois à six pseudov>a % les uns gros, les autres petits, desquels naissent les sexués.

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