‹ Manuel pratique de vocation [microforme]Chapitre 87 sur 95 · L'épreuve préalable au contact des dangers du siècle · texte numérisé non relu

L'épreuve préalable au contact des dangers du siècle

C’est ici le plus commun peut-être, et toutefois le plus pernicieux de ceux que l'on met en avant, pour différer l’entrée en Religion. Il faut, dit-on, connaître le monde avant de le quitter, et c’est au contact de la vie qu’il faut éprouver une vocation religieuse.

Or, ceci est un calcul vraiment immoral, un conseil funeste qu’on ne ag même pas donner à un ennemi, et que l’on donne à des enfants que l’on prétend aimer. C’est une conduite indigne d’une âme honnête, indigne surtout d’un père, d’une mère! Et pourquoi ? Parce que l’on expose ainsi ndement la vocation des enfants. On imite, dit int-Thomas, la folie de l’homme qui, pour apprendre l’art de la navigation, s’aventure en pleine mer et au milieu des écueils. Pour éprouver la vocation des enfants, on les promène dans ces assemblées profanes d’où ils sortent toujours moins chrétiens ; on les force de se produire dans ces sociétés mondaines où l’on ne vit que pour le plaisir ; on leur fait respirer cet air contagieux du siècle, si funeste aux jeunes coeurs. Trop souvent, hélas ! ils ne sont que trop dociles à ces leçons ; trop souvent, ils suivent ces conseils qui répondent si bien à la corruption de la nature, et à la légèreté de la jeunesse. Si les vocations s’éprouvent dans le monde, elles s’y perdent encore plus aisément.

Et puis, à cet âge, on ne peut avoir une idée vraie du monde. Dans la jeunesse, on ne voit le monde que par son beau côté : on ne connaît jamais le revers de la médaille,

Vous voulez ve leur vocation. Ce désir est louable, et l'Eglise le réprouve si peu, qu’elle a prescrit, pour tout Ordre religieux, une année au moins de pro-

bation. C’est là que l’aspirant à l’état religieux peut 8 ent faire l’apprentissage de la vie qu'il doit mener plus tard, et s’habituer à pratiquer volontairement ce à quoi il veut s’obliger Pour le reste de ges jours. Avant de s’engager, i s'assure que cet état est ait pour lui, qu’il y trouvera une source de consolation et de puissants moyens de salut,

gageant au à la tentation urs dans tous

dira-t-on Peut-être, il faut du moins une

Vocation plus évidente et plus éprouvée, Pour l'état de ection que pour tout autre état,

Rappelons-nous que nous ne faisons que passer sur

vie est 3 ’é

aussi on y est en sûreté, plus on y trouve de garanties pour le ciel.

Evidemment, quand on s'engage dans un chemin dangereux, la prudence exige que l’on proportionne les précautions à la grandeur et au nombre des périls. Si, au contraire, le chemin est sûr, si la sagesse de celui qui nous invite et nous y attire intérieurement ne eut nous égarer, les mêmes précautions ne sont pas nécessaires.

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