‹ Manuel pratique du bibliothécaireChapitre 119 sur 233 · DE CORRECTION · texte numérisé non relu

DE CORRECTION

Addition à remonter.

Correetioa hors de sa place.

Morsure de frisquette.

Addition à baisser.

Bourdon de grande étendue .

Interligne à baisser.

Ligne à espacer ëgal»

ment.

Lettre qui ckeyauche.

Ligne à regagner.

Corrections semblables et successives.

Ligne à faire en plus .

Mot biffé à conserver.

Bourdon indiqué en t6te ou en pied.

Coin de page à redresser.

n Napoléon 1 à Bertbier. |

CoUf€t

TEXTE A CORRIGER [rCCto). 317

« Mon cousin, comment arrive-t-il que la gendarmerie de Santander, de la Biscaye de TAragon n^est pas payée ? Écrivez au général Caffa^li cfour la Biscaye et Santander, et au général Suchet pour TAragon, de prendre des mesures pour faire sur-le-champ solder celte troupe. Les gendarmes do 1

être payés avant tout. »

« Mon cousin, demandez aux ministres d'Espagne à Paris, des notes précises sur les ^ ^ abus qu ils reprochent au général X...jMan- J(\j, copie p.7J dez^à ce général que je vois avec surprise qu'il ,

se soit attribué des sommes qui ne lui étaient pas/dues ; / qu'il/a /pris/9,000/fr ./par / mois, //////// traitement qu'on ne fait pas même à un général maréchal, commandant une armée ; e^^ qu'il est probable que le trésor ne regardera pas cette^somme]][]comme'^égalementr3*c-

Napoléon à Bertbier.

çue. »

« Mon cousin, je vous envoie des extraits des journaux anglais. Envoyez-en une njAe au duc de Dalmatie, et témoignez-lui mon mécontentement de ce que les divisions esbagnoles soient à Lisbonne et qu'il ne fassepien.»

« Mon cher cousin, donnez ordre au général Thouvenot deyfeipe/confisquer toutes les marchandises anglaises et coloniales. On assure qu'il a reçuî^n droit de 10 pour cent.

lôj

— Si cela est vrai, il faut lui faire restituer ces sommes, et confisquer toutes les marchan-

dises qu'il aurait laissé débarquer. xT^^^i là commis une grande faute. »

I cicà rnarc/t>an4{Là€à

/noyenna/vé-

Id, oblond. —

/ii.20. —

CoTK DB HRBXtKRB

/fi.30.

/ii.32.

COTK DB SBCORDB

Coucher la lettre (Typ,). — . La lellre est dite couchée lorsqu'elle

est mal redressée dans le composteur ou la galée, ou encore après le

tirage de l'épreuve d'un paquet mal lié ou mal soutenu par la presse.

11 est important de les mettre bien d'aplomb car le côté des lettres

couchées ne marquera que peu ou point lors du tirage. Bihliogr. — Lefkvrb (Th.) : Op. cit., p. 704.

Coucbore {Bel,). — Action de placer l'or en feuilles sur le dos, les plats ou les tranches d'un livre.

Bihliogr. — Bosquet : Op. cit., p. 215, Vocabulaire,

Coulé (Pap.). — Défaut du papier provenant de l'accumulation de la matière par place à la suite de la mauvaise distribution de la pâte. Bihliogr, — Le Normand : Op. cit., Vocahulaire,

Couler des tailles (GVar.). — Conduire des tailles suivant des lignes parallèles.

Couleur (Grav.). — On applique ce mot à la gravure lorsque par opposition les blancs et les noirs sont bien harmonisés et bien proportionnés.

Coupe (Grav.). — Nom donné à la taille appliquée à la gravure sur bois. Il y a les coupes et les contre-coupes.

Cousoir {Bel,), — Appareil en bois composé d'un plateau, généralement posé sur pieds, percé de deux rainures. Deux montants filetés, dans lesquels se trouve vissée une barre cylindrique mobile^

s*élèvent de ce plateau. C^esi sur cette barre que sont fixées les ficelles tendues et retenues dans une des rainures inférieures contre lesquelles seront appliquées les cahiers au moment de la couture. Bibliogr. — Dudin : Op. cit., p. 643.

Coatnre {Rel,)^ — Une des opérations principales de la reliure consistant à réunir les cahiers les uns aux autres dans Tordre de leur signature, aii moyen d'un fil passant par la pliure du milieu et retenu extérieurement dans les ficelles ou les rubans.

Bibliogr, — Bosquet : Op. cit., p. 56 à 61.

CouTnire (ReL), — Terme désignant les diverses opérations de recouvrir le dos et les plats du livre avec de la peau ou toute autre matière, toile, percaline, etc.

Bibliogr, — IVwqukt : Op. cit., p. 125.

Cran (Tt/p.). — Petite entaille faite au corps de la lettre pour indiquer le sens dans lequel elle doit être placée dans le composteur. Bibliogr. — Lefèvre (Th.) : Op. cit.. p. 704.

Crémailliàre {Bibliot.) — Latte à crans eqiiftcés également que Ton fixe dans l'intérieur des montants du rayonnage de telle sorte que les crans soient vis-à-vis les uns des autres parallèlement an montant. On pose des tasseaux sur ces crans et ces derniers supportent les tablettes en bois qui reçoivent des livres.

Crénée (Typ.) — On appelle lettre crénée celle dont l'œil déborde le corps dans certaines parties, comme /*, j italiques. Elles demandent des soins particuliers à la distribution et à la correction.

Bibliogr. — Lefkvhe (Th.) : Op. cit., p. 704.

Crevé {Grav.). — Accident résultant de hachures trop rapprochées les unes des autres; Facide traverse sous Jes hachures et mord une large surface.

Criblé (Gravure au). — Genre de gravure sur métal faite en relief

au moyen d'une série de petits points. Les plus anciennes estampes

faites par ce procédé ont été imprimées vers 1406.

Bibliogr. — Delaiiorde (V^ H.) : La gravure, Paris, Quantin, s. d., in-H% p. 37, sq.

Cuivrage (Grav,). — Procédé consistant à recouvrir, parla galvauo-

plasiie, d'une couche de cuivre, les planches de zinc gravées dont l'usure serait trop rapide sans cette précaution.

Cuivre (Grav.), — Planche de cuivre rouge planée et polie sur laquelle les graveurs exécutent leur dessin. — Pour graver à la manière noire, on se sert parfois de cuivre jaune.

Col (faire du) {Bel,). — Ancien ternie, employé en reliure, pour désigner qu'un livre a été plus rogné à Touverture que vers le dos. Bibliogr. — Dudin : Op. cit., p. 643.

Cul-de-lampe (Bibliot.) — Vignette ou fleuron terminant un chapitre et dont la forme s'inscrit dans un triangle, la pointe en bas.

Cul-de-lampe (Typ.), — Sorte d'arrangement triangulaire que Ton donnait autrefois aux lignes des titres ; on considère cela aujourd'hui comme vicieux.

Bibliogr. — Lefkvre (Th.) : Op. cit., p. 704.

Cylindre [Pap.). — D'une manière générale ce mot désigne la machine avec laquelle on réduit les chiffons à l'état de pâte. Elle comprend la cuve dans laquelle un cylindre, appelé rouleau^ armé de lames de fer, broie les chiffons contre les cannelures de \a platine^ 11 y a les cylindres affineurs^ affleurants et effilocheurs^ selon letravail qu'ils doivent effectuer.

Bibliogr. — Le Normand : Op. cit., VocabuLiire.

Débloquer (7't//>.). — C'est mettre la lettre bloquée antérieurement à la place de celle qui en tenait lieu provisoirement. Bibliogr. : Lefkvhe (Th.) : Op. cit., p. 705.

Découvrir [Grav.). — Action de découvrir une partie du vernis sur une planche gravée afin de s'assurer du point précis de morsure.

Dédicace {Bibliot.) — Epitre ou phrase, placée en tête d'un

ouvrage, après le titre quelquefois, et par laquelle un auteur fait hom~

mage de son livre et le dédie à un personnage ou à un bienfaiteur.

Bibliogr. — Pcijiçnot avait entrepris de faire l'histoire littéraire des dédicaces; mais il est mort laissant son ouvrage inachevé. Il avait publié en 183Ô- Vllisloire des dédicaces d'Erasme racontée par lai-même.

Dédicace {Grav,), — Légende gravée qu'on trouve au bas des planches entre les xvi* et xviii^ siècles, qui encadrent souvent des armoiries et indiquent Thommage du graveur à un bienfaiteur.

Délet {Bel.). — On nomme ainsi les feuilles ou les parties de feuilles qui manquent dans un ouvrage à relier et qu'on est obligé d'ajouter.

BibUogr, — Bosqubt (E.) : Op. cit., Vocabulaire,

Défet {Typ.). — Les défets désignent l'ensemble des feuilles d'un ouvrage, qui sont dépareillées, et ne peuvent servir à former un exemplaire complet.

Défoaetter (ReL). — On nomme ainsi le dégagement des ficelles qui maintenaient le livre serré entre les ais aBn de le faire sécher. Bibiiogr, — Dudin : Op. cit., p. 643. — Bosquet (£.) : Op. cit., Vactibulàire,

Dégager [GrstiK). — C'est repasser la pointe du burin à l'intérieur d'un trait gravé.

Dégarnir (Typ,), — . C'est enlever avec le châssis, les diverses parties de plomb et de bois qui séparent les pages, soit pour transposer ces dernières, soit pour exécuter des corrections considérables; on appelle encore dégarnir enlever les lignes de pied, de tête, les titres, les mots, etc., pour préparer la distribution aux paquetiers.

Bibiiogr. — Lefbvrb (Th.) : Op. cit., p. 705.

Deleatur [l^yp,], — Terme et signe de correction ( ^ ) qui indique la lettre ou le mot qui sont à supprimer. Bibiiogr, — Lefbvhe (Th.) : Op. cit., p. 705.

Dent de loup (ReL), — Variété de brunissoire, de forme courbe, en agate, qui sert à brunir les tranches des volumes après leur dorure ou leur jaspure.

Dentelle (ReL), — Dessin d'une grande finesse en forme de dentelle que Ton pousse sur or ou à froid sur le pourtour des gardes intérieures des livres reliés luxueusement. Ces dessins sont faits avec des fers où les motifs sont gravés en relief ou avec une roulette d'un diamètre déterminé et sur laquelle on a également gravé les dessins.

Dentelle [Bordure] (Pap,). — Défaut du bord de la feuille de papier provenant de l'enlèvement défectueux de la couverte. — La partie inférieure de la bordure ou mauvaise rive se trouve enlevée par places; le coucheur en traînant la forme produit le même défaut.

Bibliogr. — Le Normand : Op. cit.^ Vocabulaire,

Dépatisser (T'y/).). — Cest la mise en ordre et la distribution dans les casses des lettres tombées en pâte ; c'est extraire les caractères mêlés, les interlignes, les garnitures et les remettre en ordre.

Bibliogr. — Lefhvrb (Th.) : Op. cit., p. 705.

Dermeste [Bihliot,], — Coléoptère pentamère de la famille des clavicornes dont quelques espèces commettent des dégâts dans les collections et même dans les livres.

Désimposer [Typ,). — Dégarnir une forme de son châssis et de sa garniture pour opérer une transposition de pages. Bibliogr. — Lefkvre (Th.) : Op. cit., p. 705.

Désinterligner [Typ.). — C'est enlever les interlignes soit de la composition, soit de la distribution.

Bibliogr. — Lefhvre (Th.) : Op. cit., p. 705.

Dessin leucographique (Grar.). — C'est un dessin fait au moyen de lignes blanches sur fond noir.

Détransposer (Typ.). — Replacer dans l'ordre voulu des pages qui ont été mal placées lors de l'imposition. Bibliogr. — Lefkvre (Th.) : Op. cit., p. 705.

Diagraphe (Grar.) — Instrument qui sert à dessiner, inventé par l'architecte Cigosi au xvi*' siècle et perfectionné en 1830 par Gavard.

Diplomatique (Paléog.). — Cette science a pour objet l'application de la critique à une catégorie importante des sources de l'histoire : diplômes, chartes, actes et contrats de toute espèce, pièces judiciaires, rôles, cartulaires, registres, etc.

Bibliogr. — Toistaix et Tassix : Nouveau traité de diplomatique, Paris, 1750-1765, 6 vol. in-4«. — Maihllox : De re diplomatica libri VI, Parisiis, Billainc, 1709, in-fol. — Giry : Manuel de diplomatique, Paris, Hachette, 1894,

in-8*.

Ma?(CEL do BiDUOTBKCAinB 21

Distribuer [Typ.). — C'est remettre chaque lettre dans le cassetin qui lui est destiné lorsque le tirage est termine. Bibliogr, — Lbfkvrb (Th.) : Op. cit., p. 705.

Distribntion [Typ.). — On nomme ainsi la lettre tirée et destinée à être remise en casse; elle peut être bonne ou mauvaise selon que les lettres sont plus ou moins dégagées des italiques, des petites majuscules, etc., qui sont inutiles.

Bibliogr. — Lhfèvhb (Th.) : Op. cit., p. 705.

Diviser {Typ,). — C'est couper un mot en deux parties, dont la première reste à la fin d'une ligne et l'autre est reportée au commencement de la ligne suivante; il ne faut user qu'avec ménagement de cette facilité en se conformant aux règles établies.

Bibliogr. — Lefbvrb (Th.) ; Op. cit., p. 705.

Dorure (Rel.), — C'est l'ensemble des ornements et des dessins crt

or poussés sur les plats, les dos et les tranches des livres. Bibliogr. — Bosquet (E.) : Op. cit., p. 208, sq.

Dos (Rel.). — Se dit de la partie postérieure du livre où a lieu la

couture et qui doit être recouverte soit par la peau, soit par la toile. Bibliogr. — Dudix : Op. cit., p. 643.

Dos brisé (Rel.). — Il consiste en l'absence d'adhésion du cuir contre la partie cousue du livre; le cuir du dos se trouve collé sur une carte fixée entre elle et les cahiers, ce qui permet d'ouvrir le livre plus complètement.

Dos des mains [Pap.) — C'est le côté de la main de papier servant de charnière aux demi-feuilles qu'on ouvre, en un mot le premier recto ; le pli se trouve atîaissé par l'action du lissoir.

Bibliogr. — Le Xohmaxd : Op. cit., p. 259.

Doubler [Typ.). — C'est composer deux fois, par inattention, les mêmes lignes, les mêmes phrases, les mêmes mots ; cependant on fait doubler une composition afin de tirer §imultanément de deux côtés lorsqu'il y a économie à faire un tirage restreint.

Bibliogr. — Lefèvre (Th.) : Op. cit., p. 706.

Doublon (Typ.). — On désigne ainsi les lignes, les phrases ou les mots qu'on a doublés en composant.

Bibliogr. — Lefèvhe (Th.) : Op. cit., p. "06.

Dresser (Pap.). — 1° Action d'égaliser le papier afin qu'aucune feuille ne dépasse Tautre ; — 2° Tension du fil de laiton servant à fabriquer la toile métallique dont on recouvre la forme.

Bibliogr. — Le Nohmaxd : Op. cit., p. 259.

Eau d'alun ( Pap. ). — Mélanj^e d'eau, de gélatine dissoute et d'alun qu'on applique sur les feuilles insuffisamment collées. On nomme ce mélange demi-colle.

Bibliogr. — Le Nohmaxd : Op. cit., p. 260.

Eau-forte [Grav.), — On nomme ainsi les épreuves obtenues par le tirage des planches gravées à l'eau-forte ou acide nitrique. Par extension on applique ce nom à l'épreuve elle-même : une belle eau-forle, une eau-forte bien venue,

Bibliogr. — Lostalot (A. i»e) : Les procédés de la GravurCy p. 61, sq.

Ébarbage {fiel.). — Action d'ébarber. Il vaut mieux ébarber les tranches des volumes, surtout en tête et dans la gouttière pour ménager les marges.

Bibliogr. — Bosquet (E.) : Op. cit., p. 89.

Ébarber (/?e/.). — C'est enlever l'excédent des feuilles pliées du livre qui débordent la gouttière; c'est aussi ouvrir les pliures de tête au moyen d'une râpe ou d'un ciseau.

Bibliogr. — Bosquet (K.) : Op. cit., Vocabulaire.

Ébarber ((jrav.). — Enlever les barbes d'une gravure.

Ébarber [Typ.). — En typographie c'est abattre un talus d'une lettre qui marque à l'impression.

Ébarboir [Grav.]. — Instrument à lame quadrangulaire sans morfil, en usage dans la gravure pour enlever toutes les barbes métalliques situées de chaque côté du sillon tracé par le burin.

Écacher {(irav.). — Terme peu usité aujourd'hui qui désigne l'opération de passer le brunissoir sur les tailles trop profondes; on tasse le métal pour rétrécir les parties creusées.

S2i LEXIQUE

Écacher (Pap.), — Se dit du travail du leveurqui comprime les portes blauches.

Bihliogr. — Lk Xohmand : Op, cit., p. 260.

Écaille (Bel.) — On nomme ainsi la couleur roujj^e qu'on met sur les couvertures de livres. L'écaillé se préparait avec une décoction de bois de Kernambouc (ou de Campêche),dc l'alun et même de la cochenille ; Talun servait de moi'dant. Cette couleur n'est plus employée beaucoup aujourd'hui.

Bibliogr. — Dudix : Op. cit., p. 613.

Écussons ou armes {Bel.), — Fers spéciaux représentant des blasons et qu'on pousse sur les plats du livre. Bibliogr. — Dudi.n : Op. cit., pp. 613, 6 13.

Échappade (Grav.). — C'est un trait tracé par le burin qui dévie de la main du graveur et qui creuse sur des parties déjà gravées.

Échelle (Typ.). — C'esl le signe qui indique sur l'épreuve à corriger l'endroit où les lignes à remanier doivent être coupées. Bibliogr. — Lefkvhb (Th.) : Op. cit., p. 706.

Échoppe {(jrai\). — Lame ronde taillée en biseau formée d'une pointe large et emmanchée d'une poignée. Cet instrument sert à faire des tailles larges. Les hachures obtenues par l'échoppe ne donnent généralement que des tons gris.

Égratigner (Grav.). — Ce sont des tailles d'une finesse très grande. C'est aussi une planche en taille douce gravée peu profondément avec des pointes très fines et donnant des épreuves grises.

Élargir ((irav.). — C'est laisser un espace assez considérable entre les hachures et les tailles.

Elzeviers [Bihl.). — On désigne sous ce terme générique les livres sortis des presses des Elzeviers, célèbres par le soin qu'ils apportaient à leurs impressions et aussi par la netteté des types qu'ils avaient adoptés et qui sont ceux créés par Garamont. On compte douze imprimeurs de cette famille; à leur collection il faut ajouter aussi ce que leurs successeurs ont produit : les plus célèbres parmi les Elzeviers sont Abraham, Bonaventure, Louis et Daniel^ dont les produits ont atteints la plus grande perfection.

LE.VIQUE 325

Emblèmes [Bibliot,), ^Fijj^fure symbolique avec une sentence en

exergue. Au xvn" siècle les ouvrajjes à emblèmes jouissaient d'une

certaine vogue, nous en citerons quelques-uns : Typotius : Symbola,

divina et humana ponlifîcum...^ Pra*ça*, 1601. — Ukdelius :

Apophlhegmala symholica^ 1700. — Alciat : Emhlemala^ cum

vomment, varior. opéra J. Thuillii; Palavii, 1621, in-4o; Je plus

célèbre de tous. — Catz (Jacobus) : Officium puellarum in castis

amoribus emhlemaiice expressum,.., m-V2° obi. — WmxNEv (G.) :

A choice of Emblèmes and olher Devises...^ Imprinled at Leyden,

1586, in-4'*. ^- Bien des imprimeurs entre les xvi" et xvin® siècles

ont pris comme marque typographique des signes emblématiques

avec légende appropriée soit à leur nom soit à leur état ; Galliot

Dl' Pré (1512-1559) : une galère avec la légende : Vogue laGuallée.

— Dems (Toussains) (1515-1518) : Saint-Denis portant son chef,

soutenu par deux anges. — Cohrozet (Gilles 1*"^) (1538-1558) :

Un cartouche renaissance avec un c(cur au milieu duquel s'épanouit

une rose, légende : m corde prudentis requiesci'l sapienlia. — Cette

habitude s'est poursuivie de nos jours et les marques de certains

libraires ou imprimeurs ne sont que des emblèmes.

Bihliogr. — Bhuxkt (G.) : Manuel dn libraire, 5* édition. — Mbxkstiueh (le P.) : Art des emblèmes...^ Paris, de la (Piaille, 168 i, in-8*. — Mrxbstrier (le P.) : Philosophie des images emblématiques...^ I^yon, J. Lions, 1691, in-12. — Bm'XET (G.) : Dictionnaire de bibliologie, col. 770, sq.

Emboîtage (Jiel.), — Couverture ou reliure factice dans laquelle on rapporte le volume cousu au préalable et que Ton fixe au moyen des rubans ou des iicelles qui sont simplement collés contre les cartons au lieu d'être fixés dans l'intérieur. On dissimule les ficelles et l'on donne un peu plus de solidité a l'emboîtage en collant sur les plats intérieurs et sur la garde blanche du volume une feuille de garde en couleur. On utilise l'emboîtage pour des ouvrages de vulgarisation ou certains livres de collections tirés à grand nombre ; le travail des plats et du dos de l'emboîtage se fait mécaniquement et les ornements en or sont frappés au moyen de presses à estamper.

Bihliogr. — IkisguKT (E.) : op. cit., p. 168.

Empaqueter (7^^/).). — C'estenvelopperdans du papier les paquets de distribution destinés à être mis en réserve dans les armoires. Bihliogr. — Lekkvhe (Th.) : Op. cit., p. 706.

Empâtement [Grav,), — C*est, dans la gravure en taille douce, donner aux chairs le modelé et le contour au moyen de tailles interrompues ou continues, mais surtout à Taide de points plus ou moins longs.

Encart (/?e/.). — Division de la feuille imprimée qui occupe la place intérieure du cahier. Feuille ou fragment de feuille placée dans un cahier.

Bibliogr, — Bo8qitet(£.) : Op. cit., Vocabulaire.

Encart [Typ.) — Carton de quatre à huit pages qui dans rin-12, rin-18, etc., se détache pour être intercalé au centre du cahier principal. Ainsi dans Tin-lS en deux cahiers, le carton d'encart du grand cahier comprend les pages 9 à 16 ; et dans le petit cahier les pages 29 à 32.

Encarter (ReL). — C*est placer dans le gros eahier le feuilleton ou petit cahier.

Bibliogr, — Dmi.x : Op. cit., p. 6 J3.

Encollage [Pap,), — L'encollage se fait en imbibant le papier d'une certaine quantité de colle de pâte ou de colle de peau (gélatine). (Voir aussi le mot collage.)

Encre (Typ,) — L'encre typographique est composée de noir de fumée et d'huile de lin.

Encre â vignettes (Typ.) — C'est un mélange de noir de fumée et d'huile contenant de la résine en dissolution ; elle est utilisée pour tirer typographiquemeni des vignettes gravées sur bois.

Encre de report [Grav.) — Cette encre sert surtout à la réimpression etla reproduction d'une épreuve de gravure existante et dont on désire une sorte de décalque exact; c'est un mélange de suif, de savon sec, de cire jaune et de noir de fumée. On se sert d'un papier de Chine collé pour le tirage. Le report se fait sur une pierre lithographique; mais les épreuves obtenues ne sont généralement pas bonnes.

Encre lithographique {(irav,). — Elle est composée d'un mélange de savon, de suif et de noir de fumée délayé dans l'eau pure. Ou doit s'en servir immédiatement, car elle épaissit et se décompose.

Encre pour la taille donce (Grav.), — C'est du noir de fumée et du vernis à l*huile de lin. Elle donne des tons très intenses, mais, doit s'employer à chaud.

Encrer (G rar.). — C'est étaler Tencre sur une planche en taille douce ou passer un rouleau encré sur la surface d'une gravure en relief ou d'une pierre lithographique sur laquelle on a exécuté des dessins à la plume.

Endosser [Bel.), — C'est donner au dos du livre sa forme ronde

en rabattant les côtés ; ce travail entraîne pour la gouttière la forme

creuse ou concave. Les livres reliés à la Bradel ont le dos carré, la

gouttière n'a donc pas de concavité.

Bibliogr. — Dudix : Op. cit., p. 643. — Bosquet (E.) : Op. cit., Vocabulaire^

Endossnre (Rel.) — Terme sous lequel sont désignées les diverses opérations que subit la confection du dos des livres. Bibliogr, — Bosquet (E.) : Op. cit., p. 63.

Enfumage (Grav.), — Action d'enfumer les cuivres ou de lesrecouvrir d'une couche de noir de fumée au moven d*une torche alin de faire ressortir les traits gravés qui ne seraient pas assez, visibles sur le vernis coloré.

Enfumé (Grav.). — On appelle ainsi les vieilles épreuves de gravure dont le papier a pris une teinte jaunâtre, ou encore un tableau exposé intentionnellement à la fumée pour faire croire à son ancienneté.

Enlumineur {Biblioi.), — Synonyme du mot miniaturiste, mais de forme plus ancienne. Il désignait celui qui ornait les manuscrits au moyen d'enluminures ; Ce personnnage faisait non seulement des lettres ornées, mais aussi des motifs et des dessins intérieurs. Jusqu'au xin® siècle, les scribes et les enlumineurs formaient la classe descalligraphes ; ils furent distincts à partir de cette époque. Selon Séroux d'Agincourt, entre les ix^et x® siècles, ils comprenaient quatre grandes classes : 1** les scribes; — 2^ les calligraphes proprement dits, désignés encore sous le nom de chrysographes, parce que les lettres ornées qu'ils exécutaient avaient leurs fonds en or; — 3® ceux qui peignaient et écrivaient tout à la fois ; — 4" enfin ceux qui dessinaient et peignaient très bien ; ces derniers formaient la classe la plus noble.

328 LEXIQUR

Enluminiire [Bibliot,). — Action de recouvrir de couleurs les

contours d'un dessin tracé au trait. Les plus anciens manuscrits

sont ornés d'enluminures et les premiers livres imprimés avaient

leurs lettres capitales, dont la place était réservée, faites à la main et

ornées. Ce mot s'applique plus particulièrement à Tillustration et la

coloration des capitales, tandis, que les sujets variés, paysages et

personnages prenaient le nom de miniatures (voir ce mot).

Bihliogr. — Dbms (FJ : Histoire de Vornementalion des manuscriiSy 2* cdiU Paris, 1879, g. in-8».

Entaille (Grar.). — C'est un cadre mobile en bois où l'on place les blocs de buis sur lesquels on veut graver et qui par leur petitesse seraient trop difficiles à manier.

Entre-denz (Bel,). — Ais en bois servant à séparer les volumes les uns des autres lorsqu'ils sont placés sous la presse. Bibliogr, — Dudin : Op. cit., pp. 581,643.

Entrelacer (Bel.). — C'est consolider le dos du livre en passant un fragment de parchemin entre chaque nerf. Bibliogr, — Dudix : Op. cit., pp. 579, 643.

Entre-nerfs (Bel,). — On nomme ainsi les boucles des cordes pendantes de l'arbre du cousoir, auxquelles on attache les ficelles qui doivent former les nerfs. — L'espace compris entre chaque nerf porte aussi ce nom.

Bibliogr. — Dudi>" : Op. cit., p. 643.

Eûtre-taille ((irav,), — Ce sont des tailles de largeur inégales, dont les extrémités sont amincies. Pour le bois, on amincit le relief; sur le cuivre, on amincit, au contraire, les creux.

Ëpair (Pap,), — Terme désignant la disposition régulière et la transparence de la pâte dans une feuille de papier. (JJépRir de ce papier est bon,)

Épargner (Grav,). — C'est ménager des blancs sur le cuivre en n'y traçant aucune taille. — Dans l'aquarelle, on appelle ainsi la réserve des parties blanches ou lumineuses.

Épi [Biblioi,) — On désigne sous ce terme un corps de rayonnage placé dans le milieu d'une salle et présentant deux surfaces pour loger les livres.

Ëpointage (7?e/.) — C'est produire des pointes aux bouts des ficelles sur lesquelles est cousu le livre. Ces bouts doivent servir à retenir les cartons. Pour cela, on les effiloche, on forme une pointe mince qui est enduite de colle et qui durcit en séchant; une fois sèche, cette pointe pénètre plus facilement dans les cartons.

Epointer (/^e/.). — C'est racler avec un couteau les bouts de ficelles qui forment les nerfs pour leur faire les pointes. Bibliogr. — Bosquet (E.) : Op. cit., Vocabulaire.

Épreuve [(jrav.^ — C'est un premier tirage de gravure fait par impression ou au frotton et qui permet à l'artiste de juger, de l'état d'achèvement de son travail. On procède ainsi pour la gravure sur métal ou sur une pierre lithographique. — Toute estampe imprimée et achevée porte aussi le nom d'épreuve.

Épreuve à la cire. — Epreuve d'essai obtenue en appuyant sur la planche enduite de noir de fumée une feuille de papier recouverte de cire blanche.

Épreuve avant la lettre. — Estampe à laquelle il manque la légende du bas ou le titre de la gravure, et aussi parfois le nom de l'artiste.

Épreuve avec lettre. — Estampe avec signature, titre ou légende.

Épreuve biffée. — Epreuve qui reproduit les bilTures destinées à annuler une planche gravée.

Épreuve d'artiste. — Épreuve dont le tirage est irrégulier quelquefois et où la signature manque aussi.

Épreuve de remarque. — L'estampe qui présente une particularité : annotation, correction, etc.

Épreuve volante. — Epreuve tirée sur papier de Chine non collé, sur passe-partout, papier bristol ou carton blanc.

Épreuve [Typ.]. — C'est la feuille volante tirée soit à la brosse, soit à la presse, sur la composition, avant de commencer le tirage définitif. C'est sur l'épreuve que se font les corrections d'auteurs et de correcteur. On les distingue en placard ; en seconde^ sur laquelle on met généralement : bon à mettre en page ; en tierce^ qui porte l'indication de : bon à tirer et morasse. {Voir ces mots.)

Bibliogr, — Lefkviie (Th.) : Op. cit., p. 706.

Erratam (Ty/).) — C'est un étal des fautes et des omissions qui s^ trouvent dans un volume imprimé et que Ton place en tête ou à la lin du livre plus généralement. Le premier erratum imprimé se trouve dans un Juvenal avec notes par Mérula, publié à Venise par Gab. Petrus, en 1478 ; il occupe deux pages entières.

Bibliogr, — Lalannb (L.) : Curiosités bibliographiques^ p. 273.

Espace (une) [Typ.) — Ce terme est donné à des lames de métal moins hautes que les lettres et qui servent à maintenir les séparations entre les mots ou entre les lignes.

Bibliogr, — Lbpbvrb (Th.) : Op. cit., p. 706.

Espacer {Typ.). — C'est mettre les espaces entre les mots. Ce terme signifie aussi jeter des blancs entre les lignes d'un litre ou entre les alinéas.

Bibliogr. — Lefèvre (Th.) : Op. cit., p. 29.

Essoré (Bel.) — Se dit d'un livre dont la reliure est presque sèche. Bibliogr. — Dldi.x ; Op. cit., p. 643.

Estampage {Grav.). — C'est le procédé à Taide duquel on imprime les planches gravées sur papier. Terme sous lequel on désignait anciennement l'impression des gravures.

Estampe (drav.). — On nomme ainsi l'épreuve sur papier d'une planche gravée sur métal. C'est un terme générique désignant les planches tirées en gravure de quelque ordre et de quelque manière que ce soil.

État (Grar.). — Ce mot indique la marche successive du travail sur une planche gravée sur cuivre ou sur bois avant son complet achèvement. On dit une épreuve de 1"*, de 2", de 3* état avant le lini définitif pour désigner que les ombres commencent à être indiquées, qu'elles sont achevées ou que la signature et la légende sont mises.

État définitif. — C'est une planche complètement achevée et propre au tirage. Ktai de tirage.

Étiquette (/?e/.). — Nom donné aux pièces de cuir collées sur les

compartiments du dos des livres et destinées à recevoir les titres et les tomaisons. Elles sont généralement de couleur différente du premier cuir employé.

Bibliogr. — Bosquet (E.) : Op. cit., p. 4 4.

Étiquette [Typ.], — C'est la reproduction en petit du frontispice imprimé sur papier volant et que l'on colle sur le dos des livres une fois brochés. — L'usage s'en perd depuis l'introduction des couvertures imprimées. — On nomme encore étiquette un petit écriteau destiné à être collé sur chaque casse et casseau pour indiquer la nature du caractère qu'il renferme.,

Bibliogr. — Lefèvre (Th.) ; Op. cit., p. 706.

£x-dono [Bibliot,). — Inscription manuscrite ou imprimée qui définit la provenance d*un livre donné à une bibliothèque ou à un particulier.

£x-libri8 [Bibliot.) — C'est la marque de propriété du livre; elle se compose généralement d'une étiquette sur laquelle on a gravé en taille douce ou à l'eau-forte, le blason, la devise ou l'emblème adoptés par le propriétaire du livre. Les riches amateurs faisaient pousser sur les plats des reliures et sur les dos, leurs armes au moyen de fers gravés. L'ex-libris a apparu pour la première fois en Allemagne au xvi« siècle.

Explicit {Bibliot.). — On désigne ainsi la note finale placée à la fin d'un manuscrit et d'un incunable, soit de suite après le texte et avant la table s'il y en a, soit après la table même. L'origine du mot provient des copistes latins qui mettaient à la fin du livre transcrit sur rouleau, les mots Explicitas est liber. A partir du m® siècle la formule s'abrège et reste explicit. Dans les incunables cette note contient généralement : le nom de l'imprimeur, la date d'impression du livre et le nom de ville où il a été imprimé.

Bibliogr. — Lalanxb (Lud.) : Curiosités bibliographiques^ p. 21.

Fac-similé (Bibliot.). — Reproduction exacte d'un objet, d'un manuscrit, d'une écriture, d'un texte imprimé par des moyens méca-

niques ou manuels, c'est-à-dire, par décalque à la main ou bien par

la photographie ou l'héliographie. On s'en sert beaucoup de nos

jours pour posséder en nombreux exemplaires le faciès exact d'un

manuscrit et d'un texte.

Bibliogr. — Mottehoz (Cl.) : Essai sur les gravures chimiques en relief. Pari», 1871, in-8". — Feiiiikt (AniiÉ J.) : Li photogravure facile et h bon marché, Paris, Gaulhier-Villars et fils, 18H9, in-16.

Fanfare (/?e/.). — On dit : une reliure à la fanfare. Ce sont des

ornements formés sur les plats ou les dos des livres au moyen de

Ters sur lesquels on a grave des dessins au pointillé alfectant la

forme de volutes terminées par des feuilles; ils sont encore appelés

tortillons. Ces volutes, généralement peliles et recourbées sur

elles-mêmes comme des hélices, contribuent à relever les ornements

des reliures. Le Gascon en est le créateur, dit-on; il a su aussi le plus

habilement les mellre en relief.

Bibliogr. — Thoixax (Eii\.) : Les relieurs français (1500-1800). Paris, 1895, n-S". — H«»sgi:ET (E.) : Op. cit., p. 230.

Fansse-page {7\yp,). — C'est un verso de texte qui reste en blanc. On tombe en fausse-page lorsque dans des grandes divisions, le texte ne se prolonge pas jusqu'à un verso, mais s'arrête au bas ou au milieu d'un recto de page.

Bibliogr. — LEFiivuE (Tu.) : Op. cit., p. 706.

Faux-titre [Typ.], — C'est la première page d'un livre; elle ne contient que le simple énoncé du sujet et la tomaison du volume si l'ouvrage en comporte plusieurs. — On nomme encore ainsi les sous-titres qui, dans le courant d'un livre, sont placés au recto d'un feuillet blanc.

Bibliogr. — Lefèvhk (Th.) : Op. cit., p. 700.

Fers à dorer {Ilel.). — Outils en cuivre ou bronze sur lesquels on

a gravé en relief les vignettes, les filets, les armes et qui servent à

pousser sur l'or des reliures, les divers ornements que le doreur

veut produire. Dans l'ordre chronologique les fei*s se divisent ainsi :

monastiques (xiV et xv*- siècles) — fers ilaliens : aldins, azurés ou

(iroUer à filels ( xvi** siècle ) — fers fanfares. Le Gascon et à lorfi lions

(xvn*' siècle) — fers mosaïques el de la Iransilion (xvn*', xvni** siècles)

— fers du xvni*^ siècle.

Bibliogr. — Dunix : Op. cit., pp. 573, 6i3. — Lexohmaxd (Seii.) : Op. cit., p.28i, sq. — Bosquet. (E.) : Op. cit., p. 226, sq.

LEXIQUK 33.*^

Fermoir [Bibliot.] — Armure métallique composée de deux parties réunies par une charnière qu'on appliquait sur les plats des reliures de manière à ce qu'une des pièces rabattue sur la g^outtière et fixée contre le bord du plat opposé au moyen d'un (lîillet ou d'un crochet, maintienne les plats comprimés. Les fermoirs étaient quelquefois faits en métal précieux et par leur découpure ou leur gravure donnaient lieu à des ornements d'un fort bon f^oût.

Fermoir (Grar.). — Un outil pour graver sur bois porte également ce nom ; il est composé d'une lame à large tranchant en forme de croissant adapté à un manche.

Feuille (Ti/p.). — Chaque feuille, de tout format, se compose de deux formes : Feuille in-oclavo^ in-douze^, in-dix-huit^ etc. On dit imposer par feuille OM par forme selon l'ordre des signatures à la mise en pages, et aux pages en imposant. L'ouvrage imposé par forme se met en retiration sur la même forme ; ce qui donne deux exemplaires à la même forme.

Bibliogr. — Lefevre (Th.): Op. cit.» p. "07.

Feuille -volante (Grav.), — Ce sont les épreuves de gravures, d'eau-fories qui doivent être montées sur marges, sur bristol, carton ou papier. Elles sont tirées sur du papier de Chine avec un mince rebord, mais sans marges.

Feuillet de réclame (Typ.). — C'est la feuille de copie sur laquelle le correcteur en typographie a indiqué l'endroit où finit le placard où la feuille qu'il vient de lire, et celui ou doit commencer la feuille ou le placard suivant. En bibliographie ce feuillet comprend la feuille de papier ou de parchemin recto et verso, soit dans les manuscrits, soit dans les imprimés.

Bibliogr, — Lefbvhe (Th.): Op. cit., p. 707.

Feuilleton [Bel,), — C'est, dans certains formats, le nom donné au cahier le plus mince de la feuille et renfermant le moins de pages,. tels sont les in-douze, in-dix-huit, etc. (Voir au mot Cahier.)

Fiches {Bibliot.). — Carton ou papier fort (carte) sur lequel on transcrit les titres des ouvrages : elles peuvent être de grandeur variable.

Filer les eaux [Grav.], — C'est faire mordre la planche ^avée par Teau-forte, en sorte qu'elle soit recouverte entièrement et que les traits les plus fins soient attaqués.

filet {Typ.), — Tout trait simple, multiple ou orné qui sert à

séparer les colonnes, les lignes ou bien encore à encadrer les tableaux

porte ce nom. On appelle encore ainsi Tornemcnt horizontal qu'on

place à la fin d'un livre ou d'un chapitre. Les filets sont en cuivre ou

en zinc, mais plus généralement en même métal que les caractères

d'imprimerie; ils sont fondus en lames et leurs dimensions sont

graduées par points.

liibliogr. — Lefèvhk (Th.) : Op. cit., p. 707. — V. Breton : Les vignettes typographique» et leurs emplois. (Annuaire de riniprimerie par A. Mi'i.leu, 1894, iiwl2, p. 120, sq.).

Filigrane dn papier (Pap.), — Synonyme de marque d'eau (voir 41 ce mot). On l'obtenait en entrelaçant entre les vergeures et les pontuseaux, au tiers du châssis ou au milieu un fil de laiton très mince qui affectait la forme d'un objet ou les initiales du fabricant. Il est utile d'avoir des notions historiques sur les filigranes, car on peut déterminer par là la provenance des papiers et quelquefois la date approximative d'un livre ?

Flan ( 7'y/>.). — On nomme ainsi le papier préparé pour leclichage d'une forme. 11 se préparc de la sorte : sur une feuille de papier collé on applique une couche de pâte composée en parties égales de blanc d'Kspagne et de colle de farine, sur cette couche on met une feuille de papier Joseph qui, à son tour, est enduite de pâte. Trois feuilles sont ainsi superposées. La dernière feuille n'est pas recouverte de pâte parce qu'elle est destinée à recevoir l'empreinte des caractères. Le tout est serré modérément entre deux plaques de métal et le llan peut s'employer dix-huit heures après.

Bibliogr. — Lefèvue (Th.): Op. cit., p. 685.

Feutres, Flotres ou Floutres (Pap.). — Fragment de drap sur lequel le coucheur place les feuilles de papier, au fur et à mesure que l'ouvrier les fabrique.

Bibliogr. — Le Xohmam» (L.-S.) : Op. cit., Vocabulaire.

Fleuron (Typ.). — Ornement plus petit que lecul-de-lampc et que l'on place dans les frontispices ou dans les blancs de fin des princi-

pales divisions d'un ouvrage; dans ce dernier cas on lui donne plus souvent le nom de cul-de-lampe, bien qu'il n'en ait pas la forme ordinaire.

Bihliogr. — Lefèvrb (Th.) : Op. cit., p. 707.

Folio [Typ.), — C'est le numéro en chiffres arabes ou romains placé en tête des pages pour en indiquer Tordre et le nombre. Bihliogr, — Lefèvhb (Th.): Op. cit., p. 707.

Foliotage [Bibliot,), — Action de porter sur un manuscrit un numéro de suite sur chaque feuillet séparé ; c'est une opération indispensable pour tous les manuscrits non chiffrés.

Fond graine {Grav,), — C'est, dans une planche gravée en manière de crayon, le fond à teinte grise obtenu par une série de points très rapprochés au lieu de hachures.

Fond (Blanc de) [Typ.). — C'est la partie delà garniture qui forme

la marge intérieure des pages. On donne aussi quelquefois ce nom

à la partie de la garniture qui dans l'in-octavo, se place contre la

barre horizontale du châssis, et qui est opposée aux biseaux de pied.

Bihliogr. — Lbfèviib (Th.): Op. cit., p. 707.

Force de corps {Typ.) — C'est la hauteur totale de la lettre dans

1 e sens vertical de l'œil. Cette force se détermine par le nombre de

points typographiques, selon la hauteur du caractère. (Voir au mot

Caractères^ leur force en points avec leur ancienne dénomination.)

Bihliogr. — Lefèviib (Th.) : Op. cit., pp. 707, 708.

Format (terme générique). — C'est la dimension exacte des anciens papiers faits à la forme dans leur hauteur et leur largeur; pour les papiers mécaniques, c'est aussi leur dimension dans les mêmes sens, mais après qu'ils ont été coupés au sortir des rouleaux de la machine. On dit un formai atlantique pour désigner une feuille unique et non pliée ; une gravure de grand format.

Format [Typ.]. — Ce mot s'applique à la dimension des parties de la feuille de papier après qu'elle a été imprimée et pliée selon le nombre des pages qu'elle contient : ainsi on a par rang de hauteur: in-folio, in-4", in-6", in-S»*, in-12, in-16, etc., etc.

Format [Oblong), — En librairie on désigne sous ce nom les ouvrages dont la largeur est plus grande que la hauteur; on a

rin-4® oblonj;, l'in-8** oblong^, etc. — Le formai d'un livre se définit au moyen des si^^nalures placées au bas de la première page de chaque cahier. (Voir signature.)

Pour la déterminai ion des formats d'après les signatures, nous renvoyons au tableau de la page 16 du travail de MM. Mortel, nous ne pouvons le reproduire ici; il est conçu de telle sorte que les difficultés principales sont élucidées.

De nos jours, le format réel joue un rôle absolument secondaire dans le classement ou la disposition des livres sur les rayons. Ix*s principes de Sobollschikofî ont porté leurs fruits et dans la plupart des bibliothèques d'Kurope les livres sont disposés sur les tablettes selon leur hauteur.

Ainsi à la Bibliothèque de Flc»rence, on a adopté six divisions :

In-folio, au-dessus de 38 centimètres ;

In-4'», de 28 à 38 centimètres ;

In-8'% de 20 à 28 centimètres;

In-16, de 15 à 20 centimètres ;

In-24, de 10 ii 15 centimètres;

In-32,dc 00 à 10 centimètres.*

En Amérique, on a adopté des lettres pour la dénomination des formats ; c'est au Congrès tenu à Philadelphie, en 1887, que cette mesure a été proposée :

Au-delà de 30 celitimèlres : in-folio, par abréviation F;

De 25 à 30 centimètres : in-i**, par abréviation Q ;

De 20 à 25 centimètres : in-S*^, par abréviation 0;

De 17 à 20 centimètres : in-12, par abréviation D ;

De 15 à 17 centimètres : in-16, par abréviation S.

Dans les bibliothèques françaises, les divisions sont généralement au nombre de trois : 25, 31, 52 centimètres à la Bibliothèque Nationale.

Pour les bibliothèques universitaires les mesures sont les suivantes :

In-folio, de 35 centimètres et au-dessus;

In-l"^, de 25 à 35 centimètres;

ln-8", de 0 à 25 centimètres.

Dans la Bibliothèque de l'Université de France, indépendamment des subdivisions des in-folio : grands et très grands in-folio, il existe une dernière division, l'in-douze, comprenant les volumes inférieurs à 20 centimètres.

Il csl bien entendu que les ouvrages supérieurs en hauteur à

50 centimètres sont classés à part, comme atlas ou format atlantique.

Bihliogr. — Moktet (Ch. et V.) : Le format des livres, nolions historiques e^prahV/ues, Pans, Bouillon, 1894, in-8o. ( Extr. de la Revue des Bibliothèques.) — Lbfèvhb (Th.) : Op. cit., p. 708. — Gr^esel : Grundzûge elc.^ p. 378. —

Ottixo : Manuale del bibliotecario..., p. 49.

Forme iPap,), — Moule avec lequel Touvreur compose une feuille de papier en recueillant la matière qui flotte sur Teau et en la distribuant.

Biblioyr. — Lexormaxd (L.-S.) : Op. cit.. Vocabulaire.

Forme {Typ,), — C'est Tensemble du châssis sur lequel on a porté la moitié d'une feuille.

Bibliogr. — Lefevre (Th.) : Op. cit., p. 708.

Foulage {Typ.). — C'est le relief produit par la pression des caractères sur le coté opposé à l'impression. Bibliogr. — Lefëvhe (Th.) : Op. cit., p. 398.

Fouetter [Rel.). — Le livre 'étant recouvert de la peau, on applique sur chaque plat un ais et l'on serre le tout au moyen de fortes ficelles afin d'en empêcher le gondolement. Ce resserragc se nomme fouetter.

Bibliogr. — Dudix : Op. cit., pp. 604, 641. — Bosquet : Op. cit, p. 123.

Frappe (Typ.). — C'est l'ensemble des matrices d'un caractère complet.

Bibliogr. — Lefèvre (Th.) : Op. cit., p. 708.

Frisquette {Typ.). — Châssis formé avec du parchemin qui s'applique sur les marges du papier au moment du tirage pour le maintenir d'aplomb.

Bibliogr. — Lbfèvhb (Th.) : Op. cit., p. 382.

Frontispice ou Grand titre {Typ.). — C'est le titre principal et complètement développé d'un ouvrage ; il contient en plus du nom du lieu, celui de l'éditeur avec son adresse, le millésime de l'émission et de la réserve des droits, s'il y en a.

Bibliogr. — Lefèvhe (Tu.) : Op. cit., 708.

Marcel du BiBLiornicAiRB 32

Frottoir {HeL). — C'est un outil en bois ou en métal à surface lisse qui sert à égaliser les peaux sur les plats. Bibliogr. — Diruix : Op. cit., pp. 604, 641.

Frotton [Grav.), — Sorte de balle qui servait avant la découverte du rouleau à encrer, à charger d'encre une planche de gravure ou une composition typographique. Le frotton sert encore aujourd'hui pour faire des épreuves d'essai.

Fumé [Grav,). — On nomme ainsi une épreuve d'une gravure en relief tirée sur papier de Chine non collé. Pour cela, on encre le bois ou le cliché avec du noir de fumée très fin et on exerce une pression sur le papier humide à l'aide du brunissoir. Pour éviter toute déchirure du papier, on interpose une carte entre le chine et l'outil. Les fumés sont de véritables épreuves d'artistes de gravure sur bois. En effet l'encrage fait au rouleau ou au doigt est généralement très soigné; l'on peut ainsi ménager les lointains et donner de l'accent aux premiers plans en les encrant plus ou moins vigoureusement. En outre, les graveurs tirant eux-mêmes ces épreuves, soit pour se guider dans leurs travaux ultérieurs, soit pour leurs collections particulières, les fumés sont toujours en très petit nombre et par cela fort recherchés des amateurs. •

Fumé (T'y/).). — L'épreuve que nous venons de décrire sert au typographe de modèle pour la mise en train du tirage. En fonderie, c'est l'épreuve obtenue en présentant le poinçon gravé à la ilanimc d'une bougie et en l'appliquant ensuite sur une carte lisse. Bibliogr, — Lefkvrk (Th.) : Op. cit., p. 708.

Pust [Bel,), — Petite presse qui porte le couteau à rogner. Bibliogr, — Dudix : Op. cit., pp. 585, 644.

Fut (Pap.), — C'est le châssis delà forme armé de ses poutuseaux. Bibliogr. — I^e Nohmaxd (L.-S) : Op. cit., Vocabulaire.

Gagner (Typ.). — On emploie ce mot, par opposition à chasser, pour exprimer que la copie ou le manuscrit fait plus de lignes ou de pages, comparé à la composition.

Bibliogr, — Lefèvre (Th.) : Op. cit., p. 708.

Qàïée(Ti/p,). — C'est une sorte de plateau, en bois généralement^ muni d'une poignée avec rebord sur trois de ses faces. On y place la composition que vient de faire l'ouvrier, lorsque son composteur est rempli.

Bibliogr, — Lef^vre (Th.) : Op. cit., p. 8.

Galvanographie (Grav,). — On désigne ainsi deux procédés do gravure mécanique; le premier inventé par le professeur Kebell, de Munich, consiste en un procédé électrographique à l'aide duquel on obtient des planches gravées dont les épreuves ont Faspect de gravures à la manière noire ; le second qui est une reproduction de gravure sur zinc a été découvert par Jacquemin.

Garde (feuillet de) {Typ,). — Feuillet blanc placé accidentellement avant le faux-titre ou à la fin du volume, lorsqu'il reste deux pages sans emploi à Tune ou à l'autre de ces parties et parfois à toutes les deux.

Bibliogr. — LEFKvnp. (Tu.) : Op. cit., p. 709.

Gardes (Rel.). — Feuilles de papier placées au commencement et

à la fin des volumes pour garantir les premiers feuillets du livre.

Elles sont blanches et en couleur ; cette dernière est collée en partie

sur les plats intérieurs. Nous ne dirons rien ici des gardes en soie ou

en cuir qu'on emploie dans les reliures de luxe.

Bibliogr. — Di:i>i\ : Op. cit., pp. 565, 579, 644. — Lb Nohuaxt (L.-S.) : Op. cit., Vocabulaire,

Garde-main [Grav.j. — C'est le papier que l'artiste place sous sa main pendant qu'il dessine afin de préserver le travail de tout frottement.

Garde-vue [Grav,). — Carton doublé de vert que les graveurs mettent sur leur front pour abriter par la saillie de la visière les rayons lumineux; la vision est plus distincte.

Garnir [Typ.), — C'est maintenir dans le châssis les pages de la forme au moyen des pièces de plomb et de bois les unes droites, les autres taillées en biseau.

Bibliogr. — Lefkvrb (Th.; : Op. cit., p. 709.

Garnitures [Typ.)^ — C'est l'ensemble des pièce» métallique» ou

en bois qui servent à maintenir les pages dans le châssis. La combinaison doit en être faite selon Télévation des mai^s qu'on veut donner en tête, en pied, et sur les côtés. Bibliogr, — Lef^vre (Th.) : Op. cit., p. 709.

Ganfrure {ReL). — On nomme ainsi l'impression des ornements poussés sur les plats et le dos des reliures sans employer Tor. Ce travail se fait en imprimant avec des fers chauiïés convenablement afin que la poussée soit plus indélébile. C'est à tort qu'on appelle ce travail « dorer à froid ».

Bibliogr. — Bosquet (E.) : Op. cit., Vocabulaire.

Gélatine {Grav.), — Elle joue un rôle très important dans les procédés de transformation de la photographie en planches et en clichés gravés en creux ou en relief; comme on le sait, c'est une substance incolore extraite des os et des tissus membraneux, insoluble dans l'eau et se liquéfiant sous l'action de la chaleur.

Gillotage (Grav.). — Procédé de gravure inventé par Gillot dont le nom est appliqué aujourd'hui à tous les procédés qui consistent à mettre en relief sur zinc, par les acides, un dessin tracé à l'encre grasse, de façon à le transformer en cliché dont on peut tirer des épreuves par les procédés d'impression ordinaires en typographie- Glaçage du papier (Pap.). — Opération consistant à passer les feuilles de papier entre les cylindres d'un laminoir. Cela se fait après le remaniement du papier trempé ; les feuilles sont prises une à une jusqu'à 25 et ensuite passées au laminoir.

Glairer (lie!.). — C'est appliquer plusieurs couches successives de

blanc d\cuf sur les plats et le dos d'un livre à l'endroit où l'on veut

appliquer l'or pour y pousser les ornements et les titres. Bibliogr, — Bosquet (E.), Op. cit., Vocabulaire,

Gloses marginales (^lib/.). — (Voy. notes marginales et manchettes).

Godore (ReL). — Ainsi sont appelés les plis qui se forment sur le s feuillets d'un livre lorsqu'ils n'ont pas été assez battus ou qu'ils l'ont été sans précaution.

Bibliogr, — Dudin : Op. cit., pp. 561, 644.

Gouache (Grav.). — Peinture à l'eau pour laquelle on emploie des couleurs pâteuses détrempées dans l'eau gommée additionnée de

miel. La gouache donne des tons opaques et les blancs du papier ne sont pas ménagés comme dans Taquarelle; les miniatures des manuscrits sont presque tous faits à la gouache.

Goutte (Pap,). — Défaut du papier provenant de gouttes d*eau tombées sur la feuille encore en pâte ; ce qui en a diminué l'épaisseur. Bibliogr, — Le Norma^îd (L.-S.) : Op. cit., Vocabulaire,

Gouttière (Grav.). — Sorte de canal ou de bec saillant que Ton ménage sur les planches bordées de cire afin de permettre à Teauforte de s'écouler après la morsure.

Gouttière (/?e/.). — C'est la tranche intérieure d'un volume relié ;

elle affecte toujours la forme concave, par opposition au dos, qui est

convexe, d'où son nom.

Bibliogr. — Dudix : Op. cit., pp. 588, 644.

Grain du papier {Pap,). — Petites aspérités qui se forment sur la surface du papier pendant sa fabrication. On lamine le papier afin de ne pas les laisser subsister parce qu'elles sont nuisibles pour écrire.

Bibliogr, — Le Normant (L.-S.) : Op. cit., Vocabulaire.

Grainore iGrav,). — L'acte de recouvrir de grains plus ou moins serrés la surface d'une plaque de métal sur laquelle on veut graver à la manière noire ; on se sert du berceau pour cette opération. (Voir ce mot.)

Graphique (Dessin), — Ce genre de dessin représente les objets au moyen de lignes suivant des procédés géométriques.

Grattoir [Grav,), — Outil en acier à arêtes très vives qui sert à l'ébarbage des traits creusés à la pointe sèche ; on le nomme aussi ébarboir. Pour la gravure sur bois, on se sert également d'un grattoir à creuser, avec lequel on polit le bloc de bois, et d'un grattoir à ombrer.

Graver. — C'est reproduire des dessins, des plans, des fac-similés d'écriture, au moyen de la gravure, qu'on destine à l'impression.

Gravure. — S'entend d'une planche en métal ou en bois sur laquelle on a reproduit les contours et les ombres d'un dessin dont on veut obtenir des épreuves multiples, au moyen de creux ou de reliefs enlevés avec des outils spéciaux : burin, échoppe, grattoir,

brunissoir, etc. Par extension, c'est aussi la reproduction d*unc planche sur le papier. — Les premières gfSvures, qu'on peut faire remonter au début même du xv« et peut-être à la fin du xi\'* siècle, sont toutes sur bois ; elles sont frustes, anguleuses, sans contours et sans ombres. Les figures des ouvrages xylographiques et les premières cartes à jouer donnent une exacte idée de cet art dans Fenfance. — Les tailles étaient simples à Torigine ; les premières tailles croisées se trouvent dans la Chronique de Nuremberg (1492), faites par Wolgemuth, le maître d'Albrecht Durer. Vient ensuite le Songe de Polyphile d'Aide Manuce, qui date de 1499, et dont les gravures sont attribuées, suivant M. Eug. Picot, au Maître au Dauphin. Ce savant ne pense pas que les ouvrages à figures imprimés entre 1491 et 1520 soient supérieurs à 200, environ. — La gravure sur métal que Ton croyait de beaucoup postérieure à celle sur bois, lui est presque contemporaine. La preuve en a été fournie, grâce à la découverte de TabbéZani, en 1797, du nielle de Masso Finiguerra. Les artistes des xvi® et xvii« siècles ont produit de merveilleuses choses, surtout en eau-forte et en taille-douce.

Gravnre au layis. — Ce procédé dû à Xavier Le Prince a pour but d'imiter les dessins au lavis. Pour cela, on commence à graver les contours à l'eau-forte, on lave avec une encre spéciale, ensuite avec le vernis, les divers plans sur lesquels on répand une poudre mordante formant un grain destiné à retenir l'encre. — L'opération est répétée autant de fois qu'il le faut en procédant de la teinte la plus faible à la plus forte. La ressemblance avec les dessins à l'encre de Chine ou la sépia est absolue, seulement on ne peut tirer qu'un nombre assez restreint d'épreuves, le cuivre s'usant vite.

GraYore carrée. — On appelle ainsi les planches sur lesquelles les tailles se croisent à angle droit.

GraYore en bois mat et en relief. — On désignait ainsi les gravures des grosses lettres d'affiches et les masses de rentrées destinées aux toiles peintes et aux camaïeux.

Gravure en camaïeu. — On donne parfois ce nom à la gravure en imitation de lavis.

Gravure en coaleur. — La gravure en taille-douce en couleur s'obtient par le tirage successif de plusieurs planches de même

dimension, s'imprimant chacune avec des couleurs spéciales qui, par leur superposition, forment des Ions intermédiaires. Les planches sont gravées comme celles à la manière noire, mais la grande difficulté est que les points de repères soient rigoureusement retrouvés à l'endroit qu'ils doivent occuper, alin que lors des impressions successives les couleurs s'appliquent sans dépasser aucun contour.

Gravure en losange. — Les tailles de ces gravures se croisent obliquement et les blancs des intervalles forment des losanges, d'où ce nom.

Gravure en manière de crayon. — Ce procédé avait pour but d'imiter le crayon et était fort en usage au siècle dernier. Le cuivre étant verni, l'artiste se servait de pointes spéciales, de poinçons et de mattoirs, et arrivait à imiter le pointillé du crayon.

Gravure en relief. — Un grand nombre de procédés ont été appliqués depuis le xvni" siècle. Hoffmann de Schlestadt(xvni® siècle), recouvrait une plaquede métal au moyen d'un enduit résineux, assez épais, il traçait son dessin à la pointe en découvrant le métal et clichait ensuite cette gravure. Parmi les autres, nous nommerons encore les procédés suivants : Durand Narat — Th. Du Monteil (gravure galvanique) — Vial, 1863 — Dulos, 1801 — Comte — Dumont, 1854 (zincographie) — Jacquemin (galvanographie) — Dcvincenzi, dont la découverte fut perfectionnée par Becquerel — (iillot, 1858? fpaniconographie) — Firmin Didot (chrysographie)

— Meiner, à Berlin (chalcographie) — Jones — Caselli — Meyer

— Defrance — Villain — Villanis — Collas, etc.

Gravure en taille d'épargne — Gravure sur bois dans laquelle les fonds sont enlevés, les reliefs réservés et les tailles épargnées. Les graveurs se servent du buis comme étant le bois qui se prête le mieux h la gravure, qui se coupe et se creuse le plus facilement. Si la gravure est de grande dimension, on juxtapose une série de petits blocs de buis par un collage ou par une baguette métallique qui les traverse de part en part et les maintient en pression par une vis.

Gravure en taille-douce. — C'est le nom sous lequel est connu la gravure sur cuivre à l'échoppe et au burin ; les tailles sont très

droites, parallèles entre elles, croisées par des eontretailles, avec du pointillé pour indiquer les plans des contours ; il ne faut pas confondre ce genre de gravure avec Teau-forte dont elle diffère beaucoup.

GraYure large. — Gravure au burin dont les tailles sont très espacées.

GraTure lencographiquB. — Procédé de gravure en creux sur plaque de zinc. Les traits apparaissent en creux après la morsure de Tacide et le dessin vient en blanc, Tencrage étant produit. On monte ces planches sur des morceaux de bois et elles se tirent typographiquement; le dessin se détache en blanc sur un fond noir ou taché de noir. Ce procédé ne peut s^utiliser que pour reproduction de figures techniques.

Gravure pointillée. — Fille ressemble, comme procédé, k la gravure en manière de crayon, seulement Tartiste n'ajoute aucune hachure afin de donner plus facilement Tillusiondcs traits du crayon.

Graynre serrée. — C'est une gravure au burin ou à la pointe sèche dont les tailles sont très rapprochées Tune de Tautre.

GraTure sur bois en creux. — Ce procédé, à l'opposé de la gravure ordinaire sur bois, dont les reliefs seuls portent à Timpression, n'est pas fait pour la typographie, mais seulement pour les applications en relief qu'on veut obtenir, soit sur métal, soit sur d'autres matières. Dans la gravure en creux, les reliefs ne donnent que les fonds et les arêtes du dessin, tandis que les creux forment les dessins.

Gravure sur pierre. — Ce n'est que la gravure à la pointe sur

pierre lithographique dont on peut tirer ensuite des épreuves

comme une lithographie ordinaire. Les traits sont plus fins que

ceux produits avec la plume, mais les contours sont très secs. Ce

procédé est surtout utilisé dans Tindustrie à cause du bas prix du

tirage.

Dibliogr, des procédés de Lt gravure, — Mottkiw»z (Cl.) : Essai sur les gravures chimiques en relief. Paris, 1871, in-H». — Tissanhirr ((t.) : Histoire de la gravure typographique... Pari», 1875, in-8«. — Lalaxnç (M.) : Traité de Li gravure h Veau-forte. 2* cdit.. Pari», 1878, in-S". — Nicoi.le (E.) : Dissertation élémentaire sur la gravure à Veau-forte et les états des planches. Houcn,

1885, in-8o — Lostalot. (A. de.) : Les procédés de la gravure. Paris, Quantin, in-8*. — Adeline : Lexique des termes d'art. Paris, Quantin, s. d. in-8". — La gravure sur pierre. Traité pratique à Vusage des écrivains et des imprimeurs lithographes. Paris, 1887, in-16. — Geymet : Héliographie vitrifiable^ Paris, Gauthier-Villara et fils, 1889, in-16. — Feiirbt Taddé j.) : La photogravure facile et à bon marché. Paris, Gauthier^ Villars et fils, 1889, in-16. — Les procédés^ traité pratique de pholotypie, impression aux encres grasses^ report sur bois,, photolithographie j photozincographie, photogravure. Paris, 1887, in-16. — Vidal (L.) : Des progrès de la gravure typographique (Réunion des Sociétés des Beaux-Arts des départements à la Sorbonne, 8* session, 188-i. Paris, Pion et G'*, 188 i, in-80, p. 360.

Bibliogr. de Vhistoire de la gravure. — Didot (Amuhoisb-Fihmi.n) : Essai typographique et bibiographique de la gravure sur bois... Paris, 1863, in-8". — Lebbh (G.) : Histoire de Vart. Des Estampes et de leur étude^ depuis Vorigine de la gravure jusqu à nos jours. 1865, in-l". — Duplbssis (G.) : Histoire de la gravure en France. Paris, 1861, in-8'». — Duplbssis (G.) : Essai de bibliographie contenant Vindication des ouvrages de la gravure et des graveurs. Paris, 1862, in-8». — Passavant (J.-D.) : Le peintre graveur^ contenant Vhistoire de la gravure sur bois, sur métal et au burin... Paris, 1860-1864, 6 vol. in-S**. — Dbladohde (II.) : La gravure en Italie at>ant Marc-Antoine (1152-1505). Paris, 1883, in-lo. — Dutuit: Manuel de Vamateur d'estampes... Paris, Londres, 1881,

1886, 3 tomes en 6 vol. gr. in-S».

Grecqner (HeL), — C'est faire, au moyen d'une scie appelée grecque, dans le dos des cahiers d'un livre serrés ensemble dans l'étau, des rainures destinées à loger les ficelles contre lesquelles le livre sera cousu.

Bibliogr. — Dudix : Op. cit., p. 563. — Dosquet : Op. cit., p. 54. ,

Grignotis {Grav.), — On désigne ainsi toutes les tailles irrégulières, entrecroisées, hachées, à traits courts et interrompus qu'on emploie pour rendre les accidents de terrain, les feuillages, les étoiles, les murailles. Certaines gravures au burin sont traitées au grignotis lorsque les traits effleurent à peine le métal.

Grisé [Grav,). — Ce sont des hachures régulièrement espacées, mais petites, qui font Telfet de taches grises dans une gravure ou une épreuve imprimée. En typographie ce sont des espaces gris sur lesquels on mettra des inscriptions qu'il sera impossible d'eifacer.

Grotesque (reliure à la) {lîeL), — Reliure qui tire son nom d'une forme spéciale d'entrelacs et non, comme on pourrait le croire, de têtes, masques, mascarons et grotesques, dont les ornements et les dorures seraient formés.

Habillement (lîel,), — Se dit de Tenscmblede la reliure elle-mcroe dont le livre est recouvert.

Hachure (Grav.). — Ce sont les traits parallèles ou croisés à Taide desquels on indique le modelé. Par leurs nuances, leur intensité, leurs contours, le graveur interprète les divers tons, fait vibrer la lumière, etc.

Hausse {Typ.). — En fonderie on nomme ainsi une petite pièce que le fondeur en caractères ajuste au manche à fondre afin de faire certaines lettres plus hautes que les autres. C'est aussi le papier collé sur le tympan aux endroits où il faut renforcer la pression, afin que l'impression vienne également. Elle est surtout employée pour le tirage des planches gravées.

Bibliogr. — LEFèvnE (Th.) : Op. cit., p. SOI.

Hantenr en papier (Typ.). — C'est la hauteur prise du pied delà lettre jusqu'à la superficie de l'œil. A Paris, cette hauteur est généralement de 10 lignes et demie, à Lyon, de 11 lignes, à Strasbourg, de 11 ligncîi et quart.

Blblioyr.. — Lefèvhe (Th.) : Op. cit., p. 709.

Héliochromie. — Se dit des procédés de photographie en couleur, très imparfaitement connus jusqu'aujourd'hui, mais améliorés tous les jours par M. Lippmann, professeur à la Faculté des Sciences de Paris.

Héliographie {Griii\). — C'est l'art d'obtenir à l'aide de la lumière, des épreuves photographiques ordinaires et principalement des épreuves de planches gravées comme les planches en taille-douce.

Héliogravure (Grav.). — Gravure héliographique. Parmi les plus répandus de ces procédés, il faut citer en premier lieu celui de Dujardin. Il permet, à Taide d'habiles retouches, d'obtenir des facsimilés d'une ressemblance absolue, particulièrement des dessins au lavis, des épreuves photographiques, etc. Ces fac-similés reportés sur

métal peuvent être tirées à Tencre grasse comme des planches en taille-douce, et si elles sont aciérécs, elles fournissent un nombre illimité d'épreuves.

Hiéroglyphes. — Ecriture dont les caractères ont Tapparence

d'objets et d'êtres déterminés ; selon Phil. Berger, il faut comprendre

parmi ce genre d'écriture les caractères chinois, peut-être les

inscriptions aztèques de Palenqué qu'il nomme aussi écriture

calculi forme \ l'écriture cunéiforme, et les hiéroglyphes égyptiens

sont les véritables hiéroglyphes.

Bibliogr. — Behoer (Philippe) : Histoire de V écriture dans Vantiquité^ Paris, Hachette, 1892, in-H», pp. 31, 37, sq.

Housse {Bel.), — F'ourreau en papier fort ou en toile appliqué sur Je dos d'un volume à emboiter afin de raffermir l'attache du faux dos, tout en le rendant plus flexible. Les relieurs anglais préparent la plupart de leurs reliures avec une housse sur laquelle ils collent la carte du faux dos, en fixant des faux nerfs en cuir par dessus.

Hyalographie (Grav,). — C'est un procédé de dessin mécanique qui permet de reproduire les divers objets tels qu'ils sont vus en perspective au moyen d'un instrument appelé Ilyalographe.

Ichnographie (Grar.). — Terme technique désignant l'art de dessiner à l'aide du compas et de la règle. — Se dit aussi de l'art de tracer des plans et des figures techniques.

Iconographie [Bibliot,), — Littéralement, ce mot désigne la description des images et, par extension, il s'applique à l'étude et à la description des peintures, sculptures, gravures d'une époque déterminée. Ainsi l'iconographie d'un personnage célèbre est la description de tous les portraits de ce personnage.

Iconologie. — C'est la science des attributs des personnages mythologiques, ainsi que celle des figures emblématiques ; par extension ce mot désigne encore l'interprétation et la description des œuvres d'art en sculpture particulièrement.

IlloBtratears (Grar.). — Artistes qui exécutent les gravures des vignettes destinées à rornement des livres et des journaux. I^s premiers illustrateurs étaient ces modestes xylographes ou graveurs sur bois. Depuis Holbein jusqu'à Gustave Doré et Pannemaker, la liste serait longue pour nommer tous les artistes qui ont gravé sur bois. Les eaux-fortes de Rembrandt sont célèbres : De Marc-Antoine Raimondi à Callot, bien des artistes ont gravé au burin ou à la pointe sèche. Faut-il encore nommer parmi les illustrateurs français Audran, Oudry, Cochin, Lemire, Eissen, Gravelot, etc., etc.

nioBtration (Grat\). — D*une manière générale, c'est tout ornement, produit en dehors de la typographie pure, tels que dessins divers, lettres ornées coloriées, qui concourent soit à la clarté d'un livre, soit à son enrichissement. Les miniatures des anciens manuscrits et les lettres ornées étaient des illustrations ; aujourd'hui ce sont des vignettes intercalées dans le texte ou hors texte, des planches de grandes dimensions reproduisant par le dessin des scènes ou des descriptions du livre. I^ taille-douce, le burin, la gravure en manière noire ou à la sépia, Teau-forte, la gravure sur bois et la lithographie sont utilisés simultanément ou tour à tour; les illustrations en couleur se font par la chromolithographie et la chromotypie. Pour avoir la reproduction absolue du dessin de l'artiste, on se sert d'héliogravure^ de photogravure ^ en un mot de gravures reproduisant par des procédés chimiques tous les détails ainsi que Tenscmble tel que le dessin les donne.

Illustration [Typ,). — On entend par là Tensemble des gravures de quelque nature qu'elles soient, tirées avec le texte ou en dehors, et qui font partie d'un ouvrage.

Imagerie {Grav.). — Ce terme désignait l'art des imagiers au moyen-âge. Ce mot n'est pris aujourd'hui que dans un sens industriel et ordinaire ; il ne désigne plus que la confection des images religieuses, tirées par feuilles, et les images d'Kpinal, à l'origine si grossières, mais qui tendent à se perfectionner.

Imagiers. — Artistes qui sculptaient et enluminaient des images. Au XIII*' siècle, les peintres et les sculpteurs étaient désignés sous ce nom. Ce mot est pris en mauvaise part aujourd'hui.

Imposer [Typ.). — On nomme ainsi la disposition des pages composées, dans un ordre déterminé, sur le châssis, et la détermination des marges à Taide des garnitures.

Bibliogr. — Lbfbvre (Th.) : Op. cit., p. 25.

Impression (Grav,). — L'impression de la gravure sur bois ou sur métal en relief s'exécute à Taide de presses typographiques ; celle des gravures sur acier et sur cuivre se fait sur la presse en tailledouce.

Impression à la manière noire. — Les gravures au berceau, au racloir, en un mot toutes les gravures à la manière noire ofirent des difficultés de tirage à cause des surfaces difficiles à essuyer. Les blancs étant plus creux que les noirs doivent être essuyés à la main et même avec un linge humide pour les petites surfaces. L'usure des planches est malheureusement rapide et elles ne donnent que fort peu de bonnes épreuves.

Impression de la gravure sur bois. — Les planches gravées sur bois se tirent typographiquement ainsi que les clichés reproduisant les bois, et encore les gravures sur zinc, gillotages ou autres. Avant d'être mises sur le marbre, les vignettes doivent être bien dressées ; elles sont encrées au rouleau, de même qu'avant le tirage, on procède à la mise en train afin de produire l'accentuation des tons. Pour obtenir des noirs plus intenses on place des housses aux endroits où la pression de la feuille doit être plus énergique, tandis que les autres parties, à peine effleurées, donnent des tons gris et légers.

Impression de la taille-doace. — Pour obtenir ces épreuves, on encre fortement au tampon la surface de la planche légèrement chauffée, on l'essuie ensuite afin qu'il ne reste de l'encre que dans les traits en creux et l'on achève en enduisant légèrement les bords du cuivre de blanc d'Espagne, de façon qu'ils ne laissent pas sur le papier ce léger voile d'encre qui existe sur l'ensemble du sujet. La planche est ensuite posée sur la presse où elle s'engage entre deux cylindres, après qu'on y a placé une feuille de papier humide recouverte de flanelle. En passant entre ces cylindres et sous l'influence de la pression, le papier humide enlève complètement l'encre et l'on obtient ainsi une épreuve de la planche gravée.

Imprimerie Nationale (Caractères de V). — En types de langues orientales et autres, elle possédait, en 1889, 158 corps de caractères. On y a introduit tous les procédés d'héliogravure en creux et en relief et la reproduction de toute gravure dérivée de la photographie. On reconnaît qu'un ouvrage sort des presses de cette imprimerie à la lettre minuscule 1, qui se trouve barrée à gauche dans son milieu ; cette distinction n'a eu lieu qu'après l'année 1694.

Bibliofjr. — Bbhxard (Ai;«.) : Histoire de l'imprimerie royale du Louvre, Paris, 1867, in-S". — Dri»nAT (Fhaxç.) : Histoire de V imprimerie impériale de France.., Paris, 1861, in-8". — Spécimens des types de V imprimerie royale, Paris, 1830, in-folio, 2 parties.

Incipit [Bibliogr.) — On appelle ainsi les premiers mots par lesquels un incunable, sans titre, commence. Le titre faisant défaut à l'origine, les premières lignes de la première page en tiennent lieu et doivent être transcrites sur les fiches.

Incunables {Bibliot,). — On désigne sous ce nom tous les ouvrages typographiques imprimés depuis l'origine de l'imprimerie jusqu'en 1500 inclusivement ; ils se divisent en deux parties : les livres xylographiques imprimés au moyen d'une planche entière sur laquelle étaient gravés en relief les dessins et le texte, et les livres imprimés avec caractères mobiles. (Voir au mot xylographie.)

Pour reconnaître un incunable, il faut s'attacher aux caractères suivants :

1** Sur la solidité et V épaisseur du papier ;

2*^ Sur les caractères typographiques qui sont hérissés de traits accessoires dans les impressions allemandes^ hollandaises et même françaises^ sur leur irrégularité et leur défectuosité, très frappantes dans les types romains sortis des presses italiennes ;

3" Sur r absence partielle ou complète de signes de ponctuation ;

4" Sur l'apparence de la copie d'un manuscrit avec la réserve des capitales qui sont mises à la main et ornées ;

5^ Sur les abréviations nombreuses et en tout pareilles à celles des manuscrits de /a même époque ;

G** Sur r absence de signatures, de réclames, de pagination, de registre^ au moins au début ;

7** Sur le titre séparé en frontispice qui n existe pas ;

8<* Sur l'absence d'indication, de lieu d'impression et d' édition ^ du nom de l'imprimeur et de la date.

Le catalofçuagc des incunables présente donc de certaines difficultés en raison des ressources imparfaites que Ton possède dans Tensemble du livre.

Bibliogr. — Beughem : Incunabula typographia^ sive catalogué lihrorum scriptorumque proximis ab ini^entione typographiœ usqae ad annum Chrisii iSOO... Anistclodami, Joan. Wolters, 1688, in-12. — Maiicham) : Histoire de l'origine et des premiers progrès de Vimprimerie...j La Haye, Le Vier, 1740. — Hawes (Stei»h.) ; Bibliography , or a history of the Origin and progress of printing... New-York, 1878, in-B". — Hofmaxx : Zur Bibliographie der Incunabeln-Kunde, (Serapeum, xv, 1854, p. 39). — DesnAHREAUX-BEnNAHD : La chasse aux incunables. Toulouse, 1864, in-8''. — Haix (Lud.) : Repertorium bibliographicum... etc.

Initiales (lettres), — Synonyme de capitales, mais dont le terme s*applique davantajjj^e aux lettres ornées ou majuscules qui sont en tête d'un chapitre, d'un paragraphe ou au début d'une ligne. Dans certains manuscrits, elles sont ornées avec une grande richesse, formant des dessins à personnages ou à arabesques. Dans les livres imprimés, elles forment souvent des vignettes composées avec un goût exquis et gravées avec beaucoup de soin, particulièrement aux xvi*^ et xvn® siècles. Les premiers livres imprimés ont la place des initiales en blanc, on devait les mettre à la main. Erhardt Ratbolt, imprimeur à Venise vers 1477, est le premier typographe qui ait employer les initiales ornées typographiquement.

Initiales (Tt/p,), — On désigne ainsi les lettres de différents corps

qui servent exclusivement pour la composition des frontispices et

des litres divers. Toute lettre montante simple ou ornée qui

commence le premier mot des principales divisions des ouvrages

illustrés se nomment également ainsi.

Bibliogr. — Denis : De V ornementation des manuscrits^ 2* édition, Paris, Rouveyre, 1879, i;r. in-8''. — Shaw (H.) : Illuminated ornaments selected from missals and on manuscripts of the middle âges. LondoUj 1833, in-4'>. — Lefèvhe (Th.) : Op. cit., p. 709.

Insectes nuisibles aux livres. — On peut les ranger dans les trois grandes familles des coléoptères, des aptères et des lépidoptères ; les insectes de ces deux dernières familles sont peu redoutables. Ce sont des anobiums qui causent le plus de mal ; ils étaient désignés sous les noms de : crambus pingui'nalis^ aglossa pinguinalis^ hypothenemus eruditus et sont synonymes de : anobium

periinax^ anobium erudilus et anobium paniceum. Avec VœcophorsL

pseudo'prelella^ la blalta germanica et le lepisnia, nous les avons à

peu près tous nommés.

Bibliogr, — [Mulsaitt (Et.)] : Les ennemis des livre», Lyon, H. Georg., 1879, pet. in-8*. — Bladbs : Les livres et leurâ ennemis^ trad. de Tanflai», Paris, Claudin, 1883, in-12.

Intercaler [Typ.), — C*est placer un carton ou tout autre fragment de feuille, au moment où Ton impose, de sorte qu*en pliant la feuille, ce fragment ou ce carton puisse être détaché.

Bibliogr, — Lbfèvre (Th.) : Op. cit., p. 710.

Interfolier {Rel,). — C'est disposer des feuillets de papier blanc, ou entre chaque feuille de texte imprimé, ou entre les gravures d'un album avant de les coudre.

Interligner (Typ.). — Mettre des séparations appelées interlignes entre chaque rangée de lettres composées formant une ligne, au moment de la composition ou après coup.

Bibliogr, — Lefèvrb (Th.) : Op. cit., p. 710.

Interlignes (Typ.). — I^mes métalliques qui servent à séparer les lignes entre elles et à les espacer convenablement.

Bibliogr, — LEKèvnB (Th.) : Op. cit., p. 710.

Isographie [Grav.). — C'est Tart de faire des fac-similés, de reproduire les manuscrits, les autographes, les écritures, etc.

Italique {Typ,). — Voyez Caractères.

Jasper [Rel.). — Recouvrir les tranches d'un livre relié d'une multitude de petits points de couleur. On procède en plongeant une brosse dans une préparation colorée, cette brosse est frottée contre un grillage placé au-dessus des tranches des volumes.

Bibliogr. — LExonMAMt (L.-S.) : Op. cit., VocabuLiire.

Jetée (Pap.). — C'est la réunion de plusieurs feuilles de papier ^ue la jeteuse prend à la fois.

Bibliogr. — Le Normand (L.-S.) : Op. cit., Vocabulaire.

Joumanx [Bibliot.). — Imprimés soit par feuille in-folio, soit par feuilles pliées dans un format plus petit, mais paraissant d'une manière absolument périodique : quotidien, hebdomadaire, mensuel, etc. Dans ces deux derniers cas, on leur applique de préférence le terme générique de yj^nWi'yue*. Le premier journal fondé en France a été la Gazette de France^ créée par Renaudot en 1631.

Bibliogr. — Hati.n (Euo.) : Bibliographie historique et critique de la presse périodique française ou catalogue... Paris, 1866, in-S". — Hatix (E.) Histoire du Journal en France (1631-1853), Paris, 1853, in-16. — Hatin (E.) : Le$ Gazettes de Hollande et la presse clandestine au XVII* et XVIII* siècle, Paris, 1865, in-8°.

Justification (Typ.), — On entend par là la largeur des lignes

prise et arrêtée sur le format; la justification des lignes est bonne ou

mauvaise selon que les mots sont trop espacés ou pas assez. Bibliogr. — Lbfèvre (Th.) : Op. cit., p. 710.

Justifier (Typ,), — On appelle ainsi :

1° Prendre la justification dans le composteur en en Rxant les coulisseaux à la distance voulue du talon avec des interlignes, des lingots, des cadrats ou de la composition ;

2** Donner aux lignes la largeur voulue pour la répartition égale des espaces entre les mots ;

3** Donner aux pages, aux colonnes, la largeur convenable au moyen d'interlignes ou de lignes de blanc.

Bibliogr. — Lbfbvrb (Th.) : Op. cit., p. 710.

Kas (Pap.). — C'est le châssis garni de toile 'de crin qui permet à Teau sale et à la graisse extraites de la matière triturée de s'échapper des piles.

Bibliogr. — Le Normand (L.-S.) : Op. cit., Vocabulaire.

Labeur. [Typ.). — C'est un ouvrage de longue haleine susceptible d'occuper plusieurs ouvriers pendant un certain temps. Bibliogr. — Lbfèvre (Th.) : Op. cit., p. 710.

MaxOEI. do BlDLIOTHlicAIRB '^

Labouré {Pap.), — Défaut d'un papier provenant de sa mauvaise couchure.

Biblioffr. — Le>ormaxd (L.-S.) : Op. cit., VocnbuUtire.

Laminoir (ReL). — Machine en métal composée de deux cylindres unis, tournant sur leur axe, entre lesquels on fait passer un certain nombre de cahiers d'un livre afin de les réduire. Il remplace aujourd'hui, chez la plupart des relieurs, le battage au marteau.

Bibliogr. — Bosqurt (F.) : Op. cit., p. 53.

Lardée [Typ.]. — Se dit d'une composition dans laquelle il entre beaucoup d'italique, de petites capitales, etc. liibliogr. — Lefkviie (Th.) : Op. cit., p. 710.

Larrons {liel.) — Excédent d'un feuillet de livre qui, restant plié par un des bouts, n'est pas ébarbé ou rogné au moment de ce travail. Le relieur est tenu de l'éviter.

Larrons {Typ.). — 1" F'ragment de papier s'interposant accidentellement entre le caractère et la feuille à imprimer; 2" Pli fait au papier, soit au trempage, soit au remaniement, ou en le plaçant sur le tympan ou dans son parcours sur les cylindres, et qui laisse à la feuille, tirée ainsi, une solution de continuité dans l'impression lorsque celte feuille a repris son étendue naturelle.

Biblioijr. — IJ«»syrET : Op. cit., Vocabulaire.

Lettre (Typ.). — En imprimerie on nomme ainsi tout bloc parallélipipédique en métal ou en bois qui présente sur une de ses extrémités le relief d'une ligure de l'alphabet. Ce nom est également donné à la distribution.

Biblioffr. — Lefèvre ^Tii.) : Op. cit., p. 710.

Lettre baveuse (Typ.). — C'est une lettre tirée avec peu de soin et dont les contours ne sont pas nets.

Lettre blanche [Typ.). — Celle dont les pleins sont évidés et qui donne à l'impression des blancs.

Lettre de deux-points (Typ.), — On nomme ainsi une lettre qui, placée au commencement d'une partie quelconque d'un ouvrage, porte sur les deux premières lignes et en a la même force de corps. Elle n'est plus guère en usage aujourd'hui que dans les livres liturgiques et les annonces, dites anglaises, des journaux.

Lettre grise [Typ.). — Lettre ornée commençant un chapitre et dont les pleins sont couverts de hachures qui produisent à l'impression une teinte grise.

Lettre montante (Typ.). — Elle diffère de celle de deux-points en ce qu'elle porte seulement sur la première ligne et qu'elle déborde par en haut.

Lettre ornée. — Lettre décorée ou enluminée. Dans les manuscrits, ces lettres forment les initiales et les en-têtes de chapitre ; elles sont peintes à la gouache sur fond or. Dans l'imprimerie, on emploie des Ici 1res ornées, dessinées et gravées sur bois, ou reproduites par des procédés modernes de gravure chimique. Elles forment souvent des vignettes d'un grand goût.

Lettre (Avant). — Voy. Epreuve [avant).

Lettrine (Typ,). — Typographiquement la lettrine est une simple lettre de renvoi et cependant on applique ce terme aux vignettes formant de petites lettres ornées.

Lever la lettre (Typ.), — Expression désignant l'acte de la composition. Un ouvrier lève bien la lettre lorsqu'il la prend dans la casse habilement et sans faux mouvement.

Bibliogr. — Lefèvhe (Th.) : Op. cit., p. 711.

Lézarde (Typ,). — C'est un défaut dans la disposition des lignes dont les blancs produits par les espaces se trouvent les uns sous les autres, mais en diagonale. Lorsque le blanc est vertical, ce blanc prend le nom de rue.

Liais (Pierre de) [Hel.). — Calcaire dur, de formation tertiaire, sans aucun fossile, et servant à faire les blocs sur lesquels les relieurs battent les livres. Son grain est lin ; sa texture compacte et uniforme. On en distingue Irois espèces : 1" Liais dur tiré des carrières de Hagneux, Arcueil, Saint-Denis, Clamart et de Saint- Jacques; — 2*^ Liais Férault ou faux liais, à gros grain, difficile à travailler; — 3" Liais rose ou tendre qu'on trouve à Maisons Alforl, Créteil, etc.

Bibliogr. — De Lai'pahbnt : Géologie, 3" édition, Paris, 1893, p. 123i.

Lignes [Typ.). — C'est l'assemblage de mots formés par la réu-

.nion des lettres et dont un certain nombre constitue les pages. Voici la définition des différentes espèces de lignes :

Ligne pleine. — Celle dont la matière occupe toute la justification.

Ligne de blanc. — Celle dans laquelle il n'entre que des cadrats, et donne des blancs au tirage.

Ligne perdue. — Celle qui, pleine ou non, se trouve placée entre deux blancs : titre ou corps de matière.

Ligne pointée. — Celle qui ne contient qu'une série de points remplaçants des passages non cités.

Ligne de tète. — On nomme ainsi celle qui contient le numéro de la page et le titre courant en haut de la page.

Ligne de pied. — Ligne blanche au bas de la page, ne renfermant que la signature et la tomaison.

Ligne à Toleor. — Des ouvriers maladroits forment des lignes mal espacées, ou encore, par manque de scrupule, ils espacent beaucoup trop ; c'est là la ligne à voleur,

Bibliogr. — Lbf&vrb (Th.) : Op. cit., p. 711.

Lingot (T'y/).). — Interligne très forte, formée de fonte et servant à maintenir les lettres pour produire de grands espaces blancs et surtout pour maintenir les hauts et les bas de pages diWsées en colonnes.

Lisser (Rel.), — Expression désignant Técartement et le maculage des feuilles au moment où on les bat.

Bibliogr. — Duni.x : Op. cit., pp. 561 et 644.

Lithochromatographie (Grat\), — Art d'imprimer en couleur sur pierre. — Peu usité ; on dit : chromolithographie.

Lithographie (Grat\). — Art d'écrire ou de dessiner sur pierre. Inventé en 1796 par Senefelder, cet art a réalisé depuis un siècle des progrès réels et nos plus célèbres artistes : Prud'hon, Gcricault, Charlet, Delacroix, Devcria, Raffet, les Vernet, Daumier, Gavarni, n'ont pas dédaigné de s'en servir.

Bibliogr. — Bouchot : La lithographie, Paris, Quantin, 1895, in-K*>.

Lithophotographie {Grav.), — Procédé d'impression lithographique dans lequel les pierres au lieu d'être dessinées par un artiste sont obtenues à l'aide de clichés photographiques qui per-

mettent de décalquer à la surface de la pierre une épreuve photographique senublable à celle que Ton obtient sur papier sensibilisé. Les épreuves lithophotop^raphiques ont donc l'aspect de photographies et sont parfois un peu floues, mais elles présentent l'avantage d'être inaltérables puisqu'elles sont tirées à l'encre grasse.

Lithostéréotypie (Grav.) — Procédé de gravure chimique sur pierre, inventé en 1841 par Tissier et qui porte aussi le nom de lissierographie. Il consiste à creuser à l'aide de l'acide azotique les parties d'une pierre qui ne sont pas recouvertes de crayon ou d'encre grasse, de façon à obtenir un creux suffisant pour couler la matière des caractères d'imprimerie. Le cliché ainsi obtenu peut être tiré sur des presses typographiques ; ce procédé donne des clichés renversés, c'est-à-dire en sens inverse du dessin tracé sur la pierre.

Lithotypographie (Grar.). — Exécution sur pierre des fac-similés d'impressions typographiques par décalque de dessins ou de feuilles imprimées, humectées au préalable avec une composition chimique spéciale.

Livres. — Il nous parait inutile de décrire les livres et la manière dont ils sont composés, mais voici quelques renseignements sur des particularités que présentent certains d'entre eux :

Livres à clef. — Ce sont ceux dans lesquels les noms propres de personnes ou de localités sont déguisés de telle sorte que les lecteurs connaissant la description de l'action soient seuls à comprendre le sens du livre. Les livres satiriques des xm** et xvni'* siècles se présentaient souvent sous cette forme.

Bibliotjr. — Xoiuku (Ch.), De quelques livres satiriques et de leur clef, {liulletin du hibliophile^ 1834, octobre.) — Bahiiibr, Dictionnaire des ouvrages anonymes, 3' édition, Paris. 1872, in-8. — Dhujon, Les livres à clef, Pari», 1885, 2 vol. in-8».

Livres curieux par leur impression. — Parmi ces livres, il faut signaler les ouvrages imprimés sur parchemin, sur vélin, sur élolFes diverses et sur papiers rares ou de couleur. Il en existe une collection assez complète, dont la bibliographie serait encore à faire, sauf pour ceux qui sont imprimés sur vélin et dont Van Praet en a donné une description partielle.

Quelques ouvrages ont été imprimés avec des caractères imitant ceux des manuscrits. (Virgile, Florence, 1741, d'après le Codex medicœus. — Novum Teslamenlum grœcum a C. G. Woide, 132 ir. de fac-similés).

Les ouvrages imprimés en caractères microscopiques [Bihlia laiina^ Paris, 1656, in-8«. — Bé flexions de la Rochefoucault^ 1827, in-6i. — Poemetti di diversi aulori, Paris, 1801, in-12. — La collection de classiques de Dufour, les Pickering, etc.

Bibliogr. — Brunbt (G.) : Dictionnaire de bibliologie catholiquCj Paris, 1860, gr. in-K" (Collection Migne).

Livres d'heures. — Livres de prières en latin et en français publiés à la fin du xv* et au commencement du xvi« siècle, ornés de figures, de lettres ornées et de vignettes dont l'exécution était généralement d'un goût très pur. Les imprimeurs cherchaient surtout à imiter les manuscrits. Les imprimeurs et éditeurs qui se sont spécialement illustrés dans cette production, sont : Simon Vostre, Philippe Pigouchet, Antoine Vérard, Thielman Kerver, Gilles Hardouyn, etc.

Bibliogr. — Bruxbt (Gijst.), Dictionnaire de bibliologie catholique, article Heures. — Bhumît (G.) Manuel du libraire. — Pluquet ^F.), yotice sur les livres dHeures, Caen, 1834, in-8*.

Livres liturgiques. — Les livres liturgiques comprennent les divers recueils de prières et de chants en usage dans l'exercice du culte de la religion catholique ; ils sont nombreux et nous ne pouvons les nommer tous.

Sacramenlaire. — Sacramentarium, liber Sacramentorum. Il renferme Tensemble des prières que le célébrant récite à l'autel pour convertir les espèces du pain et du vin en corps et en sang de J.-G. Saint Gélase et Saint Grégoire le Grand sont les principaux auteurs du sacramentaire de l'église romaine. (Walfrid Strabon, De reh. eccles,, CXXII). Cf. du Gange y Marligny.

Missel. — Livres renfermant l'office des messes, par Saint Gélase

et Saint Grégoire. — Evangeliaire. — Renferme l'ensemble des

évangiles. — Lectionnaire. — Contient les épitres et leçons qui

doivent être lus à la messe. — Dénédiclionnaire, — Bencdictionalis

liber. — Antiphonaire, — Livre renfermant les chants notés. —

Il faut encore citer les rituels^ les ordos, les livres d*heures^ etc.

Bibliogr. — Marcel (L.) : Les Livres liturgiques du diocèse de I^mgrea. Pari», Alph. Picard, Lanpres, Rallct-Hidcaud, 1892, in-8*. — Martig.w : Dietionnaire des antiquités chrétiennes ^ 2* édit. Pari», 1877 gr. in-8".

Livres populaires. — Ces sortes de livres, dont Charles N isard s'est fait rhistoricn consciencieux, méritent l'attention des amateurs de livres, en raison de la persistance de l'imitation de formes primitives, de style, de tournure, de composition d'ouvrages aujourd'hui disparus ou très rares. Cette littérature populaire embrasse tout : sciences, médecine, lettres, astronomie, histoire, etc., et a subi peu de transformations au fond. Les almanachs, les oracles, les traités de médecine, les romans, la danse des morts fî^çurent parmi ces livres. Il y aurait lieu d'en dresser une bibliographie générale, ce qui rendrait de réels services.

Bibliogr. — Xisard (Ch.) : Histoire des livres populaires et de la lUiéralure de colportage. Paris, 1854, 2 vol. in-8*. — Bruxbt (G.) : Dictionnaire de bibliologie catholique^ art. livres populaires.

Livres à gravures. — Certains ouvrages n'ont de valeur et ne sont

recherchés qu'à cause des gravures qui les ornent et qui en font

pour ainsi dire le seul prix.

Bibliogr. — Collection d'estampes du Cabinet du roi. Pari8,23 vol. in-fol. — DU1M.ES818 : Bibliographie des ouvrages relatifs à la gravure. Paris, 1862, in-8». — Muhh; Bibliothèque de peinture, de sculpture^ de gravure. Frankfort, 1770, 2 vol. in-S". — Bouchot (II.) : Le cabinet des estampes de la bibliothèque nationale. Catalogue général des collections qui y sont conservées. Paris» Denlu, 1895, in-8».

Livret [Bibliot.). — On désigne sous ce terme les ouvrages de peu d'épaisseur et de petit format, particulièrement ceux des xv*» et xvi« siècles.

Livret [lieL). — Nom donné aux feuilles d'or placées dans une sorte de petit cahier entre chaque feuillet.

Logographie [Typ.). — Système de composition typographique dans lequel, au lieu d'employer des caractères séparés, on se sert de mots entiers, coulés d'une seule pièce. Ce procédé est peu praticable en raison de la multitude de mots qu'il faudrait avoir, ce qui

surchargerait les casses et serait très coûteux.

Bibliogr. — Barletti he Sai>t-Paul (Dox Francisco) : Nouveau système typographique dont les expériences ont été faites en 1775. Paris, impr. roy., 1776, in-4«.

Luisant du enivre (Grai\), — C'est l'éclat produit par les traits du métal mis à nu avec la pointe par l'artiste en opposition avec le noir du vernis. On est obligé de tempérer cet éclat par un châssis en papier ou en toile, incliné à 45 degrés qui tamise la lumière.

Macnlage {Rel.). — Terme employé pour désigner les taches produites sur les pages d'un livre lorsqu'il est battu sans soins et que rimpression d'une page se reporte sur l'autre. Bibliogr, — Bosquet (£.) : Op. cit., Vocahnlaire,

Maculatore (Pap.). — Sorte de papier qui se fabrique en pâle grossière et qui ne sert que d'enveloppe.

Macnlature (Typ.), — Ce sont les feuilles d'imprimerie qui ont reçu l'excédent d'encre et qui servent de sous-main ou d'enveloppes. Bibliogr, — Le Normand (L.-S.) : Op. cit., Vocabulaire,

Macaler {ReL). — Même terme que lisser. Tacher les pages d'un livre dont l'encre n'était pas assez sèche, et que l'on bat sans soins.

Magasin {Biblioi,). — Ce mot désigne les salles destinées à renfermer les livres d'une bibliothèque, et qui ne sont pas accessibles au public ; on les nomme encore dépôts.

Mainsciile [Typ,), — Synonyme de lettre capitale^ voir au mot : Capitale,

Manchettes [Typ,) — Synonymes d'additions mises en marge d'un livre. Elles désignent tout texte, notesî et gloses marginales, résume de texte ou indication de chapitres qui se trouvent imprimés dans la marge des pages. Leur emploi remonte au xv** siècle ; on les trouve pour la première fois dans>l/>u/ee, Rome 1467, imprimé chez Sweynheim et Pannarlz. Elles désignent aussi le résumé d'un paragraphe placé en vedette.

Bibliogr. — Lbfèvhe (Th.) : Op. cit., p. 712.

Manuscrits. — La connaissance exacte des manuscrits demande des études longues et approfondies ; la science qui s'en occupe se nomme paléographie; mais à côté, il faut posséder des notions de diplomatique, d'archéologie, etdesphragistique. Pour les manuscrits sans date, il peut se présenter quelques difficultés dans leur détermination. On doit tenir compte des diverses écritures :

Cursive. — Faite au courant de la plume et sans forme particulière-

Onciale. — Ecriture dont le nom vient de Tonce (12* partie du pied); c'étaient à Torigine des capitales de grande dimension. Depuis lors on a appliqué ce mot aux lettres dont les hastes se courbent et les angles s'arrondissent.

Dcmi'Onciale , — Mélange d'onciale et de minuscule.

Minuscule, — Opposée à la majuscule; elle florissait à l'époque mérovingienne.

Lonibardique, — Diffère de la minuscule à partir du ix" siècle ; appcllée au Moyen Age : Littera henevenlana.

Ecritures nationales. — Terme appliqué aux écritures propres dans différents pays ou provenant de ces pays : mérovingienne^ lombardique, visigothique^ anglo-saxonne ^ irlandaise^ etc.

Après l'écriture, il faut étudier les abréviations, leurs formes variées et leur valeur. Les abréviations les plus condensées portent le nom de notes tironiennes^ usitées pendant une partie du Moyen Age et qu'on attribue à Tiron, affranchi de Cicéron.

La rédaction du manuscrit et les formes grammaticales employées ne doivent pas être négligées. Enfin pour les chartes et toutes les pièces de chancellerie, les noms des souverains, des ecclésiastiques, les signatures des notaires et des témoins, doivent être également vérifiés Les sceaux et leurs attaches méritent une attention soignée.

Un manuscrit demande une description bien plus détaillée qu'un livre imprimé ; on ne peut entrer dans assez de détails pour le définir. La matière sur laquelle il est écrit, la forme des caractères et la hauteur de la page, de marge à marge, doivent être notées. Les titres ou premières lignes du manuscrit seront transcrites intégralement, ainsi que la suscription.

Bihliogr. — Chassant (Alph.) '.Paléographie des chartes et des manuscrits du \* au XVIII' siècle. 6' cdit., Paris, Aubry, 1867, in-S". — Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de /•Vance. Paris, 1885, sq. in-S", 25 vol. parus. — Delisle (Léopold) : Cabinet des manuscrits de la Bibliothèque Nationale, étude sur la formation de ce dépôt comprenant les éléments d'une histoire de Li calligraphie, la miniature^ la reliure et du commerce des livres à Paris avant Vinvention de Vimprimerie. Paris, 1878-1891, 3 vol. in-fol. 1 alb. — MoLiNiEH (A.) : Les manuscrits. Paris, Hachette, 1891, in-16. — Mazzati.xti (G.f : Inventari dei manoscritti délie biblioteche d'Italia. Forli. L. Hordandini, 1871, sq. ^r. in-8o (trois volumes parus). — Moxtfai'cox : Palaeolog raphia graeca... Parisiis, 1708, ih-fol. — Wattexdach : Anleitung sur lateinischen Palaeographicy Leipzijç, 1878, in-4°. — Prou : Manuel de imléographie, 2« cdit. Paris, Picard, 1892, in-8*'. — Thompson : llandbook of grec k and latin Palaeo-

graphy. London, 1893, in-12. — Verzeichniss der Jfandschriften im preussischen Staate. Berlin, A. Bath, 1893, »q. in-8o (publication diri^çêe par M. W. Meyeii;(3 volumes ont parus). — Wailly (Xat. de) : Eléments de paléographie. Paris, impr. roy. 1838, 2 vol. in-4».

Marbre [Typ.], — Pierre sur laquelle les imprimeurs posent les pages mises eu formes pour les imposer et les corriger. Bihliogr. — Lefèviie (Th.) : Op. cit., p. 18.

Marbrer (lieL), — C'est appliquer sur les plats du livre des teintes diverses imitant les nuances du marbre avec ses veines. Bibliogr. — Bosquet (E.) : Op. cit., p. 267.

Marbrures {Bel.). — Les dilFérentes sortes de marbrures au siècle dernier et même au nôtre sont : à mouches (bleu et blanc) — à frisons (bleu et blanc) — à peigne — sablé (bleu, blanc et rouge) — en ciel (blanc et rouge) — à demeurer (mélange de six couleurs : rouge, noir, bleu, mordoré, vert, blanc) — à Véponge (.se fait sur les plats en appliquant, par place, une éponge imbibéedans une mixture de couperose et d'eau) — au pinceau (secoué sur les feuillets) — en soupe au lait (petits points) — en veau brun — en rouge.

Bibliogr. — Dirnix : Op. cit., p. 592, sq. — Bosquet iE.) : Op. cit., p. 267.

Marge (Typ.). — On nomme ainsi les blancs qui débordent sur les côtés, en haut et en bas des pages une fois imposées. Les marges extérieures sont plus grandes généralement que les marges de fond. Elles varient selon les formats et les papiers employés.

Marges (fausses). — Ce sont celles qui descendent moins bas que les autres; elles s'observent surtout avant le rognage du livre. Bibliogr. — Lefkvhe (Th.) : Op. cit., p. 712.

Marques d'eau. — Ce sont les images d'objets, les premières lettres ou les noms des fabricants qui apparaissent dans le papier quand on le regarde par transparence. Dans les papiers faits à la main, on les produisait au moyen d'un lil de laiton qui circulait dans les vergeures et les pontuseaux et imitait le dessin voulu; la pâle coulée sur la forme prenait l'impression des fils dans toutes leurs courbes ; pour les papiers modernes : papiers anglais et d'Angouléme, les marques sont gravées sur les cylindres entre lesquels doit passer la pale du papier; les ponluseaux et les vergeures y sont aussi gravés. Les anciennes marques étaient : une tête de b(euf ou un bœuf

LEXIQL'K 3G3

entier, un pot, une pinte, une main ou un ^'enl.dcs armes, une abbnve, une étoile, une );rappe de raisin, etc.

Bihliagr. — \'.*i.liit nu ViiiTm.i.E : .\olei poar terrîr à l'hitloire du papier. lGa=f lie lies Beaux-Artt, IHJO t. II. p. 332; III, p. IJ3, IV, p. ISO.') — Fiw:hbr : Umehrtibanif typographiiiclitr Sellenhtilen. — SuTHEnr : Tiipagraphy of tht AT* Cendiri/. (Archaolngia briLannica, XII labl. li-lT.) — Wibnkr (I.vr..) : Etude tar le» filigranea tiet papien lorrains. — Mmhiix et Mai.t<i>' : Ktade sur les filigrane» des papiers employés en France aux xj\' cL xvgiccloi, Paris, Diimouliii, IHiC. — BautvKT : Prtmiem papiers en Orcident el en Orienidu X" au ir" siècle. — (Mémoires de la Société des Aniîquaireti de France, 1. XLVI, p|l. 133-ÎOJ.)

Marques d'imprimenrs. — Composition emblématique ou héraldique qu'adoptait chaque imprimeur et qui figurait, soit au titre, soit à la fin de ses livres, dès la fin du xv" siècle. Ces marques élaionl oblijîa Inires pour les imprimeurs français à partir de 1547. Parmi les plus célèbres, on peut nommer : l'olivier des l-'stienne, la fleur de lys ilorenline de Junte, le prifTou de Griphe, l'écusson accolé de deux fauves de Jehan Petit, le grenadier avec écu do Simon V'nsire, etc. La plupart sont accompa(;nccs de lé^'cndes el de devises.

lUblioi/r. — Oiti.iMii : .\ntizie dette marche ilei/li antichi <r moderni impretninne. — Sijiiii.i!n s i'Uuth.j : Thésaurus symholorum ac emhlemalam. Xiircnil)et>r. 1730, in-fol. — Sii.vehtiie i'I..-C.) : Marques typngraphiques, Paris, ilenou et Maulde. IRill, 3 ïol. in-8*. — I>e Hih'jib : VnrrtWi hibllogmphi<ines et IiKérjitrci, l)ru\cllcs, IHiH, in-X" 'renferme '9 marques d'imprimeur» beltte»,. — Mariines ln/miirapbiqaes des imprimeur» et librairei gui onl eierré dans les PaifS-Das, Garni. C. Vyt., IMi. S vol. tel., in-fol. — Delai-ain (P.; ; Les marques d'imprimeurs el de libraires du iv* au x\iir siècle. Paris, INKJ. inlS.

Hartean âreponuer iGrar.]. — Marteau formé d'une léle (panse) el dune pointe obtuse Ipanne) avec lequel les (graveurs relèvent le niélal aux endroits oi'i la gravure est légèremenl effacée.

Matière iTyp.]. — C'est le mélanj,'e du plomb el du régule dont est formé le caractère ; c'est dans ce sens qu'on dit : matière forle ou dure, malièrc faible pour exprimer qu'il y entre pins ou moins de régule, quelquefois du cuivre, de l'élain et du fer.

Bibtioijr. — Lkfkviie (Tu.) ; Op. cit., p. 712.

Matrice (Tifp.). — C'est ihie pièce de cuivre sur laquelle on a gravé par la frappe du poinçon, les lettres qui doivent être coulées ; par la fonte, elle reproduit ces lellrcs on relief.

HatriHaga [Pap.). — Opération parlaquellc on restitue au papier

une partie de rhumidité perdue trop rapidement ; pour cela on comprime plusieurs feuilles retirées de l'étendoir, puis on les étend tt nouveau.

Bibliogr. — Le XoiiMAxn (L.-S.) : Op. cit., Vocabulaire.

Mattoir [Grav.), — Poinçon plat terminé par une surface ronde et plane sur laquelle on a ménagé des saillies légères à Taide desquelles Tartistc donne à sa planche un graine agréable formé de petits poinU irrégulièrement placés.

Mazarinades (Bibliol.), — Elles désignent tous les pamphlets

publiés contre Mazarin au temps de la Fronde; on croit qu'elles

sont au nombre déplus de 4.000.

Bibliogr. — Morbau ; Bibliographie des Mazarinades... Pari», 1850-51, 3 vol. in-8"».

Membrures (/?e/.). — Ais ou planchettes de bois qui servent à l'endossement des livres.

Bibliogr. — Dunix : Op. cit., pp. 581, 6i4.

Mentonnière (Grav.). — Toile ou carton que le graveur place devant sa bouche afin que l'haleine ne détrempe pas Tcncre du dessin. Les lithographes se servent beaucoup de mentonnières, car la pierre est excessivement sensible, l'haleine la ternit et délaye l'encre ou le cravon.

Metteur en pages [Typ.]. — C'est le typographe chargé de la conduite d'un ouvrage et qui met les pages de longueur en y plaçant les folios, titres, notes, etc.

Mezzo-tinto [Grav.]. — Gravure à la manière noire.

Miniature (Grav.). — Dessins recouverts de couleurs à la gouache

dont sont ornés les manuscrits et mêmes certains livres imprimés

tels que les heures. — Par extension on applique ce mot à tout

dessin, gravure, peinture de petite dimension et d'une exéculion

délicate. Dans les manuscrits, les miniatures étaient rehaussées d'or,

soit sur le fond avec dessins géométriques superposés, soit sur les

personnages.

Bibliogr. — Lecoy i»k la Maiiciic ; Les manuscrils et les miniatures^ Paris, Quantin, s. d., in-8°. — Shaw (II). : Uluminated ornanients selected from missalsand on manuscriptsoflhe middle âges. London. 1833. — Langi.ois (E.-H.): Essai sur la calligraphie des manuscrits au .\foyen /Ir/e, Rouen, Frère, 1841, in-8".

Mise en pages [Typ.). — Action de mettre les pages de longueur; on dit qu'une mise en page est bonne ou mauvaise selon qu*elle renferme plus ou moins de blancs, etc.

Bibiogr. — Lefàvhe (Th.) : Op. cit., p. 112.

Monogramme. — Nom donné à un dessin formé de plusieurs lettres réunies sur une seule qui les domine toutes. Dans un monogramme toutes les lettres d'un nom ou d'un mot doivent se trouver dans le dessin, tandis que le chifTre ne comporte que deux ou trois lettres, de même hauteur, enlacées ensemble.

Monotypopolychromie (Grai\), — Mot peu utilisé, désignant l'impression en chromotypographie obtenue en un seul tirage.

Montants {Bibliot,). — On nomme ainsi les panneaux de bois^ placés parallèlement les uns aux autres dans le sens de leur hauteur et qui servent à recevoir contre leurs parois les tablettes des rayonnages. Les montants sont fixés parfois contre le mur et réunis entre, eux en haut par une corniche, en bas par une plinthe.

Morasse [Typ.), — C'est l'épreuve d'un journal mis en pages.

Morassier {Typ,). — Ouvrier typographe chargé des corrections sur la morasse.

Mordre (faire) {Grav.), — C'est répandre sur une planche de cuivre gravée de l'acide nitrique afin de creuser les traits du dessin.

Mordn [Grav,). — Terme appliqué à un cuivre dont la morsure à l'acide est complète.

Morfil (Grav,), — Synonyme de barbes. On les fait disparaître avec le grattoir ou l'ébarboir.

Mors (Bel,), — Peut se prendre dans deux sens : !•* on donne du mors au carton lorsqu'on le coupe en biais avant d'y passer les fils; 2** c'est la saillie formée de chaque côté du dos et dans laquelle sera fixé le carton.

Bihliogr. — Bosquet (E.) : Op. cit., Vocabulaire.

Morsnre (Grav,), — Elle consiste à répandre l'acide nitrique étendu d'eau sur les planches de cuivre afin que les parties du vernis mises à nu par le burin soient attaquées. — Si la planche est petite, on la plonge en pleine cuvette après l'avoir enduite de vernis

partout ; lorsqu'elle est de grande taille, on la borde de cire de manière à former cuvette et Tacide est versé dedans. — L'acide nitrique employé pour cela est celui du commerce à 40", il est mélan^^é, par moitié, avec de leau, L'artiste répète la morsure selon le de^ré de profondeur qu'il désire donner aux traits ; il la limite par espace en cachant des parties gravées avec du vernis ; enfin après l'acide nitrique, certains graveurs emploient le perchlorure de fer qui, creusant profondément, donne des tailles marquées traduites à l'impression par des noirs veloutés.

Morsure à plat (Grav,). — Le dessin est fait sur le cuivre avecdes pointes de différentes grosseurs et l'acide séjourne pendant une durée égale sur toutes les parties du métal; les différentes valeurs de tons sont obtenues par des hachures plus ou moins larges.

Morsure par couverture (Grcir.). — Procédé consistant à recouvrir de vernis les différentes parties d'une eau-forte au fur et à mesure que la profondeur voulue des tailles a été obtenue.

Moule [Grcii\). — C'est la planche de bois sur laquelle sont gravés les modèles des cartes à jouer.

Musette \Pap.). — Petites bouteilles ou bulles occasionnées par l'air comprimé entre la feuille de papier et le feutre lorsque la feuille n'adhère pas exactement au feutre dans toutes ses parties.

Bihliogr. — Lk Nohmaxd (L.-S. : Op. cit., Vocabulaire.

Musique. — La notation musicale fut gravée sur bois et imprimée pour la première fois dans : Flores nnnice omnis canlu.s gregoriani

de IIlGl'KS DK RKL'TLENTfKN, 1188; IvKlNSPECK (MicUEL), LlllUni

miisiccpla.ni 1197, sq. ; B.vrt (Nicolas), Musiccs opusculum, 1487.

Nerfs (y?e/.). — Saillies produites sur le dos des volumes par les licellcs ou rubans sur lesquels sont cousus les cahiers du livre ; on les appelle encore nervures.

Bihlioffr. — Duih.n : Op. cit.. pp. 56s-0iô).

Nerfs (faux) [HeL). — Ce sont des Morceaux de carton mince et

étroit que le relieur colle sur le dos du livre avant d'y mettre la peau. Le cuir fixé par dessus forme une saillie qui imite les vrais nerfs.

Nettoyage des cuivres [Grav,). — Avant de se servir d'une planche de cuivre, l'artiste, après vérification de son planage, la frotte avec du blanc d'Espagne en poudre afin de la dégraisser et de permettre au vernis d'y adhérer davantage; on peut encore employer pour cet usage le papier émeri (0 ou 00), le tripoli, le rouge d'Angleterre ou la pâte de charbon mélangé d'huile.

Nez [BeL). — Plateau mobile du balancier auquel on attache la plaque gravée.

Bibliogr. — Bosquet (E.) : Op. cit., Vocabulaire.

Nielle. — Sorte de gravure sur métal dont les fonds sont ménagés et le dessin en creux recouvert de substance noire — incrustation en émail — ou réciproquement. Cet émail se compose d'un mélange d'argent, de cuivre, de plomb, de borax, de soufre, additionné de sel ammoniac, le tout passé au four. Les nielles byzantins et allemands sont d'une exécution artistique remarquable. Si nous citons le nielle, c'est qu'un artiste florentin Tommaso Finiguerra (xv® siècle) relevant des épreuves en terre fine de ses gravures, pour voir leur degré d'avancement, a été pour ainsi dire le promoteur de la gravure en taille-douce.

Bibliogr. — Zaxi (Pietro) : Materiali per servire alla storia delV origine e de' progressi deW incisione in rame e in legno e sposizione delV intéressante scoperia d^una stampa originale del célèbre Maso Finiguerra...^ Parma, Carmignani, 1802, gr. in-S". — Duchesne aîné : Essai sur les nielles^ gravures des orfèvres florentins du xv» siècle^ Paris, Merlin, 1826, in-8*».

Noix [Bel,), — Défaut produit par un battage irrégulier sur les cahiers. Ces noix ou bosselures ne peuvent disparaître qu'en rebattant entièrement les cahiers.

Bibliogr. — Le Normand (S.) : Op. cit., Vocabulaire. — Bosquet (E.) : Op. cit., Vocabulaire.

Notes marginales. — Toute observation, toute remarque placée en marge d'un livre, soit manuscrit, soit imprimé. Elles sont de deux sortes : les gloses qui s'appliquent au résumé ou aux notes saillantes d'un chapitre, placés en manchettes ; aux manchettes proprement dites, qui ne sont qu'un repère bibliographique : titre résumé, indice

de chapitre, de paragraphe, etc. En typographie, elles prennent le nom générique de manchettes (Voir ce mot).

Notes tironiennes. — Abréviations consistant en une ou deux lettres

seulement d'un mot et usitées à Rome pour rédiger sous la dictée.

Attribuées à Tiron, affranchi de Cicéron. Pour la bibliographie, voir

au mot : Manuscrit.

Bibliogr. — Carpextibr : Alphabetum tironinnus $eu notûM Tironi$ expUcandi meihoduSy Lutetiœ Paris. 1747, fol.

Oblitérer (Grar.). — C'est effacer une planche gravée en tailledouce en y traçant au burin des tailles profondes et irrégulières qui détruisent tout le travail. On procède à cette opération pour arrêter le tirage des épreuves et donner à celles qui existent une plus grande valeur.

Œil [Typ,), — On nomme ainsi la partie de la lettre qui est en saillie sur la tige ; ce n'est en somme que le contour gravé de la lettre qui est en relief.

Bibliogr. — Lefèvre (Th.) : Op. cit., p. 712.

Oléographie ((irav.). — Procédé d'impression à l'aide de couleurs additionnées d'huile comme les encres ordinaires d'imprimerie. Ce terme s'applique surtout à des épreuves obtenues par des procédés chromolithographiques. Les peintures sont reproduites en fac-similé par l'oléographie.

Onglet [Grai\], — On appelle ainsi une partie de la marge d'une gravure qu'on replie et qui forme charnière afin de pouvoir être cousues dans le corps d'un ouvrage.

Onglet [Rel.). — Ce sont des bandes de papier, de carton ou de toile cousues avec le corps des cahiers et débordant légèrement dans Tinlérieur du livre ; sur le rebord, sont collées les gravures, les feuilles séparées ou les planches. Presque toujours, le relieur colle les onglets sur les 4)ords de la feuille ou de la gravure avant de les coudre. Toutes les planches sur papier rigide, sur bristol, doivent être montées sur onglets.

Onglets [Typ,), — Partie de feuille contenant deux pages (recto et verso). Cette combinaison qui s'offre naturellement dans la demifeuille in-18, a encore lieu accidentellement lorsqu'il s'agit de réimprimer deux pages où il s'est glissé quelques fautes graves. Dans ce dernier cas, il faut avoir soin, en imposant ces deux pages, d'augmenter un peu le blanc de fond au détriment de la marge extérieure afin que le pli nécessaire au brochage, puisse être fait d'une manière convenable.

Bibliogr, — Lefèvrb (Th.) : Op. cit., p. 712.

Opération [Typ.), — C'est une composition en plus petits caractères que le texte adopté pour le corps de l'ouvrage, formée surtout de chiffres et de mots disposés en colonnes, séparés par des blancs ou des filets perpendiculaires.

Bibliogr. — Lbfkvrb (Th.) : Op. cit., p. 712.

Opisthographe. — Terme indiquant que l'écriture ou Timpressioii est faite au recto et au verso d'une feuille. Les ouvrages xylographiques ne sont imprimés que d'un seul côté, mais les deux feuillets sont quelquefois collés dos à dos.

Ornements typographiques. — On désigne ainsi les ornements gravés en relief et imprimés directement en même temps que le texte. Ils sont variés : entourage, fleurons, lettres ornées, culs-dc-lampes, filets, vignettes, têtes de pages, etc. Les marques d'imprimeurs en sont également. Agencés avec art par un ouvrier habile, leur mélange et leurs dispositions harmonieuses produisent les plus heureux effets et donnent un réel cachet artistique à un livre.

Ottomanes (Lettres) (Typ.), — Lettres ornementales de forme particulière; les pleins paraissent concaves et rétrécis dans le milieu ; ils sont blancs, mais chargés de billes et d'ornements en ligne.

Outillage [Grav.), — On comprend sous ce terme l'ensemble des pointes à graver, des ébauchoirs, brunissoirs, grattoirs, burins, etc., employés par les graveurs.

Ouvrage de ville (Typ,), — Ce terme désigne les compositions de

peu d'importance : prospectus, billets de naissance, de mariage, de

mort, les affiches, etc. ; on dit encore : bilboquet.

Bibliogr. — Lbfbvhb (Th) : Op.cit.,p. 713.

Masiubl du Bibuothscairi 1%

Ouvrage (le grand) {Bel,). — Les relieurs comprennent sous ce mot la reliure des in-folio et des in-quarto. Bibliogr. — Dumx : Op. cit., p. 589.

Page [Typ.), — C'est la réunion déleniiinée d'une série de ligues de texte, tant par la longueur que par la largeur, complétées par la ligne de tète ou folio et par la ligne de pied.

Page blanche (T^jy/).). — En typographie, la page blanche se prépare comme s'il y avait de la composition. On la commence au moyen de cadrats et on la termine de même alin de lui conserver la quadrature convenable.

Page courte (T^y/).). — Page dont le nombre de lignes a été diminué pour une cause ou pour une autre. Bibliogr. — Lefèvrk (Th.) : Op. cit., p. 713.

Pagination. — Ce mot désigne l'ensemble des chiffres placés en

tête d'un feuillet ou d'une page sur un manuscrit ou un imprimé. Les

anciens manuscrits n'étaient jamais paginés, les incunables ne

le sont généralement pas avant 1475.

Bibliogr. — (jKiiAi;n (II.) : Essai sur les livres dnns l'antiquité. Pans, Techcncr, IHtO, in-8<», p. 1 il. — Lala.wk (I>t>.) : Curiosités bibliographiques, pp. 106. 107,2 41.

Paléographie. — Science des anciennes écritures quelles qu'elles soient : inscriptions et manuscrits.

Bibliogr. — Piiou : .Manuel de paléographie, 2' édil. Paris, A. Picard, 1892, in-S».

Palettes (/?e/.). — Fers à saillie étroite mais longue qui servent à dorer en appuyant; on les emploie particulièrement pour pousser les lilets du dos.

Bibliogr. — Dunix : Op. cit., p. 231,645. — Bosquet (E.): Op. cit., Voc.i/)n/aire,

Paniconographie [Grav.). — Procédé de gravure en relief sur zinc, inventé par Gillot vers 1850, qui consiste à transformer un dessin à l'encre lithographique en un cliché sur zinc avec lequel on imprime sur la presse typographique. Le nom de gillotage a. prévalu.

Panne [Rel.). — Partie étroite du marteau.

LEXIQIK 371

Panorographie. — Procédé de développement, sur une surface plane, d'une vue perspective circulaire au moyen de l'instrument inventé par Puissant, inj^énieur, en 1827.

Panse (/?e/.). — Partie larj^e et convexe du marteau à battre.

Pantographe (Grav.), — Instrument permettant de {grandir et de diminuer un dessin dans des proportions mathématiquement exactes. II en existe plusieurs systèmes dont le plus usité est basé sur le principe des trianjjles semblables.

Papier. — 1/origine du mot papier vicni. de p/ipyn'us^ piipy rus. Son introduction en Europe et sa découverte ont entraîné des progrès sans nombre. Les premières papeteries remontent en France au xHi*^ siècle (Mabillon). On conserve aux Archives nationales des^ documents sur papier datés de 1332, 1315, 1350, etc. C'est à Kssonncs que furent installées les premières papeteries, ainsi qu'à Troyes (1340). Les papiers des Vosj^es et de TAuverj^ne étaient célèbres. Les travaux de Wiessner et de Briquet ont démontré que la papier dit de coton [charia hombijcina) n'existait pas à l'état pur. Dans aucune des pièces dont il a analysé les papiers. Briquet n'a trouvé quelque trace de coton. Le chanvre, le lin composaient exclusivement la pâte du papier; à peine si quelque indice de coton s'y rencontrait. De nos jours, le papier est d'un usa^e si répandu, si indispensable qu'on a utilisé pour sa fabrication d'autres matières que les chiffons ; c'est ainsi qu'on en fait avec l'alfa, l'ortie, le bois^ de sapin, de tremble, etc., les pailles diverses et autres plantes^ textiles, sans compter les papiers étranj^ers dont la composition est dilféi^ente des nôtres.

L'alfa islipa tenacissinia) a été utilisé vers 1854 à Kcharcon et à Sorel. Le papier qu'on en fait est beau et solide, mais les déchets sont nombreux et s'élèvent à près de 60 pour cent. C'est l'Anj^leterre qui fabrique le plus de papier avec cette matière.

Là pâte (le bois chimique^ appelée aussi cellulose au hisulfiley donne également du bon papier, mais en y mélanji^eant des chiffons.

La pille (le hois mécanique donne un papier commun. Alliée avec de la pâte de chiffons, elle est meilleure parce qu'elle remplit bien les cellules que laissent entre elles les fibres qui forment la trame du papier. Le premier appareil défibreur est attribué à Keller qui céda son brevet à Vœlter, fabricant de papier à Heidenheim.

Jusqu'à la fin du xviii*' siècle, on fabriquait le papier à la forme, c'est-à-dire au moyen d'un châssis à claire-voie formé de fils de laiton réunis les uns à côté des autres et consolidés de distance en distance par d'autres plus forts ; ce châssis était plongé dans la cuve, l'ouvrier en retirait une certaine quantité de pâte et au moyen d'un mouvement déterminé, l'étalait insensiblement sur le châssis; l'eau s'égouttait et la pâte une fois adhérente, on enlevait la feuille qu'on faisait sécher. C'est ce qui explique l'inégalité d'épaisseur de certains papiers, ainsi que les barbes ou témoins qui se trouvent sur ses bords.

Louis Robert, employé à la papeterie d'Essonnes, inventa les appareils pour la fabrication du papier continu (1797) ; il vendit son procédé à Didot-Saint-Léger qui installa la première machine à Fragmore, comté d'Herford (Angleterre).

Aux papiers fabriqués aujourd'hui, on ajoute une matière minérale réduite en poudre : du kaolin ou du sulfate de chaux artificiel afin de lui donner du poids, c'est ce qu*on nomme la charge.

Pour reconnaître les matières qui entrent dans la composition des papiers, on les soumet à certains réactifs chimiques. Ainsi la pâte faite avec du bois de tremble se reconnaît par simple réflexion, des fibres longues de 3 à 5 "•/*" persistent ; la présence du sapin est plus difficile à contrôler, mais au moyen de ce réactif : 10 grammes de sulfate d'aniline et 250 grammes d*eau distillée, dont on verse une goutte sur le papier, la présence du bois y est révélée par la couleur jaune orange. Le papier au bisulfite ou bois chimique se déchire lentement avec de longues fibres, mais s'il n'est pas débarrassé de l'acide sulfurique, il devient cassant. C'est Klaproth, professeur à Gôltingue, qui aurait trouvé, au siècle dernier, le moyen d'utiliser les papiers imprimes, en débarrassant la pâte de l'encre et en la blanchissant.

Voici les principaux papiers utilisés dans l'industrie, l'imprimerie ou la gravure :

Papier d'amiante.— Inventé par M. Marest (brevet du29 novembre 1893). Etant incombustible, on pourrait l'utiliser pour tous les actes et documents officiels, et qui doivent durer.

Papier autographique. — C'est un papier enduit d'une préparation spéciale sur laquelle on dessine et qui, légèrement humecté

et soumis à la pression, permet d^obtenir un décalque sur une pierre lithographique ou sur une plaque de zinc.

Papier bleuté. — Carton Bristol d'une teinte gris bleu employé pour emmarger les dessins.

Papier bulle, — Papier teinté de jaune ou de rose employé surtout pour les dessins d'architecture destinés aux ouvriers qui ont besoin de modèles de la grandeur de l'exécution.

Papier dioptrique. — Papier à décalquer très transparent.

Papier de Chine, — Papier mince et léger fabriqué avec Técorce du bambou et qui sert surtout au tirage des épreuves de gravure.

Papier glace, — Feuilles de gélatine sur lesquelles on exécute le calque des sujets qu'on veut reproduire.

Papier du Japon, — Ce papier est blanc ou teinté, généralement fort et soyeux ; on l'utilise pour les ouvrages de grand luxe et pour les gravures. Il se fabrique avec l'écorce des trois arbrisseaux suivants : Midzumaiu [Edgeworthia papyrifera)^ dont les fibres sont molles, souples, longues et solides; Kozo-Kodzou [Broussoneiia papy ri fera j^ fibres grosses, longues et solides ; Gampi ( Wickstrœmia canescens) aux filaments très délicats, le papier qui provient de ce dernier arbrisseau est lisse et comme glacé.

Papier de paquetage, — I^s différentes sortes sont : le phormium, le goudron, la manille, la paille, la maculature, le bulle (bulle anglais), papier ù sucre, papier à aiguille, etc.

Papier parchemin, — Pour l'obtenir, on plonge un papier sans colle dans une dissolution d'acide sulfurique à 56" Baume, puis on le lave bien. Si le papier doit être tendre, on le fait passer dans une dissolution de glycérine et de cristaux de soude ; lorsqu'il est sec, il se retire.

Papier pelure, — Papier sans colle très mince qu'on place entre les épreuves fraîchement tirées pour empêcher l'encre de décharger contre les autres feuilles.

Papier procédé, — Papier fort et strié sur lequel on dessine au crayon ou à la plume en enlevant les blancs au grattoir. Ces dessins sont transformés ensuite en cliché en relief par le gillotage.

Papier pu micif, — Papier enduit de pierre ponce pulvérisée pour le dessin au pastel.

Papier [vélin. — Papier fort, sans grain apparent, très blanc et aussi satiné que possible. Il sert pour le tirage des gravures sur bois. Les caractères typographiques ressortent admirablement sur lui, malheureusement il se pique facilement sous Tinfluence de rhumidité; il est aussi bien moins solide que le vergé. Il existe encore du papier vélin fait à la forme qui, au lieu de vergeures et de pontuseaux ne comporte qu'un tissu métallique simple.

Papier vergé. — Le vrai papier vergé, fait avec n'importe quelle pâte, mais surtout celle de chiffes, est fabriqué à la main et laisse voir par transparence les pontuseaux et les vergeures, mais avec des irrégularités légères qui proviennent de Taccumulation de parcelles de pâte. Ce papier se prête bien au tirage des épreuves en tailledouce, il est fort et résistant. Le faux vergé n'est que du papier à pâte continue, mais qui, encore fraîche, passe à travers des cylindres à canelures minces et étroites, transversales pour les vergeures, circulaires pour les pontuseaux.

Papier Whatman. — Il existe sous deux formes : à grain fin et h pâte solide, il sert alors à l'impression des ouvrages de luxe; pour dessiner, le papier est un peu spongieux, à pâte molle faite avec des chiffons de coton. Ces papiers sont fabriqués exclusivement en Angleterre, à Maidstonc par MM. Balston. Les dimensions du Whatman pour aquarelle sont généralement grandes et comprennent les demy^ médium., royale et vont jusqu'à l'impérial^ au doubleéléphant^ au creswich\ au harding et au carlridge le plus grand de tous :0 m. 70 sur 1 m. 20.

Les papiers blancs peuvent se diviser en deux catégories : celui

sur lequel on écrit ou dessine, et celui qui sert à l'imprcssioii,

D'après le tableau suivant, comprenant la dénomination du papier,

ses dimensions en pouces et en lignes, son poids ainsi que son usage,

on aura un aperçu de tous les papiers existant en France.

Bibliorjr. — Buiqibt : Premiers papiers en Occident et en Orient du x' au XIV' siècle [Mémoire des antiquaires de France, t. xi.vi, 1S86, pp. 133-205 . — MoRTKT (V.) : Le papier {Hevue des bibliothèques, I, 1891. pp. 195 et s. — Le même : Le papier au moyen à(je. d'après les plus récentes recherches, Ibid., II, 1892, p. 319 et s.). — La Papeterie (Bulletin officiel de Li Chambre des papiers en gros et revue technique de Vindustrie du papier; directeur, Ch. Lhomme,189i,gr.in-8°, n" 2,9, 11, 17.19i. — IIeutziieho iW.: Analyse et essais des papiers suivie d'une étude sur les papiers destinés à lusaye administratif en Prusse, parC. IIofmax, trad. par G.-E. Mahteav, Paris, 189'i, in-8". — Passeuat (A.-L.) : Daréme complet pour papeterie à V usage des fabricants, marchands de

papier, imprimeurs, etc. — Wiener (Lucien) : Etude sur les filigranes des papiers lorrains. — Midoux et Malton : Etude sur les filigranes des papiers employésen France aux xi\* et xv* siècleiSj Paris,Dumoulin, 1846. — Wiessxer: Die mikroskopische Unt ersuohungen des Papiers... Wien, 1887, in-4* (Extr. de : Mitth. a.d. Samml. d. Papyrus Erzherzog Rainer, II. III.)

TABLEAU des dimensions et des poids des papiers de France établis ayant le système décimal en pouces et en lignes.

DENOMINATIONS.

Grand inonde, Grand aigle. . ,

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