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Ministère de Tlnstruction publique, à Paris

Ces divers paquets feront l'objet d'un seul envoi au libraire désigné ci-dessus. Dans chacun d'eux se trouvera un état sommaire du contenu, selon le modèle employé jusqu'à présent par les Universités allemandes.

Art. 3. — Les Universités non françaises recevront de même, en un seul envoi et franc de port, à l'adresse du correspondant qu'elles désigneront à Leipzig ', toutes les thèses soutenues en France dans le courant de l'année scolaire (l**" octobre — 30 septembre).

Art. 4. — Si l'exécution du service donne lieu à quelques réclamations, elles devront être adressées à M. le Président de la Commission centrale des Bibliothèques universitaires, au Ministère de l'Instruction publique, à Paris.

1. Cette clause du règlement a subi de notre part une modification qui ne pouvait manquer d'être approuvée par les Universités échangeantes. Au lieu d'être dirigée par la voie de Leipzig, les thèses des Facultés françaises ont été 4idressces directement et franc de port à la Bibliothèque de chacune de ces Universités.

RAPPORT SUR L^ÉCHANGE DES THESES ENTRE LES FACULTES FRANÇAISES ET LES UNIVERSITÉS ÉTRANGÈRES, PAR M. MICHEL BRÉAL, INSPECTEUR GÉNÉRAL.

Monsieur le Ministre,

Les professeurs français ont souvent exprimé le regret de ne pas trouver dans nos Bibliothèques la série complète des thèses ou dissertations académiques publiées à l'étranger. Une pareille collection ■devait présenter des avantages précieux par la richesse des informations et par les moyens.de contrôle qu'elle mettait à la disposition •des travailleurs. Ceux qui avaient pu consulter les grandes Bibliothèques des pays voisins sentaient encore plus vivement Tabsence de ces écrits dans les nôtres.

Il n'était point possible de combler cette lacune à prix d'argent ; la dépense eût été trop onéreuse, et, même en se décidant à la faire, on n'eût pas obtenu le résultat désiré, car beaucoup de dissertations dcadém*iques ne se vendent point. Un seul moyen s'offrait à nous : l'échange. Il fallait organiser entre les Facultés françaises et les Universités étrangères un système régulier d'échange en vertu duquel les thèses françaises seraient adressées aux principaux établissements de l'étranger, lesquels, par réciprocité, enverraient leurs dissertations et écrits académiques à toutes nos Facultés.

Quelques essais avaient été tentés dans ce sens depuis plusieurs années, mais isolés, sans coordination suffisante. Le peu qui avait été obtenu était néanmoins de nature à faire désirer davantage.

Les Universités allemandes sont en possession depuis plus de soixante ans d'un système d'échange qui fonctionne sans difficulté. Les principales Universités des autres pays ont pris part l'une après l'autre à cette organisation, au grand bénéfice de leurs Bibliothèques. L'un de vos prédécesseurs. Monsieur le Ministre, a pensé que notre enseignement supérieur n'avait aucune raison de se tenir à l'écart, et qu'il trouverait au contraire avantage à entrer dans la même voie. Par une décision du 23 décembre 1881^ prise à la suite d'un rapport de la Commission centrale des Bibliothèques académiques, vous m'avez chargé d'engager des négociations avec les recteurs des Universités étrangères, et vous m'avez donné pour collaborateurs dans cette tâche délicate MM. Carrière et de Chantepie, l'un secrétaire

de TEcole des langues orientales, l'autre bibliothécaire de rKcole no^ maie supérieure, tous deux fort au courant de la matière.

J'ai l'honneur de venir aujourd'hui, Monsieur le Ministre, vous rendre compte de la manière dont nous avons pu remplir la mission qui nous était confiée. Vous apprendrez, j'en suis sûr, avec satisfaction qu'elle a été couronnée d'un entier succès.

Les bases sur lesquelles nous devions traiter avaient été étudiées par la Commission centrale et approuvées par le Ministre. Elles peuvent se formuler ainsi :

1" Obtenir de chaque Université étrangère contractante dix-huit collections de toutes ses publications académiques, destinées aux Bibliothèques universitaires d'Aix, Alger, Besançon, Bordeaux, Caen, Glermont, Dijon, Douai, Grenoble, Lyon, Montpellier, Nancy, Paris, Poitiers, Rennes, Toulouse, à la Bibliothèque nationale et aa Ministère de Tlnstruction publique ;

2° Offrir en retour à la Bibliothèque de chacune de ces Universités une collection complète de toutes les thèses qui seraient soutenues devant les diverses Facultés françaises.

Quant aux voies et moyens, ils se résument dans les deux points suivants :

1*^ Envoi de part et d'autre, une fois l'an, au commencement de l'année scolaire, de toutes les publications académiques se rapportant cl l'année scolaire précédente ;

2*^ Les frais de transport à la charge de l'expéditeur.

Ces propositions, transmises dans le courant des mois de janvier et février 1882 aux recteurs des principales Universités de l'étranger, reçurent l'accueil le plus empressé. Au commencement d'avril, nous avions l'adhésion de vingt et une Universités, qui déclaraient avoir pris les mesures nécessaires pour inaugurer les opérations* déchange dès le mois de novembre suivant. Ce succès nous imposait un devoir. Il y avait pour nous une question de dignité à ne pas nous laisser devancer. Dans un premier rapport daté du 3 avril, je vous j)riais, Monsieur le Ministre, de vouloir bien ratifier les conventions déjà conclues, et d'inviter en môme temps nos Facultés à préparer un envoi qui comprendrait les thèses soutenues pendant le semestre d'été. Ce fut l'objet de l'arrêté du 30 avril 1882, portant qu'à dater du l*"^ mai, il serait prélevé dans chaque Faculté, sur le nombre de

thèses exigé des candidats, trente exemplaires destinés au service des échanges avec les Universités étrangères. Les circulaires ministérielles des 17 et 31 mai transmirent aux. secrétaires des Facultés et aux bibliothécaires des Bibliothèques universitaires toutes les instructions et indications nécessaires pour assurer le fonctionnement régulier du nouveau service. Les arrêtés du 21 juillet 1882 et la circulaire du 11 août suivant vinrent donner une dernière consécration à l'organisation des échanges, en remplaçant, par un règlement définitif, des dispositions dont quelques-unes avaient été prises à titre transitoire et pour parer aux besoins du moment.

Cependant les négociations avec les Universités étrangères étaient continuées, les conditions matérielles de l'exécution du service réglées dans leurs détails, la date des envois de part et d'autre arrêtée. Au milieu de juillet, la liste suivante des Universités contractantes, — an nombre de trente, chiffre qu'il avait paru bon de ne pas dépasser la première année, — était communiquée à l'administration centrale : Baie, Berlin, Bonn, Breslau, Copenhague, Dorpat, Erlangen, Fribourg, Gand, Genève, Giessen, Gœttingen, Greifswald, Halle, Heidelberg, léna, Kœnigsberg, Leipzig, Leyde, I^iège, Lund, Marbourg, Munich, Munster, Rostock, Strasbourg, Tûbingen, Upsal, Wurzbourg et Zurich ; soit : vingt Universités allemandes, trois suisses, deux belges, deux suédoises, une hollandaise, une danoise et une russe. C'étaient les plus importantes des Universités européennes parmi celles qui publient des dissertations académiques. D'autres établissements d'enseignement supérieur, non moins renommés, n'ont pu être compris dans cette liste, parce qu'ils n'avaient rien d'analogue à nos thèses à nous offrir.

Une fois le tableau des Universités échangeantes dressé et approuvé par le Ministre, l'organisation du service élait tracée. Il ne restait plus qu'à attendre les deux derniers mois de l'année pour voir comment cette organisation fonctionnerait. C'était en effet une opération assez compliquée que l'expédition des thèses de toutes nos Facultés à trente Universités étrangères et la répartition des dissertations académiques de ces mêmes Universités entre nos diverses Bibliothèques universitaires. J'ai le plaisir. Monsieur le Ministre, de porter aujourd'hui à votre connaissance que, dès la première année, la réussite de l'opération a dépassé notre attente.

Dans le courant du mois de novembre, les envois des Facultés de

Paris et des déparlements, composés d'autant de paquets séparés qu'il y avait d'Universités échangeantes, sont parvenus à la librairie Hachette et G'®, désignée par l'administration centrale pour les recevoir. Là ils ont été répartis suivant les adresses inscrites sur chaque paquet, et, le 29 décembre 1882, trente caisses contenant chacune environ 350 thèses ont été expédiées directement aux Universités ci-dessus désignées.

En même temps, commençaient à arriver à Paris, à la même adresse, les envois des Universités étrangères avec les dix-huit collections demandées par nous. Une première répartition a pu avoir lieu des le commencement de décembre, et les dissertations de douze Universités étrangères ont été expédiées aux bibliothèques destinataires. Un second et dernier envoi aura lieu incessamment. On peut estimer au moins à un millier le nombre des dissertations qui viendront cette année, du chef des échanges, enrichir chacune de nos Bibliothèques universitaires, et à 20.000, en chiffre rond, les écrits reçus.

Dès l'année prochaine, les chiffres que je viens de citer se trouveront augmentés dans une proportion notable ; il faut tenir compte, en effet, de cette circonstance que l'affaire avait été engagée dans le courant de l'année scolaire. L'an prochain, les collections envoyées de rélranger s'élèveront au moins à 1 .500 dissertations, ce qui donnera, pour nos dix-huit Bibliothèques, un total de 27.000 articles; d'après les statistiques fournies par les bureaux de l'Enseignement supérieur, notre envoi à chaque Université étrangère devra atteindre le chiffre de 900 thèses, ce qui donne également, pour trente Lnivcrsilés, un total de 27.000 articles. L'opération dont la librairie Hachette etC'*^ a bien voulu se charger, et dont elle s'est acquittée avec beaucoup de zèle, comportera donc l'année prochaine un mouvement de 5i.000 articles, à répartir entre dix-huit Bibliothèques françaises et trente Bibliothèques étrangères.

Ces chiffres. Monsieur le Ministre, permettent d'apprécier l'importance des relations que nous venons d'inaugurer. Mais le profil matériel, consistant dans l'accroissement des moyens de travail, ne semble pas devoir être le seul résultat avantageux de nos conventions d'échange. Le bénéfice moral devra être plus grand encore. Les dissertations académiques sont une des bases les plus sûres pour apprécier la force des études dans un pays. Si, par le moyen des

échanges universitaires, nous apprenons à mieux connaître Tétat de la science et de l'enseignement à l'étranger, si, par suite, une émulation salutaire se manifeste chez nous, d'autre part plus d'un préjugé disparaîtra hors de nos frontières, lorsqu'on sera mis à même de constater le travail sérieux dont nos Facultés sont le foyer. Je parle moins ici de Paris, qui a toujours gardé sa place dans le mouvement scientifique, que de nos Facultés de province, trop longtemps isolées et sacrifiées. En renouant des relations suivies avec les Universités de l'Europe les plus illustres, elles reprendront une tradition interrompue depuis trois siècles.

L'élévation d'esprit que nous avons rencontrée chez les recteurs et dans les conseils des Universités étrangères, et dont les dépêches que nous avons reçues portent la marque, a beaucoup contribué à aplanir les difficultés. Plusieurs Universités ont hautement exprimé la joie qu'elles éprouvent à entrer en contact régulier avec les Facultés françaises.

Je me reprocherais de terminer ce rapport sans vous signaler. Monsieur le Ministre, la part essentielle prise à ces négociations par mon collègue M. A, Carrière, qui les avait préparées au moyen de deux voyages à l'étranger, et qui en a surveillé les différentes phases avec autant de coup d'œil pratique et de fermeté, que de dévouement éclairé aux intérêts de l'Université et de la science.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l'hommage de mon profond

respect.

Michel BRÉAL.

Paris, le 15 janvier 1883.

Instructions i»our MM. les Bibliothécaires des BiBLioTiiÈguES universitaires.

1. — Répartition des dissertations ^ lorsque la Bibliothèque est

sectionnée.

28 décembre 1882.

Messieurs les Bibliothécaires sont priés de surseoir jusqu'à nouvel avis à l'inscription, à l'inventaire et aux catalogues des thèses et dis-

sertations provenant des échanges universitaires. Une instruction donnant les directions nécessaires pour faciliter leur tâche est actuellement en préparation et leur sera envoyée dans un très bref délai.

En attendant, ils pourront procéder à la répartition, là où la bibliothèque se trouve sectionnée, en se conformant aux règles suivantes :

V La répartition devra avoir lieu, non pas d'après les sujets traités, mais d'après les facultés auxquelles chaque dissertation aura été présentée. Les dissertations des docteurs en philosophie iront toutes à la section des sciences et lettres, quelque soit le sujet traité.

2** La section des sciences et lettres recevra tous les écrits académiques (indices, lectionum, etc.).

II. — Inscription au registre (Tentrée^inventaire. — Classement,

17 février i 883.

Pour mettre le plus tôt possible les thèses étrangères à la dispoitition des lecteurs, sans en compromettre la conservation, MM. les Bibliothécaires devront les assimiler aux périodiques.

Chacun de ceux-ci est représenté au registre d'entrée inventaire par un numéro unique, et les livraisons au fur à mesure de leur entrée sont pointées sur un registre où chaque revue a sa feuille.

On considérera chacune des Universités échangeantes comme un périodique à publicité irrégulière ; chacune aura son numéro au registre d'entrée inventaire et une ou plusieurs feuilles dans un registre ad hoc,

A l'ouverture du paquet annuel, et après répartition faite, s*il y a lieu, entre les différentes bibliothèques coparta géantes, toutes les brochures seront timbrées (de préférence dans Tordre alphabétique de noms d'auteurs) de 1 à... et ces numéros seront reportés sur le registre annexe. Gela suffira déjà pour donner à chaque pièce une cote individuelle qui, dans toute la Bibliothèque, n'appartiendra qu'à elle. Cela n'allongera pas sensiblement le travail de faire suivre ce chiffre du nom de l'auteur. Une page du registre annexe ainsi conçue présentera l'aspect suivant :

APPENDICE 5t3

Bone (10.051)

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