ARRÊTE
« Article 1". — A l'avenir, dans les académies dont le chef-lieu réunit plusieurs facultés, les bibliothèques spéciales de ces divers établissements forment une seule bibliothèque, qui prend le nom de Bibliothèque de l'Acndémie,
« Art. 2. — La Bibliothèque de TAcadémie est placée sous la haute surveillance du Recteur, qui statue, par des arrêtés, sur les jours et heures d'ouverture,
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En mars 1867, M. Duruy recommande aux recteurs de transmettre un état précis de tous les inventaires et de remplir un questionnaire à cet usage ; nous y relevons celte note concernant les livres :
« Gomment est orj^anisé le service des prêts pour les livres et objets de collections? La durée des prêts est-elle invariablement déterminée ? Existe-t-il un livre spécial constatant la sortie ou la rentrée des livres ou objets prêtés ? »
La même année 1867, le Ministre envoie aux recteurs une circulaire concernant le mode d'acquisition des livres.
Il t\y a qu'une vingtaine d'années cependant que ces bibliothèques ont été mises sérieusement en évidence, développées dans leurs divers services et enfin pourvues d'un personnel spécial.
Far le droit de dix francs que tout étudiant devait verser en prenant sa première inscription annuelle, le ministre obtenait des ressources inattendues qui permettaient de créer un budget spécial en même temps que les élèves des diverses Facultés acquerraient un droit plus imprescriptible de fréquenter la bibliothèque cl d'emprunter ses livres.
Cet impôt du livre, si nous pouvons nous exprimer ainsi, date du 31 décembre 1873.
Depuis ce moment, les divers ministres qui se sont succédé ont eu à cu'ur de développer ce moyen d'enseignement et l'ont réglementé insensiblement jusqu'à arriver à la constitution de la bibliothèque telle qu'elle existe de nos jours.
sur la tenue des CHtalo^^ucs, le prêt et la rentrée des livres, et gcnéralemcnl sur tous les détails du ré^çiine intérieur de ladite bibliothèque.
« Akt. 3. — Les dépenses des bibliothèques des académies sont prélevées sur les ressources spéciales de renseijçneinent supérieiu*.
M .\uT. 4. — Le ministre arrête, chaque année, le budjçet particulier de ces bibliothèques.
« Art. j. — Le Uecteurrèjçle, en comité de perfectionnement, dans les limites des crédits ouverts à cet elTct, les acquisitions à faire, de telle sorte que les diverses sections de la Hibliothèque de l'Académie reçoivent des accroissements pn)portionné8 à leur importance et à leurs besoins.
« .\ht. 6. — Les dispositions qui précèdi*nt ne sont point applicables à TAcadémie de Paris ; néanmoins, la bibliothèque de la Sorbonnj pi*endra désormais le titre de Hihliothèque de IWvadémie de Pnris.
« Fait i\ Paris, le 18 mars 1855.
« H. FoHTOUL M.
IXTHOmCTlON IIISTOniQlE 21
Nous achèverons en disant que l'avenir de la science, son développement réel et son expansion dépendent en grande partie de la bonne organisation des bibliothèques universitaires, de leur augmentation et leur extension judicieuse, comme on peut le constater -dans les pays étrangers, l'Allemagne, l'Italie et les Etats-Unis*.
BiBLioTiiÈQUKS pRivKKs. — Ellcs uc pcuvcut ôtrc omises dans •cette élude, car plusieurs d'entre elles ont acquis un renom et une célébrité remarquables. Il n'est pas question ici des amateurs de la Grèce et de Rome, mais des modernes et des contemporains qui ont possédé des livres. Ces amateurs se groupaient entre eux, formaient des sociétés et provoquaient la publication d'œuvres devenues rares *^. Leurs livres n'étaient pas perdus; bien souvent ils léguaient leur bibliothèque à leur pays ou à leur ville natale; si ces livres étaient vendus, l'Klat ou quelque bibliothèque publique rachetait les plus précieux ^.
Leur histoire comprendrait la biographie particulière de chaque amateur, ce qui sortirait de notre étude. 11 existe d'ailleurs des descriptions de bibliothèques de ce genre : on en trouve dans les anciens inventaires.
Dès le Moyen-Age, le goût des livres s'était emparé de certains esprits d'élite. Nicolas, le prévost officiai d'Angers, mort en 1372, possédait une bibliothèque *. Celle du duc de Berry était célèbre. La bibliothèque du château de la Ferté-en-Fonthieu possédait au xiv« siècle, 40 volumes^. Isabeau de Bavière aimait les beaux
1. Cf. Bulletin de VInniruc lion publique^ 187i, p. 250. — Bien que paru en 187 i, ce rapport présente trop d'intérêt au point de vue de Toi'jçanisation des bibliothèques pf)ur que nous n'en^a^^ions nos lecteui*s à le lire.
2. Plusieui*» villes de France possèdent des sociétés biblio(?raplii(iues« A Paris, la Société des bibliophiles français fut fondée en 1820 par MM. de Morel-Vindé, de Châteaupixin, Malartic, Pixcrécourt. En 1859, se fonda la Société des bibliophiles de Touraine : en Anjflelerre, la plus célèbre d'entre elles est le Hoxbur^he-Club, fondé en 1812, A la suite de l'achat, à la vente Hoxbuiyhe, d'un lîoccace de 1 i71, acheté par lord Hlandford au prix de 52.000 livres sterlinjç. Les bibliophiles flamands datent de 1839, etc. Cf. Gustave Brunet : Dictionnaire de hihlioloîjie catholique {Collection de V Encyclopédie ihéologiquCy publiée par l'abbé Mijçnei, Paris, 1860, jcr. in-x-, lettre S.
3. Les i^randes bibliothèques de Paris et de l'étranj^er suivent attentivement toutes les ventes de quelque importance.
i. Bibliothèque de l'École des Chartes, C. III, p. 221 sq. 5. Ibid., C. III, pp. 559*562.
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livres ; elle reçut en hommage, de Christine de Pisan, plusieurs de ses ouvrages. Dans Tun d'eux, conservé au British Muséum, une miniature représente Christine à genoux ofTrant un livre à la reine *. Le grand Condé avait une fort belle bibliothèque à Chantilly, la duchesse du Maine à Sceaux, le comte de Provence à Brunoy, etc. ^. La bibliothèque de Kenelm Oigby était aussi fort remarquable^.
Parmi d'autres amateurs, en dehors des célébrités connues, Grolier, Maioli, Canevarius, etc., nous nommerons le cardinal Georges d'Amboise, ministre de Louis XII, le cardinal Robert de Belarmin ; J.-B. lioisot, prieur de la Loge, fondateur de la bibliothèque de Besançon ; J.-F'.-P. Caumartin, évéque de Blois, dont la bibliothèque renfermait près de 9.000 ouvrages et 350 manuscrits ; Jacques Bongars, conseiller de Henri IV ; Etienne, chevalier de Melun * ; de Soleinne , dont la bibliothèque n'était composée que d'ouvrages dramatiques ^ ; \'ictor Le Clerq, qui a légué sa riche bibliothèque à l'Université de Paris ; Victor Cousin, qui a donné la sienne à la Sorbonne, mais sous la condition qu'elle reste séparée ; de nos jours, le duc d'Aumale, le baron Pichon, le baron de Rothschild, etc. *.
1. Bulletin du Bibliophile, 13* série, 1858 p. 663 sq. — Magasin pittoresque^ 1857, p. 367. — Leroux de Lincy : Bibliothèque de Condé {Bulletin du Bibliophile, IS' série, pp. 371-392. — Sauvai : Antiquités de Paris.
2. Dinaux : Coup d'œil rétrospectif sur les anciennes bibliothèques des châteaux {Bulletin du Bibliophile, 1859, pp. 371-392 .
3. Châtelain iK.) : Quelques épaves de la bibliothèque de Kenelm Digby. {Bévue des bibliothèques, I, 1891, p. 77; III, 1893. p. 11.)
4. Cf. Guijçard (J.) : Xouvel Armoriai du Bibliophile, Paris, Rondeau, 1890, 2 vol. jçr. in-8".
^5. Ce catalogue, rédijfé par P.-L. Jacob, bibliophile (Paul I^croix), en 18i3-18i4, 5 volumes in-8", est une véritable biblio^fraphie dramatique.
6. Dont le catalogue, rédige par un de nos plus savants bibliographes, M. Picot, offre des descriptions tout à fait reman{uables de livres précieux et introuvables ; 3 tomes ont déjà paru.