LA COMMUNE
Disséminé sur un territoire plus ou moins étendu, un peuple se divise en un certain nombre de groupes dispersés, dont les membres'forment entre eux ce premier noyau de société publique qu'on nomme une commune. La commune est le point de départ de cette vaste association qui constitue une nation, et dont l'^'^a^ représente l'unité politique. Elle est comme l'alvéole de l'État. Ou pourrait dire aussi avec justesse que la commune est l'image abrégée de l'État, ou que l'État est l'image agrandie de la commune.
Il est aisé de déduire de là l'étendue à la fois et la limite de* ses droits.
Réunion de familles établies dans le même lieu, el ayant par là même un certain nombre d'intérêts communs, d'où elle tire son nom, la commune doit avoir le droit d'administrer elle-même ses affaires et de nominer ses magistrats. Les gouvernements despoti- ^ ques, dont le principe est de tout absorber, ne peuvent souffrir cette indépendance, qui serait une limite à leur pouvoir absolu ; dans le gouvernement républicain, au contraire, dont la liberté est le principe fondamental, les libertés municipales forment la base môme des libertés publiques. Chaque commune se gouverne ellemême ; elle est comme une petite république dans la grande.
Mais, si elle doit jouir d'une complète indépendance dans le cercle des intérêts locaux qui la concernent spécialement, là aussi doit s'arrêter son pouvoir. Faisant elle-même partie intégrante d'un ensemble dont, tout en gardant sa vie propre et son autonomie, elle n'est pourtant qu'une fraction, elle rentre, pour tout ce qui regarde les intérêts généraux de l'association à laquelle elle appartient, dans la masse du peuple entier, el elle est soumise, à ce titre, aux lois et aux pouvoirs publics qu'il s'impose à lui-môme. Autrement, il y aurait autant d'États indépendants qu'il y aurait de communes distinctes; l'unité disparaîtrait tout eiitière dans la diversité, et la force qui naît de la cohésion se perdrait dans l'éparpillement.
C'est, en somme, dans l'harmonie de ces deux forces, la commune et l'État, que résident la liberté et la pros-