Les actions électromotrices dans les plantes
Divers phénomènes déterminent la production d’actions électromotrices dans les organismes végétaux. C’est surtout aux mouvements des particules d’eau, mouvements qui se présentent très généralement dans
(1) Pour les détails, voyez : Detmer, Lehrbuch der Bodenkunde , 1876, p. 266.
LES FORCES MOLECULAIRES DES PLANTES
les plantes, qu’on attribue la formation de tensions électriques et de courants. Kunkel (1), notamment, a fait récemment des recherches sur les actions électromotrices dans les plantes. Il a observé, d’accord en cela avec Quincke, qu’on pouvait constater l’existence d’actions électromotrices lors de la pénétration des liquides dans des corpsinertes. J’ai eu l’occasion de contrôler l’existence d’une série de phénomènes indiqués par Kunkel.
Nous nous procurons un vase poreux sec et fraîchement préparé. A l’intérieur de celle-ci, nous suspendons, d’une part, une électrode impolarisable (zinc — sulfate de zinc — pied d’argile), et sur la paroi externe de la cellule, nous appliquons, d’autre part, une électrode semblable à la précédente. On peut aisément fabriquer soi-même ces électrodes, dont la longueur peut n’être que de quelques centimètres. Elles consistent, comme nous le montre la fig. 44, en un court tube de verre G, d’un centimètre environ de diamètre, fermé à sa partie inférieure par une petite plaque d’argile T présentant une saillie latérale. Cette plaque est fixée sur la base du tube au moyen de cire à cacheter. Après avoir fortement mouillé la plaque par immersion dans l’eau, on versera une solution de sulfate de zinc dans le tube de verre. A l’extrémité supérieure de celui-ci, nous fixerons, au moyen d’un morceau de tube en caoutchouc, un cylindre de zinc dont la partie inférieure plonge dans la solution de sulfate de zinc et dont le sommet porte une petite borne. Pour manier ces électrodes avec facilité, on assujettit le tube en verre dans un morceau de liège enserré dans un tube en plomb d’un pied environ de longueur, saisi lui-même par les branches d’un support à cornues. Quand tout l’appareil est monté, on le met en communication avec un électromètre sensible, et dès qu’on a versé suffisamment d’eau dans le vase poreux pour atteindre l’électromètre, on remarque l’existence d’un courant électrique, produit par la pénétration de l’eau dans le vase poreux (voy. le travail de Kunkel).
Pour étudier les actions électromotrices dans les organes végétaux intacts, on emploie des feuilles coupées ou encore attenantes à la plante (. Aristolochia , Vitis, Cucurbita). Une des électrodes impolarisables est mise en contact avec une nervure foliaire; l’autre, avec la surface foliaire verte. On introduit ensuite dans le circuit un électromètre sensible (celui de Thomson, par exemple). On remarquera une différence de tension entre les deux endroits examinés de la feuille. Les nervures foliaires sont électrisées positivement, par rapport à la partie plate de
Fig. 44. — Électrode impolarisable.
(1) Voy. Kunkel, in Archiv, f. d. gescimmte Physiologie de Pflüger, vol. 25, et Arbeiten d. botan. Instituts in Würzburg, vol. 2.
DEUXIÈME DIVISION
la feuille, colorée en vert, c’est-à-dire que l’électricité positive va de la nervure foliaire à l’arcade qui en dérive.
Dans cette expérience, le contact seul des feuilles avec les électrodes humides provoque des actions électromotrices. Il en résulte que les actions électromotrices doivent être produites par les mouvements de l’eau. Ces mouvements, existant à l’état naturel chez les plantes, devront fournir de même des tensions électriques et des courants.