De ramidon, comme matière de réserve
Des substances non azotées sont accumulées sous forme d’amidon dans
(1) Pour la production de chaleur par la respiration intramoléculaire, voy, Eriksson, in Untersuchungen aus d. botan. Institut zu Tübingen, vol. \ , cah. 1.
TROISIÈME DIVISION
un très grand nombre de dépôts de matières de réserve. On peut s’assurer de ce fait en portant dans une goutte d'eau sur le porte-objet, pour les examiner ensuite au microscope, des coupes minces pratiquées dans les cotylédons de pois ou de fèves, dans l’albumen d’un grain de froment, dans un tubercule de pomme de terre ou dans un rhizome de Canna indica. 11 est facile de reconnaître les grains d’amidon dans les cellules, et on pourra, au surplus, les colorer en bleu par l’iode. En hiver, l’amidon se dépose très généralement aussi et constitue une substance de réserve dans les rayons médullaires ainsi que dans le bois des arbres et des plantes herbacées (1). J’ai obtenu des résultats particulièrement satisfaisants en examinant, à ce point de vue, en janvier et en février, des branches de Berberis vulgaris , de Fraxinus excelsior et de Fagus silvatica . On pratique des sections longitudinales et transversales dans le bois de Berberis vulgaris , on les dépose sur un porteobjet dans une goutte de glycérine iodée (que l’on prépare en laissant de l’iode longtemps en contact avec de la glycérine), puis on les recouvre d’une lamelle, et on chauffe le porte-objet dans une flamme à alcool. Après refroidissement, on verra au microscope que les éléments du bois (surtout lés fibres libriformes, très nombreuses) et plus particulièrement les rayons médullaires, contiennent une matière amylacée transformée en empois et colorée en bleu. Le bois de Fraxinus est composé de larges vaisseaux et d’autres, étroits, d’un parenchyme ligneux peu développé, qui se trouve surtout dans le voisinage des vaisseaux, et de fibres ligneuses. Les sections transversales du bois de frêne traitées de la même façon, par la glycérine iodée, montrent que les rayons médullaires, notamment, sont riches en amidon. Dans le bois de Fagus , outre des vaisseaux et des fibres ligneuses, il existe un parenchyme ligneux , assez développé, en bandes tangentielles. Ce dernier est riche en amidon, et il en est de même des larges rayons médullaires. Au printemps, l’amidon abandonne les rayons médullaires et le bois des faisceaux libéro-ligneux ; il est alors manifestement transporté des tissus où il est accumulé comme matière de réserve, vers les organes de la plante en voie décroissance.
Pour nous rendre plus exactement compte de la teneur en amidon d’un rhizome, nous choisirons pour nos observations le rhizome rampant horizontalement dans le sol du Pteris aquilina. Nous pourrons faire usage de matériaux conservés dans l’alcool, mais nous aurons soin de choisir des morceaux de rhizome peu épais. Le tissu fondamental est surtout composé de parenchyme dont les cellules contiennent de grandes quantités d’amidon. Il est traversé par des plaques très développées de sclérenchyme, qui se laissent déjà apercevoir, sous forme de larges lignes noires, à l’examen macroscopique des sections transver-
(1) Voy. Sanio, Untersuchungen über die im Winter Stärke führenden Zellen des Holzes , Halle,! 858.
LES TRANSFORMATIONS CHIMIQUES DANS l’oRGANISME VÉGÉTAL. 221
sales du rhizome. Les faisceaux libéro-ligneux, collatéraux, sont aisés à distinguer entre ces plaques scléreuses. Chacun de ces faisceaux est entouré par une rangée unique de cellules riches en amidon et de l’endoderme, proprement dit, dépourvu d’amidon.
Nous reviendrons fréquemment sur la signification de l’amidon emmagasiné dans les dépôts de matières de réserve. Il suffira de remarquer ici que l’amidon constitue la substance non azotée de réserve la plus importante des plantes, et qu’elle doit être d’abord transformée en combinaisons solubles pouvant abandonner les dépôts de matières de réserve. Comme on le verra dans le § 112, la matière amylacée peut être, notamment, transformée en glucose sous l’action des ferments diastasiques, et ce glucose permet l’émigration de la matière amylacée.