‹ Manuel technique et pratique d'anthropométrie crânio-céphalique (méthode, instrumentation)Chapitre 10 sur 66 · MANUEL · texte numérisé non relu

MANUEL

CRANIO-CÉPIIALIQUE.

lois de construction niatluMnatique du crâne, nous sommes incapables, à l'aide de mesures exactes des longueurs et des circonférences, de déduire la capacité. C'est ce qu'il faudrait obtenir. Tout en réservant à l'avenir la solution de la question du cubage intra-

unc luoycnno; on fait la somme de tous les chiffres enregistrés et l'on divise cette somme par le nombre des observations. On passe ensuite aux iniuima; ou les aligne par échelons allant de tels chifl'rcs à tels autres, et l'on note à côté sur combien de crânes on a trouvé tel échelon; le minimum réel est ainsi dégagé, pourvu que l'on ne renferme pas dans un même échelon, au moins provisoirement, les trop grands écarts, et que, provisoirement aussi, ou inscrive ceux-ci isolément. Puis on tente de grouper en un ou plusieurs échelons qui servent de termes sériaires définitifs, les chllfres extrêmes inférieurs, et on les ordonne par gradation progressive ascendante, toujours en évitant de rapprocher de trop grands écarts. L'idéal, c'est, quand on le peut, d'arriver à une ascension insensible, toute naturelle, des échelons ou termes sériaires. On parvient ainsi aux termes sériaires moyens que l'on ordonne avec le môme art, de façon que la moyenne numérique de l'espèce démesure uniquement considérée dans la série (nous le répétons à dessein), occupe le centre du cadre des termes sériaires moj'ens, ou la limite de deux termes sériaires moyens. On continue la même opération quasi-schématique quand on aborde les termes sériaires supérieurs et extrêmes de l'espèce de mesure cherchée dans la série. Conslruction el disposition correcte des termes sériaires ou échelons de la série, avec l'exactitude voulue, sans rien changer aux chiffres : tel est le principe indispensable pour projeter l'image vivante de la variation des espèces de mesures, dans les divers genres de crânes. De ce tableau ressortent : la moyenne totale, les minima, les maxima, leur rapport de fréquence avec le nombre des types du genre, et la même proportion par rapport aux mêmes types des termes sériaires, les variations numériques et leur amplitude (excursion supérieure de cette amplitude, excursion inférieure de cette amplitude, amplitude de variation totale constituée par la somme de ces deux excursions). Si l'on nous accorde le droit de considérer cette variation comme un mouvement, nous dirons qu'il s'agit en général d'une sorte d'oscillation pendulaire dont les excursions, aux limites extrêmes du mouvement, présentent une accélération inûuie, en quelque sorte sautillante; c'est au milieu, dans le groupe des termes sériaires moj'ens, que les excursions sont uniformes. Mais chaque série différente, qui dans le mouvement de variation numérique de la mesure considérée possède son amplitude absolue de concert avec cette particularité de l'accélération saccadée aux limites extrêmes, offre en outre son mouvement caractéristique qui l'iudividualise ; tantôt en effet les termes sériaires sont fortement condensés autour d'un centre, ia majorité des cas s'y accumulant ; tantôt au contraire la majorité des cas se répartit uniformément sur de grandes distances dans la série. On voit tout le parti que l'on pourra tirer de l'observation statistique comprise de cette façon. Nous n'avons plus, pour fixer les idées, qu'à choisir des exemples à l'appui des définitions que nous venons d'exposer. Nous le ferons d'abord à propos de l'une des pi'emières séries qu'il va nous être nécessaire de reproduire, et, dans le cours de cet ouvrage, au fur et à mesure des besoins. Caractères des termes sériaires, allures dans la série des maxima, des minima, des moyennes, mécanisme de ces éléments dans la série: voilà ce qui importe. En rapprochant ce mécanisme du mécanisme des mêmes éléments en d'autres séries d'un ordre différent, on saisit la loi et souvent les raisons de cette loi. C'est ainsi, par exemple, que, dans le principe, on avait admis que chez les peuples cultivés aussi bien que chez les sauvages, le volume intracrànien ne variait pas, qu'il était le même chez tous les hommes parce que, chez les peuples civilisés comme chez les sauvages, on avait trouvé d'aussi grands maxima d'aussi petits minima. Or, cela prouve simplement que tous les peuples possèdent des hydre céphales et des dégénérés. Les moyennes exclusivement envisagées auraient aussi leur désavan tage parce que des séries dans lesquelles on rencontre beaucoup de chiffres extrêmes pcuven posséder la même moyenne tout comme des séries admirablemeut harmonieuses dans lesquelles prédominent des termes sériaires moyens. Nous ne pouvons donc juger de la véritable hiérarchie d'un crâne donné que par l'étude de la charpente des séries et la comparaison de plusieurs séries composées comme nous l'avons dit. Pi'enons des aliénés, des épileptiques, des criminels con génitaux, des infirmes de naissance ou dès la plus tendre enfance (vue, ouïe, motilité) ; il appert rt priori que bien des crânes dans de pareilles séries peuvent être tenus pour anormalement hypertrophiés à la suite de véritables processus pathologiques, tandis que d'autres seront considérés ajuste titre comme anormalement réduits par un arrêt de développement. Eh bien, il se peut faire que ces séries pathologiques témoignent d'une moyenne égale à la moyenne naturelle. Et cependant peut-on dire que les deux ordres de séries soient adéquats, si l'on trouve des termes sériaires tout autres que dans la série normale, si les termes sériaires des maxima otdes minima se meuvent tout autrement que dans la série normale. L'avenir nous apprendra du reste que des individus, dont les crânes ont été incorporés dans les collections anatomiques comme normaux étaient anormaux, et que les sommes de bien des maxima et minima eu des séries encore aujourd'hui tenues pour normales, devront, pour mio grande part, être abaissées ou effacées sans que les moyennes en subissent de modification essentielle. Inversement des termes sériaires excessifs qui aujourd'hui encore se prélassent en des séries normales, devront appartenir à des séries pathologiques. La comparaison entre deux séries montre aussi que ce n'est pas simplement la moyenne qui rn forme la caractéristiqu<\ que c'est, au premier chef, la

CUBAGE DU CRANE. 9

crânien, nous avons réuni, dans le tableau suivant, les éléments numériques iiuporlants, soit on les empruntant aux auteurs, soit en les tirant de notre propre tonds.

TABLEAU. — Principaux éléments relatifs au volume intra-crànien.

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