INTERROGATOIRE
Les signes principaux obtenus ainsi sont : 1° les troubles de la menstruation; 2° les modifications survenues du côté des régions génitales — (vulve-ventre-mamelles); 3° les perturbations dans l’état fonctionnel général.
Perturbations menstruelles. — La menstruation est supprimée. La cessation des règles sert à faire présumer d’une grossesse et de la date de son début. Ce fait général est le plus banal et le plus important. Il acquiert d’autant
A. Pozzi. — Man. d’acco'uchem.
plus de valeur que la femme est plus régulièrement réglée, ce dont il faut s’enquérir avec soin. La suppression menstruelle chez une femme irrégulièrement réglée perd de son importance et peut induire en erreur.
Chez de nouvelles mariées, on voit survenir quelquefois, peu après le mariage, une suppression des règles pendant une ou plusieurs périodes menstruelles, s’accompagnant même de gonflement du ventre et des seins. Il y a là un état suggestif particulier déterminé par les premières approches du mâle et les conséquences supposées des rapports sexuels.
Il importe aussi de s’enquérir de la nature exacte des derniers écoulements. Il peut en effet survenir, surtout pendant le premier mois d’une grossesse, des écoulements qui ont l’apparence du flux menstruel; ils sont ou plus jaunes ou plus rouges: ce sont de véritables hémorragies plus ou moins abondantes. Ces écoulements diffèrent des vraies pertes menstruelles en durée , qualité , quantité. Il y a cependant des faits, tout à fait exceptionnels, où les règles ont persisté pendant toute la grossesse (i).
Modifications du côté du ventre, des mamelles. — Les femmes s’aperçoivent que leur ventre grossit; mais ce n’est guère avant le deuxième ou troisième mois. Plus tard, vers le cinquième mois elles accusent des sensations de mouvements dus aux déplacements actifs du fœtus qui « donne des coups de pieds ». Elles signalent quelquefois la sensation d’une boule qui se forme dans le ventre et qui est due aux contractions de l’utérus.
Les mamelles ont augmenté de volume; elles sont sensibles; les femmes y ressentent des picotements.
Perturbation générale de l’organisme. — Il peut enfin
(1) Voici un fait curieux cité par Ganal (Thèse, 1867) et rapporté par Devaux, prévôt de la Compagnie des maîtres chirurgiens, et qui se serait passé en 1666. Uue femme avait été condamnée à mort; elle se prétendit enceinte, ce qui devait retarder son exécution. Les médecins qui l’examinèrent conclurent à l’absence de grossesse, se fondant principalement sur la persistance des règles. La femme fut exécutée, et à l’autopsie on trouva un fœtus d’environ quatre mois.