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CHAPITRE PREMIER

La femme qui accouche est une blessée ; le- passage de la partie fœtale, le décollement du placenta et des membranes, mettent à vif les organes génitaux, les éraillent ou les déchirent.

Les plaies doivent normalement guérir sans accidents,

mais elles sont toutes susceptibles d’être infectées et alors surviennent des phénomènes parfois graves qui peuvent dans certains cas compromettre la vie. Même atténuée, l’infection des organes génitaux de la femme enceinte a une gravité toute spéciale et c’est à sa suite le plus souvent que, tôt ou tard, apparaissent ces affections, dites maladies des femmes (métrites, salpingites, etc.), qui, ordinairement, réclament pour guérir, l’intervention d’un chirurgien.

Depuis les travaux de Pasteur, on sait que les phénomènes infectieux consécutifs aux blessures sont dus à l’action, au niveau des plaies, de germes nuisibles appelés microbes septiques.

Ces microbes septiques sont extrêmement répandus ; on les trouve un peu partout, dans l’eau, adhérents aux objets, dans les poussières de l’air. Ils sont ordinairement mélangés dans des proportions variables à d’autres microbes indifférents. Il est certains milieux dans lesquels ils prédominent, et que, pour cette raison, on appelle milieux infectés. Le milieu infecté devient infectant à son tour et il est alors particulièrement difficile de protéger les plaies contre l’action septique. 11 importe donc au plus haut point de connaître et de savoir reconnaître ces endroits contaminés. Tout milieu qui a été en rapport avec un foyer d’infection doit être considéré comme infecté.

Ces microbes sont incapables de se disséminer tout seuls. Lorsqu’un corps quelconque entre en contact avec eux, ils s’y attachent, et c’est ainsi qu’ils sont portés au loin, véhiculés par les grains de poussière que charrie le vent, par l’eau qui s’écoule, par les objets qu’on déplace, par les êtres vivants, qui les transportent avec eux et les répandent.

En rapport avec un organe intact , ils ne peuvent traverser le revêtement épithélial qui le couvre et restent inoffensifs; c’est ce qui explique que l’accoucheur puisse porter sur lui, et sur son doigt tout spécialement, ces microbes dangereux sans en être incommodé et les transporter sur l’accouchée, qui, possédant des surfaces à vif, en sera, elle, infectée.

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