SOINS A DONNER A L’ENFANT
Bains. — Toilette. — Le matin on donnera à l’enfant un bain chaud (28 à 30 degrés); ce bain sera court (deux à trois minutes), et on achèvera le nettoyage sur les genoux. L’on veillera tout particulièrement à la propreté de la région ano-génitale qui est sujette à s’excorier, surtout quand les enfants ont un peu de diarrhée acide.
Il faudra faire soigneusement le pansement du cordon , qui sera lavé à l’eau boriquée, replacé dans un matelas de ouate vaseliné, maintenu par une bande.
Les yeux seront, à l’aide d’un petit tampon, nettoyés à l’eau boriquée tiède.
Dans la journée l’enfant sera, sans tarder, changé dès que les langes seront souillés; il faut surveiller de très près l’état de ces linges.
Berceau. — Le berceau, dont les rideaux ne sont nullement utiles, sera placé dans un endroit non exposé aux courants d’air, loin des portes et des fenêtres.
Température. — La température de la chambre sera de 16 à 18 degrés. A moins que la température ambiante ne soit très élevée, il faudra mettre des boules chaudes dans le berceau et surtout la nuit. Le nouveau-né est extrêmement sensible aux abaissements de température; ses cris de réveil, vers trois ou quatre heures du matin, n’ont souvent pas d’autre cause; à ce moment la température extérieure
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est la plus froide, celle de la chambre s’est, abaissée et les boules se sont refroidies.
Première sortie. — La première sortie variera avec l’état de la température; si le temps est beau, elle pourra se faire vers le quinzième jour, mais sera courte dans les débuts : dix minutes, un quart d'heure. Ces promenades ont souvent un heureux effet sur le sommeil de l’enfant.
ALLAITEMENT
\J alimentation de l’enfant nouveau-né ne commence guère que vingt-quatre heures après sa naissance; il n’a besoin de rien avant ce temps; il est de tradition de lui donner un peu d’eau sucrée, ce qui est inutile.
L’alimentation du bébé doit être exclusivement lactée, et constitue V allaitement.
Allaitement. — L’allaitement est naturel (lait de femme, mère ou nourrice), artificiel (lait d’un animal pris directement ou indirectement); enfin, il est mixte quand on réunit les deux modes d’allaitement.
Allaitement naturel. — U allaitement maternel est l’allaitement normal; la sécrétion lactée maternelle est, en effet, parfaitement adaptée aux besoins de l’enfant.
La sécrétion lactée ne commence pas immédiatement après l’accouchement. Elle ne s’établit que du deuxième au quatrième jour, précédée de phénomènes congestifs, désignés sous le nom d q montée du lait ; les seins deviennent douloureux, tendus, puis apparaissent quelques gouttes opalines au niveau du mamelon, la sécrétion lactée s’établit, et alors la tension diminue; si la femme allaite, la sécrétion continue pour cesser en général vers le commencement de la seconde année; elle peut durer plus longtemps, dixhuit mois, deux ans.
Le liquide de la sécrétion lactée revêt deux aspects : fluide, opalin, léger, on l’appelle colostrum; blanc bleuâtre, plus ou moins épais, c’est le lait proprement dit. Ce ne sont pas deux liquides différents, mais un même liquide à deux degrés d’évolution.
ALLAITEMENT
Le colostrum est composé de sérum dans lequel nagent des débris épithéliaux; on y voit des corps muriformes, qui ne sont que des cellules épithéliales sécrétantes et détachées, réunies et gonflées de corpuscules graisseux; ces corps muriformes éclatent, se répandent en fines particules qu’on retrouve dans le lait; il contient aussi de la lactose.
Le lait est un liquide formé pour ses 9/10mes d’eau. Dans cette eau sont en suspension, en émulsion très fine, des globules graisseux, et l’on y trouve dissous du sucre de lait ou lactose (60 grammes par litre), et de la caséine qui, au contact du suc gastrique, se coagule. Il y a enfin en dissolution des matières inorganiques : phosphate de chaux, chlorure de potassium, phosphate de soude, de manganèse, etc.
11 contient aussi des gaz libres : acide carbonique, azote, oxygène.
Cette composition du lait varie physiologiquement, suivant : A. le moment de fa traite; B. Y âge < Yrx lait.
A. Dans une même traite , plus on avance vers la fin, plus le lait s’épaissit. Lorsqu’on presse le mamelon, il sort d’abord un jet terne, presque incolore, qui devient de plus en plus blanc et crémeux. Il y a là une corrélation physiologique intéressante entre le développement et le fonctionnement de l’organe maternel et le développement et le fonctionnement de l’organisme infantile. Dans les premiers jours de son existence, l’enfant tête faiblement, superficiellement, et il n’absorbe qu’un lait très léger; c’est grâce à ce fait qu’un bébé qui vient de naître peut être allaité par une nourrice dont le lait date de deux ou trois mois; il ne peut en prendre que les premières gouttes. Plus l’enfant devient fort, plus profondément il vide le sein et plus riche aussi est le lait qu’il prend.
Dans les premiers temps, pendant la première semaine, c’est surtout du colostrum , du lait où la graisse et la caséine sont en minorité que la femme sécrète.
(1) D’après le vétérinaire Weber, le lait de la vache en gestation diminue de quantité et augmente en richesse plus on approche du terme. (Communication écrite in thèse Poirier, 1890).
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Le lait a sa composition moyenne normale vers dix ou quinze jours; il atteint, au point de vue de sa composition, l’état parfait, comme quantité et comme qualité , vers six mois. Au bout d’un an, la sécrétion diminue, tout en donnant un lait nourrissant. La sécrétion lactée cesse vers dixhuit mois, quelquefois un peu plus tard lorsque la femme allaite.
Au bout de la première semaine, une bonne nourrice sécrète environ un demi-litre et, au sixième mois (maximum) un litre par jour.
Une nourrice trop jeune (au-dessous de vingt ans), trop âgée (au-dessus de trente-cinq ans) fournit, en général, une quantité inférieure de lait.
Outre ces variations normales, dues à une évolution physiologique, la quantité et la qualité du lait varient suivant un certain nombre de causes contingentes.
Une alimentation insuffisante diminue, une alimentation trop riche augmente les principes solides, en particulier le beurre : double cause (nourriture insuffisante, ou difficile à digérer) de dépérissement de l’enfant.
L’alimentation est donc à surveiller chez les nourrices : une alimentation réglée est nécessaire pour une lactation normale et régulière.
Il importe de rappeler ici que les principes de certains ingesta passent directement dans le lait; c’est là un moyen précieux pour administrer — par une voie médiate — des médicaments, mais aussi une voie d’élimination et de passage dans l’organisme infantile, qu’il ne faut pas oublier.
Les règles diminuent les principes aqueux, rendent le lait plus lourd à digérer.
L’effet de la grossesse sur la qualité du lait est très discuté; la grossesse affaiblit le lait pour les uns; pour d’autres, elle l’enrichit. Il est certain que beaucoup d’enfants peuvent être élevés par des femmes enceintes sans en souffrir. L’état de la sécrétion dépend surtout de l’état de santé des femmes, de la façon dont la grossesse les traite; l’on voit parfois lorsqu’une grossesse survient pendant la lacta-
ALLAITEMENT
tion les seins se flétrir, indice d’une activité moindre.
Toutes les causes de modifications ou d’irrégularité des actes nutritifs chez la mère : crises nerveuses, vie agitée, émotions, nuisent à la bonne sécrétion lactée.
Les affections fébriles aiguës tarissent ou diminuent la sécrétion lactée ; souvent l’elfet est temporaire et la reprise de la lactation peut se faire.
L’allailemeut maternel est nu devoir : c’est, de plus, le meilleur des allaitements. Mais il demande a être pris au sérieux et il faut que les nourrices se condamnent à la vie sobre, qui est indispensable à la bonne conduite de la lactation.
Il est des cas où l’allaitement maternel est une obligation, et où l’allaitement par une nourrice est interdit, quelles que soient les conventions de la famille avec une femme de bonne volonté c’est lorsque l’enfant est syphilitique : c’est un conseil formel que le médecin doit laisser par écrit.
A part la question de situation ou de nécessité sociale, trop souvent une excuse qu’il faut démasquer, il n’est que quatre motifs d’impossibilité à l’allaitement maternel admissibles :
1° Impossibilité, faute de lait; il peut y avoir absence totale ou à peu près totale, ce qui est une cause péremptoire ; mais il peut y avoir simplement insuffisance, et l’on doit faire profiter l’enfant en partie de l’allaitement maternel et avoir recours à Y allaitement mixte.
2° Impossibilité tenant à l’état d’épuisement et de cachexie de la femme.
3° Impossibilité due à la disposition anatomique du mamelon. Ces cas, du reste, peuvent être restreints par une malaxation, un étirement du bout du sein, que l’on fait avant l’accouchement. On a enfin inventé des bouts de sein; soit le bout de sein commun, qui suffit la plupart du temps, soit des téterelles bi-aspiralrices , de modèles variés : la femme aspire le lait dans le réservoir où le nouveau-né le pompe par succion à l’aide d’une tétine.
4° Si les mamelons étaient recouverts de croûtes d’eczéma
A. Pozzi. — Man. d accouchem.
AU ÉVOLUTION DU NOUVEAU-NÉ
coupés de crevasses, il faudrait encore renoncer à l’allaitement.
Il en est un cinquième, inadmissible en soi, mais auquel il faut se rendre : c’est la mauvaise volonté tenace de la femme et de son entourage; il n’en est pas de pire.
Nourrices. — Après l’allaitement maternel vient l’allaitement par les nourrices.
L’allaitement par envoi en nourrice, sauf cas tout à fait exceptionnels de très étroite surveillance, doit être proscrit; c’est le plus mauvais des modes d’allaitement; mieux vaut l’allaitement artificiel.
Fig. 123. — Téterelle bi-aspiratrice de Budiü.
Choix d’uue nourrice. — Elle peut être fille-mère ou mère : ceci est une affaire de préférence des familles.
Elle doit être âgée de vingt à trente ans; une multipare, plus experte, est, en général, préférable.
Elle doit être d’une bonne santé, non seulement ne pas avoir de tare diathésique (tuberculose, syphilis, etc.), mais posséder des fonctions organiques régulières; non réglée, loin de son mari; propre. Voilà les conditions générales.
L'âge de son lait devra, le plus possible, se rapprocher de l’âge du nourrisson à lui donner ; on n’admettra pas plus de trois mois d’écart ; s’éloigner de cette règle générale c’est s’exposer à des déboires.
Les glandes mammaires devront avoir un mamelon bien conformé, souple, prenant et indolore. Le volume trompe souvent; ce qui fait la valeur d’un sein au point de vue mammaire, c’est l’élément glandulaire et non la graisse qui