TOME IX
les discords sont aussi précieux en barmenie que les accords, pourvu que la proportion soit observée.
Il faudra donc veñler soigneusement à ce que dans un groupe de Pages ou pagesses, quelle que soit la fonction, l’on puisse trouver les 3 genres de sectaires, et qu'il y ait option sur 3 individus au moëns dans chacun des 3 genres. Ainsi les moindres groupes en pages et pagesses devront être de 9 à 40, et plus s’il est possible.
J'établis cette règle, parce que c'est une série plas chanceuse que d’autres, et qui mérite beaucoup plus de soins; elle figurera très efftcacement dans le ressort dont on fera usage en 3° section pour frapper un coup décisif. Il faut donc l'organiser fortement et assurer à ses moindres groupes un plein essor d’équilibres et de contrastes.
En supposant cette série portée à 460 personnes, on peurrait établir le contenu de ses 13 groupes, comme il suit :
Selon ce tableau, les moindres groupes étant égaux eu supérieurs au nombre 9 qui comporte déjà le parfait équilibre, ce sera ame série d'élite si on l’élève aux preportions que je viens d'indiquer. Quand elle sera plus exercée et plus renforcée ea nombre, on la subdivisera en 32 groupes, la plupart de 7, pour en fasre une série binectavienne régulière qui a plus de ressorts qu'une série hbre.
Rien ne sera plus facile que de l’organiser d'abord ‘en monoctavienne selon le tableau, car le service combiné est un véritable amusement, movennant les conditions indiquées ( } et l'absence de salaire et de sujétion individuelle. Si à toutes ces .[ ] on ajoute celle d’ane série bien équilibrée, je ne réponds pas que des gens nches à 400,000 écus ne s’enrôlent au bowt de 2 mois daus la série du service combiné qui assurément s'élèvera ben vite à 200 soctmres. J'ai fait observer ailleurs qu'on entend dire à des gens vivant dans l'aisamee : j'aurais été un bon domestique. Hs ke seront d'autant mieux quand le service, loin d’être astreint à la domesticité persemmelle et aux caprices de l'individu, sera au contraire une fantaisie memertianéæ , dégagée de tout assujettissement, apte à faire briller les talents de mrénage <t agréable à exercer dans des groupes exactement équälsbrés en -cabale. en enthousiasme et en variété. Ces groupes font le bonheur de la wie, quel que soit l’objet sur lequel ils opèrent. Il n'y a point de bonheur sans essor combiné des 3 disfributives, et le bonheur est partout où elles peuvent se développer sans entraver amoene des 9 auwtnes. Chez nous, la domesticité ferait entrave à l'henaeur, ihsanche d'’amhition, mais dans la Tribu cet inconvénient ne peut pas avoir lieu , puisqu'on
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pe sert pas l'individu et qu'on n’est pas salarié par lui, ni engagé avec lui.
D'ailleurs dans cette série où les plus pauvres mêmes ne font rien qui puisse avoir une teinte de service individuel ou rapproché de la sujétion, les plus riches se tiennent aux fonctions rectrices donnant titre de majordome. Chacun des groupes a ses officiers qui se bornent à diriger. Le groupe foyer de 42 personnes est presque entier composé de majordomes, et, par une propriété naturelle aux séries, chacun des chefs soutient et fait honorer les moindres fonctions de sa sérre. C'est là le point par lequel l'iisrmonie contraste sans cesse avec la Civilisation où chacune des classes non corporées cherche à avilir ses pareils inférieurs en fortune : un riche banquier se moque d'un petit marchand, nommé carotteur. Il n’en est pas de même des corporations : un premier président soutient le moindre huissier, un évêque soutient le bedeau, un colonel soutient son soldat ; il ne veut pas qu'il se déshonore par aucune action vile, mais il ne souffre pas non plus qu'on avilisse le soldat en fonctions. Bref, les corporations, même dans l'ordre civilisé, ont la propriété de se faire respecter et de respecter leurs membres. Supposons ce ressort élevé au décuple d'intensité et nous aurons la mesure du respect que méritera et qu’inspirera la série du service combiné ou toute autre série de la Tribu. | |
Toutefois, c’est un débat à renvoyer jusqu’au moment où nous trai terons du service passionnel composé. Celui-ci n'est que simple, quia ne madule qu’en amitié simple et ambition simple, énigme dont je renvoie l'explication jusqu’au moment où je traiterai dudit service modulant en amitié composée et ambition composée.
Nous aurons à traiter, mais dans d’autres chapitres, des charmes que trouvent dans le service composé les servis comme les servants, je ne dis pas les mattres et les valets, puisque ni les mots ni le sens qu’on y attache ne peuvent être applicables à l'Harmonie et à la Tribu qui en est l'esquisse.
Le premier avantage que les riches y trouveront dès le début sera celui d’avoir en foule tous les serviteurs, tandis qu'une famille de 30,000 fr. de rentes ne peut eu avoir qu'un seul. Comment cette famille aurait-elle 3 ou 4 cuisiniers de divers systèmes, des cuisines en pareil nombre avec variété habituelle, des voitures de toute saison, 30 et 40 pages spéciaux et intelligents sur chaque fonction, et, qui plus est, l'option sur plusieurs, au moins 3, d'une même espèce de fonction et 3 d'une variété ? Un tel train est celui de l'homme à 300,000 fr. de rente, et cette jouissance, vraiment précicuse pour les riches, est le ressort qui va préparer dans la Tribu une sorte de lien très-impraticable en Civilisation, c'est l'affection des riches pour les pauvres, et des pauvres pour les riches.
[Note marginale :] Disent que domestiques, tourment des honnêtes gens: atqui honnêtes gens, tourm. des domestiques : crgo besoin d'innovation.
Chacun dans la Tribu peut être à la fois page et ouvrier, adopter quelque branche de service qui ne l’occupe que peu d'instants ou à certains jours ; et comme le service n’est pas personnel et n’a rien de dégradant, on verra s’y adonner la foule des ménagères que le nouvel ordre aura rendues inutiles par l’économie de bras et de temps, résultant de l'ordre sociétaire; on pourra organiser les services divers selon Île procédé d'harmonie ( ), c’est-à-dire cn groupe affecté à chaque branche. C’est le moyen d'établir l’émulation et la dextérité, surtout parmi les enfants, très-maladroits en Civilisation et rebutés par la longueur et la continuité d’un service. La Tribu, en formant quelques groupes, réduira déjà les fonctions à une courte durée et ménagera des al ternats et relais qui préviendront le dégoût. |
Ainsi le riche dans ce[ ] ne verra autour de lui que des serviteurs empressés et non des mercenaires ennuyés et [ ]. On se sera exercé au service combiné avec la Tribu même et on l'opèrera vers les familles riches avec d'autant plus d’empressement qu'on fondera sur leur satisfaction l'espoir du succès de la tribu.
Avant l'installation des 20 familles riches, les 2 classes de 4"° phase A BCet de 2° phase D E, seront déjà portées d'affection l'une pour l'autre. Parmi nous, les pauvres ne s’occuperaiïent que des ruses à employer pour piller les 20 familles riches qui vont habiter l'édifice, les riches ne s’occuperaient que de précautions pour se garantir des pauvres, les spolier et s'enrichir à leurs dépens. Ici les 2 classes apportent des vues bien différentes. Le peuple sachant que la continuation de son heureux sort, le maintien de la Tribu tient au contentement de ces 20 familles riches, s’enquiert à l'avance des moyens de leur être agréable, ce qui est bien facile dans le service combiné, où loin d’être valet on n'exerce que pour des individus préférés sur une masse. D'autre part, les riches sont empressés d'habiter cette Tribu dont ils ont tant de charme à se promettre ; ils ont entendu vanter ses nouvelles méthodes sur la variété des réunions de table ou de plaisir, ils se proposent d'imiter cette distribution, ou d'en essayer quelques détails. [ls auront de plus l'avantage de jouir des plaisirs connus sans avoir les embarras de préparatifs, surveillance et gestion ; le service combiné leur garantit la faculté de pouvoir tout obtenir au plus bas prix, sans autre peine que de commander, d’être à l’abri de fraudes sur toutes les fournitures et de s'assurer de cette fidélité de gestion en intervenant dans la régie par une section de conseil tirée de la classe riche.
Les 2 classes, riche et pauvre, dès le début se trouveront donc en accord présomptif et respectivement désiré; mais pour donner une idée
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de l’empressement du peuple à satisfaire les riches, il faut avoir quelque notion de son bien-être dans ce nouvel état et pour cela descendre aux minutieux détails des plaisirs, et surtout de la nourriture. C’est le premier côté par lequel il faut capter le peuple pour l’amener par degrés aux accords industriels dont on ne pourra organiser le système qu’autant que la Tribu aura fait la conquête d'elle-même et sera enthousiaste de son sort. Nous allons donc procéder dans une 2° section 4 l’analyse de ces jouissances nouvelles qui feront de toute la classe populaire une troupe de séides aveuglement dévoués au bien de la Tribu.
Il restera à démontrer que le bonheur des riches, ou essor des 3 distributives, étant dans l’ordre combiné inséparable de celui des pauvres, on obtient l’un et l'autre dès qu'on obtient l’un des deux. Attachons-nous donc à la branche inconnue du problème, au bien-être des pauvres si écrasés en Civilisation, et remarquons bien dans cet examen combien les riches se sont abusés depuis 3,000 ans par l’ignorance de deux vérités politiques; l'une, que le bien des pauvres étant inutile et dangereux au bonheur des riches en civilisation, ils ont pu croire que la saine politiques exigeait l'oppression et la [ ] du pauvre ; l’autre, que le bonheur des 2 classes étant inséparable dans l’ordre combiné, on a le secret de la théorie du bonheur des riches dès qu’on a celle du bonheur du pauvre, dont nous allons donner le tableau dans la 2° sertion où je suppose les classes D E installées et la Tribu parvenue à sa 2° phase. :