‹ Manuscrits de Mr Necker, publiés par sa filleChapitre 12 sur 74 · LA NÉCESSITÉ · texte numérisé non relu

LA NÉCESSITÉ

Il est des situations dans la vie qui pour concourir à notre bonheur, doivent être produites, doivent être fixées par la nécessité , telle est la médiocrité de fortune ; car si vous refusiez librement un accroissement d’honneur ou de richesses, vous vous en prendriez à vous -mêmes en des momens de regrets, et vous auriez un persécuteur dans votre imagination.

L’un des traits admirables de notre organisation intellectuelle, c’est

l’accord de cette organisation avec deux principes absolument contraires en apparence , la liberté et la nécessité.

Le moi est un sujet de conversation interdit, et pourtant c’est le seul que la plupart des hommes aient bien étudié , le seul où ils aient fait des découvertes. Laissez -les vous confier l’opinion qu’ils ont d’euxraêmes, et ils vous amuseront plus qu’en répétant après tant d’autres, les lieux communs de la vie.

• Il y a dans la société une législation composée en entier de retranchemens, et qui, donnant à tous les hommes un dehors semblable, me fait périr d’ennui.

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§. ii. L’ATTENDRISSEMENT.

Je ne demande pas s’il y a un but

moral dans le roman, dans le conte qui vient de me faire verser tant de larmes, car on ne peut m’émouvoir sans me rendre meilleur. L’attendrissement me dispose à la compassion, k là pitié, il me préparé aux sentimens les plus délicats de l’amour, il ouvre mon cœur aux idées consolantes, k la première de toutes, k la croyance en Dieu, et il m’encourage a la vertu en me rendant content de moi -même.

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