QU’IL NE FAUT PAS TROP ATTEN- DRE DES SUBALTERNES
V ous demandez pourquoi les subalternes, dont vous êtes environnés, ne songent jamais à yous dire telle
( lîi )
ou telle chose fort simple, et dout pourtant vous seriez charmes; songez que s’ils avoient ce degré d’esprit , ils sauraient ce qu’on peut faire de la louange, et ne borneraient pas leur ambition à être vos serviteurs.
§. 5y. SUR LE PREMIER ACCUEIL.
Lorsqu’un homme d’un état inférieur au vôtre dans la société vous est présenté , songez à lui faire un accueil prévenant; il n’oubliera jamais que vous l’avez rassuré dans un moment de peine.
Agissez différemment avec les personnes d’un état supérieur au vôtre, elles viennent chez vous avec la persuasion qu’elles vous font honneur; il faut leur laisser voir, dès le premier abord, que vous ne partagez pas leur sentiment : un air de respect, mais très calme, est alors ce qui convient le mieux.