‹ Manuscrits de Mr Necker, publiés par sa filleChapitre 63 sur 74 · J. 109. LA GRACE · texte numérisé non relu

J. 109. LA GRACE

Le goût est ce qu’il y a de plus fin dans l’esprit ; mais la grâce est plus utile encore, la grâce dans le ton, dans les paroles , dans les manières ; c’est presque un des mystères de notre nature qu’on ne peut définir. Je dirois pour ma part : — voyez

Mad. de Staël , — si ce mot ne risquoit pas d’atteindre un jour un âge, où les années dérangeront tout.

f 110. UN MÊME. LANGAGE AVEC U]J CARACTÈRE OPPOSÉ.

On pourroit quelquefois tenir le même langage avec un caractère absolument oppose. Il n’est pas aisé de se brouiller avec moi , ëtoit un mot du Cardinal de La-Roche-Aymon, que l’on ci toit souvent pour rappeler la bassesse de son caractère. Eh bien , avec une disposition toute differente, et pour ainsi dire,'

à vol d’aigle , on pourroit tenir le meme langage. Vous me nëgli-’ gez , vous ne me prévenez point , vous, êtes inexact à me rendre mes visites, h la bonne heure, je n’y avois pas pris gai;de. — Mais ne vous lâcherez-vous pas. quand vous saurez que hier, pas plus tard que

hier , dans une assemble'e on a dit :

que vous aviez beaucoup de gaucherie, peu d’apropos et un esprit commun. — Non , les bons petits , dites ce qu’il vous plaira , il y a vous , il y a moi , jugeons-nous à notre aise , et chacun selon nos moyens. — Et c’est ainsi qu’avec de la hauteur , ou avec un amour-propre impertinent , on pourroit diré aussi. IL n’est pas aisé de se brouiller avec moi.

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