‹ Manuscrits de Mr Necker, publiés par sa filleChapitre 8 sur 74 · J. 5. UNIOÜÏ DE LA MORALE A LA POLITIQUE · texte numérisé non relu

J. 5. UNIOÜÏ DE LA MORALE A LA POLITIQUE

Tibère eut du pouvoir autant que les Antonins, Louis XI autant que Louis IX , mais doit-ou conclure delà, comme on le fait aujourd’hui, qu’il n’y a point d’union necessaire entre la morale et la politique? Je suis loin de le penser. L’art de se faire obéir, l’art de se faire craindre ne complète pas l’idée que nous devons nous former de la politique, ce mot rappelle aussi l’art de se faire aimer, de gouverner sans violence, l’art de captiver l’estime des autres nations.

Vous citez aussi les succès de la mauvaise foi , les triomphes de l’hypocrisie, et vous riez de la morale privée, vous vous moquez des vertus publiques, mais n’est - ce pas comme une exception, comme une

atteinte à l’ordre universel que le vice donne des profits momentanés?

Il n’y a de spéculation pour les fripons qu’au milieu d’une société d’honnêtes gens , et vous ue pouvez commander la politique de Machiavel , sans admettre en supposition , que le plus grand nombre des Princes obéit aux lois de la morale.

Manière nouvelle peut-être de considérer le genre d’union qui existe entre la morale et la politique. Belle union qui n’a pas toujours été bien défendue , mais qui n’en étoit pas moins digne de l’être.

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