PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE
Revue biblîosrapbique Pazc 3ii)
Catalogue des œuvres complètes de J.-P. Marat Pa^ie 301
N<> 30. In-4<^ de 55 pages, plus, au verso de la dernière, errata de 9 lignes.
Lecture faite de ce livre, il résulte, selon nous, que ce mémoire justiûcatif présenté en 1793 à la Convention nationale, en demande de restitution et indemnité, n*a jamais été rédigé par Marat. L'étude longue et suivie des œuvres de l'Ami du peuple nous a si parfaitement initié à son style, à certaines tournures et expressions qu'on retrouve de 1775 à 1793 (connaissance qui nous a valu d'heureuses découvertes), que nous affirmons sans arrière-pensée que ce Mémoire n'a jamais été rédigé ni retouché par lui ; il a dû être adressé à Marat, comme mandataire du peuple pour ôtrç présenté à la Convention, ainsi que cela ressort d'un second titre, page l'« : Mémoire du citoyen Héron au peuple français et a ses
MANDATAIRES ASSEMBLÉS EN CONVENTION NATIONALE. — Quaud OU Saura
que le sieur Louis Héron était capitaine de vaisseau, agent accrédité de Calonne^ et chargé d'affaires importantes pour le compte de l'État ou du roi , on se demandera comme nous quelle nécessité forçait l'auteur de ce Mémoire d'avoir recours à la rédaction de L'Ami du peuple; il n'est d'ailleurs ni précédé ni suivi d'aucun commentaire politique, il est essentiellement personnel et justificatif à l'endroit des dilapidations imputées au sieur Louis Héron; nous supposons donc que ce dernier, citoyen de la section des Cordeliers, combattant au 10 août, vexé, opprimé, pillé par les ministres ou leurs agents, en avait appelé au patriotisme bien connu de l'Ami du peuple pour obtenir justice; mais en quel temps? De février à juillet 1793, alors que Marat, succombant à son ardent amour pour la liberté, à l'excès de zèle patriotique qui le consumait, ne pouvait plus rédiger son journal, presque rempli par la correspondance; si l'Ami du peuple eût quelque peu travaillé à cette rédaction, il n'eût pas manqué de le faire savoir ou de signer ses observations qui, selon la teneur du Mémoire, auraient évidemment porté sur les abus de pouvoir. Ne s'agissait-il pas de Calonne, de Necker? Quelle occasion pour Marat qui donnait tant d'importance à ses écrits, de rappeler en cette circonstance tout ce qu'il avait fait pour démasquer ce dernier!
Enfin une dernière remarque qui s'adresse particulièrement
— Avis au peuple, ou les Minisires dévoilés.
' Attribué à Marat, par BIM. Léonard Gallois et Quérard.
— La circulaire des Districts « déûoûciatioo forcée des apôtres du ^ despotisme, etc.
Attribué à Marat, par M. Quérard.
— Vie privée bt MUNiSTéniELLE de M. Necker (et son supplément).
Attribué à Marat, par M. Ouérard et la plupart des bU>liophilea.
— Criminelle Neckero-logie, ou les manœuvres infâmes du ministre Necker entièrement dévoilées.
Attribué à Marat, par M. France, M. Quérard et la plupart des bibliophiles.
— Les véroles de l'Assemblée nationale.
Attribué à Marat, par le seul M. France.
— Le Tribun du peuple, ou le Patriote national.
Attribué à Marat, par M. Deschiens.
— Vie privée de l'abbé Maury.
Attribué à Marat, par M. Paul Lacroix.
Il faut n'avoir jamais lu Marat, vouloir spéculer sur le nombre de pièces ou avoir rintention de nuire à la mémoire de TAmi du peuple, pour lui attribuer les écrits que nous venons do signaler; quant à M. Paul Lacroix, qui assure « qu'il reste à découvrir une multitude d'écrits satiriques et polémiques publiés par Marat sous le voile de Fanonyme contre Necker, Marie-Antoinette et l'abbé Maury, » sachons-lui gré de ne pas nous donner cette nomenclature as'^urément dépourvue de vérité. C'est ainsi qu'à force d'études et de recherches consciencieuses ces savans sont parvenus à nous donner pour œuvre de Marat un titre général de ses œuvres scientifiques : OEuvues de physique, 1784. In -8 avec figures coloriées.
— Complot d'une banqueroute générale de la France, de l'Espagne, et par contre-coup de la Hollande et de l'AnglctC7Te;^o\i les horreurs de l'ancien et du nouveau régime mises au jour par le citoyen Héron; ouvrage n'digc^ par Mirât, l'Ami du peuple, député à la Convention nationale. Sacra auri [âmes.
De rimprimcric de Marat, V\mi du peuple, rue dos Cordelicrs.