LOS VŒUX
« Aujourd'hui l'art de plaire est préféré au mérite ; de "^^ains agréments au savoir utile; pour nous, un danseur
^st plus qu'un sage, et un farceur plus qu* un héros. Nous ^'accueillons que les vains talents, nous ne fêtons que les "Virtuoses, les bouffons, les baladins ; et, dans nos banquets, ^^uvent le vengeur de la patrie, le bienfaiteur de l'humanité, ^ trouve au-dessous d'un histrion. » Dans la traduction l'au- ^^ur ajoute en note : « Les vices qui ruineront la liberté chez ■^ Anglais sont précisément ceux qui l'empêcheront de s' établir parmi nous. »
Kous n'avions pas besoin que cette lettre nous fût conser- ^*€ pour regretter la perte des autres, l'analyse que nous ^vons donnée des divers ouvrages politiques de Marat suffi-
sait. Mais au moins les comités de la Constituante en ont — fait leur prolît? Je ne pourrais Taflirmer. Nous exagérons «:^« lement l'importance de nos élus, qu'il n'est pas étonn ^21 qu'une fois nommés, ils dédaignent nos conseils.
Dans la séance du 27 juillet 1789, Mounier lut dev .^in toute l'Assemblée nationale le projet de déclaration des drd^iti et de constitution qui avait été élaboré, sous son influe» ^^e, dans le comité. Mais que ce projet était loin de ce qu'on aw^ail lieu d'attendre I C'est que déjà la cour avait gagné par ic3e$ promesses une partie des membres du pouvoir législatil ; c* ^s1 que d'autres s'étaient effrayés des progrès du mouveni^enl populaire; c'est qu'aussi il est de l'essence de tout jyouvoii constitué de prétendre fixer les limites du droit au point où s'arrêtent son ambition personnelle ou ses vues étroites; al^rs il s'érige en dieu-terme de la politique, comme d'autre* en dieux-termes de la science ou des arts, et dit, lui auss m , à l'océan populaire : Tu n'iras pas plus loin. Le rapporteur ^-aré avait bien compté sur toutes ces circonstances.
Au lu de ce projet liberticide, Marat résout de fonder- un journal qui éclairera le peuple sur les adroites menées <le8 conti-e- révolutionnaires, sur les erreurs volontaires ou "Kon de ses représentants. Le premier numéro parut sans dcite, mais probablement dans les premiers jours d'août; ce journal est intitulé : le Monilcitr patriote. Ce premier numéro est principalement consacré à la critique du projet de Mounîer; l'auteur en cite les articles principaux, en fait ressortir les contradictions, les inconséquences, les omissions. 11 est l' écho du mécontentement général. « Est-ce donc là, s'écrie-t-il, l^ projet destiné à montrer à la France la base de la constitution qui doit faire à jamais son bonheur? » Et bientôt, à l'analy^^ plus détaillée du plan, un soupçon vague s'empare de so^ ànie, il ne peut croire que des liouiines si renommés par leiir"^ lumières, qui d'ailleurs ont antérieurement produit leui^-^ preuves de chpacité, tombent innocemment dans des erreur-^ aussi grossières, aussi funestes par leurs conséquences, aijss>8