‹ Marc-Aurèle et la fin du monde antiqueChapitre 100 sur 436 · Voir l'Église chrétienne, p. 513 et suiv · texte numérisé non relu

Voir l'Église chrétienne, p. 513 et suiv

134 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 165 J

Jésus Christ se composait pour eux de deux personnes, Jésus et Christ, — Jésus, fils de Marie, le plus juste, le plus sage et le plus pur des hommes, qui fut crucifié; Christ, éon céleste, qui vint s'unir à Jésus, le quitta avant la Passion, envoya du ciel une vertu qui fit ressusciter Jésus avec un corps spirituel, dans lequel il vécut dix-huit mois, donnant à un petit nombre de disciples élus un enseignement supérieur.

Sur ces confins perdus du christianisme, les dogmes les plus divers se mêlaient. La tolérance des gnostiques, leur prosélytisme ouvraient si larges les portes de l'Église que tout y passait. Des religions qui n'avaient rien de commun avec le christianisme, des cultes babyloniens , peut-être des rameaux du bouddhisme, furent classés et numérotés par les hérésiologues parmi les sectes chrétiennes. Tels furent les baptistes ou sabiens, depuis désignés sous le nom de mendaïtes1, les pérates *, partisans d'une

4. Journ. asiat., nov.-déc. 1853, p. 436, 437; août-sept. 4 855, p. 292-294. Voir aussi Siouffi, Relig. des Soubbas, Paris, 4 880. Se rappeler que les Soubbas ou Sabiens sont probablement des elkasaïtes.

2. Clément d'Alex., Strom., VII, 47; Philosophumemt, V, 4 2 et suiv.; X, 40; Théodoret, I, 47. Cf. Journal asiat., nov.déc. 1853, p. 436, 437. Ce nom paraît venir de ce que la secte naquit au delà de l'Euphrate. Cf. Gen., xiv, 45 (grec).

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cosmogonie moitié phénicienne, moitié assyrienne, vrai galimatias plus digne de Byblos, de Maboug ou de Babylone que de l'Église du Christ, «t surtout les séthiens *, secte en réalité assyrienne, qui fleurit aussi en Egypte. Elle se rattachait par des calembours au patriarche Seth, père supposé d'une vaste littérature et par moments identifié avec Jésus-Christ lui-même. Les séthiens combinaient arbitrairement l'orphisme, le néo-phénicisme, les anciennes cosmogonies sémitiques, et retrouvaient le tout dans la Bible. Us disaient que la généalogie de la Genèse renfermait des vues sublimes, que les esprits vulgaires avaient ramenées à de simples récits de famille*.

Un certain Justin *, vers le même temps, dans un livre intitulé Baruch, transformait le judaïsme en une mythologie et ne laissait presque aucun rôle à Jésus. Des imaginations exubérantes, nourries d'interminables cosmogonies et mises brusquement au régime sévère de la littérature hébraïque et évangélique, ne pouvaient s'accommoder de tant de

4. Voir surtout Philos., V, 19 et suiv.; Épiphane, Hcer., xxvi, 7; xxix, 5; Théodoret, Pseudo-Aug., Philastre; Tertullien, Prœscr., c. 47. Cf. Mëm. de l'Acad. des inscr., XXIV, 4re partie, p. 466, Fabricius, Cod. pseud. vet. Test,, I, 140, 443 et suiv.; II, 47 et suiv.

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