Hérodien, I
3. Pour la discussion des historiens originaux, voir mes Mélanges historiques, p. 471 et suiv., et Noël Desvergers, Essai sur Marc-Aurèle (Paris, 4860). Pour les lois, voir Haenel, Corpus legum, p. 414 et suiv.
20 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 161]
prince, qui ne fit jamais la moindre concession à la fausse popularité, fut adoré du peuple \ Il était démocrate dans le meilleur sens du mot, La vieille aristocratie romaine lui inspirait de l'antipaihie*. Il ne regardait qu'au mérite, sans égard pour la naissance, ni même pour l'éducation et les manières. Gomme il ne trouvait pas dans les patriciens les sujets propres à seconder ses idées de gouvernement sage, il appelait aux fonctions des hommes sans autre noblesse que leur honnêteté.
L'assistance publique, fondée par Nerva et Trajan, développée par Antonin, arriva, sous Marc- Aurèle, au plus haut degré qu'elle ait jamais atteint. Le principe que l'État a des devoirs en quelque sorte paternels envers ses membres (principe dont il faudra se souvenir avec gratitude, même quand on l'aura dépassé), ce principe, dis-je, a été proclamé pour la première fois dans le monde au 11e siècle. L'éducation des enfants de condition libre était devenue, vu l'insuffisance des mœurs et par suite des principes économiques défectueux sur lesquels reposait la société, une des grandes préoccupations
4. Jules Capitoiin, Ânt. PhiL, 48, 49 ; cf. Fronton, Epist. ad M. Cœs., IV, 42; ad Anl. imp., ï, 2. La haine contre Commode vint, en partie, de l'amour qu'on avait pour son père. Voir mes Mélanges, p. 492.
%. Pensées, I, 3, 44,
des hommes d'État. On y avait pourvu, depuis Trajan, par des sommes placées sur hypothèque et dont les revenus étaient gérés par des procurateurs * . Marc-Aurèle fit de ces procurateurs des fonctionnaires de premier ordre ; il les choisissait avec le plus grand soin parmi les consulaires et les préteurs, et il élargit leurs pouvoirs2. Sa grande fortune3 lui rendait faciles ces largesses bien entendues. Il créa lui-même un grand nombre de caisses de secours pour la jeunesse des deux sexes4. L'institut des Jeunes Faustiniennes remontait à Antonin *. Après la mort de la seconde Faustine, Marc-Aurèle fonda les Nouvelles Faustiniennes6. Un élégant basrelief nous montre ces jeunes filles se pressant autour de l'impératrice, qui verse du blé dans un pli de leur robe \