‹ Marc-Aurèle et la fin du monde antiqueChapitre 151 sur 436 · Eus., H. E., V, ch. ni · texte numérisé non relu

Eus., H. E., V, ch. ni

rieures un motif do fol orgueil et de révolte contre le clergé. Us osaient dire que, depuis Jésus, au moins depuis les apôtres, l'Eglise avait perdu son temps, et qu'il ne fallait plus attendre une heure pour sanctifier l'humanité et la préparer au règne messianique. L'Eglise de tout le monde, selon eux, ne valait pas mieux que la société païenne. Il s'agissait de former dans l'Église générale une Église spirituelle1, un noyau de saints, dont Pépuze serait le centre. Ces élus se montraient hautains pour les simples fidèles. Thémison déclarait que l'Église catholique avait perdu toute sa gloire et obéissait à Satan*. Une Église de saints, voilà leur idéal, bien peu différent de celui de pseudo-Hermas. Qui n'est pas saint n'es>, pas de l'Église. « L'Église, disaient-ils, c'est la totalité des saints, non le nombre des évêques. »

Rien n'était plus loin, on le voit, de l'idée de catholicité qui tendait à prévaloir et dont l'essence consistait à tenir les portes ouvertes à tous. Les catholiques prenaient l'Église telle qu'elle était, avec ses imperfections; on pouvait, d'après eux, être pécheur spjïs cesser d'être chrétien. Pour les montanistes, ces deux termes étaient inconciliables. L'Église doit être

4. Voir la môme distinction chez les gnostiques. L'Égl. chrét., p. 440 etsuiv.

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