Tertullien, De fuga
2. Mémoires de VAcad. des Inscr., t. XXVIII, 2e part., p. 343 fel visu. (Le Blant).
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tout contre les artifices de. leurs cheveux, qui se retrouvent à chaque page des écrits montanistes l. La femme qui, par le tour le plus innocent donné à sa thevelure, cherche à plaire et amène cette simple réflexion quelle est jolie, devient, au dire de ces âpres sectaires, aussi coupable que celle qui excite à la débauche. Le démon des cheveux se charge de la punir*. L'aversion du mariage venait des motifs qui auraient dû y pousser. La prétendue chasteté des encratites n'était souvent qu'une inconsciente duperie. Un roman qui fut sûrement d'origine montaniste, puisqu'on y trouvait des arguments pour prouver que les femmes ont le droit d'enseigner et d'administrer les sacrements8, roule tout entier sur cette équivoque passablement dangereuse. Nous voulons parler
*. Tertullien, les deux livres De cullu feminarum, les deux livres Ad uxorem et le livre De virginibus velandis.
2. Eclogœ ex script, proph. (dans les Œuvres de saint Clément), 39, pensée de Tatien. Les juifs du moyen âge cherchaient à faire croire aux femmes mariées que les démons dansaient sur leurs cheveux, quand elles en avaient; de là le précepte de les couper. Chiarini, Théorie du judaïsme, I, 257-259.
3. Tertullien, De bapt., 47; saint Jérôme, De viris M., 7. L'épisode du «lion baptisé » consistait probablement en ce que le lion qui, dans l'amphithéâtre, refusait de dévorer ïhécla, recevait le baptême de celle-ci comme bon chrétien. Saint Ambroise, De virginibus, II, 3. L'origine montaniste de ce roman explique que Tertullien, qui était de la coterie, en ait eu si vite connaissance.
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de Thécla1. Bien autrement scabreux et irritant est le roman des saints Nérée et Achillée2 ; on ne fut jamais plus voluptueusement chaste; on ne traita jamais du mariage avec une plus naïve impudeur. Qu'on lise, dans Grégoire de Tours, la délicieuse légende des deux Amants d'Auvergne 3 ; dans les Actes de Jean, le piquant épisode de Drusiana* ; dans les Actes de Thomas, le récit des Fiancés de VInde 5 ; dans saint Ambroise8, l'épisode de la vierge d'Antioche au lupanar; on comprendra que les siècles qui se nourrirent de tels récits purent, sans mérite, se figurer avoir renoncé à l'amour profane. Un des mystères le plus profondément entrevus par les fondateurs du christianisme, c'est que la chasteté est une volupté7 et que la pudeur est une des formes de
4. Voir l'Égl. chrét., p. 523. Dans le titre des Actes grecs, Thêcla porte le titre de àwooroXôç, pris au féminin. Le latin porte apostolatu defuncla. Le texte publié par Grabe et Tischendorf diffère peu, ce semble, du texte primitif.
2. Cet écrit, ainsi que la Passio Pétri et Pauli de pseudo- Lin, avec laquelle il a des liens de parenté, paraît du mesiècle.