‹ Marc-Aurèle et la fin du monde antiqueChapitre 187 sur 436 · Le décret d'érection est de · texte numérisé non relu

Le décret d'érection est de

3. Tertullien, ApoL, 5 (cf. Eus.. V, v, 6; Chron., p. 472, 473; Orose et Xiphilin, l. c). C'est probablement, pour le fond, la fausse lettre qui se lit à la suite de YApol. I de saint Justin. Le Çâ>vTa xateoôat répond à Y et quidem tetriore de Tertullien.

278 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 475]

sibb; mais il est très probable que Marc-Aurèle ignora la prétention qu'élevaient les chrétiens sur le miraqH dont il passait lui-même pour être l'auteur. Dans certains pays, en Egypte, par exemple, la fable chrétienne ne paraît pas avoir été connue1. Ailleurs, elle ne fit qu'ajouter à la dangereuse réputation de magie qui commençait à s'attacher aux chrétiens*.

La légion du Danube, si elle prit un moment le nom de Fulminata, ne le garda pas officiellement. Gomme la douzième légion, résidant à Mélitène, était toujours désignée par ce titre, comme, d'ailleurs, la légion de Mélitène brilla bientôt par son ardeur chrétienne, il s'opéra une confusion, et l'on supposa que ce fut cette dernière légion qui, transportée contre toute vraisemblance de l'Euphrate au Danube, fit le miracle et reçut à ce propos le nom de Fulminata; on oubliait qu'elle avait porté ce surnom deux cents ans auparavant8.

Ce qu'il y a de sûr, en tout cas, c'est que la conduite de Marc-Aurèle envers les chrétiens ne fut en

4. Carm. sifc., XII, v, 194 et suiv. L'auteur est un chrétien d'É^ie, écrivant vers 260.

2. Mém. de M. Le Blant, t. XXXI des Mém. de la Soc. des antiquaires de France.

3. Cette confusion paraît surtout avoir été le fait d'Eusèbe.

[An 175] MARC-AURÈLE. 279

rien modifiée1. On a supposé que la révolte d'Avidius Cassius, appuyée par la sympathie de la Syrie tout entière, surtout d'Antioche, indisposa l'empereur contre les chrétiens, nombreux en ces parages. Cela est bien peu probable. La révolte d'Avidius eut lieu en 172, et la recrudescence de persécutions se remarque surtout vers 176*. Les chrétiens se tenaient à l'écart de toute politique8; d'ailleurs, à propos d'Avidius, le pardon déborda du cœur aimant de Marc-Aurèle 4. Le nombre des martyrs, cependant, ne fit qu'augmenter; dans trois ou quatre ans, la persécution atteindra le plus haut degré de fureur qu'elle ait connu avant Dèce. En Afrique, Vigellius Saturninus va tirer l'épée6, et Dieu sait quand elle sera remise au fourreau. La Sardaigne se remplissait de déportés, qui devaient être rappelés sous Commode, par l'influence de Marcia6. Byzance vit des horreurs. Presque toute la communauté fut ar-

4. Tertullien, Eusèbe, Xiphilin, la Chronique pascale, ne soutiennent le contraire que par système.

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