Voir l'Égl. chrét., p
286 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 175]
chose de Marc-Aurèle1. Tertullien* doutera, il est vrai, qu'on puisse être à la fois césar et chrétien ; mais cette incompatibilité, un siècle après lui, ne frappera personne, et Constantin se chargera de prouver que Méliton de Sardes fut un homme très sagace le jour où il démêla si bien, cent trente-deux ans d'avance , au travers des persécutions proconsulaires, la possibilité d'un empire chrétien.
Un voyage de Grèce, d'Asie et d'Orient, que l'empereur fit vers ce temps, ne changea rien à ses idées. Il traversa en souriant, mais non sans quelque ironie intérieure, ce monde des sophistes d'Athènes, de Smyrne, entendit tous les professeurs célèbres, fonda un grand nombre de nouvelles chaires à Athènes, vit particulièrement Hérode Atticus, ^Elius Aristide, Adrien de Tyr*. A Eleusis, il entra seul dans les parties les plus reculées du sanctuaire4. En Palestine, les restes des populations juives et samaritaines, plongées dans la détresse par les dernières révoltes, l'accueillirent avec des acclamations bruyantes,