‹ Marc-Aurèle et la fin du monde antiqueChapitre 204 sur 436 · Voir l'Église chrél., f · texte numérisé non relu

Voir l'Église chrél., f

[An 177] MARC-AURÈLE. 299

vèrent donc tout simple que 1^ source des dons de Dieu ne fût pas tarie. Plusieurs membres distingués de l'Eglise lyonnaise étaient originaires de la Phrygie ; un certain Alexandre, médecin de profession, qui demeurait dans les Gaules depuis plusieurs années, venait de ce pays. Cet Alexandre, qui étonnait tout le monde par son amour de Dieu et par la hardiesse de sa prédication, semblait favorisé de tous les charismes apostoliques * .

Les Lyonnais, à distance, nous font donc l'effet d'appartenir sous beaucoup de rapports au cercle piétiste d'Asie Mineure. Ils recherchent le martyre, ils ont des visions, pratiquent les charismes, jouissent d'entretiens avec le Saint Esprit ou Paraclet2, conçoivent l'Eglise comme une vierge3. Un millénarisme ardent4, une préoccupation constante de l'Antéchrist et de la fin du monde5 étaient en quelque sorte le sol commun où ces grands enthousiasmes puisaient leur sève. Mais une touchante docilité, jointe à un rare bon sens pratique, mettait la majorité des fidèles de Lyon en suspicion contre le mauvais esprit qui se cachait fréquemment sous ces orgueilleuses singularités.

4 . Lettre des Églises de Lyon et devienne, dans Eus., V, i, 49.

Page 1